En août, Kent Farrington garde les rênes du classement mondial
En août, Kent Farrington ne foulera pas l’herbe sacrée d’Aix-la-Chapelle mais continuera de porter le brassard de numéro un mondial. S’il était parvenu à s’imposer dans le Grand Prix Rolex de Dinard, Richard Vogel aurait pu le détrôner, mais l’Allemand devra patienter. Pour la première fois de sa carrière, Shane Sweetnam intègre quant à lui le Top 3. Coup d’œil sur le classement mondial Longines des cavaliers de saut d’obstacles du mois d’août.
S’il ne semblait pas improbable de voir Richard Vogel s’emparer du rang de numéro un mondial ce mois-ci, Kent Farrington va finalement conserver son dû. L’Américain, qui ne sera pas au départ des prochains championnats du monde, malgré tout le prestige de cet événement, poursuit son règne pour le quatrième mois consécutif. Resté aux Etats-Unis, où il a concouru à Williamsburg pour un CSI 3*, au début du mois, le quadra est ensuite venu en Europe, pour les CSIO 5* de Falsterbo et Hickstead. S’il a abandonné en cours de Grand Prix en Grande-Bretagne, il a signé une bonne Coupe des nations en Suède (0+4) sur Descartes Santa Rosa, ce qui lui permet d’arrêter son total de points pour le mois écoulé à 3360.

Ces dernières semaines, Kent Farrington a donné une belle expérience à son prometteur Descartes Santa Rosa, neuf ans. © Rolex Series
Richard Vogel, de son côté, en compte 3213. L’Allemand, qui s’appuie sur cent douze résultats comptant pour le classement mondial Longines, soit le total le plus élevé de cette hiérarchie, a marqué des points à Falsterbo, grâce à sa deuxième place dans le Grand Prix Rolex aux rênes de son spectaculaire Cloudio, mais n’est pas parvenu à reproduire sa performance à Dinard et a concédé une faute évitable sur le dernier oxer du parcours, toujours avec son gris… Avec une victoire dans cette épreuve, qui confère cent cinquante unités, le pilote de United Touch S aurait pu s’emparer du brassard de numéro un mondial et déloger de justesse son homologue états-unien. Si la passation de pouvoir n’a pas eu lieu cette fois, elle pourrait bien intervenir en septembre en cas de performance aux Mondiaux d’Aix-la-Chapelle. Nul doute que Richard Vogel mettra tout en œuvre pour y décrocher une ou deux médailles, pour le prestige et l’honneur en premier lieu. La conséquence sur sa place au classement mondial serait alors la cerise sur le gâteau pour lui et son équipe.
S'il avait remporté le Grand Prix Rolex de Dinard, Richard Vogel aurait pu détrôner Kent Farrington et devenir numéro un mondial ! © Sportfot
Vainqueur à Falsterbo, sixième à Dinard et auteur d’un double sans-faute dans la Coupe des nations du CSIO 3* de Williamsburg en juillet, Shane Sweetnam est pour le moins en forme. L’Irlandais gagne deux rangs et entre dans le Top 3 mondial pour la première fois de sa carrière. Avec son exceptionnel CSF James Kann Cruz, le représentant du Trèfle comptera assurément parmi les favoris à Aix-la-Chapelle. Son gris de treize ans, si régulier au plus haut niveau depuis quatre ans, décrochera-t-il enfin la breloque individuelle qui manque à sa collection ? Réponse dans un peu plus de deux semaines.

Shane Sweetnam et CSF James Kann Cruz affichent une forme exceptionnelle ! © Sportfot
Nina Mallevaey reste la meilleure cavalière du monde
Avec ce petit bond, Shane Sweetnam fait reculer les Britanniques Scott Brash et Ben Maher d’un rang. L’Ecossais, qui avait débuté l’année en boulet de canon à Doha, économise désormais ses montures. Son piquet, certes remarquable de qualité, ne compte que cinq atouts, dont quatre chevaux capables de s’imposer en Grand Prix 5*. L’un d’eux, Keswichtime HV, alias Hello Mango, a d’ailleurs terminé deuxième du temps fort du CSI 4* de Chantilly Classic et prendra le départ de l’échéance quadriennale dans quelques jours, tandis que Jerenmias van het Hulstenhof, alias Hello Jefferson, a soufflé sa dix-septième bougie cette année et visera le Grand Prix Rolex de Calgary en septembre. En misant sur la qualité, et en s’offrant parfois de précieux week-ends loin des pistes internationales, le seul vainqueur du Rolex Grand Chelem de l’histoire du saut d’obstacles fait du classement mondial un élément secondaire de l’heure de gloire qu’il semble revivre depuis plusieurs mois.

À Aix-la-Chapelle, Scott Brash sera accompagné de Keswichtime HV, alias Hello Mango, deuxième du Grand Prix 4* de Chantilly Classic. © Mélina Massias
Quant à Ben Maher, à la tête d’un piquet nettement plus fourni, il affiche près de cinq-cents unités de retard sur la tête de cette hiérarchie mensuelle éditée par la Fédération équestre internationale (FEI). Dans le détail, il a marqué des points grâce à Point Break, qui l’accompagnera à Aix-la-Chapelle, n’a pas mis une barre à terre de l’année et était cinquième du Grand Prix Rolex de Falsterbo, puis avec l’aide de Maddox vh Haringvliet, vainqueur du temps fort du CSI 3* de Chard, et de Catelly, qui a contribué à la première place de la Grande-Bretagne dans la Coupe des nations du CSIO 5* de Hickstead. Enfin, Enjeu de Grisien a marqué soixante-dix points en terminant deuxième d’une épreuve à barrage à 1,55m à Dinard. Trente jours bien remplis, donc, pour l’Anglais, qui doit toutefois se contenter du cinquième rang.
Depuis le début de l'année, Point Break n'a pas touché la moindre barre en piste. © Sportfot
En forme outre-Atlantique, Daniel Bluman confirme sa montée en puissance et accède à la sixième position, soit son meilleur résultat au sein de cette hiérarchie. Le représentant israélien gagne trois places et devance désormais d’un rien Gilles Thomas, qui garde le cap malgré l’absence de ses deux meilleurs chevaux : Qalista DN, absente depuis avril, et Ermitage Kalone, blessé à Riesenbeck et forfait pour les Mondiaux. Heureusement, le jeune belge aux nerfs d’acier voit des pépites émerger dans ses écuries, à l’image du très séduisant Riesling van’t Roosakker et de l’étalon Selle Français Originel Happy Landais, et peut toujours compter sur sa fidèle Luna van het Dennehof.

Même sans ses deux meilleurs complices, Gilles Thomas garde le cap. © Sportfot
Dans ce jeu de chaises musicales, Nina Mallevaey reste la meilleure cavalière du monde et la seule à figurer au sein du Top 10, mais perd un rang. La Française, tournée vers les championnats du monde, est huitième, juste devant son compatriote et futur coéquipier en terres allemandes Julien Epaillard. La Nordiste, qui n’a que très peu misé sur l’olympique Nikka vd Bisschop ces derniers mois, et le Normand, qui n’a marqué aucun point en juillet mais a profité des trente derniers jours pour relancer son cher Donatello d’Auge, plus vu en compétition depuis fin mai, ne sont séparés que par dix points.

Nina Mallevaey et Dynastie de Beaufour sont déjà tournées vers les championnats du monde d'Aix-la-Chapelle. © Mélina Massias
Stable, Christian Kukuk clôt le Top 10, comme en juillet. L’Allemand poursuit sa reconstruction après avoir quitté les écuries Beerbaum en début d’année pour s’installer à son compte.
Thibeau Spits et Impress-K van’t Kattenheye garde leur rythme de croisière
Du côté du classement mondial réservé aux cavaliers de moins de vingt-cinq ans, pas de changement dans le Top 4. Thibeau Spits garde les commandes, devant Antoine Ermann. Le Belge et le Français se retrouveront sur la piste de la Soers dans deux semaines, avec leurs merveilleux Impress-K van’t Kattenheye et Floyd des Prés. Tom Wachman, Skylar Wireman les suivent et supplantent Jack Whitaker, Omar Abdul Al Marzooqi ou encore Anastasia Nielsen.
Thibeau Spits et son petit-fils de Vagabond de la Pomme ont répété leurs gammes la semaine dernière à Dinard, avant les Mondiaux d'Aix-la-Chapelle. © Sportfot
Au sommet de la hiérarchie par couples, les ultra compétitifs Kristen Vanderveen et Uno 56, alias Bull Run’s Jireh, restent indétrônables. Deuxièmes, Daniel Coyle et Farrel VDL, un temps retraité et finalement de retour au sommet de son art, gagnent un rang, au détriment de Chloé D. Reid et son démonstratif Crossover 4. Impress-K van’t Kattenheye, Otello de Guldenboom et CSF James Kann Cruz occupent les quatre, cinq et septième positions avec leurs cavaliers, Thibeau Spits, Daniel Deusser et Shane Sweetnam. De quoi aborder les championnats du monde avec une confiance au beau fixe !
Photo à la Une : En juillet, le numéro un mondial Kent Farrington a passé une tête en Europe. © Rolex Series












