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Pieter Devos s’offre le Grand Prix de Dinard aux rênes d’une monture élevée par ses soins

En Bretagne, Primo DV a conquis sa plus belle victoire.
Sport dimanche 2 août 2026 Mélina Massias

En 2016, pour sa première venue à Dinard, Pieter Devos s’offrait la sixième place du Grand Prix 5*. Dix ans plus tard, le Belge a conquis la plus haute marche du podium en compagnie de Primo DV, un hongre de onze ans qu’il a fait naître. Dans une épreuve particulièrement sélective, la paire a signé le meilleur double sans-faute de l’après-midi, pour devancer Christian Ahlmann et son surprenant mais très bien né Sheeran WL, ainsi que Max Kühner et EIC*Cooley Jump The Q, plus rapides que tout le monde au barrage mais sanctionnés d’une faute.

Le grand public connaît bien Casual DV, la chic et si talentueuse partenaire qui accompagnera Pieter Devos pour défendre les couleurs des Diables Rouges aux championnats du monde d’Aix-la-Chapelle dans quelques jours. Peut-être connaissait-il un peu moins bien Primo DV, qui s’est offert le difficile Grand Prix Rolex de Dinard, dimanche 2 août. Comme la baie, le gris porte les lettres “DV” accolées à son prénom, signe qu’il a été élevé par la famille Devos. S’il n’avait pas encore connu de succès majeur dans sa jeune carrière, le hongre à la force indéniable avait déjà démontré ses qualités. En 2024, lors de ses débuts au plus haut niveau, le fils de Vigo d’Arsouilles s’était d’abord classé cinquième du Grand Prix secondaire du CSI 5*-W d’Helsinki, puis septième de l’étape de la Coupe du monde de La Corogne, au mérite d’un double zéro et après n’avoir concédé qu’un point dans celle de Madrid. Depuis, le BWP de onze ans a continué sa route, jouant souvent de malchance, avec pas moins de huit Grands Prix bouclés avec une faute. 

Quelle victoire inoubliable pour Pieter Devos et Primo DV, qu'il connaît depuis son premier jour de vie ! © Sportfot

Cette fois, l’heure était enfin venue et le petit-fils d’Heartbreaker a su déjouer toutes les difficultés pour s’imposer, grâce à un double zéro achevé en 47’’42. De quoi ravir son cavalier, propriétaire et naisseur. “C’est un sentiment vraiment spécial. Nous avons élevé ce cheval. Mon épouse l’a d’abord formé sur les épreuves jeunes chevaux, puis j’ai pris le relais. Depuis plusieurs mois, il réalise de bonnes performances. Il mérite vraiment cette victoire et je suis heureux de la lui offrir. Il fait toujours de son mieux, alors c’est vraiment chouette qu’il ajoute un Grand Prix 5* à son palmarès ! Primo a beaucoup de potentiel et est très respectueux, mais il n’est pas le plus rapide. Tout le monde se moque un peu de moi en disant que mes chevaux sont plutôt lents. Aujourd’hui, le temps accordé était incroyablement serré ; rentrer à l’heure était déjà une victoire pour moi ! (rires) Je pensais que c’était tout bonnement impossible ! Je suis aux anges que cela ait fonctionné jusqu’à la victoire. C’était un Grand Prix difficile, sur une piste exigeante, avec du relief. Ce résultat dit beaucoup de Primo, et j’espère aussi de son futur”, a confié l’heureux lauréat du micro de Clipmyhorse.tv

Après être passé à côté de son barrage dans la Coupe des nations du CSIO 5* de Falsterbo, le hongre de onze ans a pris sa revanche en Bretagne et décroché sa plus belle victoire. © Sportfot

Christian Ahlmann révèle un fils de Codex One sur la souche de Galoubet A

En effet, le rendez-vous breton du circuit Rolex Series s’est révélé particulièrement délicat. Le parcours proposé par Jean-François Morand et ses équipes n’a permis qu’à quatre des quarante et un couples au départ d’accéder au barrage. Préférant préserver son Vertigo du Désert, en forme olympique, en attestent ses joyeuses ruades au moment de quitter la piste et son parcours somptueux d’aisance, en vue des Mondiaux d’Aix-la-Chapelle, Luciana Diniz a laissé le soin à Max Kühner, Christian Ahlmann et Pieter Devos de se départager. 

Comme à son habitude, Luciana Diniz a partagé ses émotions débordantes avec le public, qui connaît bien son complice, Vertigo du Désert, né non loin de là, chez Laurent Aubaux. © Sportfot

Le premier, qui avait fait du tour initial une formalité sur EIC Cooley Jump The Q, n’avait rien à perdre. Après une belle prise de risque, l’Autrichien a malheureusement concédé une faute et été relégué au troisième rang, malgré un chronomètre canon de 44’’92. Âgé de treize ans, le fils d’Eldiam de Rêve, alias Pacino, ne s’était plus qualifié pour le barrage d’un Grand Prix 5* depuis sa victoire dans l’étape de la Coupe du monde de Londres, en décembre 2025. Le bai brun filera lui aussi aux Mondiaux dans quelques jours.

En raison d'une faute au barrage, Max Kühner et Cooley Jump The Q sont troisièmes. © Sportfot

Autour d’un double zéro très raisonnable en 49’’08, Christian Ahlmann a préféré miser sur la sécurité. Il signe sans doute l’une des surprises de l’après-midi, non pas que son talent de pilote soit nouveau, mais son complice du jour, Sheeran WL se frottait pour la première fois à ce niveau ! À dix ans, l’alezan ne dispose que d’une faible expérience internationale et n’avait jusqu’à présent sauté qu’une dizaine d’épreuves à 1,50m et plus. Pourtant, il ne semblait pas dépaysé à Dinard. Né outre-Manche chez Sofia Abramovich, Sheeran WL est inscrit au stud-book AES mais porte en lui l’influence d’un courant de sang français de premier ordre. En effet, sa quatrième mère est une certaine Viti, excellente Trotteur Français ayant donné l’étalon Galoubet A. Cette souche basse est aussi celle de Croqsel de Blaignac, associé à Kevin Staut depuis le printemps. Côté paternel, Sheeran WL n’est pas en reste, puisque son père, Codex One, a fait les belles heures de Christian Ahlmann en son temps. Son fils marchera-t-il dans ses traces ? Avec cette deuxième place, il a, en tout cas, fait une belle foulée dans la bonne direction.

Pour son premier Grand Prix 5*, Sheeran WL a surpris son monde et grimpe sur la deuxième marche du podium. © Sportfot



Gangster WW, James Kann Cruz et Dorai d’Aiguilly en forme olympique avant les Mondiaux

Quatrième, Luciana Diniz supplante trois duos qu’elle retrouvera sur la plus belle piste du monde du 17 au 23 août prochain. Calculé au plus juste, le temps accordé a, en effet, privé quatre paires du barrage, à commencer par celle formée par Luke Dee et Gangster WW. Particulièrement bondissant, le fils de Lucky Won van het Bevrydthof, alias Grand Slam VDL, a fait une véritable démonstration au cœur du Val Porée, confirmant ainsi sa brillante deuxième place obtenue dans le temps fort individuel du CSIO 5* de Rotterdam en juin. Désormais, tous les voyants semblent au vert pour le Néo-Zélandais et son bai, acheté il y a maintenant quatre ans, dans le but de disputer l’échéance quadriennale de 2026 !

Luke Dee et Gangster WW sont fins prêts pour les Mondiaux d'Aix-la-Chapelle. © Sportfot

En très, très grande forme, CSF James Kann Cruz, récent lauréat du Grand Prix Rolex de Falsterbo, a lui aussi écopé d’un point de temps. Sous la selle de Shane Sweetnam, le fils de Kannan était en promenade dans son jardin de Dinard, où il s’était hissé au sixième puis au deuxième rang en 2022 et en 2023. De nouveau sixième cette année, le hongre ISH achève idéalement sa préparation pour les Mondiaux, où il se présentera avec un costume de favori à une médaille sur les épaules.

Ces dernières semaines, CSF James Kann Cruz marche littéralement sur l'eau avec Shane Sweetnam. © Sportfot

Quant à Olivier Perreau et GL Events*Dorai d’Aiguilly, le bilan est identique, ou presque. Cette autre descendante de Kannan est en pleine possession de ses moyens et confirme la très bonne facture de ses dernières sorties, bouclées à La Baule et Paris. Souveraine sur les obstacles, la baie est prête à défendre le drapeau tricolore outre-Rhin. Là-bas, elle retrouvera un certain Fringan de Vesquerie, qui a déroulé le parcours à quatre points le plus rapide du jour sous la selle de Julien Epaillard et occupe, de fait, la huitième position du classement final. Si le fils de Mylord Carthago est allé à la vitesse de l’éclair, devançant Cloudio, Klent’s Kick On et Hitot de Riverland, qui auraient largement mérité une place au barrage sous les selles de Richard Vogel, Lillie Keenan, victimes du terrible dernier oxer du tracé, et François-Xavier Boudant tant l’impression laissée en première manche était fabuleuse, HK Carrera, partenaire de Christian Kukuk, a, lui, récolté… six points de temps ! Un fait rare, qui rétrograde le duo en vingtième position malgré une copie sans fausse note aux obstacles. Des débuts toutefois prometteurs en Grand Prix 5* pour ce hongre ISH de dix ans associé au champion olympique de Paris depuis à peine trois mois.

Après deux mois de pause, Dorai d'Aiguilly s'est offert une balade de santé sur le Val Porée, et a effectué son dernier galop d'essai avant l'échéance avant de se produire à Aix-la-Chapelle. © Sportfot

Six points de temps, mais de belles promesses pour HK Carrera, que l'on ne peut qu'espérer revoir avec une embouchure moins impressionnante à l'avenir. © Sportfot

La rivière joue son rôle

Dans l’acte initial de cette épreuve, plusieurs paires ont fait les frais du dernier oxer, juge de paix du parcours, mais aussi de la rivière, qui a tout bonnement éliminé les duos formés par Nicolas Layec et Fée de Caryan ainsi que Kevin Staut et Vida Loca après deux refus. Cet obstacle, qui avait déjà réalisé un véritable écrémage dans d’autres Grands Prix ces dernières semaines, a aussi poussé Julien Anquetin et Andres Azcarraga avec les pourtant très expérimentés Beau de Laubry et Contendros 2. Marc Dilasser, lui, y a concédé une faute sur son fidèle Arioto du Gevres, la seule de leur parcours… Assurément, la rivière, aussi singulière qu’indispensable aux Grands Prix joués sur des pistes extérieures, qui plus est en herbe, n’a pas dit son dernier mot !

Les résultats complets et les vidéos.

Photo à la Une : En Bretagne, Primo DV a conquis sa plus belle victoire. © Sportfot