“Enfant, devant ma télévision, jamais je n’aurais imaginé gagner le Grand Prix d’Aix-la-Chapelle !”, Richard Vogel (1/4)
Lorsque qu'il décroche son téléphone, Richard Vogel est tout sauf avare de son temps. À l’occasion d’un entretien réalisé en juin dernier en marge du CSIO 5* de Rotterdam, le numéro deux mondial a longuement répondu aux questions de Studforlife. Champions d’Europe en titre et fraîchement vainqueurs du Grand Prix Rolex d’Aix-la-Chapelle, lui et son phénoménal United Touch S apparaissent comme les grands favoris des prochains championnats du monde, qui se dérouleront dans un mois, au cœur du stade de la Soers. Dans le premier des quatre épisodes d’une session questions-réponses à découvrir tout au long de la semaine, le pilote de vingt-neuf ans évoque sa réussite, le fonctionnement taillé sur mesure pour son meilleur partenaire, placé sous la garde ultra-rapprochée de sa bonne fée, Felicia Wallin, qui ne le quitte (presque) jamais des yeux, ou encore le caractère mythique du lieu qui accueillera le prochain sommet quadriennal.
Quel bilan tirez-vous de la première moitié de l’année 2026, au cours de laquelle vous avez obtenu d’excellents résultats, dont cinq victoires en Grands Prix 5* ?
Ce début de saison est sans doute l’un des meilleurs et des plus réguliers que mon équipe et moi ayons connu ! Je peux compter sur un très, très bon piquet de chevaux, ce qui est évidemment un avantage. Je pense que les performances qui ont été les nôtres ces derniers mois résultent du travail fourni en amont, déjà l’an dernier. Nous nous sommes attachés à former et faire progresser ces chevaux, notamment durant l’hiver, afin qu’ils soient prêts pour affronter le très haut niveau. Nous avons pu récolter quelques-uns des fruits de ce travail, qui se ressent dans les résultats obtenus.
Grâce à un excellent groupe de chevaux, Richard Vogel a vécu une première moitié 2026 remarquable. © Sportfot
United Touch S (Untouched x Lux) demeure la tête d’affiche de votre piquet. Il a remporté trois des quatre Grands Prix 5* dont il a pris le départ en 2026. Diriez-vous qu’il se trouve dans la meilleure forme de sa carrière en ce moment ?
Oui, je le pense. Il n’est plus tout jeune (l’étalon a quatorze ans, ndlr), mais il semble vieillir comme le bon vin ! Il ne fait que se bonifier à mesure qu’il prend de l’âge et qu’il gagne encore en expérience. Au début de notre couple, nous avons vraiment dû apprendre à nous connaître l’un et l’autre. Au fil des années, nous avons grandi ensemble, jusqu’à tisser une très bonne relation. Nous avons toujours eu du succès ici et là, mais cette année, nous nous sommes montrés plus constants. Il a toujours répondu présent, sauté de façon fantastique et nous a toujours offert de super résultats. Il est en très bonne forme et j’espère que nous pourrons continuer sur cette note un peu plus longtemps !
“Nous n’avons pas envie de trop en demander à United Touch S et préférons tout mettre en œuvre pour garantir sa longévité”
Le programme de compétition de United Touch S est assez unique en son genre. En règle générale, il ne saute que deux épreuves par concours et n’apparaît qu’à de rares occasions sur la scène internationale. Y’a-t-il des raisons particulières à cela ?
Non, pas vraiment. Ce sont nos chevaux qui dictent le plan à suivre. Nous établissons leur programme individuellement, au cas par cas. United est extrêmement courageux, pétri de moyens et n’a pas peur de grand-chose en piste. Il n’a donc pas besoin d’effectuer beaucoup de parcours pour s’acclimater à son environnement. Il peut sauter n’importe où, que ce soit sur de petites pistes indoor en sable que sur de grands terrains en herbe en extérieur. Beaucoup de personnes pensaient qu’il n’était pas fait pour les carrières plus étroites, mais il a aussi obtenu de super performances dans ces conditions (comme à Bâle, Genève, Lyon ou Stuttgart, où le bai s’est imposé dans les épreuves reines, ndlr). Il a déjà largement fait ses preuves. Comme peu de choses l’impressionnent, nous essayons d’économiser ses sauts autant que possible. United est un cheval exceptionnel, que je décris toujours comme le cheval d’une vie. Nous n’avons pas envie de trop lui en demander chaque week-end ; nous préférons tout mettre en œuvre pour garantir sa longévité et pour qu’il soit toujours en pleine forme dans quelques années.

United Touch S bénéficie d'un programme bien particulier et n'apparaît que rarement en piste. © Sportfot
Avez-vous prévu d’augmenter son nombre de sorties par compétition en guise de préparation avant les championnats du monde d’Aix-la-Chapelle, qui se tiendront du 17 au 23 août prochains ?
Non, pas plus que cela. Nous l’avons fait à La Baule, ce qui était notre plan depuis le début de l’année. Dès le mois de décembre 2025, nous avions établi un programme idéal pour United. Bien sûr, pour le suivre, il fallait qu’il se sente en pleine forme. Avec les chevaux, il faut toujours se montrer très flexible et ajuster ses plans au besoin. Mais je crois qu’il est aussi important d’avoir une ligne directrice à long terme, d’autant plus lorsqu’on a un cheval aussi talentueux que lui. L’idée était donc de ne pas trop le solliciter en début d’année, et de lui accorder un peu de repos. À chaque fois qu’il est allé en concours ces derniers mois, il s’est montré brillant ! Après Aix-la-Chapelle, nous nous sommes dit qu’il serait bénéfique, tant pour son énergie que pour ses muscles, de sauter les deux manches de la Coupe des nations et le Grand Prix de La Baule. Maintenant que nous avons fait ça, nous allons bien sûr continuer de le monter et de l’entraîner à la maison, principalement sur le plat puisqu’il saute assez peu en dehors des concours, mais il ne devrait disputer qu’un autre concours avant les Mondiaux, probablement à Riesenbeck. Pour lui, je pense que le plus important et de faire du bon travail à la maison, pour l’avoir en forme et en bonne santé.

L'étalon Westphalien a toujours très bien performé à chacune de ses apparitions sur la piste de la Soers. © Mélina Massias
“La Coupe des nations de La Baule a été une bonne piqûre de rappel ; nous ne devons pas nous reposer sur nos acquis”
Dans la première manche de la Coupe des nations Barrière du CSIO 5* de La Baule, mi-juin, United Touch S et vous avez concédé douze points, ce qui ne vous était plus arrivé depuis décembre 2024 et le Grand Prix Rolex de Genève. Comment l’expliquez-vous ?
Les trois concours auxquels United a participé avant La Baule étaient très importants pour nous, car nous devions absolument faire nos preuves. Il y avait beaucoup de pression autour de ces événements car United sort peu. Quand il saute, je dois faire en sorte que cela compte et montrer à notre chef d’équipe que nous sommes prêts pour affronter un nouveau championnat. Après notre victoire à Aix-la-Chapelle, j’ai eu le sentiment d’avoir atteint un objectif et une partie de la pression que je ressentais jusque-là est retombée. Dans cette première manche, mes coéquipiers avaient déjà signé trois sans-faute. Nous étions les derniers à partir avec United et notre résultat n’allait avoir aucune influence sur le score de l’équipe. Pour la condition physique de United, et en accord avec le plan que nous avions établi, je tenais à ce que nous affrontions ces deux parcours puis le Grand Prix. Compte tenu du contexte, je pense que nous sommes partis un peu trop confiants. Dès la détente, nous n’étions pas totalement concentrés. United était un peu trop frais, trop allant, et s’est montré assez distrait une fois en piste. Nous avons pris ce parcours trop à la légère. Même si United était trop frais, je suis responsable de cette mauvaise prestation. Globalement, nous ne sommes pas apparus sous notre meilleur jour tout le week-end. Je pense que cela a été une bonne piqûre de rappel ; nous ne devons pas nous reposer sur nos acquis.

À La Baule, en juin, Richard Vogel et United Touch S n'ont pas vécu le concours qu'ils espéraient. © Mélina Massias
Le caractère inhabituel de ce score et la manière dont vous avez monté ont suscité de nombreuses réactions, certains observateurs estimant même que vous auriez fait exprès de ne pas sauver les fautes de votre partenaire afin d’utiliser cette sortie comme un parcours de travail. Qu’en pensez-vous ?
Je pense qu’en regardant les vidéos de nos parcours, chacun pourra constater que mon cheval avait toutes les capacités pour franchir les obstacles sans problème. J’endosse la responsabilité des fautes que nous avons concédées car, comme je l’ai dit, je n’étais pas assez concentré et mon cheval était trop frais et distrait. Et je n’ai pas fait tomber ces barres volontairement ! Personne n’a pour objectif de venir à La Baule, face à un tel public, pour quitter la piste avec trois fautes dans la Coupe des nations… Si je veux faire un parcours de travail, je peux engager une épreuve à 1,40m dans un événement de moindre envergure. Je n’ai aucunement besoin ni envie de faire cela à 1,60m !
“Nous avons réalisé qu’il était primordial pour United, qui est très sensible, d’avoir une personne référente, qui s’occupe de lui quotidiennement”
À quoi ressemble la routine de United Touch S en dehors des compétitions ? Vous avez toujours souligné le rôle crucial que joue Felicia Wallin, votre groom, dans le succès de votre étalon. Comment cela fonctionne-t-il entre vous trois ?
Felicia est un maillon essentiel de la réussite de United. Initialement, Felicia était ma groom concours. Elle me suivait chaque semaine, tout autour du monde. Peu importe les chevaux qui m’accompagnaient, elle prenait soin d’eux, pendant que le reste de notre équipe en faisait de même à la maison. Au bout d’un moment, nous avons réalisé qu’il était primordial pour United, qui est très sensible, d’avoir une personne référente, qui s’occupe de lui quotidiennement. Depuis environ deux ans, nous nous sommes organisés, dans l’intérêt de United, pour que Felicia passe autant de temps que possible avec lui. Lorsque qu’il a rejoint nos écuries, il était un cheval comme les autres. Nous faisions au mieux pour établir un bon programme pour lui, mais notre réflexion n’était pas aussi aboutie qu’aujourd’hui. Désormais, Felicia reste aux côtés de United quoi qu’il arrive et ne vient plus en concours que lorsqu’il y est engagé.
Felicia ne fait pas que prendre soin de lui à pied ; elle le monte aussi, même davantage que moi ! Au départ, j’étais la personne qui le montait le plus. Lorsque je n’étais pas à la maison, il travaillait à la longe ou faisait d’autres activités, sans forcément être monté. Felicia a merveilleusement compris comment fonctionner avec United. Elle a trouvé le parfait équilibre entre le fait de le garder heureux et frais mentalement, tout en le faisant suffisamment travailler pour qu’il soit aussi perméable aux aides que possible pour affronter les parcours les plus exigeants du monde. United a une amplitude gigantesque, donc nous devons beaucoup travailler sur son galop et sa capacité à se rassembler. C’est un atout d’avoir une telle amplitude, mais il faut aussi pouvoir la rétrécir lorsqu’on en a besoin. Felicia est devenue l’indissociable binôme de United, auprès duquel elle passe pratiquement vingt-quatre heures sur vingt-quatre ! Elle le monte vraiment de façon fabuleuse sur le plat et une grande part du mérite de nos succès lui revient. Désormais, Géraldine Badan, Gigi comme nous la surnommons, est celle qui voyage avec moi pour toutes les autres compétitions. Felicia et elle forment un super binôme et s’entendent très bien.

Felicia Wallin s'occupe nuit et jour de United Touch S et occupe un rôle crucial dans sa réussite. © Sportfot
Depuis les championnats d’Europe de La Corogne, dont vous êtes reparti avec l’or autour du cou l’été dernier, United Touch S semble avoir franchi un nouveau palier dans sa montabilité. Il semble aujourd’hui capable de tout faire. Comment l’expliquez-vous ? Avez-vous changé des choses dans la façon dont vous l’entraînez et le montez en dehors du nouveau rôle endossé par Felicia ?
Je suis totalement d’accord sur le fait que sa montabilité s’est grandement améliorée, mais je pense que cela vient seulement du travail accompli en amont. Cela prouve que nous avons vraiment pensé à long terme avec United, comme avec n’importe quel cheval finalement. Parfois, on se dit qu’à huit ou neuf ans, les chevaux sont des adultes et qu’ils seront ce qu’ils sont toute leur vie. En réalité, même lorsqu’ils ont quelques années de plus, de nombreuses marges de progression existent. Avec United, nous continuons de peaufiner certaines choses et de progresser, encore et encore. Je pense qu’il s’agit du seul moyen pour rester au sommet de ce sport. Et les cavaliers aussi peuvent travailler sur eux et s’améliorer. Si l’on se repose sur ses lauriers et que l’on ne cherche pas comment faire mieux, nos performances finissent par en pâtir. Je ne pense pas que cette progression de United s’explique par un changement précis. Il s’agit davantage du fruit d’années de travail et de réflexions.

À l'été 2025, Richard Vogel et United Touch S ont conquis leur premier grand titre individuel en remportant l'or aux championnats d'Europe de La Corogne. © Dirk Caremans / Hippo Foto
“Nous employons dix-huit personnes et le coût de la vie a drastiquement augmenté ces dernières années, en Allemagne comme dans toute l’Europe”
En mai, vous avez remporté le Grand Prix Rolex d’Aix-la-Chapelle, concrétisant l’un de vos rêves. Que gardez-vous en mémoire de cette performance ?
Ce 24 mai est un jour que nous n’oublierons jamais. C’était effectivement la concrétisation d’un rêve et un moment très émouvant pour moi. Ce succès est d’autant plus spécial que nous avons abordé Aix-la-Chapelle en tant que prétendants au Grand Chelem Rolex après notre victoire dans le Grand Prix Rolex de Bois-le-Duc un peu plus tôt dans l’année. Cela a ajouté un peu de pression et notre position n’était pas si simple à appréhender, mais c’était pour moi un privilège d’être dans cette situation. Pour toujours, cette journée restera mémorable !

Fin mai, l'Allemand de vingt-neuf ans a vécu l'un des plus beaux jours de sa carrière en remportant le Grand Prix Rolex d'Aix-la-Chapelle. © Sportfot
Cette victoire vous donne-t-elle un boost de confiance en vue des championnats du monde, qui se dérouleront sur la même piste dans quelques semaines ?
Oui et non. Dans notre sport, même lorsqu’on est numéro un mondial, on perd plus que l’on ne gagne. Nombreux sont les parcours où tout ne se déroule pas comme prévu. Et même lorsque c’est le cas, on ne gagne pas toujours. Parfois, on aurait pu aller un peu plus vite, ou, à l’inverse, on enregistre un chronomètre très rapide mais on commet une faute pour X ou Y raison. Dans la plupart des cas, la faute incombe au cavalier. Ce sport nous remet très souvent les pieds sur terre et nous rappelle qu’il faut rester humble. C’est une bonne chose d’avoir confiance, mais il faut aller plus loin. Il y a toujours des choses à apprendre et à retenir de chaque parcours, qu’il soit bouclé sans faute ou non. Je ne changerai rien de la journée que j’ai vécu à Aix-la-Chapelle cette année, mais si j’analyse nos prestations à froid, il y a certains points que nous pouvons encore améliorer. Alors oui, avoir confiance est toujours agréable, mais il faut toujours prendre du recul et essayer de faire mieux, encore et encore.
Avec cette victoire et le bonus promis au vainqueur de deux étapes consécutives du Grand Chelem Rolex, vous vous êtes vu attribuer près d’un million d’euros. Cette somme sera sans doute partagée avec votre propriétaire, mais avez-vous ou comptez-vous faire une folie pour célébrer ce succès ?
Non, cet argent revient à notre société ; il ne s’agit pas d’argent privé. Nous avons aussi des taxes à payer et nous partageons effectivement cette dotation avec le propriétaire de United. Nous avons beaucoup de dépenses à assumer. Nous employons dix-huit personnes et le coût de la vie a drastiquement augmenté ces dernières années, en Allemagne comme dans toute l’Europe. Lorsqu’on fait ses courses au supermarché, on paye beaucoup plus cher aujourd’hui qu’il y a cinq ans. Je pense que tous les membres de notre équipe seront heureux de recevoir une augmentation de salaire ! Nous devons évidemment les payer chaque mois et la centaine de chevaux que nous avons au travail aux écuries doit aussi manger et être hébergée. Les écuries doivent être entretenues, les camions réparés en cas de casse, etc. Chaque mois, nous avons beaucoup de frais à assumer. Alors cet argent va servir à faire fonctionner l’entreprise. C’est très agréable de profiter de ce bonus, qui nous offre un certain confort financier pour les mois à venir. En tout cas, je ne peux pas dire que nous ne savons pas quoi faire de cet argent ! Je crois que c’est assez clair : il va être utilisé à bon escient, pour nos chevaux et notre équipe, qui travaille dur et fait un boulot formidable. Nous sommes également en train de construire une nouvelle écurie. Nous avons acheté une propriété l’an dernier, que nous sommes en train de la rénover. Les coûts de construction ont aussi grimpé en flèche ces derniers temps et cela va nous revenir plus cher que nous ne l’avions anticipé. L’argent est très vite consommé par les temps qui courent, d’autant plus avec tous les projets que nous avons. Nous allons donc utiliser cette belle somme avec raison !

Le trio formé par United Touch S, Felicia Wallin et Richard Vogel est prêt à conquérir les deux prochains sommets qui se dressent face à lui : les championnats du monde d'Aix-la-Chapelle et le Majeur de Spruce Meadows. © Ashley Neuhof / Rolex
“Je n’aurais jamais imaginé rencontrer une monture du calibre de United Touch dans ma carrière”
À quel point le concours d’Aix-la-Chapelle est-il spécial à vos yeux ?
Aix-la-Chapelle est un lieu extrêmement spécial pour moi. Tout petit, je suivais ce concours à la télévision, dans le salon de mes grands-parents, avec lesquels je regardais les épreuves. D’autant plus en étant allemand, cet événement est vraiment à part. C’est le concours le plus important dans notre pays, et mon rendez-vous préféré de la saison. Avoir la possibilité de monter deux fois dans ce cadre unique cette année est encore plus particulier.
Lorsque vous regardiez ce concours à la télévision étant enfant, vous attendiez-vous non seulement à y participer un jour mais aussi à remporter le Grand Prix Rolex un jour ?
Pour être tout à fait honnête, je ne m’attendais pas à remporter le Grand Prix Rolex un jour, et je n’osais même pas en rêver ! Enfant, devant ma télévision, je n’aurais jamais imaginé gagner ce Grand Prix ! En revanche, j’avais pour objectif de monter un jour sur cette piste. Ma perspective et mes ambitions ont évolué ces dernières années, surtout avec l’arrivée de United Touch. Lors des deux éditions de ce Majeur qui ont précédé notre victoire, nous étions doubles sans-faute et qualifiés pour le barrage du Grand Prix (le duo a terminé troisième en 2024 et dixième en 2025, ndlr). Avec ces résultats, j’ai su que j’avais un cheval capable de remporter une épreuve aussi prestigieuse et convoitée et, de fait, y parvenir est devenu un rêve. Mais lorsqu’on est jeune, on ne sait jamais où la vie nous mènera ni quels chevaux croiseront notre route. Je n’aurais jamais imaginé rencontrer une monture du calibre de United Touch. Mon rêve est devenu réalité grâce à toutes les personnes qui nous ont permis de former un couple et à l’équipe qui nous entoure et travaille d’arrache-pied pour nous. Toutes les personnes de l’ombre contribuent à notre réussite, il n’y a pas seulement United et moi. Ce sont aussi elles qui rendent tout cela possible.

Grâce à United Touch S, la carrière de Richard Vogel a pris un nouveau tournant. © Sportfot
Qu’est-ce qui fait d’Aix-la-Chapelle un lieu aussi mythique, non seulement pour vous mais aussi pour tous les passionnés de grand et beau sport ?
Je pense que cela s’explique grandement par l’histoire que renferme Aix-la-Chapelle. C’est un lieu iconique. Bien que je n’en sois qu’au début de ma carrière au plus haut niveau, j’ai déjà tellement de souvenirs là-bas, sans compter ceux que j’ai créés depuis derrière ma télé ! Quand je pense aux Whitaker, à Ludger Beerbaum ou Marcus Ehning ; ils ont tout vécu sur cette piste, le meilleur comme le pire. Lorsque tout se passe bien, cela offre évidemment des souvenirs impérissables. À l’inverse, une mauvaise performance sur cette piste est encore plus difficile à accepter car ce n’est pas n’importe quel concours : c’est Aix. Ce concours procure beaucoup d’exaltation et, chaque année, on a envie de faire mieux que la précédente.
C’est un événement que n’importe quel organisateur de concours devrait visiter au moins une fois dans sa vie pour prendre conscience du niveau de perfection qu’il est possible d’atteindre. Tout le monde n’a pas la possibilité d’organiser un rendez-vous de cette manière, mais je crois qu’Aix-la-Chapelle touche du doigt la perfection. Le moindre détail est pensé et réfléchi. En dehors de l’organisation et de l’histoire de cet endroit, le public le rend véritablement magique. Les spectateurs rendent chaque instant passé à Aix-la-Chapelle inoubliable et rempli d’émotions pour nous. Lorsque nous entrons en piste, nous sentons déjà l’atmosphère monter et entendons les applaudissements. On en a des frissons et cela décuple notre motivation ! C’est vraiment très, très spécial à vivre et je pense qu’il est impossible de reproduire cela ailleurs. On peut avoir la meilleure configuration qui soit, l’ambiance ne sera jamais la même que celle d’Aix-la-Chapelle. À La Baule, par exemple, il y a aussi un public fantastique, une super ambiance et un environnement remarquable, mais c’est différent de ce que l’on ressent à Aix-la-Chapelle. Seul le public d’Aix-la-Chapelle est capable de nous procurer de telles émotions.

Pour Richard Vogel et beaucoup d'afficionados de jumping, la piste d'Aix-la-Chapelle n'a pas sa pareille. © Ashley Neuhof / Rolex
La deuxième partie de cet article sera disponible prochainement sur Studforlife.com…
Photo à la Une : Le 24 mai dernier, Richard Vogel a réalisé un rêve en remportant le Grand Prix Rolex d'Aix-la-Chapelle. © Ashley Neuhof / Rolex















