Julien Epaillard déjà victorieux avec une nouvelle recrue, du mouvement dans les écuries belges, une pluie de disparitions ; récap’
Que le mois de septembre fut chargé. Au cours des dernières semaines, Julien Epaillard a pris les commandes du tout bon Fini l’Amour, révélé par Marie Pellegrin, et a laissé filer Easy Up de Grandry en Belgique. Outre-Quiévrain, justement, le mercato a été agité, avec des changements de selle pour Jazzy des Dames, Qiara de Kalvarie et Trezeguet. Martin Fuchs s’est, lui, offert un Selle Français, tandis que McLain Ward s’est vu confier une monture olympique. Les derniers jours ont aussi, malheureusement, été marqués par de nombreuses disparitions, dont celles de For Killy, C Vier 2, Castronom, alias Gastronom de Hus, Catch Boom Bang, Remix ou encore Hispania de Bacon, la mère de Vancouver de Lanlore. Le point sur l’actu.
À peine associés l’un à l’autre, les voilà déjà victorieux à 1,45m ! Julien Epaillard et Fini l’Amour n’ont pas mis longtemps à trouver leurs marques. Né dans le Nord, chez Raoul Deschildre, ce fils et arrière-petit-fils de L’Arc de Triomphe s’est classé à 1,50m, à huit et neuf ans, et a remporté le Grand Prix 2* de Lyon en 2024 avec Marie Pellegrin, qui lui avait permis de révéler une partie de son potentiel, avant d’être vendu. L’amazone tricolore a laissé filer, à contre-cœur, son complice outre-Atlantique, début 2025. “Nul doute que tu feras fondre le cœur de ta nouvelle cavalière comme tu as fait fondre le mien et celui de toutes les personnes qui t’entourent”, écrivait-elle au moment d’annoncer la nouvelle. Le petit hongre à la robe noire avait alors rejoint Jacqueline Ruyle, cavalière américaine aujourd’hui âgée de trente-trois ans. À partir de juin 2025, et pendant un an, la paire a aligné les sans-faute et classements à 1,45m, frôlant même la victoire dans un Grand Prix 2* du côté de Mill Spring. Sur cette même piste, le duo a été éliminé lors de sa dernière apparition commune, fin juin. Toujours propriété de l’Etats-Unienne, Fini l’Amour a rejoint Julien Epaillard à la fin de l’été. Sur ses terres natales, celui qui a été formé par Alexa Hinard Dufour, Nicolas Paillot et Manon Ravenel de ses quatre à ses sept ans a fait connaissance avec son nouveau binôme sur trois épreuves nationales à Notre Dame d’Estrées, avant de se rendre à Gassin. En octobre, le petit-fils de Canadian River devrait se produire à Oliva, à l’occasion de deux CSI 3*.
Fini l'Amour et Julien Epaillard ont rapidement trouvé leurs marques. © Agence Ecary
Dans le même temps, Julien Epaillard a laissé filer son généreux Easy Up de Grandry outre-Quiévrain. Engagé à Bonheiden cette semaine, le fils de Jarnac, gagnant à 1,55m et classé en Grand Prix de la Coupe du monde, est désormais associé à Axel Vandoorne, un Belge de vingt-six ans vu jusqu’en Grand Prix 4*. Pour sa première apparition à 1,45m, le néo-duo a concédé deux fautes. Le Normand a précisé à GRANDPRIX.info avoir confié son complice, avec lequel il a remporté deux épreuves lors du CSI 5* d’Aix-la-Chapelle en mai, dans un but commercial, Axel Vandoorne montant pour le compte Vincent Lambrecht. Il ne ferme toutefois pas la porte à un retour de l’alezan brûlé dans ses écuries si le projet de vente n’aboutissait pas.
Easy Up de Grandry a ouvert un nouveau chapitre de son aventure en Belgique. © Sportfot
Nouveau départ pour Gibraltar Villa Rose
Au départ de son premier Grand Prix 5* en avril à Fontainebleau, le tout bon Gibraltar Villa Rose a pris un nouveau départ cet été. Né chez Kamel Boudra, puis formé par son propriétaire amateur éclairé Marc Charousset, le grand alezan a connu une progression fulgurante sous la selle d’Eduardo Alvarez Aznar. Alors qu’il n’avait sauté qu’une épreuve nationale à plus d’1,40m en mars 2025, le fils de Vigo d’Arsouilles et Calakhani Villa Rose, par Apache d’Adriers, a tutoyé les sommets de son sport en à peine quelques mois. Alors qu’il avait montré de belles choses pour ses débuts à 1,60m, le hongre de dix ans a finalement quitté les écuries de son cavalier pour rejoindre celles d’une autre Espagnole : Olivia Alvarez Garcia. L’amazone de vingt ans, qui avait aussi brièvement monté D’Orient Batilly ainsi qu’O. Ziezo DB, et son nouveau complice évoluent pour l’heure jusqu’à 1,45m.

Gibraltar Villa Rose va désormais accompagner la progression d'une jeune Espagnole. © Mélina Massias
Martin Fuchs prend le relais avec Fave d’Authuit
Après avoir vécu des championnats du monde difficiles à Aix-la-Chapelle avec Erynn Ballard, avec, à la clef, une élimination, en raison d’une chute de la Canadienne, et un abandon, Fave d’Authuit a changé de selle. Furtivement apparu aux rênes de Martin Fuchs au paddock aux Mondiaux, le Selle Français de onze ans a officiellement rejoint son piquet de chevaux et fait ses débuts à ses côtés, le mois dernier à Gassin. Engagé dans des épreuves à 1,35 et 1,40m, le duo a signé deux sans-faute aux obstacles et un parcours à quatre points. Jusqu’alors propriété d’Ilan Ferder, le hongre gris aurait été acheté par Martin Fuchs à la fin du mois d’août. En effet, le Suisse apparaît comme étant le nouveau propriétaire de Fave d’Authuit depuis cette date dans la base de données de la Fédération équestre internationale. Malgré la déconvenue essuyée en Allemagne en août, le fils de Windows vh Costersveld, alias Cornet Obolensky, a prouvé toutes ses qualités en s’offrant, entre autres succès, quatre classements en Grands Prix 5*. Né au haras d’Authuit, le petit-fils de Kannan a découvert la compétition avec Frederico Fonseca, avant d’être sacré champion de France des hongres et entiers à cinq ans aux côtés de Faustine Laferrerie en 2020. Il a ensuite continué son ascension avec Nicolas Paillot, avant de rejoindre Erynn Ballard en 2024. Fave d’Authuit et Martin Fuchs continuent de se découvrir cette semaine à Gorla Minore, où ils ont terminé deuxième de l’épreuve à 1,50m du samedi 3 octobre.

Martin Fuchs a essayé Fave d'Authuit dès les Mondiaux d'Aix-la-Chapelle, en août.
Gilles Thomas se sépare à nouveau d’un complice
Après avoir laissé filer le prometteur Happy Landais, étalon Selle Français Originel de neuf ans, il y a quelques semaines, Gilles Thomas a aussi dit au revoir à Qiara de Kalvarie. Particulièrement bien née, puisque propre soeur du brillant Dourkhan Hero, mais aussi soeur utérine de la surprenante Gin Tonic van het Gerendal, cinquième du Grand Prix du CSIO 5* de Barcelone début octobre avec Armando Trapote, la baie était associée au Belge depuis début 2025. Avant cela, elle avait effectué une partie de ses gammes aux côtés de Marthe Heudens, cavalière des jeunes montures des écuries Nieuwenhof. Engagée à deux occasions à 1,60m, notamment dans le Grand Prix Rolex du CSIO 5* de Rome qu’elle avait bouclé avec deux fautes cette année, la BWP s’est surtout distinguée dans les épreuves intermédiaires, obtenant plusieurs classements jusqu’à 1,55m, de Miami à Paris en passant par Malines. La fille de Don’t Touch Tiji Hero et petite-fille de Zandor a bouclé son dernier parcours aux rênes de Gilles Thomas en juillet. Pour l’heure, l’identité de ses nouveaux propriétaire et cavalier n’ont pas été révélées. À l’élevage, Qiara de Kalvarie, qui occupait une place à part dans le coeur de sa groom, Sanne Melsen, a déjà laissé plusieurs produits, dont un étalon approuvé, Karlo de Kalvarie (Kassander van’t Roosakker), ou encore un fils d’Ermitage Kalone, baptisé Boucheron de Kalvarie, ainsi que Dakota de Kalvarie, une fille de Scotch van het Dennehof, lui-même fils de... Luna van het Dennehof, gagnante en Grand Prix 5* avec Gilles Thomas. En attendant le retour à la compétition de ses deux cracks Ermitage Kalone et Qalista DN, le Belge, médaillé de bronze aux Européens de La Corogne en 2025, continue de donner de l’expérience à ses espoirs de demain, et peut compter sur l’ascension du très séduisant Riesling van’t Roosakker.

Gilles Thomas a dit au revoir à sa très bien née Qiara de Kalvarie, propre sœur de Dourkhan Hero. © Sportfot
Thibeau Spits cède les rênes de Jazzy des Dames
Comme l’a annoncé So Horse, Jazzy des Dames a quitté les écuries de Thibeau Spits pour aller défendre la bannière émiratie. Représentant de l’excellent élevage d’Agnes Demesmaeker et son époux, très en vue cette saison, l’étalon bai de onze ans avait connu une belle progression ces derniers mois, au cours desquels il a sauté son premier Grand Prix 5*, début juin à Cannes. Classé en Grand Prix 4* à 1,55m, le SBS évoluait sous la selle du médaillé d’argent des derniers championnats du monde depuis fin 2024, après avoir été associé pendant quatre saisons au Brésilien Thiago Ribas Da Costa. Jazzy des Dames est un fils d’Emerald van’t Ruytershof et Unieme des Dames. Cette descendante de Calvaro est aussi la mère de l’ultra compétitif Itchcock des Dames (Marius Claudius), habitué des remises des prix outre-Atlantique avec Jad Dana, et de la fabuleuse Izara des Dames, propre sœur de Jazzy. Cette dernière, révélation du printemps sous la selle de Jack Whitaker et classée en Grand Prix 5*, a récemment rejoint l’Espagnole Sira Martinez Cullell, avec laquelle elle semble déjà avoir trouvé ses marques, pour l’heure jusqu’à 1,50m. Issu de la souche d’Arpège Pierreville, Jazzy des Dames compte plusieurs jeunes frères et sœurs utérins. De quoi permettre à ses éleveurs de continuer à rêver dans les années à venir, eux qui ont également fait naître le tout bon Quix des Dames, alias Styles, d’Aaron Vale, absent des pistes internationales depuis septembre 2025.

Le puissant Jazzy des Dames a évolué jusqu'en Grand Prix 5* avec Thibeau Spits et devrait à présent défendre la bannière émiratie. © Sportfot
Trezeguet n’évoluera plus avec Annelies Vorsselmans
Ils formaient l’un des duos de ces derniers mois. Annelies Vorsselmans et Trezeguet ont finalement pris des chemins différents. En effet, la Belge, révélée au plus haut niveau ces deux dernières saisons en partie grâce à son bai au coup de saut remarquable, a annoncé la nouvelle le 21 septembre dernier. “Certains au revoir sont difficiles ! Merci Bobby pour tout ce que tu as fait pour moi. Je te souhaite bonne chance avec ton nouveau cavalier : Max Wachman. Merci Jeroen Dubbeldam et les écuries De Sjiem de m’avoir donné la chance de monter ce cheval et de franchir le cap du très haut niveau avec lui. Un merci tout particulier à la famille Bahrs, co-propriétaire de ce cheval fantastique et avec laquelle nous avons partagé les progrès effectués au cours de sa carrière”, a écrit la cavalière sur Instagram. Monté par Luisa Bahrs de 2019 à 2022, le hongre SWB a ensuite rejoint Jeroen Dubbeldam, qui l’a mené à ses premiers classements à 1,55m avant de passer le relais à sa compagne, Annelies Vorsselmans. Sous sa selle, le fils de Trumalin et petit-fils de Chairman LS La Silla a rapidement marqué les esprits, en signant de bons parcours au plus haut niveau. En septembre 2025, le duo prenait ainsi la septième place du Grand Prix du Longines Global Champions Tour (LGCT) de Riesenbeck, après n’avoir concédé que deux points de temps, puis bouclait un double zéro dans la Ligue des nations du CSIO 5* de Gassin dans la foulée. À son avantage les mois suivants, malgré un petit manque de chance qui lui a souvent coûté quatre points, Trezeguet a conclu son association avec Annelies Vorsselmans par une excellente troisième place dans le temps fort du LGCT de Valkenswaard, début septembre. Avec cette nouvelle arrivée, Max Wachman ajoute une énième cartouche à son piquet déjà débordant de stars, à l’instar de Fancy de Kergane, GRS Lady Amaro, Empoli de Champloué, Herisson’Quill, Obama van Oostayen, ou encore Kannem J.A.

L'attachant Trezeguet va poursuivre sa route avec Max Wachman. © Sportfot
Une recrue olympique pour McLain Ward
McLain Ward peut compter sur le soutien de Michael Smith. Déjà propriétaire, entre autres, de High Star Hero et Jordan Molga M, l’ancienne star de Nicolas Delmotte, l’Américaine a confié à son cavalier Hialita B, jusqu’alors associée à Thaisa Erwin. Au départ des Jeux olympiques de Paris avec l’Australienne, et réserviste de son équipe nationale lors des Mondiaux d’Aix-la-Chapelle cet été, l’alezane a signé des débuts remarqués avec son nouveau pilote. En effet, tous deux se sont, d’emblée, imposés dans un Grand Prix 2* à Williamsburg. Une semaine plus tard, cette fois engagés dans les épreuves du CSI 5* de Greenwich, ils ont toutefois connu moins de réussite, concédant trente-huit points dans une épreuve à 1,55m, imputables, en partie, à une mauvaise distance sur le dernier vertical, ayant contraint le numéro neuf mondial a effectué une volte. Bien qu’expérimentée au plus haut niveau et classée dans plusieurs Grands Prix 5* avec son ancienne amazone, qui la montait depuis fin 2023, la KWPN de quatorze ans par Emerald van’t Ruytershof devra prendre le temps de s’adapter à McLain Ward. “Merci, Bee, d’être entrée dans ma vie. Tu nous as forcés à rester sur le qui-vive et à penser en dehors des cases, mais qu’est-ce que tu en valais la peine ! Être ta partenaire ces quatre dernières années a été un privilège. Tu nous as beaucoup demandé, mais tu nous as tellement donné en retour. Merci pour ton cœur immense et pour la confiance que tu m’as donnée à chaque fois que je montais sur ton dos. Nous avons accompli tant de choses ensemble, notamment en représentant l’Australie aux Jeux olympiques de Paris 2024 et en étant réservistes aux championnats du monde de 2026. Je suis incroyablement fière de cela, et de tout le travail, de la patience et de chaque petite avancée qui nous y ont amenées. Ces moments vécus à tes côtés compteront toujours énormément pour moi”, s’est émue Thaisa Erwin, au moment de dire au revoir à sa chère Hialita B. “Merci à son propriétaire, Michael Smith, de m’avoir permis de former ce couple, et à tous ceux qui ont pris soin de Bee comme elle le méritait, en particulier sa groom de longue date, Cruz. Tu es une jument spéciale, Bee. Te dire au revoir est extrêmement difficile. Je te souhaite le meilleur dans ce nouveau chapitre. Tu auras toujours une place dans mon cœur.”
For Killy emportée par des coliques
Une blessure avait mis fin à sa carrière sportive, en juin à La Baule. Des coliques ont mis fin à sa vie il y a quelques jours. For Killy, indissociable partenaire de la Suédoise Amanda Landeblad, est morte. “Il y a quelques semaines, nous avons perdu Fia en raison de coliques. Je n’arrive toujours pas à croire que n’est plus là et ne plus voir ta magnifique tête me manque chaque jour. Je suis tellement désolée que nous n’ayons pas pu t’offrir la retraite que tu méritais… J’aurais fait n’importe quoi pour te sauver et te donner plus de temps. Galope librement, ma reine. Tu es la meilleure chose qui me soit jamais arrivée”, a écrit, non sans émotion, l’ancienne cavalière de l’alezane.
Fille de Tangelo vd Zuuthoeve et petite-fille de For Pleasure, For Killy avait représenté la Suède lors des Européens de La Corogne, en 2025. Sous la bannière scandinave, la KWPN, qui compte plusieurs propres sœurs et frères nés entre 2019 et 2025, a aussi participé à de nombreuses Coupes des nations, d’Hickstead à Aix-la-Chapelle, en passant par Falsterbo, Ocala, Dublin, Rotterdam ou encore La Baule. Classée dans plusieurs Grands Prix 5*, dont celui du CSIO d’Hickstead, qu'elle avait conclu au troisième rang en 2023, aura durablement marqué son entourage. Après sa blessure survenue lors de l’Officiel de France, décision avait été prise de lui offrir une belle et longue retraite après sa convalescence, et de lui permettre de transmettre ses gènes à de futurs poulains. Mais le sort en a finalement décidé autrement.
Amanda Landeblad pleure sa meilleure complice, For Killy. © Sportfot
Vancouver de Lanlore orphelin
Le 30 septembre, Hispania de Bacon, mère de l’olympique Vancouver de Lanlore, a poussé son dernier souffle. À trente et un ans, la reine d’Anne Dafflon, qui avait eu un coup de cœur pour elle, s’est endormie pour toujours. Née chez Florence Coupérie, cette Selle Français Originel était une fille de Le Tot de Semilly et Quille Girondine, une Anglo-Arabe par Echo IX. Sortie en compétition, principalement sous la selle de Grégory Jeanne, la baie a obtenu un ISO 117 en 2001, avant de se consacrer à l’élevage, où elle a laissé neuf poulains. Le premier d’entre eux fut la jument Si Audacieuse de Fo (C Indoctro II), née chez Audrey Radet Coudret. Le deuxième ? Vancouver de Lanlore (Toulon) ! Meilleur représentant de l’élevage d’Anne Dafflon, l’étalon a brillé au sommet de son sport, décrochant un ISO 173. Protégé de la famille Vorpe, le bai brun a d’abord été associé à Romain Duguet sur la scène internationale, avant de rejoindre Pénélope Leprevost puis d’achever sa carrière aux rênes de Pius Schwizer. Pilier de l’équipe de France, le Selle Français s’est classé dans de nombreux Grands Prix 5* et s’est illustré en Coupes des nations et en championnats. Outre les Jeux de Tokyo, où le résultat n’avait pas été celui escompté, le fils d’Hispania de Bacon a aussi disputé ceux de Paris, les Mondiaux de Herning, dont il avait pris la quatorzième place en solo, et la finale de la Coupe du monde d’Omaha, où il avait terminé sixième, avec Pius Schwizer, ainsi que les Européens de Rotterdam avec Pénélope Leprevost, pour une quinzième position finale. Désormais âgé de dix-sept ans, il se consacre à sa carrière d’étalon. Si aucun membre de sa fratrie ne l’a égalé sportivement, plusieurs de ses sœurs utérines se consacrent à l’élevage. Elegance de Lanlore, sa propre sœur, a donné un poulain à Pénélope Leprevost et un autre à François Vorpe, tandis que Jerusalem Lanlore (Romanov) a pris la suite de sa mère au sein de l’élevage d’Anne Dafflon, en donnant deux filles, par Bamako de Muze et Million Dollar vh Schaeck.
Castronom a rejoint les étoiles
“Tu es arrivé dans ma vie comme un cheval de Grand Prix… et aujourd’hui, tu es parti rejoindre le ciel comme un cheval de Grand Prix. Mais derrière les classements, les parcours et les hauteurs de barres, il y avait surtout une histoire entre toi et moi. Tu as été mon professeur, mon partenaire, celui qui m’a appris ce qu’était réellement le haut niveau. Celui qui m’a donné le goût de me dépasser, de croire en mes rêves et de ne jamais avoir peur de voir plus grand. Je t’avais acheté pour faire du Grand Prix 2*, 1,45m. Avec toi, nous avons finalement connu des moments que je n’aurais peut-être jamais imaginés. Jusqu’à ce Grand Prix 4* de Mons, à 1m60, où tu m’as offert cette magnifique quatrième place. Ce jour-là, tu m’as fait rêver. Mais avec le recul, je comprends que le plus beau de notre histoire n’était pas une hauteur de barre, un classement ou un résultat. C’était tout ce que nous avons vécu ensemble, tout ce que tu m’as appris et l’homme et le cavalier que tu as contribué à faire de moi. Certains chevaux passent dans une vie. D’autres laissent une empreinte qui ne s’efface jamais. Toi, tu feras partie de ceux-là.” Par ces mots, forts, Arnaud Doem a annoncé la disparition de Castronom, alias Gastronom de Hus, mercredi 23 septembre, à l’âge de vingt-sept ans. D’abord monté par Katharina Offel, puis passé sous la selle de Kevin Staut, avec lequel il s’est imposé jusqu’à 1,55m sur la scène internationale, l’étalon alezan a rejoint son dernier cavalier en 2013. En plus de sa carrière sportive, le fils de Carthago et oncle de Solid Gold a laissé quelques produits à l’élevage, parmi lesquels les bons Selle Français Valentino d’Elte, classé en Grand Prix CSI 4*-W avec la Canadienne Vanessa Mannix, Vegas de la Folie, classé à 1,60m avec Jérôme Hurel, Vipper du Lavoir, très bonne gagnante à 1,40m avec Julien Gonin, ou encore Vif d’Or Lili, complice de Joséphine Héteau jusqu’en CCI 4*-S et lors de deux championnats d’Europe Jeunes Cavaliers. Né chez Paul Schokomöhle, Castronom avait sailli pas moins de cent-soixante-huit juments lors de sa première année de monte en France, en 2008, avant de voir ses statistiques baisser petit à petit, malgré son retour au haras dans l’Hexagone en 2021. “Merci pour ta confiance. Merci pour ton courage. Merci pour toutes ces émotions. Merci pour tous ces souvenirs. Et surtout, merci de m’avoir permis de grandir à tes côtés. Aujourd’hui, j’ai le cœur lourd de devoir te dire au revoir, mais tellement reconnaissant d’avoir eu la chance de croiser ton chemin. Merci mon cheval. Merci mon professeur. Merci mon ami. Merci pour tout, mon Gastronom de Hus. Tu resteras à jamais une partie de mon histoire”, conclut Arnaud Doem, dans un ultime hommage à son cher complice.
Arnaud Doem a rendu un vibrant hommage à Castronom, alias Gastronom de Hus, étalon disparu dans sa vingt-septième année. © Sportfot
Catch Boom Bang n’est plus
Victime d’une fracture de l’humérus au paddock, Catch Boom Bang a dû être endormi, a fait savoir son dernier cavalier, Christophe Grangier, à GRANDPRIX.info. À seulement seize ans, le Oldenbourg, véritable guerrier au talent indéniable, qui revenait de sa saison de monte en frais à l’élevage du Thot, s’est éteint le 28 septembre. Gravement blessé à quatre ans, le bai formé par Jonathan Chabrol a déjoué tous les pronostics en se distinguant jusqu’à 1,55m. En 2023, aux rênes de son plus fidèle pilote, il avait signé des doubles sans-faute dans les Grands Prix 3* de Compiègne, Cabourg et Gassin, se hissant même sur le podium des deux premiers. Fils de Cornet’s Prinz et petit-fils d’Argentinus, le très chic bai ne manquait pas de qualités, qu’il a transmises à sa rare descendance, composée, pour l’heure, d’une trentaine de produits enregistrés sur la base de données du SIRE. Si ses premiers héritiers sont nés en 2019, sa première génération plus dense a vu le jour en 2024. Il faudra donc patienter encore quelques années avant de voir leur talent se révéler sur les pistes de compétition, mais nul doute que ces jeunes pousses sauront faire honneur à leur père le moment venu.
Le très chic et talentueux Catch Boom Bang a rejoint les étoiles trop tôt. © Sportfot
Adieu, C Vier 2
À l’annonce du décès de C Vier 2, lundi 28 septembre, les messages de soutien adressés à Isabella Russekoff ont été innombrables, venus de certains des meilleurs cavaliers de la planète, mais aussi de nombreux aficionados marqués par la générosité et le talent sans limite du puissant bai. Initié à la compétition sur la scène mondiale par Janine Rijkens, le fils de Cardento a signé ses premiers grands succès aux côtés de David Will, son cavalier de 2020 à 2022. Gagnant du Grand Prix du CSIO 5* de Rome et deuxième de l’étape de la Coupe du monde de Madrid en 2021, le duo a surtout brillé lors des Européens de Riesenbeck, terminant septième en individuel après avoir remporté la Chasse et médaillé d’argent par équipe, avant de s’octroyer la sixième place de la finale de la Coupe du monde de Leipzig un an plus tard. Passé sous la selle de Cian O’Connor juste après l’échéance, le grand hongre a disputé sous sa selle les championnats du monde de Herning avant de filer dans les écuries d’Isabella Russekoff. Avec l’amazone, le Holsteiner a continué sa route, donnant toujours le meilleur de lui-même et plus encore. Il a permis à la jeune femme de vivre les Jeux olympiques de Paris, mais aussi les championnats d’Europe de La Corogne, et surtout d’engrenger une expérience inestimable et de se classer au plus haut niveau, comme lors de l’étape de la Coupe du monde de Bordeaux, en 2024, où tous deux étaient sixièmes. Encore en lice pour les Mondiaux d’Aix-la-Chapelle cet été, pour lesquels il avait finalement déclaré forfait en dernière minute, après avoir bouclé sa dernière sortie internationale en juin à Saint-Gall, le petit fils de Concorde a pris son ultime envol à seulement dix-huit ans, sans que les causes de sa mort ne soient communiquées. Quoi qu’il en soit, son départ laisse un profond vide, tant il fut attachant tout au long de sa carrière. Pour son entourage, la perte est immense. “Repose en paix mon ange, C Vier. Je suis si chanceuse d’avoir rencontré une âme comme la tienne. Le fait que notre aventure ait été interrompue si tôt me brise le cœur, mais je suis reconnaissante pour chaque moment partagé ensemble”, a écrit Isabella Russekoff. “C Vier a rendu mon rêve le plus fou, sauter aux Jeux olympiques, réalité. [...] Il a toujours été là pour moi, m’a donné 110 % et rendu l’impossible possible. Je n’ai jamais rencontré un cheval avec plus de combativité. Aucun défi n’était trop grand, et son cœur ne le laissait jamais abandonner. Il m’a appris la patience, la confiance et ce que cela signifiait d’être un vrai partenaire. Il était ma moitié, et nos moments calmes me manqueront autant que les plus grands. C Vier était le cheval d’une vie, pas seulement pour moi mais aussi pour beaucoup d’autres. Merci à tous ceux qui l’ont aimé, ont pris soin de lui et l’ont soutenu. Il était entouré d’amour et nous a donné bien plus. Accepter qu’il soit parti si tôt est extrêmement difficile, mais je sais qu’il se sent mieux où il est. Il n’y aura jamais assez de merci pour prouver toute ma gratitude envers C Vier. Il sera pour toujours mon ange gardien.”
Au fil de sa très riche carrière, le généreux C Vier 2 a largement marqué les esprits. © Sportfot
Disparition soudaine de Remix
Parmi l’avalanche de disparitions qui ont marqué le mois de septembre, il y a aussi eu celle de Remix. Âgée de dix-huit ans, la toute bonne grise, qui a permis à de nombreux cavaliers de profiter de son talent, s’est éteinte subitement et sans crier gare, alors même qu’elle était sortie victorieuse de sa dernière apparition internationale, à l'occasion du Grand Prix 2* de Gesves en juillet, et qu’elle concourait encore sur le circuit national en septembre, avec Guillaume Gillioz, bras droit de Steve Guerdat. “Une dernière fois. Une dernière entrée en piste. Un dernier parcours. Un dernier podium. Une dernière caresse. Sans le savoir. Il y a deux semaines, à Sion, nous étions encore ensemble. Tu avais dix-huit ans et tu sautais toujours comme si tu en avais dix de moins. Toujours cette envie. Toujours cette force. Toujours cette façon de me faire croire que tout était possible. Et aujourd’hui, je dois malheureusement te dire au revoir. Je veux me souvenir de toi comme ça. Pas de la fin. De toi. De Remix. La jument que tout le monde reconnaissait dans les paddocks. Celle dont personne ne croyait l’âge. Celle qui avait déjà une histoire immense avant moi. Une histoire écrite avec tous les cavaliers qui ont eu la chance de la monter. Pendant plus de deux ans, tu m’as permis d’écrire ma page avec toi. Les victoires, les podiums, les grandes pistes, oui. Mais surtout une confiance, une complicité et une histoire que je n’aurais jamais imaginée au début de 2024. Tu m’as fait grandir. Et tu t’es battue pour moi. Aujourd’hui, je ne perds pas simplement un cheval. Je perds une partenaire avec laquelle j’ai vécu une immense partie de ma jeune carrière”, a notamment écrit le jeune Suisse, mercredi 30 septembre. Passée sous les selles d’Adrian Schmid, Beat Grandjean, Niklaus Schurtenberger, Elin Ott puis Paris Sellon, avant de rejoindre Guillaume Gillioz en 2024, la représentante du stud-book DWB n’a peut-être jamais remporté de Grand Prix 5*, mais elle a fait bien plus que ça, en épaulant la progression de tous ceux qui ont croisé sa route. Deuxième d’un Grand Prix 4* à Milan en 2022 avec Paris Sellon, détentrice de très bons résultats jusqu’en Grand Prix 3*, la fille de Quidam de Revel et petite-fille de Come On avait offert une septième puis une cinquième place à Guillaume Gillioz dans l’UBS Challenge, une épreuve à 1,55m du CHI de Genève. Née chez Thomas Dresler, l’inoubliable grise, qui appartenait au champion du monde 2026 depuis 2024, n’a pas laissé de descendance mais est la tante du prometteur Silver Dollar, qui a fait ses débuts à 1,45m à huit ans cet été et s’est déjà classé à 1,40m avec Lucas Porter.

L'excellente Remix s'est endormie pour toujours à seulement dix-huit ans, laissant un immense vide dans le cœur de son entourage. © Sportfot
Photo à la Une : Julien Epaillard et Fini l’Amour, l’ancien complice de Marie Pellegrin, ont signé des débuts remarqués ! © Agence Ecary

















