Jessica Mendoza et In The Air règnent en reines à Barcelone
Jessica Mendoza et In The Air planent dans les airs de Barcelone. Lauréates de l’épreuve majeure de jeudi, en ouverture de la compétition, les deux complices ont récidivé en s’offrant le Grand Prix du CSIO 5* espagnol vendredi. Grâce au meilleur double sans-faute de la soirée, la paire féminine a remporté son deuxième succès à ce niveau et supplanté Rodrigo Pessoa, deuxième et en forme olympique avec Nielsdaka van de Rhamdia Hoeve, ainsi que Cian O’Connor, troisième sur Kentucky TN.
Barcelone réussit aux Britanniques. Après le succès collectif de l’Union Jack lors de la finale de la Ligue des nations Longines, et celui, individuel, de Scott Brash et Hello*Folie de Nantuel dans le Grand Prix en 2025, voilà que Jessica Mendoza et In The Air ont fait de la piste en sable du Real Polo Club leur jardin. Victorieuses de l’épreuve de vitesse à 1,50m jeudi, en ouverture de la compétition, la Britannique et sa fille d’Air Jordan ont doublé la mise vendredi 2 octobre, dans le premier temps fort du week-end. Lancé avec une heure de retard sur l’horaire initialement prévu en raison d’un incident technique, le Grand Prix de la capitale catalane s’est conclu un peu avant minuit sur les notes de God Save The King. L’hymne national britannique a pourtant célébré deux reines, qui se sont imposées pour la deuxième fois de leur association commune à ce niveau. Au sommet de son art, la petite KWPN, qui devrait en toute logique céder sa place à… son frère utérin, Guidam Sohn The Second, alias Summerhouse, dimanche, pour la finale du circuit par équipe de la Fédération équestre internationale (FEI), a claqué deux sans-faute, empreints de toute son habituelle efficacité. Dixième des Européens de La Corogne l’été passé, la jument de treize ans avait débuté l’année moins en forme que d’ordinaire mais semble avoir pleinement retrouvé son brillant. Ce soir à Barcelone, rien ne pouvait lui arriver.

Jessica Mendoza et In The Air ont remporté leur deuxième Grand Prix 5* du côté de Barcelone. © Sportfot
Le meilleur chronomètre n’offre pas toujours la victoire
Arrivée à dame en 46’’94, la paire féminine aurait malgré tout pu être détrônée par les chronomètres supersoniques affichés par Stephan de Freitas Barcha et son Dinozo Un Prince*Imperio Egipcio, Richard Vogel et Gangster Montdesir, ainsi que Sophie Hinners et Iron Dames*Kaleni Jo. Mais, bien qu’ils soient passés sous la barre des 47’’00, ces trois couples ont laissé des barres à terre sur leur passage dans cette épreuve en deux manches. Le premier duo cité, aux couleurs franco brésiliennes, a poussé deux verticaux à terre lors de son deuxième passage en piste, pour en terminer en dixième place. Vaincus à Gassin, où ils détenaient le deuxième chronomètre le plus rapide du barrage mais avaient déjà concédé une faute, les vainqueurs du Grand Prix du Longines Global Champions Tour de Monaco devront patienter avant de reproduire leur exploit.
Huitièmes, les lauréats du Grand Prix du CSIO 5* de Bruxelles ont, eux, été pénalisés d’une faute dans l’acte initial. Repêchés in extremis, le numéro un mondial et son fabuleux Selle Français sont partis à toute vitesse en deuxième manche, et ont bouclé un sans-faute, en 46’’29. Quant à l’associée de Richard Vogel, Sophie Hinners, elle est passée à un rien d’un deuxième triomphe de rang, après avoir déjà conquis l’épreuve reine du CSI 5* de Vienne il y a quelques jours. Cette fois aux rênes de la généreuse Kaleni Jo, demi-sœur de Gangster Montdesir par le père, l’Allemande s’est avouée vaincue… sur l’ultime vertical du tracé raccourci ! Alors que son temps lui aurait permis de s’imposer, la cavalière de l’alezane au geste postérieur fébrile et pas tout à fait naturel s’est inclinée. De fait, Jessica Mendoza et In The Air sont restées intouchables.
Rodrigo Pessoa et Major Tom affichent leur forme
Si In The Air avait déjà brillé en Espagne, à La Corogne, elle n’avait jamais foulé le sol de Barcelone jusqu’alors. À l’inverse de son dauphin du soir, Nielsdaka van de Rhamdia Hoeve, alias Major Tom. En 2023, le fils de Vagabond de la Pomme avait ainsi contribué à la qualification olympique du Brésil pour les Jeux de Paris. De retour pour la première fois sur cette piste trois ans plus tard, l’alezan de Rodrigo Pessoa s’est offert une deuxième place d’excellente facture dans ce Grand Prix, confirmant sa forme étincelante cette saison. Si le duo a manqué d’un brin de chance à Aix-la-Chapelle pour transformer l’essai, son année 2026, celle du retour au sommet après une longue pause hivernale, est remarquable, avec désormais six classements en autant de Grands Prix internationaux disputés. Pas loin d’être prodigieux, et bien loin d’être surprenant tant la qualité du petit-fils de Heartbreaker est limpide depuis plusieurs années. Cela étant, le retour en état de grâce du BWP, dont on aurait pu douter, est une véritable bénédiction pour le sport et les passionnés. Vainqueur d’un Grand Prix 4* en juillet à Valkenswaard, Major Tom s’offre son meilleur résultat dans le temps fort individuel d’un CSIO 5* cette année, après ses neuvièmes places à Rotterdam et Dublin.

Quelle aisance ce soir et quelle saison pour Rodrigo Pessoa et son exceptionnel Nielsdaka van de Rhamdia Hoeve, alias Major Tom ! © Sportfot
Derrière l’adulé champion brésilien, deux Irlandais occupent les rangs trois et quatre. Il s’agit de Cian O’Connor et Denis Lynch. Le premier avait sellé l’excellent et très, voire parfois trop, démonstratif Kentucky TN, révélé par Zoé Osterhoff et acquis par le cavalier de l’île d’Emeraude en même temps que l’ancien complice d’Harrie Smolders, le génial Kaspar R, depuis disparu des radars. Doté d’un respect inouï, le bai de onze ans a rallié l’arrivée en 47’’73 pour égaler sa troisième place dans l’étape de la Coupe du monde du CSI 5*-W d’Ocala en février, qui restait son meilleur résultat en date à ce niveau.

Troisièmes, Cian O'Connor et Kentucky TN complètent le tiercé gagnant. © Sportfot
Quant à Denis Lynch, il a, tant bien que mal, réussi à boucler un double zéro sur le vétéran Jorden vd Kruishoeve, alias Brooklyn Heights, dix-sept ans. Malgré des signes de sérénité peu évidents à observer, voire totalement absents derrière ses yeux grands écarquillés et les actions très marquées de son cavalier, le fils de Nabab de Rêve a une fois de plus répondu présent pour ajouter un énième classement à son palmarès, lui qui avait remporté le Grand Prix du CSIO 5* de Rome en 2022 ou encore terminé deuxième des épreuves reines des CSI 5* de Mexico la même année et CSI 5*-W de Stuttgart en 2022 et 2024.
L’heure de gloire approche pour la génération des R du BWP
Le dernier couple à avoir quitté la piste sur un double score vierge est celui formé par Armando Trapote, meilleur Espagnol de ce Grand Prix à domicile, et Gin Tonic van het Gerendal. La dynamique sœur utérine de Dourkhan Hero et Qiara de Kalvarie se frottait pour la troisième fois de sa jeune carrière à une épreuve à 1,60m. Jusqu’alors, celle qui présente un intéressant inbreeding sur Usha van’t Roosakker avait toujours fauté à trois reprises, mais elle s’est cette fois transcendée, sous les ordres de son pilote, et se classe cinquième. Elle supplante ainsi l’excellent Replay van’t Paradijs de Kendra Claricia Brinkop. L’alezan, un fils de Bamako de Muze très marqué par son grand-mère maternel, Emerald van’t Ruytershof, n’a été piégé que par le temps lors des deux manches et s’octroie une très belle sixième place. Déjà à son avantage à Riesenbeck, Hickstead, Deauville ou encore Bruxelles cette année, l’étalon de neuf ans ne fait que confirmer l’étendue de son potentiel, sortie après sortie. Gageons pour sa brillante cavalière, qui a vu défiler sous sa selle pléthore de cracks, à commencer par Kastelle Memo, Tabasco de Toxandria ou encore Do It Easy, que cette nouvelle star à la hauteur de son talent reste à ses côtés suffisamment longtemps pour lui permettre de briller au sommet, notamment sous les couleurs de la Mannschaft dans les plus grands rendez-vous.
Comme Replay van’t Paradijs, Rainbow van’t Zorgvliet a vu le jour en 2017 et porte la lettre R correspondant à son année de naissance au sein du stud-book BWP. Remarquable médaillé d’argent aux championnats Séniors de Belgique il y a quinze jours avec Pieter Devos, le fils de Windows vh Costersveld, alias Cornet Obolensky, courait son tout premier Grand Prix 5*, le tout avec une expérience internationale encore modeste. Pourtant, ce soir, rien n’a semblé hors de sa portée. Doté d’un immense respect, qui permet à son cavalier de lui accorder toute sa confiance, voire de se montrer un peu gourmand, ce qui lui a d’ailleurs valu une faute sur la sortie du double de verticaux en seconde manche, le petit-fils de Vagabond de la Pomme et neveu de For Joy van’t Zorgvliet explose au grand jour à l’aube de son dixième anniversaire. De quoi faire le bonheur de son cavalier, mais aussi celui des éleveurs, qui doivent être nombreux à avoir envie de lui adresser une ou plusieurs juments la saison prochaine ! Pour l’heure, le bai ne compte qu’une production très, très confidentielle, avec moins de vingt descendants recensés sur Hippomundo.
Également de la partie dans le second acte de ce Grand Prix 5*, Jack Whitaker et Jodie Hall McAteer ont connu moins de réussite que leur compatriote Jessica Mendoza. Le premier termine onzième sur son homonyme Jack JL, sanctionné d’un puis sept points et apparu très transpirant lors de son deuxième parcours de la soirée, tandis que la seconde a achevé sa journée avec douze points, dont une très lourde faute dans l’oxer numéro 2 du tracé raccourci, sur son atypique et spectaculaire La Gupardie, pour occuper le douzième rang du classement final.
Pas de sans-faute, mais un coup de chapeau
Avec le deuxième parcours à quatre points le plus rapide de la première manche, Julien Epaillard arrache un classement sur Donatello d’Auge, ce qui n’a pas été le cas d’Emilie Conter et Scott Brash, pourtant pas loin du but avec leurs alezanes Portobella van’t Fruitkorf et Hello*Folie de Nantuel, en grande forme ces derniers temps.
Mention spéciale aussi à quelques outsiders auteurs de parcours plein de promesses. Citons ainsi Jason Foley et Cute Face, un fils du méconnu Christian 25 - qui est aussi le père du génial Christian’s Cash, quatrième du Grand Prix 5* de Greenwich avec Bliss Heers le week-end dernier, ou encore de Heidi von Imhoff et du très compétitif Theo 160 - au départ du quatrième Grand Prix 5* de sa carrière, ou encore l’attachant duo formé par Alberto Marquez Galobardes et Coolboy, qui n’avait encore jamais disputé la moindre épreuve à 1,60m ! Bonne entrée en matière à ce niveau aussi pour Wathnan*Max, ultra plaisant fils de Grandorado et petit-fils d’Andiamo monté par Abdel Saïd, pénalisé de deux fautes.
Photo à la Une : Jessica Mendoza et In The Air ont remporté leur deuxième Grand Prix 5* ensemble, le premier sur le sol européen. © Sportfot
Les épreuves du CSIO 5* de Barcelone sont à vivre en direct et en replay sur Clipmyhorse.tv.












