À dix-huit ans, Vitiki remporte enfin son premier Grand Prix 5*
En claquant la porte de sa sélection nationale à la veille de la visite vétérinaire des championnats du monde d’Aix-la-Chapelle, Yuri Mansur s’est visiblement libéré d’une chape de plomb. Seulement battu par Scott Brash et Hello*Folie de Nantuel dans l’épreuve reine du CSI 4* de Gijon fin août, le Brésilien ne s’est pas laissé avoir une nouvelle fois. Aux commandes de son cher Vitiki, il s’est imposé dans le Grand Prix 5* de Valkenswaard, support de la onzième étape de la saison régulière du Longines Global Champions Tour. Un succès ô combien spécial compte tenu de l’histoire de l’alezan. À dix-huit ans, ce cheval pas comme les autres, qui n’aurait jamais dû retrouver la compétition après une sévère fracture du paturon survenue en 2018 sur la piste d’Aix-la-Chapelle, a une nouvelle fois repoussé toutes les limites. En s’imposant aux Pays-Bas, où réside son cavalier, Vitiki a doublé Casual DV et Trezeguet, complices des Belges Pieter Devos et Annelies Vorsselmans.
Véritable phœnix, le si généreux Vitiki a enfin décroché la victoire en Grand Prix 5* qui manquait tant à son palmarès. Du haut de ses dix-huit ans, l’alezan a conquis l’épreuve reine de l’étape du Longines Global Champions Tour (LGCT) de Valkenswaard, dimanche 6 septembre. En larmes sur la plus haute marche du podium, Yuri Mansur n’a pas caché son émotion. Il faut dire qu’au-delà de traverser une période sportive tumultueuse, marquée par son retrait de la sélection brésilienne à la veille des championnats du monde, celui qui terminait deuxième de l’épreuve reine du CSI 4* de Gijon aux rênes de QH*Alfons Ra*Santo Antonio une semaine plus tôt a tout vécu avec son cher Vitiki. Grièvement blessé à un antérieur lors du CHIO d’Aix-la-Chapelle en 2018, le fils de Valentino n’aurait jamais dû refouler une piste de compétition. Et encore moins briller au plus haut niveau. Passé à un rien du Graal à La Baule, lors du Grand Prix Rolex de l’Officiel de France en 2022, l’Hanovrien aura dû patienter quatre années de plus pour transformer l’essai. “Enfin ! J’ai eu tellement de bonnes opportunités, mais je n’avais jamais réussi à finir le travail. Décrocher cette victoire, avec mon cheval préféré, la rend encore plus spéciale”, a glissé le Brésilien, installé aux Pays-Bas depuis de longues années.

Que d'émotions pour Yuri Mansur avec cette victoire attendue et si particulière. © Jan Vlcek / LGCT
Vainqueur de plusieurs épreuves internationales, jusqu’à 1,55m, Vitiki avait affiché son excellente forme en début d’année, en occupant le troisième rang de l’étape de la Coupe du monde de Bordeaux. Quatrième de la finale de la Coupe du monde d’Omaha en 2023, l’Hanovrien terminait également onzième de cette même échéance, cette année à Fort Worth. Cette fois, sur l’herbe de Valkenswaard, le petit-fils de For Expo 2000 est allé plus vite que tout le monde. Qualifié dans un barrage à huit, il a coupé la ligne d’arrivée en 37’’27 et scellé son plus beau succès individuel. Lorsque l’heure de la retraite sonnera, Vitiki n’aura pas à rougir de son palmarès. Gageons que cet attachant alezan, si souvent embêté par sa santé, puisse profiter de longues et douces années de repos après avoir tant donné à son indissociable partenaire, qui l’avait déniché en 2017.

Huit ans après les terribles images de sa sortie de piste en ambulance, Vitiki a conquis son premier Grand Prix 5*. © Jan Vlcek / LGCT
En s’imposant, la paire germano-brésilienne a empêché un doublé belge. En effet, Casual DV, apparue en très grande forme au début des championnats du monde d’Aix-la-Chapelle avait de pécher et perdre toute chance en solo, n’est pas passée loin d’une revanche. Pieter Devos et elle ont bouclé leur second parcours en 37’’97, pour s’octroyer leur cinquième Top 5 de l’année en Grand Prix 5*. Deuxièmes, l’éleveur-cavalier et sa fille de Windows vh Costersveld, alias Cornet Obolensky, devancent le plaisant Trezeguet. Dans son style habituel, le hongre de treize ans a laissé toutes les barres sur leurs taquets et a conclu son double zéro en 38’’85. Grâce à cette performance, il permet à sa cavalière, Annelies Vorsselmans, en pleine éclosion depuis dix-huit mois, de monter pour la première fois de sa carrière sur le podium d’un Grand Prix 5* ! Et il faut dire que l’amazone, qui a débuté sur les rectangles de dressage, n’a pas volé son résultat.

Deuxièmes à quelques centièmes de la victoire, Pieter Devos s'offrent un cinquième Top 5 en Grand Prix 5* cette saison. © Stefano Grasso / LGCT

Premier podium en Grand Prix 5* pour Trezeguet et Annelies Vorsselmans ! © Jan Vlcek / LGCT
En effet, plusieurs très bonnes paires se sont rangées derrière elle. Le Néerlandais Arne van Heel et son Keaton*HV, qui restaient sur leur troisième place dans le Grand Prix Rolex de Dublin, n’en finissent plus de surprendre. Impeccables, ils sont quatrièmes en 39’’08. Olivier Philippaerts et son fidèle Miro, qui n’avait plus disputé l’épreuve majeure d’un CSI 5* depuis l’étape de la Coupe du monde de Malines fin décembre 2025, signent le dernier double zéro de l’après-midi pour prendre le cinquième rang. Pour rappel, le duo terminait vingt et unième des Européens de Milan en 2023.
Les très compétitifs Christian Ahlmann, Denis Lynch et Emanuele Camilli, associés à Untouched LB, Cordial et Chacco’s Girlstar, tous déjà vu aux avant-postes dans de telles épreuves, mettent chacun une barre à terre au barrage et complètent, dans l’ordre, le Top 8.

Une faute au barrage mais un nouveau classement à ajouter au palmarès du génial Untouched LB. © Jan Vlcek / LGCT
Parmi les dix-sept parcours à quatre points de l’acte initial, se trouvent plusieurs favoris, à l’instar de Scott Brash et Hello*Chadora Lady PS, lauréats d’une épreuve un peu plus tôt dans le week-end, Victor Bettendorf et Gibbs Un Prince, vainqueurs de l’étape du LGCT de Riesenbeck, ou encore Monaco et Beauville, les partenaires des locaux Harrie Smolders et Maikel van der Vleuten. Le premier n’avait plus été vu à ce niveau depuis mai, tandis que l’absence, longue de quatre mois, du second en Grand Prix 5* avait touché à son terme début août à Londres. Tandis que les attachants Roelof Bril et Iberico qui, dans l’ombre, vivent la saison de leurs vies, en terminent avec une faute aussi, GL Events*Dorai d’Aiguilly et Floyd des Prés, tout juste de retour des Mondiaux d’Aix-la-Chapelle - où ils n’ont sauté que trois parcours -, les imitent sous les selles d’Olivier Perreau, aperçu dans les allées de Fontainebleau en début de semaine, et Antoine Ermann.

Les locaux se sont réjouis de pouvoir observer les champions Monaco et Beauville, ici en photo. © Jan Vlcek / LGCT
Photo à la Une : Yuri Mansur n’est pas près d’oublier ce 6 septembre, date de la première victoire en Grand Prix 5* de son cher Vitiki. © Jan Vlcek / LGCT









