Djinn Cécé change de cap, des chevaux de 5* prennent leur retraite, Victoria Gulliksen et Ramatou Ouedraogo s’équipent : récap’
Après avoir fait les belles heures d’Arthur Le Vot pendant plus de deux ans et demi, Djinn Cécé va désormais accompagner la progression du Franco-Irlandais Jack Conlon Gateau, déjà vu à son avantage dans de belles épreuves. Au menu de ce nouveau récap, il est aussi question de la disparition de deux chevaux classés en Grands Prix 5*, et du départ à la retraite de quatre autres très bonnes montures ayant évolué au plus haut niveau. De leurs côtés, Ramatou Ouedraogo, Victoria Gulliksen, Karl Cook ou encore Emanuele Camilli ont enregistré de nouvelles arrivées dans leurs écuries ces dernières semaines, tandis que Janne-Friederike Meyer-Zimmermann a mis un terme à sa collaboration avec Iron Dames. Retour sur ces actus.
Tout juste de retour des CSI 5* de Cannes et Ramatuelle, où il avait notamment signé un bon parcours à quatre points dans une épreuve à 1,60m, Djinn Cécé a quitté les écuries d’Arthur Le Vot, qui était son cavalier depuis fin 2023. Formé par Romain Duperret, puis monté sur le circuit Amateur jusqu’à l’été 2021, le Selle Français avait fait ses débuts à 1,40m quelques semaines plus tard, avant d’être confié à Anne Rapinat. Alors qu’il n’avait jamais sauté plus d’1,45m, le fils de New Look du Thot et neveu de Vigo Cécé a atteint le plus haut niveau aux côtés d’Arthur Le Vot. Après un très bon hiver 2024, tous deux ont été sélectionnés pour le CSIO 5* de La Baule en 2025, après avoir terminé quatrièmes puis deuxièmes des temps forts des CSI 4* de Bourg-en-Bresse puis de Mâcon-Chaintré. En Loire-Atlantique, tous deux avaient bouclé leur premier Grand Prix 5* avec deux fautes. Des résultats qui avaient convaincu Edouard Coupérie de leur renouveler sa confiance pour les CSIO 5* d’Aix-la-Chapelle et de Hickstead… mais le sort en avait décidé autrement, les contraignant à déclarer forfait à la dernière minute lors des deux événements. De retour à la compétition à la fin de l’été, le couple avait à nouveau marqué des points, en prenant notamment la quatrième place d’un Grand Prix 4* joué à Gassin, avant de remporter l’épreuve reine d’un CSI 2* organisé sur la même piste début 2026. Malgré cette perte, Arthur Le Vot peut toujours compter sur son prometteur Haristo du Gué, neuf et promis à de très beaux résultats.

Djinn Cécé a quitté les écuries d'Arthur Le Vot pour rejoindre celles de Jack Conlon Gateau. © Sportfot
Comme l’a révélé Equestrian News, Djinn Cécé a rejoint le jeune Jack Conlon Gateau. À tout juste vingt ans, le Bleuet, champion d’Europe Junior par équipe en 2024, a déjà fait retentir la Marseillaise à plusieurs reprises à 1,45m sur la scène internationale et a fait ses premiers pas à 1,50m il y a un an. “Le propriétaire de Djinn, Christophe Charnet, qui habite près de mes écuries Gateau Stables, m’avait contacté il y a quelque temps pour savoir si je serais intéressé à l’idée de monter Djinn sur le circuit Jeunes Cavaliers, avec pour objectif de le faire connaître auprès des cavaliers Juniors et Jeunes Cavaliers en Europe et, à terme, de le commercialiser. Cette opportunité arrive à un très bon moment pour moi, puisque je suis actuellement à la recherche de quelques chevaux à valoriser pour la prochaine saison et pour prendre progressivement le relais de mon super cheval, Kos, qui est à vendre et avec qui mon partenariat devrait prendre fin après les championnats d’Europe en Allemagne, fin juillet”, s’est réjoui Jack Conlon Gateau auprès de Studforlife. “C’est une vraie chance de voir des propriétaires de si bons chevaux faire confiance à de jeunes cavaliers comme moi. En Irlande, d’où je suis originaire, il est naturel de faire confiance aux jeunes cavaliers avec de bons chevaux. En France, je trouve qu’on ne leur donne pas encore assez leur chance. Je tiens donc à remercier chaleureusement Christophe Charnet pour la confiance qu’il m’accorde et pour cette belle opportunité.” Le Franco-Irlandais devrait faire ses débuts avec l’alezan le week-end prochain, à Notre-Dame-d’Estrées, avant “d’enchaîner avec Deauville et peut-être Dinard début août”.

Jack Conlon Gateau peut nourrir de belles ambitions pour les prochains mois avec son fidèle Kos et sa nouvelle recrue, Djinn Cécé. © Sportfot
Des débuts réussis pour Victoria Gulliksen et un nouveau partenaire
Fin avril, Anastasia Nielsen faisait ses débuts aux rênes de Kinmar Bespoke, dont sa société Nista AG était devenue propriétaire quelques jours plus tôt. Après des débuts prometteurs jusqu’à 1,45m, la Monégasque et l’ancien partenaire de la Thaïlandaise Janakabhorn Karunayadhaj, qui l’avait mené vers deux Tops 5 en Grands Prix 5* en début d’année à Doha, semblent déjà faire route à part. En effet, la Norvégienne Victoria Gulliksen a présenté l’alezan aux prestigieuses origines la semaine dernière au CSI 3* de Wuustwezel, en Belgique. La paire a décroché une très belle cinquième place dans le Grand Prix, coté à 1,55m, après avoir concédé quatre points au barrage. Reste désormais à savoir si ce couple est voué à durer ou non. Pour Victoria Gulliksen, cela serait une aubaine, son vétéran Papa Roach, dix-sept ans, n’ayant plus foulé un terrain de compétition depuis avril 2025 et son olympique Mistral van de Vogelzang ayant été vendu fin 2024.
La semaine dernière, Victoria Gulliksen est apparue aux rênes de Kinmar Bespoke, acquis il y a peu par Anastasia Nielsen. © Sportfot
Janne-Friederike Meyer-Zimmermann met un terme à sa collaboration avec Iron Dames
Dans un long message publié sur ses réseaux sociaux le 10 juin dernier, Janne-Friederike Meyer-Zimmermann a annoncé le départ des chevaux qu’elle montait pour le compte de l’écurie Iron Dames, fondée en 2023 par Deborah Mayer dans le but de soutenir les femmes en jumping. Si l’Allemande a officialisé la fin de son aventure avec Iron Dames*High Level et Iron Dames*Just A Dream, respectivement vus jusqu’à 1,55m et en Grand Prix 5* et désormais hébergés au sein des boxes de Katrin Eckermann, elle a surtout dénoncé des méthodes avec lesquelles elle n’était pas en accord. “Nous avons des conceptions différentes de la planification sportive et de la gestion des chevaux, notamment concernant le fait qu’un cheval concoure lorsque son vétérinaire traitant lui a prescrit un travail léger sur le plat, ou bien concernant le nombre concours qu’un cheval peut disputer et les gains que l’on estime suffisants. Ma philosophie et l’idée que je me fais d’une femme de cheval sont bien différentes de cela. […] Il est important d’être conscient de son devoir d’exemplarité, de prendre ses responsabilités et de donner aux chevaux le temps dont ils ont besoin pour progresser et pour leur santé, mais aussi de leur octroyer des pauses régulières et de respecter les phases de rééducation prescrites. Et ce, particulièrement à haut niveau. […] Le succès ne doit jamais être obtenu au détriment des chevaux. Les chevaux ne sont pas des voitures de course. Ils sont nos partenaires, nos amis, voire des membres de notre famille”, a-t-elle lancé. “Je souhaite remercier mon équipe à la maison et les propriétaires qui me font confiance depuis de nombreuses années, mais aussi certains membres du groupe des Iron Dames pour leur soutien dans cette situation. Je souhaite bonne chance à mes coéquipières et j’espère qu’elles connaîtront autant de succès cette saison que les précédentes.” Et d’ajouter : “Je suis une fan des Iron Dames depuis la première heure. L’idée de soutenir des femmes qui concourent dans des sports dominés par les hommes est géniale et elle le reste”.
En raison d'un désaccord sur la gestion des chevaux qui lui étaient confiés, Janne-Friederike Meyer-Zimmermann ne défendra plus les couleurs d'Iron Dames. © Sportfot
La lauréate de l’édition 2013 du Grand Prix Rolex d’Aix-la-Chapelle et ancienne cavalière de Dubaï du Cèdre pourra toujours compter sur son bondissant Cellagon Cascais, en pleine ascension ces dernières semaines, la compétitive Greta I, alias My Lady Lavista, ou encore sur E-Maitresse TVH, déjà classée en Grand Prix 5* avec Millie Allen et dont elle a pris les rênes depuis janvier. De son côté, son sensible Messi van’t Ruytershof, qui s’était imposé au plus haut niveau et avait pris la quinzième place de la finale de la Coupe du monde d’Omaha en 2023, n’a plus disputé d’épreuve internationale depuis juin 2025 et le CSIO 5* de Rotterdam, conclu par un abandon dans la Ligue des nations Longines.
Ramatou Ouedraogo densifie ses rangs
Les prochains mois s’annoncent radieux pour Ramatou Ouedraogo ! Après avoir fait parler d’elle aux rênes des géniaux Up To You, Excalibur de la Tour Vidal ou encore Jilbert van’t Ruytershof, participant notamment à deux championnats d’Europe Jeunes, la Française vient d’accueillir trois nouvelles montures au sein de ses écuries. Le Groupe France Elevage, tout d’abord, étend sa collaboration avec la jeune femme en lui confiant le très énergique et séduisant Macho Man. Désormais âgé de neuf ans, le KWPN, par Kannan et une mère par Numero Uno sur la souche de l’étalon Renville, a acquis une bonne expérience jusqu’à 1,45m sous la selle de Valentin Besnard, formateur et révélateur de talents réputé. En France, le bai a engendré soixante-sept poulains entre 2022 et 2025. Pour ses débuts avec son nouveau partenaire, Ramatou Ouedraogo a signé deux sans-faute aux obstacles à 1,35 puis 1,40m, mi-juin, à Deauville.
Protégé du Groupe France Elevage, Macho Man a rejoint Ramatou Ouedraogo, comme plusieurs autres étalons avant lui. © Sportfot
Cette même semaine, la cavalière installée en Normandie a aussi présenté un autre étalon, Diego de Blondel, pour la première fois en compétition. Ensemble, le néo-duo a fait connaissance à 1,35m, n’effleurant pas la moindre barre. Protégé d’Elodie et Stéphane Dufour, l’excellent fils de Vigo Cécé entame là un nouveau chapitre dans sa carrière, lui qui a déjà enregistré de bons résultats jusqu’à 1,55m, se classant notamment neuvième du Grand Prix du CSIO 3* de Drammen il y a un an. “C’est toujours avec beaucoup d’émotion que je parle de Diego, tellement il prend de place au sein de notre famille… Ce n’est un secret pour personne, ce cheval a toujours été la source de beaucoup de convoitises, dès son plus jeune âge. [...] Depuis le début de l’année, la pression est de plus en plus forte, mais non, Diego n’est pas à vendre !”, a précisé Elodie Dufour sur ses réseaux sociaux, évoquant une rencontre avec Ramatou Ouedraogo, sa mère, Brigitte Legout, son coach, Manuel Henry, et Laetitia Le Sommer, la nouvelle groom de Diego qui a ouvert la voie à cette aventure. “Diego a treize ans, il est dans une forme physique extraordinaire, il a toute l’expérience et Ramatou va encore concourir dans les U25 pendant deux ans. Nous allons pouvoir rêver de belles pistes. [...] Les écuries de Ramatou sont à une heure de la maison, alors nous lui confions notre protégé pour les prochaines années sportives.” Doté de qualités hors-norme, le Selle Français, qui avait un temps séjourné auprès de Nicolas Delmotte et reste toujours la propriété d'Elodie et Stéphane Dufour, n’a certainement pas fini de révéler toutes ses aptitudes… ni de les transmettre à sa jeune production, qui compte pour l’heure soixante-dix représentants enregistrés au SIRE.
La Française frappe fort en se voyant confié les rênes de l'excellent Diego de Blondel ! © Sportfot
Enfin, Ramatou Ouedraogo a aussi enrôlé un certain Jackpot d’Elbe ! Âgé de sept ans, ce très prometteur hongre Selle Français, issu du mariage entre le tout bon Holsteiner Connor, notamment à l’origine de l’ultra compétitif Conner 70 de Martin Fuchs, et Girl d’Elbe (Alfa d’Elle), mère, entre autres, de la championne olympique par équipe Sydney Une Prince, a de sacrés atouts à faire valoir. À son avantage à cinq ans avec Thibaut Jouanneteau, après avoir fait ses gammes à quatre ans sous la selle d’Orphée Gueritte, Jackpot n’a fait que quelques sorties à six ans, a été embêté par quelques pépins de santé et été castré. Cette année, le beau bai brun est revenu sous le feu des projecteurs sous bannière belge, avec Rik Hemeryck, avant, donc, d’intégrer les écuries de Ramatou Ouedraogo au mois de mai. Déjà auteur de plusieurs sans-faute, jusqu’à 1,40m, le néo-duo semble bien lancé pour gravir les échelons.

De retour en France, Jackpot d'Elbe va pouvoir poursuivre son ascension. Marchera-t-il dans les traces de son illustre soeur utérine, une certaine Sydney Une Prince ? © Sportfot
Karl Cook s’équipe chez Nina Mallevaey
L’association entre Nina Mallevaey et Carrera de Kerangre aura été de courte durée. En effet, et comme l’a révélé GRANDPRIX.info, les chemins de la meilleure cavalière du monde et de la Zangersheide de huit ans se sont déjà séparés, après seulement neuf parcours ensemble. Vue pour la première fois sous la selle de la numéro sept mondiale à Compiègne en avril, la fille du regretté Cicero van Paemel a pris la direction des écuries de Karl Cook. L’alezane va ainsi poursuivre sa formation et sa montée en puissance, avec l’ambition de pouvoir épauler voire prendre la relève des brillantes Caracole et Foxy de la Roque. En début d’année, l’Américain, disciple d’Éric Navet, a également ajouté à ses rangs la bouillonnante Baloucante di Luna, elle aussi âgée de huit ans. Dans deux ans, toutes deux seront en pleine fleur de l’âge… alors que se profileront les Jeux olympiques de Los Angeles !

Nina Mallevaey a perdu la prometteuse Carrera de Kerangre au profit de l'Américain Karl Cook. © Sportfot
For Killy ne retrouvera pas les terrains de compétition
Par voie de communiqué, Amanda Landebald et la Fédération équestre suédoise ont officialisé la fin de carrière sportive de For Killy. Blessée à la réception du dernier obstacle de la première manche de la Coupe des nations de La Baule, l’attachante et généreuse alezane ne retrouvera pas la compétition. Il a été décidé d’offrir une nouvelle vie à l’alezane, désormais âgée de seize ans. “À l’issue de notre parcours, j’ai immédiatement senti que quelque chose n’allait pas. For Killy a été prise en charge par notre vétérinaire d’équipe, Rasmus (Westgren, ndlr), ainsi que par l’équipe vétérinaire présente sur place, et une lésion tendineuse au membre antérieur droit a été diagnostiquée. C’est ainsi que nous avons décidé de mettre un terme à sa carrière sportive”, a détaillée la cavalière suédoise. “Bien sûr, la situation est extrêmement triste, notamment en raison de la perspective des championnats du monde, mais aussi en raison de tous les moments incroyables que nous avons partagés sur les terrains de concours. C’est elle qui m’a menée jusqu’à l’équipe nationale et aux plus grandes pistes. Le plus important est qu’elle soit à la maison, qu’elle puisse se rétablir sereinement et vivre une longue et belle vie. Avec un peu de chance, elle deviendra bientôt la maman de petits poulains !” Avec son amazone scandinave, la fille de Tangelo van de Zuuthoeve et petite-fille de For Pleasure a brillé sur les plus belles pistes du monde, notamment en Coupe des nations. Elle avait remporté celle de Falsterbo, en 2024, participé à celles de Dublin, Calgary, Bruxelles, Hickstead ou encore Aix-la-Chapelle et avait obtenu plusieurs classements en Grands Prix 5*, à l’image de sa troisième place dans le temps fort de l’Officiel de Grande-Bretagne, en 2023, ou encore de sa cinquième place dans l’étape de la Coupe du monde de Göteborg un an plus tard. Elle avait également occupé les sept et huitième rangs de celles d’Helsinki, en 2024, et de Stuttgart, en 2023. L’été dernier, For Killy avait pris le départ du premier grand championnat de sa carrière, à l’occasion des Européens de La Corogne. Elle avait ensuite observé une longue pause, de juillet 2025 à avril 2026, date à laquelle elle avait signé son grand retour international à Montefalco, dans des épreuves intermédiaires. La Baule marquait sa deuxième apparition à 1,60m depuis les championnats d’Europe. Depuis 2019 et ses premiers coups d’éclat, For Killy est devenue la propre sœur de trois juments, dont deux ont déjà des produits enregistrés sur Horsetelex, et un mâle.

Blessée à La Baule pour sa dernière apparition internationale, la généreuse For Killy ne retrouvera pas la compétition. © Sportfot
Adieu, Cassius Clay
Roger-Yves Bost est endeuillé. Le 18 juin dernier, le Tricolore a annoncé la mort de son fabuleux Cassius Clay, survenue la veille. “C’est avec une immense tristesse que je vous annonce le départ brutal de mon cher Cassius Clay VDV Z. Ensemble, nous avons vécu des moments extraordinaires : notre victoire dans le Grand Prix 4* de Fontainebleau en 2023, notre deuxième place dans le Grand Prix 5* du Paris Eiffel Jumping la même année, ainsi que notre victoire dans la Coupe des nations de Rome. Merci pour tout Cassius”, a-t-il partagé sur ses réseaux sociaux. Spectaculaire et diablement talentueux, Cassius Clay, seize ans seulement, avait fait ses débuts internationaux avec le Néerlandais Bas Knijff à six ans, en 2016. Associé à Roger-Yves Bost à partir de janvier 2020, le gris a sauté ses premières épreuves majeures dès l’année suivante se classant d’emblée septième des Grands Prix 5* de Chantilly puis de Valence, avant d’obtenir une quatrième place au même niveau à Gassin la saison suivante. Absent une partie de l’année 2022, le fils de Calvino se classe sixième du Grand Prix du Saut Hermès en mars 2023, s’impose dans l’épreuve reine du CSI 4* de Fontainebleau un mois plus tard, termine cinquième à Windsor, deuxième à Paris… puis disparaît pendant près d’un an. Il sautera finalement huit épreuves internationales en 2024, et quatorze en 2025, signant sa dernière apparition en octobre. Etalon, Cassius Clay VDV, des initiales de son naisseur, George van der Velden, laisse derrière lui une production extrêmement confidentielle, avec deux descendants répertoriés sur la base de données de Horsetelex : Flyer van de Veldoornhoeve (mère par Concorde) et O-Que Paso (mère par Cartano), deux mâles nés en 2019 et ayant sauté jusqu’à 1,35m.

Remarquable sauteur, Cassius Clay VDV, qui a acquis ses plus beaux succès aux côtés de Roger-Yves Bost, est mort à seulement seize ans. © Sportfot
Deux redoutables compétiteurs à la retraite
Citadin du Chatellier et Gentlemen vh Veldhof vont profiter d’une retraite bien méritée. Le premier, âgé de quatorze ans, a brillé sur la scène internationale aux côtés de Nicolas Delmotte. Ensemble, la paire a conquis pas moins de quarante-quatre épreuves disputées face à une concurrence mondiale, sans compter ses succès en épreuves jeunes chevaux ni sur la scène nationale. Intraitables à 1,45m, les deux complices ont aussi acquis de belles places d’honneur jusqu’à 1,60m. Formé par Romain Ozzola et Laurent Guillet, l’attachant Selle Français, né chez Jean-Louis et David Lemasle du croisement entre L’Arc de Triomphe et une fille de Diamant de Semilly, aura partagé sept saisons de compétition avec Nicolas Delmotte et sa fidèle mais toujours très discrète propriétaire : Marie-Claudine Morlion. Vainqueur de la dernière épreuve de sa carrière, un Grand Prix 1* à 1,40m couru à Oliva en novembre 2025, le hongre, qui compte plusieurs frères et sœurs utérins prometteurs, est sorti par la grande porte. Il profite désormais de jours heureux aux côtés d’un certain Ilex VP, dans les prés de Nicolas Delmotte, où son ange gardienne, Claudia Guichard, veille toujours sur lui.
Gagnant d'une multitude d'épreuves avec Nicolas Delmotte, Citadin du Chatellier tire sa révérence. © Sportfot
Quant au vétéran Gentlemen vh Veldhof, ses plus beaux faits d’arme se sont écrit auprès de Robert Whitaker. Sous sa selle, le charismatique étalon a été auréolé dans quelques très belles épreuves. Particulièrement versatile, ce fils de Quite Easy I a ainsi décroché le Derby de Hickstead, en 2025 et du haut de ses… dix-neuf printemps (!), les épreuves des Six Barres de Madrid et Leipzig en 2024 et 2025, mais aussi le Grand Prix du CSI 3* de Birmingham, un rendez-vous particulièrement convoité outre-Manche et annoncé à 1,60m ! Aussi impressionnant que généreux, le BWP aura passé plus de treize ans à arpenter les pistes internationales. Après avoir été formé par Pieter de Backer et Bart Bomere, le petit-fils de Calido I est passé aux rênes de Koen de Waele, avant d’apparaître plus ou moins longtemps aux côtés de Marc Houtzager, Olivia Kinneson, Michael Whitaker, Jack Whitaker, David Simpson, Ales Opatrny, Pollyanna Gredley, Joseph Clayton et Tim Gredley. Un an et demi après avoir rejoint Robert Whitaker, le frère utérin de Nouvelle v.h. Veldhof, gagnante jusqu’à 1,50m avec Matthew Sampson, tire sa révérence après une ultime série de sorties à Calgary, au Canada. Le bai a d’ores et déjà rejoint la Belgique et Koen de Waele, sans doute son plus fidèle cavalier, pour couler une heureuse retraite et, peut-être, transmettre ses gènes à des futurs champions.
À vingt ans, Gentlemen vh Veldhof ne ménageait toujours pas ses efforts. Le démonstratif et généreux bai va désormais couler des jours heureux en Belgique, loin des pistes de compétition. © Sportfot
Retour au Mexique pour Careca LS Elite
So Horse s’en est fait l’écho mi-juin : Careca LS Elite a quitté les écuries de Jérôme Guéry. Passé entre les mains de Michel Robert, Pénélope Leprevost, Cian O’Connor, Simon Delestre ou encore Olivier Robert, l’alezan était associé à Jérôme Guéry depuis novembre 2023. Fils de l’excellente Rebeca LS, et neveu de la non moins talentueuse Out of the Blue SCF, retenue par Robert Ridland pour les prochains championnats du monde, le hongre de quinze ans va désormais accompagner Alejandro Martin del Campo Ramirez, vingt ans, dans sa progression. Généreux et fiable, Careca LS Elite, s’est régulièrement classé jusqu’à 1,60m avec Jérôme Guéry, prenant notamment la douzième place du Grand Prix 5* du Saut Hermès en 2024, mais aussi la cinquième de celui du Longines Global Champions Tour de Valkenswaard quelques mois plus tard. Précieux atout du piquet du Belge, le descendant de Carusso LS La Silla s’est surtout montré très à l’aise jusqu’à 1,50m, hauteur à laquelle il s’est imposé par deux fois. En avril, lors de son ultime apparition internationale aux rênes de l’ancien partenaire de Quempas, alias Quel Homme de Hus, Careca LS Elite s’est offert une dernière victoire, à Mexico, dans une épreuve à 1,45m. À quinze ans, il pourra désormais transmettre toute son expérience à son nouveau pilote, avant de profiter d’une retraite bien méritée.

Careca LS Elite achèvera sa carrière au Mexique, aux côtés d'un jeune cavalier ambitieux. © Sportfot
Charlie La Loi rejoint les écuries Schockemöhle
Début juin, Inès Joly a officialisé le départ du tout bon Charlie La Loi de ses écuries. Fils de Casago, le gris, auteur de ses premières belles performances à neuf ans avec Felipe Amaral, était ensuite apparu aux rênes de Geoffroy de Coligny jusqu’à l’automne 2025. Associé à Inès Joly depuis, le Zangersheide a obtenu plusieurs classements jusqu’à 1,55m. Acquis par les écuries Schockemöhle, Charlie La Loi a déjà fait connaissance en piste avec son nouveau pilote, un certain Emanuele Camilli, beau-fils de Paul Schockemöhle et déjà aguerri au plus haut niveau. La paire nouvellement formée s’est produite à Opglabbeek et a bouclé deux parcours parfaits, à 1,35 et 1,40m. Le petit-fils de Hors La Loi est aussi étalon et compte une dizaine de poulains répertoriés par Horsetelex.
Lily Attwood salue l’un de ses meilleurs partenaires
Cor-Leon vd Vlierbeek ne retrouvera pas la compétition. Comptant parmi les meilleurs partenaires de Lily Attwood, le bai, lauréat du Grand Prix 4* de Fontainebleau en 2022, tire un trait sur ses heures sportives. Plus vu en compétition depuis fin 2025, le Zangersheide de seize ans est officiellement à la retraite, comme l’a annoncé sa cavalière sur ses réseaux sociaux il y a quelques semaines. “Mon Leon, Lee Lee, Wee Wee, Mr Lee et tous ces autres surnoms rigolos que tu as, merci d’avoir été le partenaire le plus extraordinaire, incroyable et fidèle que j’aurais pu rêver d’avoir. Tu m’as emmenée vers des horizons et m’as fait atteindre des sommets que je ne pensais même pas possibles. Nous avons grandi ensemble et vécu toutes nos premières fois ensemble, en équipe. Ça n’a pas toujours été facile pour toi, mais tu es un vrai battant au cœur immense et tu m’as donné le meilleur de toi-même à chaque fois que nous sommes entrés en piste. Tu m’as offert mes premières victoires dans des épreuves comptant pour le classement mondial, mes premières victoires en Grand Prix 2*, 3* et 4*, des médailles européennes, ma première victoire 5* à Windsor, mon premier podium en Grand Prix 5*, des Coupes du monde, des Grands Prix Rolex, d’innombrables parcours sans faute en Global Champions League, deux finales des Coupes des nations et bien plus encore. Nous étions tous les deux inexpérimentés à ce niveau, mais la confiance que nous avions l’un en l’autre a rendu tout cela possible. [...] Le plus important pour moi, c’est de te voir heureux et en bonne santé, profitant de tes moments au pré à la maison, en train d’embêter tous les jeunes. Je n’ai jamais rien souhaité de plus que de te voir ainsi après les moments difficiles que tu as traversés suite à ton opération pour une colique il y a quatre ans ; et même après cela, te voir te battre avec tant d’acharnement pour toi-même et pour moi, en piste comme en dehors, m’a fait réaliser encore davantage à quel point tu es fort. Tu as été le cheval de ma vie et j’ai tellement de chance que nos chemins se soient croisés il y a huit ans ; je ne changerais rien à tout cela. Tu es tellement aimé par toutes les personnes qui ont pris soin de toi et je tiens à les remercier toutes pour cela. Merci encore, mon Lee, et bonne retraite. Je t’aime”, s’est émue la Britannique.
Fils de Calvaro, le bai a enregistré plus de vingt victoires internationales tout au long de sa carrière, avec Lily Attwood mais aussi Jos Verlooy, après avoir découvert les choses sérieuses sous la selle du Néerlandais Ivo Biessen. Sur le sol français, le hongre Zangersheide aura vécu ses plus beaux succès avec, outre sa victoire dans le Grand Prix 4* de Fontainebleau en 2022, une deuxième place dans l’étape du Longines Global Champions Tour de Paris quelques mois plus tard. Sans-faute dans la deuxième manche de la finale de la Coupe des nations de Barcelone un an plus tard, et artisan de la victoire de la Grande-Bretagne cette année-là, Cor-Leon vd Vliebreek a bouclé ses derniers parcours internationaux en novembre dernier, à Valencia. Après une cinquième place à 1,40m, il a essuyé deux abandons à 1,45 et 1,40m. Sa cavalière a officialisé sa retraite le 30 mai dernier. Le petit-fils de Omar est aussi le frère utérin de Cristano van de Vliebreek, vu jusqu’en CCI 4*-S, et de Quevara vd Vliebreek, au départ des championnats d’Europe de Riesenbeck en 2021 sous bannière norvégienne. Deux de ses sœurs utérines se consacrent, elles, à l’élevage et ont déjà plusieurs produits répertoriés par Horsetelex.
Lily Attwood a officialisé la retraite du meilleur cheval à avoir croisé sa route : Cor-Leon vd Vlierbeek. © Sportfot
Cash du Plessis n’est plus
Alors qu’il avait repris la compétition sous la selle de Lorenzo de Luca cette année après une période d’absence, Cash du Plessis s’est éteint, a annoncé sa propriétaire et ancienne cavalière, Emily Moffitt, le 31 mai. Encore convoqué à la remise des prix quelques jours plus tôt à Opglabbeek, le Selle Français Originel est mort à seulement quatorze ans. Acquis par Poden Farms dès ses quatre ans, le fils d’Orient Express et arrière-petit-fils de Bourrée a fait ses débuts internationaux aux rênes d’Emily Mason, avant de rejoindre Emily Moffitt en 2019 et 2020. Le bai a ensuite poursuivi sa carrière sous la selle de l’Allemande Frederike Staak avant de tutoyer le très haut niveau avec Lorenzo de Luca. Le duo s’est imposé à 1,50m et a notamment terminé deuxième d’un Grand Prix 5* à Valkenswaard, en juillet 2022. En 2023 et 2025, l’étalon a connu des saisons quasi blanches, qui ne l’ont pas aidé à concrétiser le potentiel entrevu. Il laisse derrière lui une production encore assez confidentielle.

L'impressionnant Cash du Plessis a rejoint les étoiles, a discrètement annoncé sa propriétaire et ancienne cavalière, Emily Moffitt. © Sportfot
Des nouvelles de Simon Delestre
Victime d’une chute impressionnante dans le Grand Prix du Longines Global Champions Tour de Cannes, début juin, Simon Delestre a donné de ses nouvelles le 10 juin dernier sur ses réseaux sociaux. “Samedi soir (le 6 juin, ndlr), lors du Grand Prix de Cannes, j’ai été victime d’une sévère chute avec Gatsby (du Tillard, ndlr). Fort heureusement, mon cheval va bien et n’a pas été blessé. Me concernant, les choses sont un peu plus compliquées. J’ai été évacué à l’hôpital, je souffre d’une disjonction de la clavicule et des ligaments, d’hématomes à la tempe et à l’arrière de la tête. J’ai dû être opéré. L’opération a eu lieu lundi et s’est bien déroulée : l’intervention a permis de stabiliser mon épaule et de vérifier qu’il n’y avait pas d’autre lésion dans la clavicule. Malgré tout, ma convalescence va nécessiter une immobilité totale de mon bras gauche pour plusieurs semaines”, a fait savoir le Lorrain, qui observe, depuis, une période de repos. En plus d’avoir dû renoncer au CSIO 5* de La Baule et au Longines Paris Eiffel Jumping, Simon Delestre devra très certainement tirer un trait sur les Mondiaux d’Aix-la-Chapelle, prévus du 17 au 23 août prochain et auxquels il pouvait légitimement prétendre avec deux montures, son gris Gatsby du Tillard et son alezan brûlé Golden Boy DK. Déjà opéré du dos en début d’année, le numéro quinze mondial joue décidément de malchance cette saison.
Photo à la Une : Arthur Le Vot a dit au revoir à Djinn Cécé, qu'il montait depuis fin 2023. © Mélina Massias















