Empereur des Sires of the World, Kaiser DMH supplante le spectaculaire Money Time à Lanaken
À onze ans, Kaiser DMH a remporté sa plus belle victoire, en s’imposant en empereur dans le Grand Prix des Sires of the World, une épreuve à barrage à 1,50m réservée aux étalons de huit ans et plus, à Lanaken. Sous la selle de Kim Emmen, le fils de Cardento a réalisé le double zéro le plus rapide de l’après-midi. Il supplante ainsi le spectaculaire fils du revenant Million Dollar van het Schaeck Money Time, monté par l’Ukrainien Mykola Pylypeiko. Le trio de tête est complété par le duo un brin atypique mais efficace formé par Crack et Egor Shchibrik.
Qui aurait misé sur une victoire de Kaiser DMH, devant Money Time, dans le Grand Prix des Sires of the World de Lanaken, vendredi 18 septembre au matin ? Les partenaires respectifs de Kim Emmen et Mykola Pylypeiko sont assurément bien loin de manquer de qualités, et ils l’ont prouvé en signant les deux meilleures performances de cette épreuve regardée et attendue chaque année, mais ils n’étaient sans doute pas les plus populaires de la liste de départ. Baloutaire PS (Balou du Rouet x Chacco-Blue), classé sur le circuit de la Coupe du monde avec Patrick Stühlmeyer, Chacco Bay (Chaccato x Heops), gagnant en Grand Prix 3* à 1,55m avec Omar Abdul Aziz Al Marzooqi, Quatre-Mai L (Corydon van T&L x Toulon), vu jusqu’à 1,60m sous la selle de Frédéric Vernaet, ou encore Party In de Hus (Kannan x Coriano), immense star en développement de Willem Greve, semblaient être des favoris plus évidents. Mais Kaiser DMH, tout comme le spectaculaire Money Time, n’ont pas volé leur excellent résultat du jour pour succéder à For Chacco*TN, Chaloubino PS et Untouched LB, qui composaient le podium de l'édition 2025.
Le remarquable Party In de Hus a été battu sur le terrible vertical sur bidet du parcours initial. © Sportfot
Une première manche sélective
Disputé, comme chaque année, en une manche suivie d’un barrage, le tout à 1,50m, ce Grand Prix réservé aux étalons de huit ans et plus a permis aux nombreux éleveurs et aficionados massés dans les allées du complexe du haras Zangersheide d’observer cinquante-cinq couples. Parmi eux, seuls sept ont filé vers le barrage. En cause, un parcours particulièrement fautif. Si le juge de paix a semblé être le vertical sur bidet, qui n’a cessé de tomber au sol, comme lors du passage du reste impeccable de Willem Greve et Party In de Hus, les erreurs sont venues d’un peu partout. Seppe Wouters et Goldeneye GEM (Cicero van Paemel x For Pleasure) se sont, par exemple, joué de toutes les difficultés de l’après-midi, mais ont été vaincus dès le numéro… 1, le très séduisant Carbaron, un fils de Carlyle sur la souche de la grande Flèche Rouge lui aussi présenté par Mykola Pylypeiko, a buté sur le 9, tandis que le très prometteur partenaire de Daniel Deusser Silence Dwerse Hagen (Nixon van’t Meulenhof x Va-Vite), huit ans seulement, a péché sur la sortie du double suivant. Detective Vive (Dominator 2000 x Numero Uno), lui aussi plein de promesses du haut de ses neuf ans, a mis un pied dans la rivière, tout comme le puissant Diamantino (Diamant de Semilly x Zento) de Christian Ahlmann, alors que le chronomètre a privé le surpuissant Côte d’Or (Carambole x Diamant de Semilly), encore en rodage avec Olivier Philippaerts, de barrage.

Un point de temps dépassé a fermé les portes du barrage à Côte d'Or et Olivier Philippaerts. © Dirk Caremans / Hippo Foto
Money Time, impressionnant fils de Million Dollar van het Schaeck, met la pression sur ses poursuivants
Premier à revenir en piste pour se frotter au tracé raccourci mis en place par Bernard Mathy, Money Time a laissé tout le monde bouche-bée en décochant un saut absolument irréel sur le numéro un. Rênes longues, faisant confiance au respect et au recul naturel de son complice et l’encourageant des jambes, de l’assiette et des bras, l’Ukrainien Mykola Pylypeiko a tout tenté pour rallier la ligne d’arrivée le plus vite possible. La paire a finalement coupé les cellules en 41’’70. Brillant à l’obstacle, sublime en dehors de la piste, Money Time a envoyé un joli clin d’œil à son père, le très démonstratif Million Dollar van het Schaeck. Alors que sa production commence à pointer le bout de son nez au plus haut niveau, l’ancien complice de Sophie Hinners retrouve, à la surprise quasi générale, la compétition, après quatre ans d’absence sur la scène internationale ! Alors qu’il avait sauté des épreuves nationales à domicile au début de l’été, le fils de Plot Blue et petit-fils de Vigo d’Arsouilles a été aperçu en action début septembre, à l’occasion d’une épreuve à 1,45m lors du CSI 5* de Valkenswaard, avec Arne van Heel. Côté maternel, Money Time est un petit-fils de Clearway. Il représente la famille 238 du Holstein, tout comme l’étalon Carpe Diem J&F Champblanc - dont la production tout à fait confidentielle a notamment donné Hadj de Bliniere, jeune espoir de Steve Guerdat et gagnant du Grand Prix 3* de Bruxelles il y a quelques jours -, Constanzehof’s Barcley - à l’origine du génial Barclino B de Skylar Wireman -, ou encore Unex*Captain Chaos 8, classé à 1,60m.
Auteur d'un saut phénoménal sur le premier obstacle du barrage, Money Time, un fils de Million Dollar van het Schaeck de neuf ans, termine à une excellente deuxième place dans ce Grand Prix à 1,50m. © Sportfot
“Mon cheval n’aurait rien pu faire de plus à ce stade de sa carrière. Lui et moi avons tout donné. De fait, et même si nous n’avons pas gagné, j’estime qu’il s’agit d’une performance fantastique, surtout dans un tel lieu, sur une épreuve aussi délicate et avec des concurrents aussi féroces”, a réagi Mykola Pylypeiko, qui est installé en Belgique.

Quel moment de joie pour Mykola Pylypeiko et le fantastique Money Time ! © Sportfot
Face au chronomètre de Money Time et de son cavalier, leurs concurrents ont été mis sous pression. Don Tarpania, qui peut difficilement renier l’influence de son père, Dominator 2000, sur sa technique de saut, a été le premier a flanché. Monté par le Néerlandais Lars Kuster, le Zangersheide de neuf ans a été piégé sur la sortie du double. Pourtant, le petit-fils de Glasgow van het Merelsnest est l’un des deux seuls chevaux à avoir abaissé le chronomètre sous la barre des 40’’00 ! Cinquième, il enregistre son plus beau résultat à ce niveau et laisse entrevoir de beaux espoirs pour l’avenir.
Le style de saut de Don Tarpania n'est pas sans rappeler celui de son père, Dominator 2000. © Sportfot
À sa suite, Razzia de Regor a aussi quitté la piste avec une faute, et un chronomètre de 42’’83, synonyme de septième rang. Également âgé de neuf ans, le complice du Belge Anthony Wellens est le fruit du croisement entre le méconnu Gino H, qui avait deux produits au départ de cette épreuve pour quatre-vingt-douze répertoriés sur Horsetelex, et Melia de Regor, une fille d’Elvis Ter Putte et petite-fille de Walloon de Muze un temps passée sous la selle de Grégory Wathelet. Razzia de Regor est ainsi le neveu du très impressionnant Toemme de Regor (Chacco-Blue), troisième de la Chasse du Mondial des sept ans jeudi sous la selle de Christian Ahlmann.
Razzia de Regor a défendu ses très bonnes origines sur la piste de Lanaken. © Dirk Caremans / Hippo Foto
Un empereur tout trouvé
Est alors venu le tour de Kaiser DMH et Kim Emmen. Faisant parler l’expérience, le couple a déroulé un barrage d’une parfaite fluidité, pour franchir les cellules en 40’’94. Un chronomètre battable, certes, mais qui a suffi pour décrocher la victoire. Très sérieux et appliqué, le bai de onze ans a parfaitement répondu à chaque indication de son amazone, laissant une belle impression de facilité. Tel un empereur, le fils du Holsteiner Cardento, né en 1992 et mort en 2019, a conquis son sixième succès international, hors circuit Jeunes Chevaux. Pour ses débuts internationaux, il y a quatre ans, le KWPN était accompagné par le Français Charles Berron. Il a ensuite rejoint Sophia Schindlbeck, puis Kim Emmen, dès début 2022. Le bai a ensuite dû composer avec une longue pause internationale, entre mars 2025, date de sa première apparition à 1,50m, et janvier 2026 ! Cette saison, le petit-fils de Concerto II et arrière-petit-fils de… Capitol I, lui-même père de Cardento, a pris part à trois nouvelles épreuves à 1,50m. Deuxième à Wuustwezel fin juin, il était classé cinquième à Avenches début septembre. Cette fois, il a conquis la victoire, sans doute la plus belle de sa carrière.

À onze ans, Kaiser DMH a remporté sa plus belle victoire en date. © Dirk Caremans / Hippo Foto
“Il y avait un plateau de compétiteurs très dense, et le parcours était assez technique et exigeant. Je savais mon cheval en bonne forme ; je n’ai pas eu l’impression que nous ayons eu besoin d’aller dans le rouge au barrage. Nous avons d’ailleurs fait une foulée de plus dans une ligne, mais nous avons tout de même enregistré le double sans-faute le plus rapide. Kaiser DMH méritait une telle victoire : c’est une vraie rock star ! Il est né au sein de notre propre élevage. Cela rend ce résultat encore plus beau pour son propriétaire et éleveur, Éric Berkhof (dirigeant du groupe automobile Van Mossel et propriétaire des écuries dans lesquelles est installée la Néerlandaise, ndlr), pour mon entraîneur, Sören Kühl, mes grooms et tout le reste de l’équipe”, a commenté la Néerlandaise, au départ des Jeux olympiques de Paris en 2024 et des Européens de La Corogne en 2025 avec son métronomique Imagine, plus vu en piste depuis février. Comme son dauphin, Kaiser DMH ne compte aucun produit enregistré sur la base de données déclarative de Horsetelex.

Kim Emmen a mené un produit de l'élevage d'Eric Berkhof à la victoire en Belgique. © Sportfot
Une faute prive l’ultra charismatique Chacco Bay de la victoire
Avant le dénouement de ce Grand Prix des Sires of the World, Chacco Bay et AJ Bachelor ont aussi tenté leur chance. Le premier, sacré vice-champion du monde des cinq ans en 2019 avec Michael Pender, semblait taillé pour l’emporter. Son cavalier, Omar Abdul Al Marzooqi, lui, avait déjà décroché le plus beau rôle dans ce rendez-vous, il y a deux ans, aux rênes d’un certain Enjoy de la Mûre. Charismatique comme pas deux, l’immense bai par Chaccato a envoûté son monde, une fois de plus, mais a été piégé sur la sortie du double. Rageant, car le chronomètre du couple, arrêté à 39’’37, leur aurait largement permis de s’installer en première position. L’Emirati et son petit-fils du Trakehner Heops né chez Alfons Brüggehagen terminent quatrièmes, au pied du podium.
Le splendide Chacco Bay a répandu tout son charisme sur la piste principale de Lanaken. © Sportfot
Quant à AJ*Bachelor van het Hulgenrode, associé à Wilma McMahon, tous ses espoirs se sont envolés dès le numéro 2 du tracé raccourci. L’étalon Zangersheide à la robe ébène est un fils de Bamako de Muze et de… Dalila de la Pomme (Taran de la Pomme), excellente jument d’Evelina Tovek, cinquième du Grand Prix du CSIO 5* de Saint-Gall en 2021 et septième de celui du CSIO 5* de Calgary deux ans plus tôt ! À onze ans, l’étalon est apparu à trois reprises à 1,55m.

AJ*Bachelor van het Hulgenrode a donné le sourire à Wilma McMahon. © Sportfot
Dernier à s’élancer, Crack s’est offert une place sur le podium, grâce à un double zéro bouclé aux rênes du représentant palestinien d’origine russe Egor Shchibrik. Né en Espagne, le fils de Windows vh Costersveld, alias Cornet Obolensky, et petit-fils de Candillo est un neveu de l’étalon Quinar, père, entre autres, du merveilleux Con Quidam RB. En août, le gris, un temps propriété du Holsteiner Verband, a engrangé une sacrée expérience en s’alignant au départ des championnats du monde d’Aix-la-Chapelle, après s’être classé en Grand Prix 4* sous les selles de Richard Vogel, Arne Van Heel et Egor Shchibrik. À Lanaken, Crack a arrêté son barrage en 42’’43.
Les atypiques Crack et Egor Schibrik sont troisièmes de ce Grand Prix des Sires of the World. © Sportfot
Avant les finales des championnats du monde réservés aux chevaux de cinq, six et sept ans dimanche, le complexe sportif de la famille Melchior sera le théâtre du dénouement du championnat de Belgique, samedi, à partir de 15h15. Avant les deux derniers parcours, Mathieu Bourdeaud’hui et Oscar The Hommage tiennent la tête des opérations, devant Gilles Thomas et Thibeau Spits, associés à Riesling van’t Roosakker et Rozelien Dwerse Hagen, neuf ans.
Photo à la Une : Kim Emmen a savouré une victoire spéciale avec Kaiser DMH, fruit de l’élevage maison d’Éric Berkhof, propriétaire des écuries dans lesquelles est installée la Néerlandaise. © Dirk Caremans / Hippo Foto
Les épreuves des Mondiaux de Lanaken sont à suivre sur Clipmyhorse.tv.









