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Richard Vogel devient numéro un mondial pour la première fois de sa carrière

Depuis des mois, Richard Vogel dévore les épreuves comptant pour le classement mondial et voit sa compétitivité être récompensée par le titre distinctif de numéro un mondial.
Sport jeudi 3 septembre 2026 Mélina Massias (avec communiqué)

Pour la première fois de sa jeune carrière, Richard Vogel portera le brassard de numéro un mondial. L’Allemand à la compétitivité hors pair et démentielle devient le sixième cavalier de saut d’obstacles de sa nation à accéder à ce rang. Il rejoint ainsi Christian Ahlmann, Ludger Beerbaum, Daniel Deusser, Marcus Ehning et Meredith Michaels-Beerbaum. Rien que ça. Fort de son succès par équipe aux Mondiaux d’Aix-la-Chapelle, et de sa victoire dans le Grand Prix 5* de Bruxelles, le cavalier des stars United Touch S, Cloudio et Gangster Montdésir a chipé le titre honorifique de Kent Farrington, désormais deuxième. Scott Brash complète quant à lui le trio de tête, tandis que la suite de la hiérarchie mondiale a connu quelques chamboulements à la suite des Mondiaux d’Aix-la-Chapelle. Le point sur les faits majeurs et la réaction du nouveau numéro un mondial.

Depuis plusieurs mois, Richard Vogel s’approchait de la place de numéro un mondial. En septembre, il portera enfin le brassard distinctif de meilleur cavalier de la planète. Au coude à coude avec Kent Farrington, l’Allemand a enfin pris l’avantage… de seulement soixante-treize points. Suffisant à son bonheur, après son titre de champion du monde par équipe et à quelques jours d’une possible victoire historique, dans l’étape du Grand Chelem Rolex de Calgary. “Cela me semble irréel d’entendre que je suis numéro un mondial”, a réagi l’intéressé. “C’est un immense accomplissement et cela me rend incroyablement fier de ce que nous sommes parvenus à réussir en tant qu’équipe. En tant que cavalier, je suis loin d’être le meilleur du monde, mais je crois que cette récompense est la preuve que je suis entouré de la meilleure équipe du monde. Les personnes et les chevaux qui m’accompagnent sont ceux qui ont rendu cela possible. Je suis reconnaissant envers toutes celles et ceux qui ont soutenu le jeune homme plein de rêves que j’étais et qui m’ont aidé à en arriver là où j’en suis aujourd’hui. Chacune de ses innombrables personnes fait partie de ce succès. Je dois particulièrement remercier toute l’équipe VW, en particulier mes grooms, Felicia (Wallin, qui s’occupe de United Touch S à plein temps, ndlr) et Gigi (Géraldine Badan, qui l’accompagne dans tous ses déplacements avec ses autres montures, ndlr). La passion, la détermination et les soins qu’on apporte chaque jour à nos chevaux est le fondement de tout. Le plus grand des mercis revient évidemment à nos chevaux. Avoir des superstars comme United Touch, Cloudio ou Gangster Montdesir sous ma selle est un véritable honneur. Mais cette réussite revient tout autant à tous les autres chevaux qui sont un peu dans leur ombre, de même qu’à tous ceux que j’ai croisés par le passé et qui m’ont tant appris. Ils sont notre moteur et notre motivation au quotidien.”

Sur une autre planète, Richard Vogel a de nombreuses raisons d'avoir le sourire ces derniers temps. © Mélina Massias

Toujours champion d’Europe en titre, fraîchement sacré champion du monde par équipe et vainqueur du Grand Prix Rolex de Bruxelles le week-end dernier, Richard Vogel est pris dans un duel ultra indécis avec Kent Farrington, qui a occupé le premier rang du classement mondial Longines des cavaliers de saut d’obstacles de mai à août. L’Américain, qui a refusé de participer aux Mondiaux d’Aix-la-Chapelle, et qui compose avec l’absence de sa toute bonne Toulayna van het Bloesemhof aux côtés de ses deux meilleurs alliés, Contina 47, alias Greya, et le jeune Descartes Santa Rosa, ne manque toutefois pas de résultats. Vainqueur de la dernière finale de la Coupe du monde, en avril à Fort Worth, l’Etats-Unien a aussi glané une belle victoire la semaine dernière, dans le temps fort du convoité CSI 5* de Bridgehampton. Finalement, face à l’indécente réussite de Richard Vogel, qui multiplie les résultats, classements et autres succès à tour de bras, le kid de Chicago, plus mesuré dans sa propension à courir des épreuves par centaines, a cédé. En septembre, il totalise 3.303 points, contre 3.376 pour son successeur. Mais le nouveau numéro deux mondial prépare peut-être déjà sa riposte. Au cours des trente derniers jours, il est apparu aux rênes de deux nouvelles montures. En plus de celles avec lesquelles il a déjà fait connaissance depuis le début de l’année, il a effectué ses premiers parcours internationaux avec Diaro 6, alias Rexton, neuf ans, ainsi que de Dolores PS, huit ans et déjà lauréate des deux épreuves à 1,40 et 1,45m qu’elle a courues sous la selle de son nouveau pilote.  

Kent Farrington, qui a refusé de participer aux Mondiaux d'Aix-la-Chapelle, a rendu son brassard de numéro un mondial. © Dirk Caremans / Hippo Foto



Les Mondiaux rebattent les cartes

Les cavaliers ayant honoré leurs drapeaux lors des championnats du monde d’Aix-la-Chapelle ont été récompensés. En effet, le classement mondial a connu quelques bouleversements, en faveur de celles et ceux étant parvenus à se magnifier sur l’herbe sacrée de la Soers. Ainsi, si Scott Brash gagne une place et est désormais troisième, Steve Guerdat, qui s’est paré, grâce à Dynamix de Bélhème, de la seule couronne qui manquait sur son étagère personnelle, bondit du seizième au quatrième rang ! Une superbe remontée, que le Suisse accueillera assurément comme une bonne nouvelle. Car même si le classement mondial semble être loin de ses objectifs prioritaires, il reste un élément important, et même déterminant pour la finale du Top Ten Rolex IJRC, qui se tiendra, comme tous les ans ou presque, à Genève, en décembre. Les dix cavaliers qualifiés pour ce rendez-vous de prestige seront connus en novembre, en se basant sur cette même hiérarchie. Cette progression est donc un bon signal pour le Suisse, toujours avide de ces compétitions historiques, qui plus est face à son public et sur une piste qu’il affectionne tant. 

Steve Guerdat fait un grand pas vers la finale du Top Ten Rolex IJRC, qui sera, à n'en pas douter, l'un de ses objectifs de la fin d'année. © Mélina Massias

Pour huit unités, Shane Sweetnam retombe, lui, en cinquième position, après avoir occupé la troisième marche de cette hiérarchie mondiale en août. Il faut dire que l’Irlandais n’a pas été verni à Aix-la-Chapelle, ni avec son collectif, bien loin des médailles lors de la finale par équipe, ni en solo, où il a joué de malchance, concédant plusieurs parcours à quatre points sur son d’ordinaire si intouchable CSF James Kann Cruz.

En bronze par équipe, Ben Maher perd une place et est sixième, tandis que Piergiorgio Bucci signe une percée remarquable. L’Italien est septième, alors qu’il pointait en quatorzième position il y a un mois. Derrière lui, Daniel Deusser et McLain Ward suivent la voie qu’il a ouverte et s’installent au sein du Top 10, refermé par Nina Mallevaey, qui perd deux rangs. De leur côté, Julien Epaillard, Daniel Bluman, Gilles Thomas et Christian Kukuk quittent le Top 10. Ils sont désormais respectivement onze, treize, seize et vingtièmes. 

Piergiorgio Bucci intègre le Top 10 mondial en septième position et vit assurément la plus belle année sportive de sa vie. © Mélina Massias

Trente-huit et quarantièmes le mois dernier, Harry Charles et Thibeau Spits surfent sur leurs exceptionnelles performances allemandes, permises par LT Holst Freda, double médaillée de bronze, et Impress-K van’t Kattenheye, double médaillé d’argent, pour occuper les places dix-huit et dix-neuf en septembre.

Le classement mondial complet.

Non content d’allègrement dominer le classement réservé aux cavaliers de moins de vingt-cinq ans pour un mois supplémentaire, devant Antoine Ermann, stable en deuxième position et Omar Abdul Al Marzooqi, qui progresse de trois rangs, Thibeau Spits prend aussi les rênes de la hiérarchie par couples éditée mensuellement par la Fédération équestre internationale. Aux côtés de son impressionnant Impress-K van’t Kattenheye, élevé par Mieke Strobbe et Tony Raman, le Belge aux nerfs d’acier et au mental inébranlable détrône Kristen Vanderveen et Uno 56, alias Bull Run’s Jireh, ultra compétitifs, en particulier jusqu’à 1,55m. Daniel Deusser et Otello de Guldenboom, auteurs d’un bon championnat à Aix-la-Chapelle, s’invitent en troisième position, tandis que les plus belles remontées sont à mettre au crédit Richard Vogel et Gangster Montdésir, sixièmes, Amanda Derbyshire et Cornwall BH, septièmes, ainsi qu’à Nina Mallevaey et Dynastie de Beaufour, huitièmes.

Les pieds toujours bien sur terre, Thibeau Spits continue d'éclabousser la planète jumping de son talent aux côtés de son fantastique Impress-K van't Kattenheye. © Mélina Massias

Le classement complet des cavaliers de moins de vingt-cinq ans.
Le classement complet par couples.

Photo à la Une : Depuis des mois, Richard Vogel dévore les épreuves comptant pour le classement mondial et voit sa compétitivité être récompensée par le titre distinctif de numéro un mondial. © Dirk Caremans / Hippo Foto