Emmenée par une LT Holst Freda d’exception, la Grande-Bretagne met Rotterdam à ses pieds
Pour leurs débuts à 1,60m, Harry Charles et la merveilleuse LT Holst Freda ne pouvaient guère rêver mieux. Le néo-duo a scellé la victoire de la Grande-Bretagne dans l’étape de la Ligue des nations Longines de Rotterdam, au terme d’un barrage face aux Etats-Unis et à la Suisse. Les escouades de Di Lampard, Robert Ridland et Peter van der Waaij ont formé le tiercé gagnant, dans une épreuve une nouvelle fois riche en enseignements.
Les épreuves collectives ont ce petit truc en plus. Le suspense, l’enjeu, l’esprit d’équipe, la pression. Et lorsqu’elles s’achèvent par un barrage, tout cela est décuplé. À égalité à l’issue des deux manches de la Ligue des nations de Rotterdam, vendredi 19 juin, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et la Suisse se sont affrontées dans un barrage afin de déterminer l’ordre du podium de cette troisième étape du circuit porté par la Fédération équestre internationale (FEI). Harry Charles, Marilyn Little et Jason Smith, désignés par Di Lampard, Robert Ridland et Peter van der Waaij pour représenter les intérêts de leurs nations et tenter d’empocher la victoire, n’ont été séparés que par quarante-six centièmes, chacun d’entre eux ayant réussi un sans-faute sur les brillants LT Holst Freda, La Contessa et Picobello van’t Roosakker. Arrivés à bon port en 31’’18, Harry Charles et sa fille de Colman, qui ont ouvert cette finale au chronomètre, ont gardé les commandes jusqu’au bout. Une sacrée première à ce niveau pour ce duo plein de promesses. En effet, la merveilleuse grise, dix-neuvième de la dernière finale de la Coupe du monde avec la sympathique néo-zélandaise Julie Davey, a rejoint l’Union Jack il y a seulement quelques semaines, alors que son ancienne cavalière et propriétaire souhaitait pourtant poursuivre sa belle histoire. Finalement, face à une offre que l’on imagine très alléchante et aux coûts que représentaient son séjour loin de l’Océanie, l’amazone a cédé et offert, par la même occasion, la possibilité à sa protégée de briller au plus haut niveau. En signant l’un des deux triples zéro de l’après-midi, le néo-duo a prouvé toute sa qualité et pourrait bien continuer à franchir les paliers à vitesse grand V… jusqu’aux championnats du monde ?

Quelles démonstrations et quelle entente pour Harry Charles et sa nouvelle crack : LT Holst Freda ! © Leanjo de Koster / FEI
Dans sa victoire, le collectif britannique a aussi pu compter sur Sienna Charles, cadette d’Harry, et Ben Maher, auteurs d’un parcours à quatre points suivi d’un clear round avec Chawton, un produit de l’élevage maison de la famille Charles, et Catelly, l’ancienne complice de Marco Kutscher, ainsi que sur Jessica Mendoza et Guidam’s Sohn The Second, alias Summerhouse, dont les huit points ont été effacés dans l’acte initial. La paire, qui avait déjà concédé de beaux efforts la semaine dernière à La Baule, n’a pas été retenue pour la seconde manche.

Sienna et Harry Charles ont fêté la victoire de la Grande-Bretagne en famille à Rotterdam. © Leanjo de Koster / FEI
De bonnes informations pour les Etats-Unis et la Suisse
De leur côté, les Etats-Unis ont montré de très belles choses. Si Marilyn Little est passée à côté de son barrage, déroulant un tracé haché sur sa merveilleuse La Contessa, ses trois prestations sans fausse note sur les obstacles lui ont permis de marquer de précieux points auprès de son sélectionneur. Autrice d’une remontée spectaculaire au classement mondial Longines, l’ancienne complétiste - dont quelques-uns des faits d’armes dans la discipline ne sont pas des plus reluisants - avait déjà prouvé sa fiabilité à Rome, avec un sans-faute et un parcours à quatre points dans la Coupe des nations et une quatrième place dans le Grand Prix Rolex. Karl Cook, jeune papa, et sa fidèle Caracole de la Roque auraient-ils pu aller plus vite au barrage et offrir la victoire à leur équipe ? Peut-être. Qu’importe, tous deux ont signé deux parcours parfaits, comme à leur habitude. Après un début d’année timide, et un nombre d’apparitions internationales réduit, les deux compères rappellent qu’ils sont toujours là. En première manche, Callie Schott a échappé huit points sur l’excellent Garant, tout comme Katie A. Dinan et Out of the Blue SCF, la sœur utérine d’une certaine Rebeca LS. Troisième de la finale de la Coupe du monde de Fort Worth, la paire féminine s’est vu offrir l’occasion de rectifier son score et y est parvenue en deuxième manche, laissant une impression générale un peu meilleure.

Marilyn Little a raté son barrage sur La Contessa et n'a pas pu offrir la victoire aux Etats-Unis. © Tiffany Van Halle
Jason Smith et Picobello van’t Roosakker, en balade au barrage, ont bien tenté d’offrir la victoire à la Suisse, mais ont échoué pour quelques centièmes. Le duo, remarquable à Saint-Gall, n’a, en plus de la finale au chronomètre, sauté que la deuxième manche de cette étape de la Ligue des nations, ses camarades ayant assuré trois sans-faute en première mi-temps. Avec une faute à leur compteur, le cavalier d’origine écossaise et son gris n’ont pas démérité, pas moins que Gaëtan Joliat, impeccable puis pénalisé de quatre points sur le très plaisant Chelsea, et Alain Jufer, irréprochable sur le jeune et prometteur Chaccoo de l’Escant*MM, qui faisait ses débuts à ce niveau et n’a pas participé à la seconde manche. Associé à l’excellent Lorde do Belmonte, à qui il a fallu deux sorties pour reprendre la mesure du très haut niveau après sa bonne finale de la Coupe du monde, Martin Fuchs était en croisière et n’a pas effleuré la moindre barre. En forme, l’Helvète disposera de plusieurs options sérieuses en vue des Mondiaux, pour le plus grand bonheur de son sélectionneur.

Jason Smith et Picobello van't Roosakker se sont encore montrés convaincants malgré une faute en deuxième manche. © Tiffany Van Halle
Nouvel échec pour la France
Avec douze points au total de leurs sept prestations respectives, l’Italie et les Pays-Bas terminent à un rien du trio de tête. Les Transalpins ont compté sur les sans-faute de Giulia Martinengo Marquet et son Selle Français Delta del’Isle et d’Emanuele Camilli avec Chacareno PS en première manche, ainsi que sur celui des récents vainqueurs du Grand Prix Rolex de La Baule, Piergiorgio Bucci et Hantano, en seconde, mais cela n’a pas suffi. Après un premier acte parfait et achevé sur un score vierge malgré les huit points de Sanne Thijssen et Cupcake, les Pays-Bas ont été victime du format de la Ligue des nations, en accumulant trois fois quatre points ! Pas loin de la vérité, Bas Moerings, Willem Greve et Harrie Smolders, qui ont de bonnes chances de se retrouver dans quelques semaines au cœur d’Aix-la-Chapelle avec Ipsthar, Grandorado et Mister Tac des Fusains, n’ont pas pu éviter une faute chacun. Rageant, mais certainement instructif pour la suite de la saison.
Avec seulement deux scores vierges sur sept, l’Irlande est sixième, devant le Brésil, qui n’a enregistré aucun sans-faute. La Belgique, bien lancée en première manche avec les prestations parfaites de Roy van Beek et Pieter Devos sur Cavoiro-H et Primo DV, a sombré à la huitième position, pour un total cumulé final de trente-trois points, contre huit pour les lauréats du jour… L’Allemagne et la France terminent en queue de peloton et n’ont même pas accédé au second acte, réservé aux huit meilleures équipes à l’issue des quatre premières rotations. Pour la France, il s’agit du troisième échec à se qualifier dans le deuxième acte d’une compétition collective, après Rome et Saint-Gall. Un signal à prendre en compte quant à la profondeur du réservoir tricolore.
Photo à la Une : La Grande-Bretagne est montée sur la première marche du podium à Rotterdam. © Leanjo de Koster / FEI



















