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À Fort Worth, Julie Davey et LT Holst Freda ont planté le drapeau néo-zélandais dans le coeur des fans (1/2)

Au Texas, Julie Davey et LT Holst Freda ont franchi un sacré cap.
Interviews mercredi 22 avril 2026 Mélina Massias

Après Luke Dee et Gangster WW à Bâle en 2025, Julie Davey et LT Holst Freda ont pris le relais pour porter haut le drapeau néo-zélandais en finale Longines de la Coupe du monde. Dix-neuvième, la paire, méconnue du grand public lors de son premier parcours, s’est imposée comme la belle surprise de cette échéance texane. En tête de leur ligue, les deux complices, qui se connaissent depuis dix ans, ont vécu à Fort Worth le rendez-vous le plus important de leur carrière. Une belle façon pour Julie Davey de célébrer son cinquantième anniversaire et pour sa fille de Colman de révéler tout son talent. Disposant de qualités indéniables, le duo, qui n’avait jamais quitté l’Océanie avant le début de l’année, pourrait bien continuer à faire parler de lui dans les mois à venir. Rencontre.

Julie Davey se rappellera longtemps de son cinquantième anniversaire. Grâce à sa fidèle LT Holst Freda, acquise à deux ans et menée jusqu’au plus haut niveau, l’amazone néo-zélandaise a célébré son passage dans sa cinquième décennie sur terre depuis Fort Worth, au Texas, où elle vivait sa toute première finale de la Coupe du monde. “Avec le décalage horaire avec la Nouvelle-Zélande, j’ai en quelque sorte eu un double anniversaire ! Freda m’a offert un beau cadeau avec cette finale de la Coupe du monde et son sans-faute aux obstacles dans la deuxième étape de la compétition”, sourit-elle. 

Formée de A à Z par Julie Davey, LT Holst Freda n'a pas démérité à Fort Worth, pour sa première finale de la Coupe du monde. © Sportfot

Face aux meilleurs mondiaux, Julie Davey et LT Holst Freda n’ont pas démérité et même séduit de nombreux observateurs, début avril au Texas. Semblant disposer d’un panel de qualités illimité, la fille de Colman était en harmonie avec sa cavalière et leur entente leur a permis de signer deux parcours parfaits, seulement entachés par le chronomètre, pour terminer à une honorable dix-neuvième place. “Ce qui différencie le plus l’Europe de la Nouvelle-Zélande en termes de sport, ce sont les nombres. En Nouvelle-Zélande, nous avons évidemment une ligue de la Coupe du monde, qui m’a permis de me qualifier pour Fort Worth, mais nous sommes très, très peu à prendre part à ces épreuves”, expose la jeune quinquagénaire. “Nous sautons entre 1,50 et 1,60m, mais nous ne sommes pas confrontés à la même technicité qu’en Europe. Passer de la Nouvelle-Zélande à l’Europe est un vrai défi !” Un défi relevé avec brio, malgré la pression et l’enjeu. 

De son aventure outre-Atlantique, Julie Davey ne retient d’ailleurs que du positif. “C’était un concours merveilleux !”, s’exclame-t-elle. “C’était vraiment cool. Tout est mieux et tout est plus grand au Texas, comme ils disent là-bas. Les gens étaient très sympathiques et tout a été très bien orchestré. C’était une très bonne expérience. Je n’ai pas assisté à beaucoup de finales de la Coupe du monde, mais certaines personnes, qui en ont vécu six ou sept, ont trouvé que l’événement avait été bien tenu.” 

Avec son époux, Julie Davey est à la tête d'une écurie à taille humain au pays des Kiwis, où vivent aussi... des moutons ! © Tiffany Van Halle / Hippo Foto

De l’été kiwi à l’hiver allemand

Sur leurs terres natales, Julie Davey et LT Holst Freda, née chez Ewan Mackintosh, ont brillé tout au long de la saison de la Coupe du monde, si bien qu’elles ont terminé en tête de leur ligue, avec neuf points d’avance sur Sophie Scott, qui a présenté deux chevaux à ce niveau d’épreuve : Benrose Stellar (Lordano x Senator*VDL) et Normandy GHP (Nabab de Rêve x Stolzenberg). “Remporter le classement général de la Coupe du monde ne rembourse pas les frais engagés pour un voyage en Europe ou pour la finale, qui s’élèvent à environ 58.000 dollars pour le transport par avion d’un cheval depuis la Nouvelle-Zélande, mais cela représente une aide intéressante. Plus la saison avançait, plus l’objectif de participer à la finale est devenu important. Cela était plus facile de nous qualifier directement à la maison, plutôt que de venir en Europe plus tôt et attendre dans l’espoir d’obtenir assez de points. Lorsque nous avons fait le déplacement, nous avions la garantie de pouvoir prendre le départ au Texas”, retrace Julie Davey. 



Si le but sportif derrière ce long périple était assuré, ce-dernier n’a pas été de tout repos. En quittant la Nouvelle-Zélande, la belle grise a laissé derrière elle un climat estival et un été bien avancé, où les températures dépassaient les 32°C… pour le froid et la neige allemandes ! “Ces derniers mois ont été éprouvants. Nous étions en plein milieu de l’été lorsque nous sommes partis et vivons dans une zone assez chaude de la Nouvelle-Zélande, pas dans la partie plus froide du pays. Malheureusement, l’Allemagne a connu son hiver le plus froid des dix dernières années ! Tout cela n’a pas été simple, pas plus que l’aspect logistique”, détaille la cavalière. “En arrivant, nous avons aussi accusé un autre revers : Freda a contracté une infection et a été malade. Cela a été très difficile. Nous avons fait au mieux pour qu’elle retrouve rapidement une pleine santé, d’autant que nous n’avions pas beaucoup de temps pour nous préparer pour Fort Worth.” 

En Allemagne, la fille de Colman a découvert la neige ! © Collection privée


Bien consciente de la différence de niveau entre les épreuves qui lui ont permis de se qualifier en Océanie et les parcours attendus au Texas, Julie Davey n’avait aucune intention de mettre sa complice en difficulté en la jetant dans l’inconnu. “Nos Coupes du monde sont labellisées 1*. Je devais donc essayer de franchir tous les paliers jusqu’au niveau 5*. Honnêtement, j’ai ressenti beaucoup de pression par rapport à cela”, avoue-t-elle. En février, les deux complices ont d’abord bouclé une épreuve à 1,45m dans le cadre d’un CSI 2* organisé à Riesenbeck. Sans-faute aux obstacles, elles ont poursuivi leur préparation à Kronenberg, échappant deux fautes dans leur premier Grand Prix 2*. Un mois plus tard, cette fois au niveau 3*, à Herning, la paire concédait quatre points, avant son ultime galop d’essai, lors de l’étape du Rolex Grand Chelem de Bois-le-Duc. Face à ce qui était le parcours le plus important de leurs carrières respectives à ce moment-là, toutes deux ont tenu le choc, mettant deux barres à terre. De quoi aborder la finale de la Coupe du monde avec une expérience positive. 

L’objectif d’une vie

Des propres mots de Julie Davey, cette échéance était “l’objectif d’une vie” et son accomplissement quelque chose “d’énorme”. “Je pense que les gens en Europe ne se rendent pas compte à quel point il est difficile de venir ici en étant néo-zélandais”, poursuit-elle. “Nous sommes peut-être un peu naïfs de notre côté du monde, mais lorsqu’on ne comprend la langue parlée autour de nous, que l’on ne peut pas lire ce qu’il y a écrit dans les lieux dans lesquels nous nous rendons ou sur les sacs d’aliment de nos chevaux, s’intégrer est très difficile. Rien que les démarches administratives pour concourir sont un obstacle ici ! À la maison, nous n’avons qu’à sauter dans notre camion, aller jusqu’au lieu de la compétition et rien n’est compliqué. On s’engage et on fait son parcours : il n’y a pas de vétérinaires, de papiers, de questions de frontières, etc. Il y a tout un tas de choses à faire ici et ce n’est pas évident lorsqu’on n’est pas habitué.”

Méconnue du grand public, pour ne pas dire inconnue de la plupart des passionnés de saut d’obstacles européens, Julie Davey a toujours été bercée par les chevaux. “J’ai commencé à monter à cheval à l’âge de cinq ans. Ma famille n’avait pas vraiment la fibre équestre, mais mes parents étaient agriculteurs en Nouvelle-Zélande”, déroule-t-elle. “J’ai fait quelques voyages entre la Nouvelle-Zélande et l’Australie durant mes années Jeunes cavaliers, puis, en 1999, je suis venu en Europe avec un cheval dans l’espoir de me qualifier pour les Jeux olympiques de Sydney en 2000. À l’époque, j’étais basée dans les écuries de Beat Mändli, en Suisse. Malheureusement, je n’ai pas été retenue dans l’équipe néo-zélandaise pour les Jeux, et je suis rentrée au pays. Depuis, j’ai passé toute ma vie à monter et former des chevaux. À la maison, nous n’achetons pas des chevaux déjà prêts à sauter de bonnes épreuves. On les déniche jeunes et on les accompagne dans leur progression. Je pense avoir mené une douzaine de chevaux du débourrage au niveau Coupe du monde. Être professionnel dans les chevaux en Nouvelle-Zélande est bien différent de ce qui se fait en Europe. Chez nous, on ne peut pas espérer obtenir les mêmes revenus qu’en Europe. Nous avons l’avantage d’être l’un des pays les moins onéreux pour la pratique de l’équitation, mais nous sommes un petit pays. De fait, les dotations sont incomparables à celles proposées en Europe.”

Avant d'aller au Texas, Freda et son amazone ont pris la mesure du niveau de compétition en Europe. © Sportfot

La seconde partie de cet article est disponible ici.

Photo à la Une : Au Texas, Julie Davey et LT Holst Freda ont franchi un sacré cap. © Sportfot