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À Rome, Piergiorgio Bucci et Pallieter vd N.Ranch persistent et signent des deux mains !

Piergiorgio Bucci a enregistré la victoire la plus belle et la plus significative de sa carrière à Rome.
Sport dimanche 31 mai 2026 Mélina Massias

Pour le plus grand bonheur du public du CSIO 5* de Rome, Fratelli d’Italia a retenti dimanche en conclusion du Grand Prix Rolex. Déjà aux honneurs à Mexico, sur une autre piste en herbe, un peu plus tôt cette année, Piergiorgio Bucci a récidivé avec Pallieter vd N.Ranch. Le duo a pris d’assaut la place de Sienne en déroulant l’unique double sans-faute de l’après-midi. Très rapides mais chacun sanctionné d’une faute lors de la seconde manche, les Allemands Jörne Sprehe et Richard Vogel, associés à Toys et Cloudio, deux étalons de douze ans en grande forme, complètent le tiercé gagnant.

Pour les Transalpins massés au bord de la place de Sienne, dimanche 31 mai, pour le Grand Prix Rolex du CSIO 5* de Rome, la victoire de leur représentant Piergiorgio Bucci a dû sonner un peu comme la qualification pour la deuxième semaine de Roland-Garros de la Française Diane Parry la veille pour les mordus de tennis tricolores. À la différence près que l’actuel vingt-huitième mondial et son Pallieter vd N.Ranch avait sans doute une cote plus basse à l’abord de cette étape du circuit Rolex Series. Et pour cause ! Depuis le début de l’année, ces deux-là n’ont de cesse de surprendre leur monde. Ils ont ainsi, depuis janvier, remporté un Grand Prix 3* à Valence, début février, puis le temps fort d’un CSI 4* joué à Bedizzole, un mois plus tard, terminé troisièmes de l’étape du Longines Global Champions Tour de Miami et décroché celle de Mexico, deux semaines plus tard, avant, donc, de se hisser en héros à Rome. Sur ses terres, Piergiorgio Bucci, qui n’avait jamais ajouté ce Grand Prix de tradition à sa collection, a été le seul à vaincre par deux fois les parcours imaginés par Uliano Vezzani et ses équipes. Disputée en deux manches, cette épreuve, dotée d’un demi-million d’euros, dont 125.000 réservés à son lauréat, a d’abord compté sept clear rounds, pour douze repêchés, puis… deux parcours parfaits seulement dans son second acte ! 

Quel accomplissement pour Piergiorgio Bucci ! © Rolex Series

Le premier est à mettre au crédit de Wilma McMahon et son excellente Cicci BJN, déjà à son avantage dans la Coupe des nations vendredi, où la Suède a toutefois échoué à accéder à la seconde manche. Après l’abandon d’Andres Azcarraga et son vétéran Contendros 2, dix-neuf ans et déjà aux affaires vendredi, après deux fautes en début de deuxième mi-temps, la Suédoise et sa fille de Ci Ci Senor ont ouvert la voie avec brio. À leur suite, personne n’est parvenu à faire aussi bien… jusqu’au huitième départ.

Comptant parmi les sans-faute les moins rapides de la première manche, Piergiorgio Bucci et son BWP avaient hérité d’un ordre de départ peu favorable. Mais celui-ci leur a souri à pleines dents. Impeccable de bout en bout, le couple a coupé les cellules en 42’’01, de quoi assurer à coup sûr un bel accessit, mais peut-être pas assez pour sécuriser la victoire à ce stade. À moins que… à moins que quelques-uns des favoris ne se laissent emporter par la vitesse et ne commettent des fautes. Sous le soleil romain, c’est exactement ce qu’il s’est produit. 

Les Allemands supersoniques… mais fautifs !

Jörne Sprehe et Toys ont été les premiers à filer à toute vitesse sur la place de Sienne. L’Allemande et son fils de Toulon ont enregistré un chronomètre canon de 39’’01, que personne n’est parvenu à battre… pas même Richard Vogel et son spectaculaire Cloudio, vaincus dès le numéro 1 du second tour. Toutefois très rapide, celui qui inscrivait son nom sur le mur des gagnants du Grand Prix Rolex d’Aix-la-Chapelle il y a une semaine, s’est rangé au troisième rang, derrière sa compatriote, qui a certainement marqué des points cette semaine sur une grande et belle piste en herbe, sous les yeux d’Otto Becker et après avoir remporté les Grands Prix 3* de Bedizzole en mars, Mannheim en mai et occupé la sixième place du classement de l’étape madrilène du Longines Global Champions Tour.

Jörne Sprehe, qui a relancé sa Sprehe*Hot Easy il y a peu, voit son Toys monter en puissance. Il termine deuxième de ce Grand Prix. © Rolex Series

Richard Vogel reste sur son nuage et termine cette fois troisième d'un nouveau Grand Prix Rolex, associé pour l'occaison à Cloudio. © Rolex Series



Grâce à son sans-faute au tour initial, suivi d’un deuxième parcours entaché d’une faute, Marilyn Little et sa fabuleuse La Contessa sont quatrième. Entraînée par Michael Blake, l’ancien chef de file des Irlandais, l’amazone de quarante-quatre ans, passée par le concours complet et en vadrouille pour la première fois depuis 2013 sur le sol européen, envoie un nouveau signal fort à Robert Ridland. Autrice d’une percée spectaculaire au sein du classement mondial Longines, qui lui a permis de bondir du rang 1886 à la quarante-huitième position de cette même hiérarchie en l’espace d’un peu plus de deux ans, l’Etats-Unienne a toutes les cartes en main pour intégrer son escouade nationale cet été à Aix-la-Chapelle. Si la concurrence sera féroce, tous les espoirs sont permis compte tenu de ses récents résultats, qui incluent, entre autres, deux deuxièmes places en Grand Prix 5* depuis le début de l’année. 

Alors qu'elles découvraient toutes deux ce niveau en Europe, Marilyn Little et La Contessa ont été remarquables à Rome. © Rolex Series

La plaisante paire termine juste devant Wilma McMahon et Cicci BJN, qui n’avaient pas joué le chrono en deuxième manche. Suivant la même stratégie que la semaine passée à Aix-la-Chapelle, Sophie Hinners, dernière à tenter sa chance, a bien essayé d’assurer un second zéro, mais a été rappelée à l’ordre sur le dernier, après avoir dégainé sa cravache pour se sortir du double et encaissé des sauts bien démonstratifs, comme peuvent le faire ses autres montures, de façon plus ou moins flagrante. 

Si le temps qu’elle a enregistré en deuxième manche - 40’’49 - aurait pu lui offrir la deuxième place du classement final, la souriante et si attachante Giulia Martinengo Marquet se contentera sûrement bien volontiers de sa septième position du jour. La Transalpine retrouve son bondissant Delta del’Isle au sommet de sa forme, après que celui-ci a essuyé quelques problèmes de santé, contractant notamment la maladie de Lyme. Après un week-end fort réussi à Rome, ces deux-là peuvent à nouveau se permettre de rêver en grand. Et les voir dans un championnat majeur cette année serait une bien belle mise en lumière d’une équitation faite de choses simples et de respect.

Des couples attendus finalement en bas de tableau

Avec un sans-faute puis un parcours à huit points chacun, Armando Trapote et Khaled Almobty sont huit et neuvièmes sur l’explosif Tornado VS et l’excellente Diana du Plevau. Ricardo Pisani et Chacco’s Lawito PS les suivent en dixième position avec deux parcours entachés d’une faute, tout comme un certain Baloutinue, qui, pour son grand retour en Grand Prix 5* après dix mois d’absence conclut l’épreuve à la onzième place avec Laura Kraut. Avec son abandon, Andres Azcarraga termine douzième aux rênes du très chic et bien né Contendros 2. 

Plus loin dans la liste de résultats finale, quelques favoris sont passés à la trappe. C’est le cas de Thibeau Spits et Impress-K van’t Kattenheye, à qui rien ne semblait pouvoir arriver ces dernières semaines et pourtant piégé sur l’antépénultième et l’ultime sauts du parcours, Christian Ahlmann et Untouched LB, victimes des deux obstacles jaunes, le numéro 4, aux couleurs des cent ans de l’événement, et du dernier, malgré un parcours de très bonne facture, ou encore Emilie Conter et Portobella van’t Fruitkorf, sanctionnées de douze points, tout comme Max Kühner et EIC*Cooley Jump The Q. La France ne s’est guère rachetée après sa Coupe des nations décevante ; Mégane Moissonnier enregistre deux fautes sur Crooner Tame, Marie Demonte et Forban de Béliard en accusent quatre et Nicolas Sers et Eleven de Riverland quittent la piste avec vingt-sept points au compteur, en raison de trois barres mises à terre et d’une volte effectuée avant la ligne finale. La Grande-Bretagne fait aussi grise mine avec les abandons de Joseph Stockdale et Jessica Mendoza sur leurs gagnants en Grand Prix 5* Ebanking et In The Air, les deux fautes d’Adrian Whiteway et Chacco Volo ainsi que le parcours à douze points de Jack Whitaker et la surprenante Izara des Dames, deux et dixième à Miami puis Mexico au début du printemps.

Les résultats complets.

Photo à la Une : Piergiorgio Bucci a enregistré la victoire la plus belle et la plus significative de sa carrière à Rome. © Rolex Series

Les parcours du Grand Prix Rolex de Rome sont à (re)voir gratuitement ici.