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La Baule entonne La Marseillaise pour ses champions

Les sourires et les prestations des équipiers français ont illuminé La Baule dans la Coupe des nations.
Sport samedi 13 juin 2026 Mélina Massias

Allons enfants de la Patrie, le jour de gloire est arrivé !… Face au chant d’un stade François-André enflammé, Nina Mallevaey, Antoine Ermann, Edouard Coupérie, Olivier Perreau et Julien Epaillard ont savouré un moment rare et précieux. Test ô combien important avant les championnats du monde d’Aix-la-Chapelle, la Coupe des nations de La Baule a souri à la nation hôte, qui présentait sans doute là son équipe type pour l’échéance estivale. Dynastie de Beaufour, Floyd des Prés, GL Events*Dorai d’Aiguilly et Fringan de Vesquerie ont envoyé le bon signal au sélectionneur national, et permis à la France de supplanter la redoutable escouade allemande et le non moins performant quatuor irlandais.

Avant Aix-la-Chapelle, il ne leur restera peut-être que le tour d’honneur à peaufiner ! Après neuf ans d’attente, la France a remporté sa Coupe des nations, sur la piste en herbe du stade François-André, à La Baule, vendredi 12 juin. Face à un public déchaîné et investi, Nina Mallevaey, Antoine Ermann, Julien Epaillard et Olivier Perreau n’ont rien lâché avec leurs Dynastie de Beaufour, Floyd des Prés, Fringan de Vesquerie et GL Events*Dorai d’Aiguilly. Il faut dire qu’Edouard Coupérie, qui avait à cœur de bien performer en Loire-Atlantique et se disait déjà confiant la veille, avait vu les choses en grand, en alignant un quatuor… digne des prochains championnats du monde. Après la démonstration de ses troupes, cette composition d’équipe a de fortes chances d’être reconduite dans deux mois, au cœur du stade équestre de la Soers. “Gagner ici, à La Baule, face à ce public, avec cette organisation et sur un terrain de cette qualité est quelque chose de fantastique ! Avec son double zéro, Julien a montré que son cheval revenait en forme. Olivier a signé deux parcours magnifiques, malgré une faute sur le dernier en première manche. Antoine est quasiment double sans-faute. Son petit point de temps n’était rien du tout ; il doit juste se remettre à l’heure ! (rires) Et tout le monde connaît Nina : elle quitte la piste avec zéro ou quatre points, et plus souvent avec zéro que quatre ! Il n’y a pas eu de faute d’équitation aujourd’hui et les chevaux ont bien sauté. J’étais assez optimiste hier et tout s’est vraiment bien passé aujourd’hui”, a souri un Edouard Coupérie aux anges. “J’ai toujours dit que La Baule, avec sa configuration, serait un grand test en vue des championnats du monde. Malgré tout, il reste encore deux mois. Il faudra bien gérer les prochaines semaines et établir des programmes individuels pour chaque couple. Je retiens le positif. La grande information du jour reste la performance du cheval de Julien, que l’on ne connaissait pas à ce niveau. Pour les autres, il reste encore à affiner le travail de fond. Ils vont sauter le Grand Prix dimanche, afin de travailler leur condition ; le format des Mondiaux est très éprouvant et il faudra être à la hauteur. Du reste, je n’ai pas grand-chose à reprocher à mes couples ! Nous avons encore du temps pour décider de la sélection finale, et nous allons le prendre.” 

Un suspense des grandes occasions

Le sel des Coupes des nations, et d’autant plus celles disputées dans leur format de tradition, en deux manches à quatre rotations, réside sans doute dans les grands coups de théâtre et autres tensions insoutenables qui animent. Le premier temps fort de cet Officiel de France a réuni tous les ingrédients pour offrir un moment qui fera date. En tête à mi-épreuve, ex aequo avec la Grande-Bretagne, l’Allemagne faisait office de grande favorite à la victoire. Si Richard Vogel a livré un parcours surprenant et peu caractéristique en première manche, lâchant douze points avec son United Touch S, ses trois camarades avaient gardé la copie de la Mannschaft vierge. Il fallait donc reproduire ces prestations pour l’emporter. André Thieme a parfaitement ouvert la marche avec une Carelia, alias Chakaria, des grands jours. L’alezane a bouclé un double zéro imparable, envoyant un sacré signal à Otto Becker. À leur suite, Sophie Hinners et Iron Dames*Singclair en ont fait de même, prouvant une fois de plus toute leur fiabilité au plus haut niveau… qui devrait les envoyer tout droit vers Aix-la-Chapelle. Alors que Daniel Deusser et Otello de Guldenboom avaient l’occasion de plier le match en répétant leur premier clear round, ils ont été battus sur… l’ultime oxer du parcours imaginé par Grégory Bodo. 



De fait, un duel haletant et à distance entre la France et l’Allemagne s’est enclenché. Antoine Ermann, magistral sur son Floyd des Prés, a gagné le premier set en bouclant un parcours parfait et en corrigeant le point de temps laissé en route dans l’acte initial, emportant le public dans sa liesse. Puis Julien Epaillard en a fait de même avec son si sensible Fringan de Vesquerie, en pleine éclosion après avoir profité d’une pause durant l’hiver. Puis, restait à Richard Vogel et United Touch S à finir le travail. Un changement d’embouchure, d’équipement aux postérieurs de son cheval et de galop plus tard, les champions d’Europe en titre semblaient bien partis pour assurer la victoire des leurs… jusqu’à l’élément b du dernier double, défendu par une palanque. 

Une remontée impressionnante pour l’Irlande, un coup du sort pour la Suède

Huitième et dernière équipe qualifiée pour la seconde manche de la Coupe des nations - les Etats-Unis et l’Italie étant restées à la porte -, l’Irlande a réussi une remontée spectaculaire grâce à trois prestations impeccables, à mettre au crédit de Darragh Kenny et Eddy Blue, Bertram Allen et Qonquest de Rigo ainsi que Cian O’Connor et Chatolinue PS. L’escouade de Jessica Kürten, qui s’est payé le luxe d’épargner un second parcours à Shane Sweetnam et CSF James Kann Cruz, s’est hissée au troisième rang, devant la Grande-Bretagne de Di Lampard, la Belgique de Peter Weinberg, la Suisse de Peter van der Waaij, la Suède d’Henrik Ankarcona et l’Arabie Saoudite de David Will.

Du côté de l’Union Jack, les trois clear rounds en première manche de Jessica Mendoza et de l’excellent Guidam’s Sohn The Second, alias Summerhouse, frère utérin de la bondissante et gagnante en Grand Prix 5* In The Air, de Joseph Stockdale et sa revenante Cacharel, mais aussi de Scott Brash et la grise Keswichtime HV, alias Hello Mango, qu’il estime tant, seront des motifs de satisfaction. Aucun de ces couples n’est parvenu à reproduire sa performance, mais aucun n’a non plus écopé d’un score catastrophique. Pour l’île d’Émeraude, le meilleur résultat revient à Bertram Allen et un Qonquest de Rigo absolument remarquable. Le fils de Fantomas de Muze a dominé son sujet de la tête et des épaules… au meilleur moment ! 

Côté belge, Pieter Devos et Casual DV confirment avec un double score parfait - l’un des quatre de l’après-midi - et une impression d’ensemble plutôt très bonne, tout comme Gilles Thomas et Ermitage Kalone, de retour au meilleur de leur forme après quelques mois d’absence et seulement pénalisés d’un point en seconde manche. 

Les Scandinaves, eux, ont été bien malheureux et malchanceux, avec la blessure de For Killy, la fidèle partenaire d’Amanda Landebald. Piégée dans le triple, l’attachante alezane s’est blessée à la réception du dernier obstacle du parcours. Elle a quitté la piste dessellée, boitant très franchement de l’antérieur droit, auquel les vétérinaires avaient apposé un bandage provisoire. Prise en charge par les équipes compétentes, la fille de Tangelo van de Zuuthoeve reçoit actuellement “les meilleurs soins” afin de lui permettre de rentrer chez elle au plus vite pour poursuivre sa convalescence. La nature de sa blessure n’a pas été précisée, mais l’image rappelle tristement celle d’Explosion W, sur cette même piste, il y a trois ans.

Célébrée par tout le public baulois, qui a entonné la Marseillaise et remercié ses champions, cette victoire fait du bien à la France, qui faisait grise mine à Rome et Saint-Gall… mais s’était déjà imposée à Abou Dabi en début de saison, avec une composition d’équipe différente.

Les résultats complets.

Photo à la Une : Les sourires et les prestations des équipiers français ont illuminé La Baule dans la Coupe des nations. © Mélina Massias