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Niamh McEvoy et le bien nommé Easy Peasy Indebus survolent le Mondial des six ans à Lanaken

Niamh McEvoy a remporté son deuxième titre de championne du monde à Lanaken avec Easy Peasy Indebus.
Elevage dimanche 20 septembre 2026 Mélina Massias

Deux ans après son sacre aux rênes d’Orange de Baugy dans le championnat du monde des chevaux de cinq ans, Niamh McEvoy a récidivé, en imposant cette fois Easy Peasy Indebus. Parfaitement à l’aise sur les barres hissées à 1,35m et dans l’exercice de la vitesse, le fils d’Emerald van’t Ruytershof sur la souche de l’étalon Baltic VDL s’est joué de toute les difficultés avec une aisance totale. En bouclant le meilleur double zéro du barrage, il devance le séduisant Django d’Angelique Böckmann ainsi que le démonstratif Kelstar Derick, le Selle Français d’Emeric George dont le frère utérin a aussi accédé au barrage dans la classe d’âge supérieure !

Les championnats du monde de Lanaken sont l’un des rendez-vous annuels préférés de Niamh McEvoy. En or en 2024 avec Orange de Baugy, alors âgée de cinq ans, et quatrième un peu plus tôt dimanche 20 septembre aux rênes de BP Bob Rock, l’Irlandaise a conquis un deuxième titre, cette fois dans la finale réservée aux montures de six ans. Deuxième de cette même classe d’âge l’an dernier aux côtés de BP Othello, la sympathique et discrète jeune femme a pris sa revanche grâce au bien nommé Easy Peasy Indebus, qui n’a semblé ni ému ni à l’effort lors d’un barrage mené tambour battant pour couper la ligne d’arrivée en 40’’85. Gagnante en Grand Prix 4* en début d’année, et remarquée sous la veste verte de son collectif national dans plusieurs Coupes des nations 5* cette saison, Niamh McEvoy a parfaitement su négocier cette épreuve, si bien qu’elle a infligé presque une seconde de débours à ses dauphins ! 

Quelle joie et quelle satisfaction pour la sympathique Nimah McEvoy, qui a remporté pour la première fois de sa jeune carrière le championnat du monde des chevaux de six ans. © Dirk Caremans / Hippo Foto

Avec l’art et la manière, son alezan a effacé toutes les difficultés, se prêtant volontiers au jeu de la vitesse, contrairement à certains de ses conscrits, qui ont été surpris par les actions parfois très ferventes et peu agréables à regarder de leurs cavaliers… Pour ce représentant du stud-book Zangersheide né chez Jasmien Thiry et Dennis van Tilburg, le barrage a semblé être une formalité. S’il n’était peut-être pas le plus harmonieux physiquement des vingt qualifiés pour la finale au chronomètre, l’alezan combine à ses qualités intrinsèques des origines irréprochables. Son père, Emerald van’t Ruytershof n’est plus à présenter, pas plus que sa production ô combien qualiteuse. Un exemple ? Merryweather van’t Leeuwerikenhof, championne de Belgique avec Koen Vereecke samedi. Bumblebee Indebus, la mère d’Easy Peasy Indebus, n’a pas concouru, mais elle porte le précieux sang de Baloubet du Rouet et de Marlon, né Zucchero, lui-même fils de Gordios, alias Zeus, et père de mère, entre autres, d’un certain Edgar M, complice olympique de Marlon Modolo Zanotelli. Et la souche basse du nouveau champion du monde des six ans n’est pas en reste ! En plus d’avoir donné Erdento van de Leeuwrek, gagnant à 1,60m et classé en Grand Prix 5* avec Alex Matz outre-Atlantique, sa deuxième mère, Tilandra, est la sœur utérine du formidable reproducteur qu’est Bears, alias Baltic VDL, père, pour ne citer qu’eux, de Faltic HB, Hay El Desta Ali, alias Leone Jei, et Ilex. Samedi soir, l’une de ses filles de l’année a d’ailleurs été adjugée pour 150.000 € aux ventes aux enchères organisées à Lanaken. Baltic est aussi le propre frère du tout bon Don Vito, vu à haut niveau notamment sous les selles de Ben Maher et Lorenzo de Luca. Décrit par Greg Broderick himself comme l’un des chevaux “les plus talentueux” avec lequel il lui ait été donné de travailler, Easy Peasy Indebus a offert un doublé mémorable aux écuries Ballypatrick, propriétaires de Vintage van de Heyveldhoeve, sacrée championne du monde des cinq ans en fin de matinée !

Easy Peasy Indebus présente un papier tout à fait intéressant ! © Sportfot

“Easy est un cheval incroyable. Greg Broderick l’a acheté l’année dernière à Adrian Williams. Et il était déjà exceptionnel ! Il a toujours été l’un des chouchous de Greg, mais il a fait si peu de concours ! Il est très vert, et je crois qu’aujourd’hui il a montré à quel point il y a une tête en or. Il est tellement respectueux ! J’ai appris que j’allais le monter ici il y a peut-être deux semaines, pas plus, mais son mental est tel que ce n’est que du plaisir de concourir avec lui. Easy est extrêmement talentueux. Honnêtement, je pense qu’il n’avait jamais couru de barrage avant aujourd’hui. Je ne savais donc pas vraiment comment il allait réagir, mais sa mentalité a encore fait la différence. Avec le respect qu’il a, on peut vraiment lui faire confiance. Il a, en plus, tous les moyens. Monter un cheval comme lui rend les choses beaucoup plus faciles”, a réagi Niamh McEvoy après son sacre. Et d’ajouter, au sujet de la réussite irlandaise à Lanaken : “Les cavaliers irlandais sont très compétitifs, et ceux dès leurs débuts à poney. Dès notre plus jeune âge, nous sommes entourés de chevaux. Nous pratiquons le hunting, ce qui nous apprend le courage. Je pense que nous avons aussi un super système de formation pour les chevaux. Je suis très chanceuse de travailler pour Greg, qui a des jeunes chevaux remarquables.”

Podium mérité pour Django et Kelstar Derick

Parti quelques numéros avant qu’Easy Peasy Indebus et Niamh McEvoy ne plient le match, Django et Angelique Böckmann semblaient bien partis pour s’offrir une victoire à domicile. Si l’amazone représente l’Allemagne, elle œuvre pour le haras Zangersheide, hôte de cette Grande Semaine de Lanaken. Son complice du jour, un très charmant bai qui a dû faire craquer plus d’un éleveur, figure d’ailleurs au catalogue de la famille Melchior, qui fonde de grands espoirs en lui… visiblement à raison ! Issu de l’élevage de Georg Sievert, le Westphalien à la robe bai immaculée s’est joué de toutes les difficultés du jour avec une aisance presque déconcertante. Semblant taillé pour le grand sport, l’étalon de six ans a arrêté la montre en 41’’71 après de très belles courbes. Trop juste pour l’emporter, mais suffisant pour décrocher une belle médaille d’argent.  

Le superbe Django a mis à l'honneur son père, Dourkhan Hero, partenaire de Christian Ahlmann. © Dirk Caremans / Hippo Foto



Si Django s’est érigé en protégé des équipes Zangersheide, c’est évidemment en raison de ses qualités, mais aussi de ses origines. Son père, Dourkhan Hero, qui réunit les précieux sangs de Don’t Touch Tiji, très bien représenté sur les pistes de Lanaken, et Zandor, est le partenaire de Christian Ahlmann. Tous deux se sont d’ailleurs imposés dans le Grand Prix 5* de Hambourg en mai 2025. Côté maternel, Django partage une (petite) partie de son ADN avec l’étalon Cantus, à l’origine, entre autres, de Cascavelle, Calido I ou encore Canturo, qui provient lui aussi de la Stamm 8777 du Holstein. Après avoir concédé deux fautes lors de la première qualificative réservée aux chevaux de cinq ans l’an dernier, le bai d’Angelique Böckmann semble avoir gagné en maturité et laisse entrevoir de sacrés espoirs. Le petit-fils de Captain Fire, par Contendro I et une mère par… Calido I, compte d’ailleurs déjà plus de trois cents descendants recensés sur Hippomundo.

En plus d'un charisme à couper le souffle, le protégé du haras Zangersheide dispose d'un bon pedigree. © Sportfot

La troisième marche du podium réservé à la génération 2020 a été occupée par Kelstar Derick. Visiblement bien nommé, ce gris au passage de dos remarquable et doté d’un excellent respect a profité de toute l’expérience d’Emeric George pour rallier la ligne d’arrivée en 41’’78 tout en laissant toutes les barres, hissées à 1,35m, sur leurs taquets. Déjà remarqué à Fontainebleau début septembre, le Selle Français de l’élevage d’Eric Fouquet a signé la plus belle performance de sa jeune carrière. Disposant d’une technique des antérieurs bien à lui, le gris n’a pas eu à rougir pour sa première confrontation face à une concurrence mondiale. Et ses prestigieuses origines non plus ! Fils de l’inépuisable Mylord Carthago, Kelstar Derick est un petit-fils du fabuleux Jarnac, tandis que sa souche maternelle est celle de Magali. Sa troisième mère n’est ainsi autre que Betty de Kreisker, à l’origine de Jumpy et Shirel de Kreisker. La seconde, extrêmement prolifique, a ainsi donné Chelsea de Kreisker, la mère de Kelstar Derick. Le complice d’Emeric George est donc un neveu de Freud de Kreisker, mais aussi du jeune Killer de Kreisker, et un frère utérin de Gloria et Ho Plaisir Mercoeur, toutes deux vues à 1,55m avec… Emeric George et Giulia Martinengo Marquet. Amateur de belles histoires, le Tricolore est aussi aux commandes de l’excellent Jetstar Derick, prometteur frère utérin de Kelstar par Quabri de l’Isle, dixième du championnat du monde des sept ans cette après-midi !

Emeric George et Kelstar Derick décrochent une très belle médaille de bronze. © Dirk Caremans / Hippo Foto

“Je pense que le chef de piste a imaginé un très bon parcours, pas trop haut, mais très sérieux. On pouvait facilement concéder une faute n’importe où sur le tracé, mais sans danger et en restant juste pour les jeunes chevaux. Il s’agissait de ma première finale réservée aux chevaux de six ans ici à Lanaken. Évidemment, compte tenu de son âge, mon cheval n’a disputé que très peu de barrages dans sa vie. Il s’était essayé à l’exercice pour la première fois il y a quinze jours, lors des championnats de France. J’avais alors concédé une faute en essayant d’aller trop vite. Aujourd’hui, et même si nous étions vingt au barrage, j’ai décidé d’aller à 80 % de notre vitesse maximale, pour garder du contrôle, pouvoir dessiner des courbes aussi courtes que possible, tout en gardant mon cheval relâché et en conservant sa qualité de saut. Je ne m’attendais pas à monter sur le podium en optant pour cette stratégie, mais nous avons fait notre maximum et je suis très fier de Kelstar”, a commenté Emeric George, dans une conférence de presse où Angelique Böckmann, qui montait deux chevaux dans la finale des sept ans quelques minutes plus tard, était la grande absente.

La paire française a défilé en troisième position lors du tour d'honneur. © Sportfot

Sam Widger frôle un nouvel exploit

Déjà sacré champion du monde avec Vintage van de Heyveldhoeve quelques heures plus tôt, Sam Widger, seize ans seulement, est passé à un rien d’un nouvel exploit ! Comme les trois couples montés sur le podium, l’Irlandais a bouclé son barrage en moins de 42’’00 avec la très plaisante BP Wishes. Le jeune homme a pourtant tout donné, jouant des coudes et des jambes pour grappiller de précieux centièmes, mais s’est arrêté en 41’’86 pour la quatrième place finale. Cela étant, sa complice s’est montrée impressionnante. Puissante, la baie à la large liste blanche n’a jamais dégradé sa qualité de saut, peu importe la distance qui se dressait devant elle ou le rythme demandé par son pilote. Née en Irlande, aux écuries Ballypatrick, la représentante du stud-book ISH est une fille du SBS Aganix du Seigneur et petite-fille de l’Irlandais Cruising. Alors que plusieurs de ses collatéraux ont fait leurs preuves sur les terrains de complet, sa sœur utérine, BP Wakita (Eldiam de Rêve, alias Pacino), s’est classée jusqu’en Grand Prix 5* avec Roberto Teran Tafur, terminant quatrième d’une épreuve de ce calibre à Thermal, en décembre 2023. 

Quatrième, Sam Widger n'est pas passé loin d'un doubé, cette fois aux rênes de la plaisante BP Wishes. © Sportfot

Quatre paires supplémentaires ont trouvé les clefs du double zéro pour compléter le Top 8. Pour l’Irlande toujours, Jenny Rankin a guidé Kassie Devine vers le cinquième rang. Seule descendante de sa jeune mère, Dalicia Devine (Diamant de Semilly), née en 2016 et vue en compétition jusqu’à 1,50m, cette Zangersheide est une fille de Kassander van’t Roosakker, le père du phénomène Picobello van’t Roosakker. Elle puise son origine maternelle chez la Stamm 242 du Holstein, d’où l’étalon Joost ou encore le très actuel Catelly, partenaire de Ben Maher. 

Représentant la même lignée que Catelly, monture de Ben Maher, Kassie Devine s'octroie la cinquième place. © Sportfot

Fruit du croisement entre Chacco-Blue et une fille de Bentley vd Heffinck, l’étalon Cracko di Grisandoli est sixième sous la selle de l’Italien Alessandro Colombo. Il s’agit d’un arrière-petit-fils de la matrone Usha van’t Roosakker, et d’un frère utérin d’Atchoum de la Roque, monté par Victor Bettendorf jusqu’en Grand Prix 5*. La septième place est revenue à Dax van de Litzemaere, associé au Belge Stef Bossaerts. Le Zangersheide est un fils de l’omniprésent Diamant de Semilly et un petit-fils d’Hamlet, qui a notamment donné un certain Opel, alias Hickstead, légendaire monture d’Eric Lamaze. Passé en tout début de barrage, le duo s’est arrêté en 45’’11 et Stef Bossaerts n’a pas caché sa joie en levant le point en l’air pour saluer son public ! Enfin, le Roumain Luca Ruxandariu s’empare du huitième rang en compagnie de Nucri, avec un chronomètre de 45’’63. Représentante du stud-book OS, sa jument, née chez Ion Dumitru, est une descendante de Nucaro et petite-fille de Cornet’s Stern, sur une souche… Anglo-Arabe ! Ligne Blanche, sa quatrième mère, est l’arrière-grand-mère d’un certain Viamant du Matz, médaillé de bronze en individuel et d’argent par équipe aux Européens du Pin en 2023 et champion du monde par équipe un an plus tôt à Pratoni del Vivaro avec Sandra Auffarth.

Le bon sang Anglo-Arabe est toujours précieux, même lors de championnats du monde, et Nucri l'a démontré en signant un double zéro ! © Sportfot

Plus rapides que tout le monde, la très plaisante Olga d’Ecaussines et l’efficace Doha auraient pu s’imposer aux rênes de Kian Dore et Gyula Szuhai Jr. mais ont chacun mis une barre à terre. La première descend du croisement entre Malito de Rêve et Sisi de Carantil, une fille de Calvaro vue jusqu’à 1,50m, sur une lignée maternelle ancienne et peu exploitée. Le second réunit les sangs de Diarado, dont il a aussi hérité du look très chic et de la robe ébène, et de Comme Il Faut. 

La très chouette Olga d'Ecaussines a manqué la victoire en raison d'une faute, mais avait le meilleur chronomètre du barrage de sa classe d'âge. © Sportfot

Les résultats complets.

Photo à la Une : Niamh McEvoy a remporté son deuxième titre de championne du monde à Lanaken avec Easy Peasy Indebus. © Dirk Caremans / Hippo Foto

Les épreuves des Mondiaux de Lanaken sont à voir et revoir sur Clipmyhorse.tv.