À Riesenbeck, Victor Bettendorf empêche un doublé allemand et décroche son deuxième Grand Prix 5* de l’année !
Il a fallu toute la maestria de Victor Bettendorf pour contrecarrer les plans de Daniel Deusser et Christian Kukuk, qui avaient à cœur de s’imposer à domicile dans le Grand Prix du Longines Global Champions Tour de Riesenbeck, aux rênes de Pepita van’t Meulenhof et Checker 47. Associé au sensible Gibbs Un Prince, le Luxembourgeois a déroulé un barrage au cordeau, qui lui a permis d’améliorer le temps de référence de près d’une seconde. Sans crier gare, le fils de Number One d’Iso a triomphé pour la première fois à ce niveau. Victor Bettendorf, lui, empoche sa deuxième victoire en Grand Prix 5* de l’année.
Vainqueur du Grand Prix Rolex de Windsor aux rênes de Qwando van de Rispen en mai, Victor Bettendorf s’est une nouvelle fois distingué, dimanche 19 juillet à Riesenbeck. Cette fois sur un écrin de verdure, le Luxembourgeois a imposé le Selle Français Gibbs Un Prince, portant à deux le nombre de victoires des produits du haras des Princes en cette saison 2026 du Longines Global Champions Tour (LGCT). En effet, lors de l’étape précédente, jouée à Monaco début juillet, la famille Huchin savourait le succès de Dinozo Un Prince*Imperio Egipcio sous la selle de Stephan de Freitas Barcha. Si les deux Selle Français n’ont pas de lien génétique, ils ont assurément en commun leur talent. Dans les installations de Ludger Beerbaum, Gibbs Un Prince, dix ans, n’a laissé aucune chance à ses adversaires. Son cavalier a déroulé un barrage proche de la perfection, avec des trajectoires au cordeau, pour couper la ligne d’arrivée en 35’’37.

D'une efficacité implacable au barrage, le duo Bettendorf/Gibbs Un Prince n'a laissé aucune chance à la concurrence à Riesenbeck. © Jan Vlcek / LGCT
Après avoir laissé entrevoir l’étendue de ses qualités en fin d’année dernière à Vienne, où il avait été débordé par ses émotions au moment de tenter sa chance au barrage, le fils de Number One d’Iso a pris du recul avec le très haut niveau en fin d’année dernière, pour reprendre confiance et gagner en sérénité. Sur les pistes espagnoles de Valence, Oliva et Vejer de la Frontera, il a disputé des épreuves intermédiaires jusqu’en mars, tantôt avec Victor Bettendorf, tantôt avec Geoffroy de Coligny. Puis, en avril, il s’est envolé pour les étapes du LGCT de Miami, où il a bouclé le Grand Prix 5* avec vingt-trois points, et Mexico. Un passage par les CSI 3* du Touquet Classic et de Gassin plus tard, et deux nouveaux Grands Prix disputés au CSI 5* de Cannes puis au CSI 4* de Valkenswaard ces deux derniers mois, Gibbs Un Prince a surpris son monde à Riesenbeck. S’il a encore montré quelques signes d’inquiétude au moment de prendre le départ du parcours raccourci imaginé par Peter Schumacher et ses équipes, le petit-fils de Panama Tame est allé à dame.
“Je savais que mon cheval était une superstar, mais je ne le pensais pas tout à fait prêt à aller aussi vite au barrage. J’ai eu un bon sentiment du 1 au 2, et je me suis dit que j’allais tenter ma chance ! Au pire, je terminais cinquième et cela aurait suffi à mon bonheur, même si gagner est toujours plus agréable. Tout le monde est allé vite, et je ne m’attendais absolument pas à m’imposer aujourd’hui !”, a réagi Victor Bettendorf, qui semble se bâtir un piquet de premier plan. “Nous avons acheté Gibbs en début d’année dernière. Lorsque je l’ai essayé, il m’a procuré des sensations incroyables. J’ai toujours cru en lui, mais l’an dernier, tout est allé trop vite, trop haut pour lui. Ce n’était pas juste pour lui, alors il a fallu ralentir le rythme. Désormais, ces quelques mois passés sur des épreuves moins importantes semblent payer.” Le Luxembourgeois, qui venait pour la première fois à Riesenbeck, va savourer ce succès, avant de viser les prochaines échéances qui se dressent sur sa route. À l’automne, le Super Grand Prix de Riyad, qu’il avait remporté voilà deux ans aux rênes d’une certaine Foxy de la Roque, l’attendra. Et ses concurrents pourront assurément compter sur lui !

Le podium du Grand Prix de Riesenbeck aurait bien pu être dominé par deux Allemands, mais Victor Bettendorf en a décidé autrement. © Stefano Grasso / LGCT
Un doublé allemand avorté
Dernier à s’élancer au barrage, Victor Bettendorf a coupé l’herbe sous le pied de la nation allemande toute entière. Aux rênes de sa séduisante Pepita van’t Meulenhof, une fille du regretté El Torreo de Muze et de la matronne Carthina, à l’origine, entre autres, de l’étalon à succès Emerald van’t Ruytershof, Daniel Deusser semblait avoir la victoire en poche après sa finale au chronomètre bouclée en 36’’34. Déjà excellent en première manche, où il a laissé l’une, si ce n’est la meilleure impression générale, le duo a confirmé l’immense potentiel qui sommeille en lui. Si Daniel Deusser n’a plus besoin de faire ses preuves, sa complice, elle, ne dispose que d’une maigre expérience. Avant d’arriver sous sa selle en mai 2024, l’alezane n’avait jamais disputé la moindre épreuve internationale. Désormais âgée de onze ans, elle semble largement en mesure de pouvoir rivaliser avec les meilleurs mondiaux et devrait former un binôme de choc avec Otello de Guldenboom, qui se rendra à Aix-la-Chapelle en août. Troisième du Grand Prix 4* de Valkenswaard le week-end passé après un autre double zéro, la pépite des écuries Stephex se rapproche en tout cas à grande foulée d’une victoire de premier plan.

Avec Pepita van't Meulenhof, Daniel Deusser tient une sacrée pépite ! © Stefano Grasso / LGCT
Juste après la prestation du premier des deux duos allemands qualifiés pour le barrage, le second est entré en piste. Contrairement à son compatriote, Christian Kukuk avait choisi d’engager dans cette épreuve le partenaire avec lequel il formera le couple réserviste de la Mannschaft au cœur de la Mecque des sports équestres le mois prochain : Checker 47. Et le champion olympique de 2024 n’a pas joué petit bras au barrage. Au contraire, il s’est donné les moyens d’empocher la mise, dans ce lieu cher à son cœur et sous les yeux de son mentor et ancien patron : Ludger Beerbaum. Le Kaiser n’a pas manqué une miette des prestations de son protégé, qui a quitté le nid en fin d’année dernière pour s’installer à son compte, mais celui-ci a été trop court au barrage pour faire mieux que 36’’82. Résultat après le passage de Victor Bettendorf et Gibbs Un Prince : une troisième place. Si le numéro dix mondial aurait aimé rafler la mise, il pourra souffler après avoir signé son premier sans-faute en Grand Prix 5* aux rênes de son fils de Comme Il Faut de seize ans depuis… septembre dernier et le Majeur de Calgary, où ils avaient tout de même concédé un point de temps ! De bon augure, donc, pour les championnats du monde, où le duo se tiendra prêt à entrer en jeu en cas de pépin chez un des quatre autres couples choisis par Otto Becker.

Après avoir joué de malchance pendant de nombreux mois en Grands Prix 5*, les champions olympiques de Paris ont enfin retrouvé le chemin du sans-faute. © Stefano Grasso / LGCT
Dernière préparation avant le rendez-vous de l’année
En forme et brillant sur la plupart de ses sauts, Cordial, toutefois fortement sollicité par son cavalier, Denis Lynch, enregistre un nouveau double sans-faute et se hisse au quatrième rang avec un temps de 38’’79. Pour l’ancien complice de Mégane Moissonnier à la générosité plus grande que lui et au nom bien trouvé, il s’agit d’un troisième classement consécutif en Grands Prix 5*. Sur le circuit du LGCT, le fils de Casall s’était en effet distingué à Rabat, en octobre 2025, où il terminait troisième, puis à Paris, en juin, avec une deuxième place à la clef. Entre-temps, l’étalon bai n’avait pas disputé d’autres épreuves de ce niveau.
Ouvreur du barrage, Henrik von Eckermann, lui, ne s’est pas battu pour la victoire. Le Suédois avait d’autres plans en tête et a déroulé deux parcours parfaits sur un O’Neil van’t Eigenlo, alias Minute Man, des grands jours. Une préparation idéale en vue des championnats du monde d’Aix-la-Chapelle et l’occasion de faire le plein de confiance. Pour rappel, l’étalon par Vigo d’Arsouilles avait été écarté des pistes entre juillet et mai 2026. Depuis son retour, il n’avait sauté pour seule épreuve majeure que la Coupe des nations du CSIO 5* de La Baule (0+4) ! Avec cette prestation, aussi bonne sur papier que dans la manière, l’ancien numéro un mondial prouve que l’on peut toujours compter sur lui et donne raison à son sélectionneur national, Henrik Ankarcrona, de lui avoir fait confiance.
En plus des cinq couples précédemment évoqués, un sixième s’est qualifié pour le barrage de ce Grand Prix. Il s’agit de celui formé par Gilles Thomas et Ermitage Kalone. Eux aussi en lice pour Aix-la-Chapelle, le Belge et son Selle Français ont préféré ne pas s’égarer en route et n’ont pas participé à la finale au chronomètre, terminant malgré tout sixièmes. Peut-être un brin moins souverain et serein qu’à l’accoutumée, l’alezan, qui a lui aussi observé plusieurs mois de repos avant de reprendre du service fin avril, s’est tout de même joué des difficultés du jour, qui ont pourtant mis en échec d’autres binômes en route pour la Soers.
Parmi les prestations du jour, plusieurs sont à retenir avant l’échéance quadriennale. Julien Epaillard et Fringan de Vesquerie ont ainsi concédé une faute sur l’avant-dernier obstacle du tracé mais déroulé un excellent parcours, qui semble largement valider leur ticket pour un nouveau séjour en terres allemandes en août. Marcus Ehning et Coolio 42, piégés par une touchette à la sortie du deuxième double, montrent aussi qu’ils sont prêts et en forme. Tous deux vont suppléer André Thieme et Chakaria, initialement sélectionnés dans le quatuor allemand pour les Mondiaux mais finalement forfaits après un mauvais parcours à Falsterbo la semaine dernière. Avec un tour à quatre points, Yuri Mansur et QH*Alfons Ra*Santo Antonio sont aussi sur la bonne voie, tout comme Harrie Smolders avec son Mister Tac des Fusains et Nina Mallevaey en compagnie de Dynastie de Beaufour, qui ont toutefois concédé une faute assez inhabituelle sur la sortie du triple, où la fille de Diamant de Semilly s’est retrouvée à l’effort. Pour la France toujours, Antoine Ermann et Floyd des Prés, qui, au niveau 5*, restaient sur un abandon dans le Grand Prix Rolex de La Baule, ont montré un peu de fébrilité, notamment dans ce même triple, et quitté la piste avec huit points. Pas de quoi s’inquiéter outre-mesure toutefois, mais une piqûre de rappel peut-être salvatrice avant les championnats du monde. Le jeune Tricolore et ses nerfs d’acier sauront assurément se montrer sous leur meilleur jour à Aix-la-Chapelle si Edouard Coupérie les convoque pour l’échéance. Bertram Allen et Qonquest de Rigo, ont, eux, d’ores et déjà été retenus par Jessica Kürten dans son quatuor, mais ont également lâché huit points aujourd’hui. À corriger donc pour la suite.
Pas de Mondiaux… pour l’instant !
Tout en bas de la liste de résultats, Kendra Claricia Brinkop et Replay van’t Paradijs n’iront assurément pas aux championnats du monde… du moins pas cette année ! Avec quatorze points, la paire ne figure peut-être pas en haut de classement mais a laissé entrevoir de sacrées qualités. Si le diamant qu’incarne le fils de Bamako de Muze et Jeunesse van’t Paradijs reste à polir pour l’avenir, son talent, lui, est déjà là. Aujourd’hui, il fut d’abord piégé par la rivière, qu’il a tenté de franchir une foulée trop tôt, puis sur l’entrée du double numéro 8 et sur le numéro 10, mais sa cavalière peut envisager de grandes choses avec cet étalon de neuf ans seulement !
Plus expérimenté, Untouched LB a une nouvelle fois montré toute son agilité, malgré une barre renversée sur l’anodin oxer numéro 6. Sous la selle de Christian Ahlmann, le fils de United Touch S a survolé le reste du parcours comme si de rien n’était. Belle performance aussi pour le couple encore jeune formé par Jeanne Sadran et le génie et génial Cepano Baloubet. Si l’harmonie n’est pas encore parfaite entre les deux membres du duo, elle pourrait bien le devenir d’ici quelques mois. Enfin, Kentucky TN a aussi fait forte impression, peut-être même trop sous la selle de Cian O’Connor, avec des sauts très démonstratifs, comme celui produit sur la rivière, mais sa dévotion et ses aptitudes méritent d’être soulignées.
Photo à la Une : Victor Bettendorf a levé le poing à Riesenbeck. © Jan Vlcek / LGCT
















