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À Lyon, Julien Epaillard grille la priorité à son élève Richard Vogel

À quinze ans, Le Coultre de Muze a remporté sa plus belle victoire grâce à la vista sans égale de Julien Epaillard.
Sport dimanche 1 novembre 2026 Mélina Massias

Un an après ses débuts sous la selle de Julien Epaillard presque jour pour jour, Le Coultre de Muze a remporté le premier Grand Prix 5* de sa carrière. Du haut de ses quinze ans, l’étalon par Presley Boy n’en finit plus de progresser. Né chez la famille De Brabander, le gris a conquis le cœur de Lyon, pour offrir un deuxième succès à Eurexpo à son cavalier. Au terme d’une bataille ultraserrée, Richard Vogel s’est emparé de la deuxième place avec son métronomique Cloudio, tandis qu’Edouard Schmitz et Gamin van’t Naastveldhof ont affiché leur retour en forme en complétant le podium.

En début de semaine, Richard Vogel a posé ses valises chez Julien Epaillard, souvent qualifié de cavalier le plus rapide de la planète par ses pairs. Pendant trois jours, l’Allemand a observé son homologue et son système. “C’est toujours positif de découvrir de nouvelles façons de travailler”, a souligné l’Allemand, qui avait fait le déplacement avec plusieurs jeunes chevaux en lesquels il fonde de grands espoirs. Et de rigoler : “J’ai beaucoup appris, mais pas à aller plus vite que lui !” En effet, dimanche 1er novembre, le numéro un mondial s’est avoué vaincu et a une nouvelle fois terminé deuxième avec son stratosphérique Cloudio, à l’occasion du Grand Prix de la Coupe du monde de Lyon. Face à des tribunes survoltées à Eurexpo, les deux duos de gris - Julien Epaillard ayant misé sur un Le Coultre de Muze qui n’en finit plus de briller - ont fait le spectacle, en n’étant départagés au chronomètre que par… trois centièmes ! Un scénario de dingue, dans une finale ayant réuni par moins de quatorze couples. Si les puristes auraient préféré voir ce nombre au moins réduit de moitié, le public, lui, s’est fait plaisir jusqu’en début de soirée, avec une bagarre haletante. 

Dans une forme olympique depuis plusieurs semaines, preuve en sont ses résultats dans le Grand Prix du CSIO 5* de Gassin, qu’il a conclu au quatrième rang, ou encore lors de la finale de la Ligue des nations Longines de Barcelone, Le Coultre de Muze a célébré de la meilleure des manières son premier anniversaire dans les écuries de Julien Epaillard. Il y a un an, Lyon était le théâtre du dernier parcours 5* de Philippe Rozier et son étalon. Aujourd’hui, à quinze ans, le fils de Presley Boy décroche son plus beau triomphe. “Le Coultre et moi avons dû apprendre à nous connaître. Nos débuts n’ont pas été si simples et nous y sommes allés étape par étape. Petit à petit, nous sommes passés du vouvoiement au tutoiement et j’ai gagné sa confiance. J’avais le sentiment que nous n’étions pas loin d’une grande performance ces derniers temps”, a déclaré l’heureux lauréat, qui était monté sur la deuxième marche de ce même podium par deux fois, en 2024 avec Dubaï du Cèdre et 2025 sur Fringan de Vesquerie, après s’être déjà imposé en 2023 avec Caracole de la Roque.

Parti à toute vitesse au barrage, non sans rappeler le rythme d’enfer imprimé la veille dans les Equita Masters avec Fini l’Amour, auteur d’une seconde manche à couper le souffle, l’actuel treizième mondial a arrêté le temps en 38’’17. Son élève d’un jour, lui, est arrivé à destination en 38’’20. Il a ainsi décroché une nouvelle deuxième place avec son si démonstratif Cloudio, comme à Falsterbo durant l’été.  



Quant à la troisième place, elle est revenue à Edouard Schmitz et Gamin van’t Naastveldhof, plus vus à pareille fête depuis plus de deux ans et leur deuxième place dans l’étape d’Oslo en 2024. Le puissant et diablement attachant bai a retrouvé “un second souffle” d’après son cavalier. Un constat qui s’est traduit en piste, avec un double zéro brillamment conclu en 38’’31, et sans doute imputable à l’arrivée d’un certain Patrice Delaveau au sein du système du prodige suisse ces derniers mois. “Je crois que j’ai obtenu plus de résultats ces dernières semaines qu’au cours de l’année passée”, s’est amusé Edouard Schmitz, toujours parfaitement lucide. “J’ai déroulé exactement le barrage que je voulais et j’ai tout donné. J’ai fait tout ce que j’ai pu. Je pensais que cela pouvait suffire, mais face à des cavaliers comme Julien et Richard, on n’est jamais sûr avant qu’ils soient entrés en piste. Être troisième est une grande satisfaction et me tenir à côté de ces deux noms est une immense fierté.” 

Arrivé dans la même seconde, en 38’’63, Ben Maher occupe le troisième rang sur Point Break. Le duo, qui semble avoir oublié l’immense déconvenue qui l’a privé d’une médaille individuelle à Aix-la-Chapelle cet été, devance celui formé par Willem Greve et Party In de Hus, né Hercule de Hus. Alors que le Néerlandais songeait sans doute initialement à engager Grandorado dans cette épreuve, il a finalement lancé dans le grand bain son extraordinaire fils de Kannan. Et grand bien lui en a pris ! Somptueux de bout en bout, l’étalon alezan a fait étalage de son potentiel et son talent, pour enregistrer deux prestations parfaites et un chronomètre de 41’’30. Les non moins fabuleux Thibeau Spits et Impress-K van’t Kattenheye les suivent de près, en 41’’50, pour le sixième rang final. Sept et huitième, Roger-Yves Bost et son génial Go To Hickstead MF, qui a tout donné malgré une première manche pour le moins acrobatique et continue de confirmer son immense potentiel, et Jodie Hall McAteer et son indomptable et débordante de talent La Gupardie, concluent les deux derniers doubles sans-faute du classement.

Mention spéciale aux Allemandes Kendra Claricia Brinkop et Paula de Boer-Schwarz, somptueuses avec leurs respectifs Replay van’t Paradijs, promis à un brillant avenir, et My Miss Marpel, qui a fait fondre le cœur de tous les spectateurs par son entente harmonieuse avec sa sympathique amazone toute de rose vêtue. Elles terminent treize et douzième, en raison d’une malheureuse faute sur le tracé raccourci imaginé par Santiago Varela. Jeanne Sadran, elle, a relevé la tête après avoir chuté vendredi, et s’octroie la onzième place avec son fidèle Dexter de Kerglenn, juste derrière Niels Bruynseels et son vétéran Delux van T&L en grande forme, et Martin Fuchs, neuvième sur Lorde do Belmonte. Quant à Pénélope Leprevost, elle conclut son excellent week-end aux portes du classement, après un second parcours plus difficile aux rênes de Fair Play Margot, qu’elle s’est employée à porter au-dessus des obstacles, sans pouvoir éviter deux fautes. Mark McAuley aussi quitte Lyon sur un bilan extrêmement positif. Troisième des Equita Masters avec son ultra séduisant Clooney van Spalbeek, l’Irlandais est resté aux portes du barrage ce soir pour un point de temps dépassé sur le surpuissant Rossi van de Heffinck, qui n’a fait qu’une bouchée de son quatrième Grand Prix 5*.

Les résultats complets.

Les parcours de la Coupe du monde de Lyon sont à (re)voir sur Clipmyhorse.tv. 

Photo à la Une : À quinze ans, Le Coultre de Muze a remporté sa plus belle victoire grâce à la vista sans égale de Julien Epaillard. © Mélina Massias