Notre site web utilise la publicite pour se financer. Soutenez nous en desactivant votre bloqueur de publicite. Merci !

Richard Vogel perd une cartouche 5*, Jason Smith renforce son effectif, disparition d’un étalon : récap'

Levi Noesar a rejoint la bannière chilienne, au détriment de la Mannschaft et de Richard Vogel.
Sport vendredi 17 avril 2026 Mélina Massias

Si Richard Vogel ne manque pas de talents dans son écurie, il en a perdu un il y a quelques mois, en faveur du Chili. De son côté, Jason Smith a, lui, accueilli une nouvelle monture pleine de promesses. Une aubaine pour soutenir son crack Picobello van’t Roosakker, dans la course pour une sélection en vue des Mondiaux d’Aix-la-Chapelle. Dans le même temps, trois chevaux classés en Grand Prix 5* ont fait leur retour après des pauses plus ou moins longues, pendant que Paul Delforge, Nina Mallevaey et Pål Flam ont découvert de nouveaux chevaux en piste. Le Groupe France Elevage, quant à lui, pleure Stakkatol depuis le début du mois d’avril.

Comme l’a très justement pointé Info Jumping il y a quelques jours, Levi Noesar, excellent complice de Richard Vogel, a pris la direction du Chili. En effet, depuis le début de l’année, l’alezan, élevé par un certain Jur Vrieling, est associé à Jorge Matte Capdevila, qui avait déjà trouvé son bonheur dans l’écurie d’un autre allemand, Philipp Weishaupt, en enrôlant le très prometteur Mescorial PS. Avec cette nouvelle arrivée, le cavalier de quarante-cinq ans garni un piquet déjà bien rempli. Outre Mescorial PS, ce dernier compte en ses rangs Junius vd Heffinck, qui avait montré de belles choses lors de sa courte association avec Gilles Thomas au printemps 2025 mais aussi sous la selle du Marocain Vincent Zacharias Bourguignon, ou encore CCS Uriko, frère utérin de… Casall ! Quant à Levi Noesar, bien que moins en vogue que United Touch S ou Cloudio, il n’était pas en reste sous la selle de Richard Vogel. Fruit du croisement entre Quamikase des Forêts, alias Zirocco Blue, et une fille de Baloubet du Rouet, le KWPN avait brillamment remporté le Grand Prix réservé aux jeunes chevaux à Aix-la-Chapelle, avant de se classer, entre autres, septième du Grand Prix du CSIO 5* de La Baule, à seulement neuf ans. Monté par Richard Vogel depuis avril 2024, Levi Noesar a effectué sa dernière apparition à ses côtés en septembre de l’année suivante, avant de disputer quelques épreuves aux rênes de Nina Piasecki, son ancienne cavalière. Jorge Matte Capdevila a effectué sa première sortie avec lui en mars. Tous deux ont sauté jusqu’à 1,45m à l’occasion de CSI organisés en Italie. 

Un renfort pour Jason Smith

Il y a quelques jours, Jason Smith et son équipe ont souhaité la bienvenue à Jour de Fête del Cabanon, un SBS de onze ans. Propriété de Daniel Etter depuis 2023 selon les données de la Fédération équestre internationale, le fils de Windows vh Costersveld, alias Cornet Obolensky, a été acquis par Marc Buhofer et les écuries Silver Moon, sponsor du Suisse, début avril. Issu d’une lignée maternelle française imprégnée de sang et développée par Daniel Ternel sous l’affixe du Noyer, mais aussi par Marcel Sicard avant lui, qui a élevé plusieurs très bons performers en concours complet via l’affixe du Placineau, le gris était associé à Elian Baumann depuis ses débuts internationaux en 2023. Progressivement, le petit-fils de Nabab de Rêve a progressé, jusqu’à sauter son premier Grand Prix 4* à Gorla Minore, en mars. Troisième de l’épreuve reine du CSI 3* organisée sur la même piste une semaine plus tôt, le bien nommé Jour de Fête del Cabanon s’est classé quatrième grâce à un nouveau double zéro dans l’épreuve la plus importante de sa jeune carrière. Son arrivée au sein des écuries de Jason Smith est une excellente nouvelle. Alors que l’Helvète brigue une sélection aux Mondiaux d’Aix-la-Chapelle et se fait une place parmi l’élite avec son extraordinaire Picobello van’t Roosakker, son piquet demeure restreint. En plus de son crack étalon, le sympathique père de famille compte aussi sur son “arme secrète”, One and Only EDA, neuf ans.

Les bonnes nouvelles s’enchaînent pour Janika Sprunger et Henrik von Eckermann

Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, Janika Sprunger et Henrik von Eckermann ont eu d’autres occasions de se réjouir ces derniers jours. Après le retour en grande pompe de King Edward Ress, plusieurs de ses voisins d’écuries ont suivi le mouvement. Tout d’abord, l’attachante Orelie, écartée des terrains de compétition depuis septembre, a repris du service. Engagée à Kronenberg, la BWP par Emerald van’t Ruytershof a sauté quatre parcours, jusqu’à 1,45m. Quelques jours avant, Janika Sprunger avait justifié l’absence de sa complice sur ses réseaux sociaux, en expliquant que celle-ci avait souffert de “troubles neurologiques”, effet secondaire d’un scanner selon ses propos. Retenue aux championnats d’Europe de La Corogne l’été dernier, la paire féminine avait défendu à plusieurs reprises les couleurs de la Suisse, avec plus ou moins de succès. Surtout, la jument de douze ans avait permis à Janika Sprunger de retrouver le très haut niveau.

En plus d’avoir retrouvé son cher King Edward Ress, Henrik von Eckermann a aussi relancé son généreux Qastaar Castanoo, début avril à Kronenberg. Aux Pays-Bas, le bai de dix ans seulement a sauté deux parcours, à 1,20 et 1,25m, sans effleurer la moindre barre. Il n’avait plus concouru depuis fin novembre et les Plays-Offs de Prague. Avant son break, ce fils d’Hardrock et petit-fils de Cardento dont les deux premières mères ont sauté 1,45m avait plongé dans le grand bain avec courage. La saison dernière, à neuf ans, le BWP avait en effet terminé cinquième de son tout premier Grand Prix 5*, en juillet à Dinard. Gagnant à 1,50m, le bai avait connu une ascension rapide comme l’éclair, que son cavalier espère bien voir se poursuivre dans les mois et années à venir. Son retour à la compétition le met, en tout cas, sur la bonne voie pour le faire.



Levis de Muze, huit mois après

À quinze ans, Levis de Muze n’a peut-être pas dit son dernier mot. Après avoir fait son retour à la compétition discrètement début janvier, comme l’a souligné GRANDPRIX.info dans sa Ronde des CSI 2* le 18 mars dernier, le beau bai de Ioli Mytilineou a sauté sa première épreuve à 1,50m en près de deux ans ! Double sans-faute et septième d’un Grand Prix 2* à Oliva en mars, l’étalon, fils de Elvis Ter Putte et Héroïne de Muze, par Tinka’s Boy, a affronté l’épreuve la plus importante de sa carrière depuis le CSI 5* de Fontainebleau en 2024. Depuis cette date, et sa dernière apparition en date en Grand Prix 5*, celui qui s’était brillamment révélé aux Européens de Riesenbeck en 2021 et avait alors propulsé dans le même temps sa cavalière dans la lumière, n’avait plus affronté d’épreuves cotés à plus d’1,45m. D’avril 2024 à janvier 2025, puis de mai 2025 à janvier 2026, l’attachant Levis de Muze, surnommé Porky, avait carrément déserté la scène internationale. Ce retour sera-t-il le bon pour l’excellent BWP ? C’est tout ce qu’on peut souhaiter pour le sport, tant son potentiel était immense et ne lui a pas (encore) rendu honneur à sa juste valeur.

Paul Delforge associé à une toute bonne partenaire

Gagnante à 1,50m et classée en Grand Prix 4* avec Alexis Goulet, Calla a rejoint Paul Delforge voilà quelques mois. La compétitive baie, qui a permis à son ancien pilote de concourir avec réussite jusqu’à 1,55m, a déjà signé sa première victoire avec son nouveau partenaire. En effet, le couple nouvellement formé a mené le tour d’honneur d’une épreuve à 1,45m… pour sa première sortie internationale commune, en novembre dernier, au CSI 2* de Liverdy-en-Brie. Après la trêve hivernale, la paire a poursuivi sa prise de connaissance en février et en mars, à Gassin, sur des épreuves jusqu’à 1,45m. Pour rappel, la fille de Quateron, faisait partie des chevaux saisis par la police chez Pius Schwizer l’été dernier, en raison de dettes qui n’avaient pas été remboursées en temps et en heure. À la suite de cet épisode, Alexis Goulet avait quitté ses anciennes écuries, et vu ses complices partir vers de nouveaux horizons.

Pål Flam s’équipe en France

GRANDPRIX.info l’a annoncé vendredi 17 avril : Pål Flam a enrôlé l’excellent Giorgio de la Batia de Roger-Yves Bost. Formé par Stéphane Ribard et Laurent Maure à quatre et cinq ans, l’alezan, né chez Sabine Dechamboux, avait rejoint les écuries Bost dès 2022. D’abord associé exclusivement à Nicolas, le fils d’Idéal de la Loge et Siam de la Batia, une excellente descendante Mr. Blue également à l’origine d’Aura de la Batia, la mère de la regrettée Estrella de la Batia, a effectué ses premières apparitions sous la selle de Roger-Yves Bost à partir de 2024. Très vite, le Selle Français a prouvé toutes ses qualités, comme au CSI 5*-W de Bordeaux, cette même année. Pour son premier événement de ce niveau, le brillant hongre avait réussi un parcours parfait à 1,50m, synonyme de troisième place. Un mois plus tard, à l’occasion du Saut Hermès, il s’imposait sur une compétition équivalente. Après avoir découvert les épreuves à 1,55m en fin d’année dernière, Giorgio de la Batia s’était classé troisième de son premier Grand Prix 4*, mi-février, à Vejer de la Frontera, un mois avant sa dernière sortie sous couleurs françaises, sous la verrière du Saut Hermès, où il empochait un classement de plus aux côtés de Bosty. Séduit par le potentiel de ce hongre de tout juste dix ans, Pål Flam a vu juste en le recrutant pour compléter son piquet. Le Norvégien pourra assurément compter sur un complice fiable et encore plein de surprises à l’avenir. De bon augure pour lui et sa nation, qui voit plusieurs couples percer au sommet et densifier ses rangs depuis quelques mois. Pour ses débuts, la paire a pris part à trois épreuves à Oliva, signant autant de sans-faute aux obstacles, jusqu’à 1,45m. Reste au couple à trouver de l’harmonie et de l’entente pour aller encore plus haut.

Nina Mallevaey découvre de nouvelles montures

À Compiègne Classic, Nina Mallevaey a présenté trois nouveaux complices, qu’elle n’avait encore jamais montés sur la scène internationale. Dans l’Oise, la cavalière de Dynastie de Beaufour, Nikka vd Bisschop ou encore My Clementine avait ainsi engagé Carrera de Kerangre, Izaro de l’Abbaye et Valentina D. La première, une fille de Cicero van Paemel et petite-fille de Gold de Becourt est, entre autres, la mère de l’étalon Lamm de Kerangre. Formée de ses cinq à sept ans par Simon Le Vot, la représentante du stud-book Zangersheide évoluait depuis l’automne 2025 avec Nicolas Cizeron. Ensemble, tous deux ont obtenu de bons classements jusqu’à 1,40m le mois dernier. Pour ses débuts avec la prometteuse jument de neuf ans, Nina Mallevaey a enregistré un sans-faute et deux parcours à quatre points, sur des épreuves à 1,30 et 1,35m. Engagé dans les mêmes épreuves, Izaro de l’Abbaye a signé deux parcours parfaits et un autre sanctionné d’une faute. Après avoir été monté par Vincent Hamel, ce fils d’Adzaro de l’Abbaye et petit-fils de Miami Semilly a rejoint Kyle Timm il y a un an. Cavalier de certaines des montures de Mark et Tara Rein, le Canadien a visiblement passé le relais à sa cadette tricolore. Le bai est un petit-fils de la très prolifique La Mare, mère, notamment, des étalons Rock’n Roll Semilly et Funky Music Semilly. Cadette de ce nouveau trio, Valentina D, sept ans, a un temps été associée à Mathis Burnouf, avant de rejoindre Carrera de Kerangre dans les écuries de Nicolas Cizeron, qui l’a montée sur des épreuves Top 7 cette saison. À Compiègne, la Luxembourgeoise, fille de Vigo d’Arsouilles et petite-fille de Contender a participé aux épreuves réservées à sa classe d’âge. Encore en rodage, ces trois jeunes pépites pourraient être, d’ici quelques années, la relève des stars actuelles de la championne de France.

Adieu Stakkatol

Le 1er avril, Stakkatol a tiré sa révérence. Stationné au haras de Saint-Lô depuis cinq ans, sous les couleurs du Groupe France Elevage, le gris a dû être endormi, à vingt-deux ans.  “Alors qu'il se faisait shampouiner en prévision de la porte ouverte du haras, l'étalon a malheureusement glissé et s'est fait mal sur une vieille lésion qui avait déjà mis fin à sa carrière sportive. Après plusieurs jours à essayer de l’accompagner, l’étalon, affaibli, n'arrivait plus à se lever. En concertation avec les équipes vétérinaires, nous avons dû prendre la décision de le laisser partir”, ont écrit les équipes du GFE dans un communiqué, saluant “un colosse plein d’énergie, avec une sensibilité attachante”, qui “aimait le contact avec les humains qui le rassurait”. Fils de Stakkato et petit-fils de Capitol I, Stakkatol a concouru jusqu’à 1,40m en Allemagne, sous la selle de Bastian Freese. Courte, sa carrière sportive a rapidement laissé place à ses devoirs d’étalon. D’abord sous les couleurs de Paul Schockemöhle, son naisseur, le représentant du stud-book OS a laissé un peu plus de quatre-cents produits selon Horsetelex, et compte trois-cent-dix-sept descendants enregistrés sur la base de données du SIRE. Parmi ses meilleurs représentants, figurent, pour ne citer qu’eux, Spacecake, attachante partenaire de Ellen Whitaker avant de passer sous couleurs saoudiennes, ainsi que Stawita PS, au départ des championnats du monde de Herning et d’Europe de Milan, en 2022 et 2023, aux rênes de Robin Muhr. Ces cinq dernières années, Stakkatol avait honoré en moyenne cent onze juments par saison en France, laissant imaginer que sa jeune descendance célèbrera sa mémoire encore longtemps.

Photo à la Une : Levi Noesar a rejoint la bannière chilienne, au détriment de la Mannschaft et de Richard Vogel. © Mélina Massias