McKayla Langmeier, l’étoile montante du Stars and Stripes (1/2)
Un vent de fraîcheur souffle sur la bannière étoilée du Stars and Stripes. Si quelques visages ont bien signé des coups d’éclat au fil des années, à l’instar de Reed Kessler ou Audrey Coulter, peu ont su s’imposer et rivaliser à long terme face aux légendes vivantes que sont Laura Kraut, McLain Ward ou encore Kent Farrington. McKayla Langmeier y parviendra-t-elle ? À vingt-six ans, la talentueuse cavalière des cracks Riesling van de Gaathoeve et Isidore de Chalusse semble en prendre le chemin. Biberonnée à l’equitation, une branche du hunter qui met en avant les qualités des pilotes, la native du Connecticut a gravi les échelons sans précipitation, disputant son premier Grand Prix 5* en 2024, un an avant de se présenter au départ de la finale de la Coupe du monde de Bâle. Désormais soixante-seizième mondiale, McKayla Langmeier s’apprête à vivre sa première finale de la Ligue des nations Longines, à Barcelone, après avoir fait ses débuts 5* sous la veste rouge des Etats-Unis en septembre, à Gassin. À quelques heures de la dernière grande échéance extérieure de la saison, où elle espère bien boucler un double zéro, la jeune femme, qui apprécie suivre le tennis et en particulier Jannik Sinner, retrace son parcours pour Studforlife. Épisode 1.
Ces derniers mois, le nom de McKayla Langmeier résonne avec insistance au plus haut niveau. Soixante-seizième mondiale en septembre, la discrète américaine de vingt-six ans connaît une ascension maîtrisée et solide, qui lui ouvre aujourd’hui les portes de son escouade nationale. Cette semaine, la talentueuse représentante des écuries Kelianda, fondées par ses parents, les réputés Kenny et Linda Langmeier, née Kossick, s’avance avec ambition à Barcelone, pour disputer sa première finale de la Ligue des nations Longines (LLN) de saut d’obstacles… deux semaines après avoir signé des débuts prometteurs sous la bannière étoilée en CSIO 5* à Gassin ! “Malheureusement, j’ai écopé de quatre points lors de chacun de mes deux parcours à Saint-Tropez. J’ai le sentiment qu’il s’agissait de deux fautes vraiment malheureuses. Mon cheval, Riesling van de Gaathoeve, est jeune, mais je suis très satisfaite de nos résultats. Ici, à Barcelone, j’espère pouvoir effacer ces deux barres et signer un double sans-faute dimanche ! C’est en tout cas l’objectif”, lance la sympathique jeune femme, jointe par téléphone mercredi 30 septembre, à l’aube de son grand saut espagnol. “J’espère que nous atteindrons notre pic de forme dimanche et que nous pourrons aider les Etats-Unis à monter sur le podium.”
Au départ de sa première épreuve collective au niveau 5* en septembre à Gassin, McKayla Langmeier représentera son pays lors de la finale de la Ligue des nations Longines de Barcelone dimanche. © Agence Ecary
Pour l’heure sereine, et pas franchement sensible à la pression d’ordinaire, McKayla Langmeier s’est déjà montrée à la hauteur des espoirs et attentes de Robert Ridland dans l’étape française de la LLN. En effet, lors de cette quatrième et dernière étape de la saison régulière, le collectif états-unien n’avait pas le droit à l’erreur pour assurer sa qualification pour la finale de Barcelone. In extremis, il a décroché son ticket et espère montrer son meilleur visage face à une concurrence affûtée en Espagne. Dans la capitale catalane, la cavalière originaire d’East Granby, dans le Connecticut, retrouvera Kristen Vanderveen et deux légendes vivantes : Laura Kraut et McLain Ward, le second étant, en plus, son conseiller privilégié. “Être enfin sur le devant de la scène et entourée d’équipiers qui sont rodés à ce niveau est très chouette ! J’ai grandi en regardant Laura et McLain à la télévision lors de ce genre d’événement. En étant à leurs côtés aujourd’hui, j’ai l’impression de boucler la boucle”, sourit-elle. Et de compléter : “En arriver là a été une longue aventure. Tout vient par étapes et il faut faire preuve de patience. Jusqu’à présent, je crois avoir toujours franchi les paliers lorsque cela était approprié. Je sens que mon équipe et mes chevaux sont tous prêts pour ce niveau. Je suis impatiente de vivre cette semaine ! Mes deux bons parcours à Saint-Tropez m’ont conforté dans le fait que je suis prête pour ce rendez-vous.”
Un parcours forgé par l’equitation
En dehors du continent américain, McKayla Langmeier n’est sans doute pas (encore) la cavalière la plus connue du monde. Pourtant, et au-delà de son talent pur, la jeune femme est loin d’être une nouvelle venue dans le milieu équestre. Au contraire, même, puisqu’elle a toujours été entourée de chevaux, depuis sa naissance, le 24 avril 2000. “J’ai grandi au sein de la structure fondée par mes parents. Les chevaux étaient quasiment dans mon jardin. En rentrant de l’école, je mangeais un bout, puis j’allais passer le reste de ma journée dans les écuries. Ce n’était pas une mauvaise façon de grandir !”, s’amuse-t-elle.
Créée il y a une trentaine d’années, Kelianda Farm est le fruit de la rencontre de deux passionnés, Linda et Kenny Langmeier. “Mon père a grandi en pratiquant l’équitation western. Lorsqu’il a rencontré ma mère, il travaillait avec des Quarter Horse. Il s’est ensuite tourné vers les chevaux de selle et d’obstacle, car c’était le domaine de prédilection de ma mère. Aujourd’hui, notre entreprise familiale est implantée dans le Connecticut, mais aussi à Wellington, en Floride”, détaille McKayla, qui a toujours su que les chevaux seraient sa vie.
Dès ses débuts, la native du Connecticut s'est démarquée, notamment en excellant en equitation, une discipline proche du hunter et très populaire outre-Atlantique. © Agence Ecary
Comme la plupart des jeunes équitants, l’amazone en herbe fait ses premiers pas à poney, avant de rapidement passer à cheval. Culture locale et familiale oblige, elle fait ses gammes en equitation, une branche du hunter particulièrement développée outre-Atlantique et qui juge les compétences du cavalier, demandant, de fait, rigueur, précision et élégance. “J’ai pris part à ma première finale nationale à cheval à onze ou douze ans, ce qui était assez jeune”, précise McKayla. En 2015, son talent est mis sous le feu des projecteurs lors de sa victoire dans le prestigieux championnat ASPCA Maclay, l’un des sommets de l’equitation… remporté trente-deux ans plus tôt par sa mère ! Alors même qu’elle avait hérité du dossard numéro 1, la jeune femme avait démontré tout son sang-froid et sa maîtrise pour s’imposer. “La finale Maclay était celle que je voulais le plus remporter, notamment car ma maman l’avait gagnée avant moi. Je suis parvenue à m’imposer assez tôt dans ma carrière, car on peut y participer jusqu’à dix-huit ans (le plus jeune vainqueur reste à ce jour George Morris, qui s’était imposé à quatorze ans, ndlr). Ce succès a, en quelque sorte, catapulté mes années Junior en equitation”, retrace McKayla, qui y a appris “la discipline et le calme” et a, depuis, “conservé ces qualités en piste”.
À vingt-six ans, McKayla Langmeier fait des étincelles avec son Selle Français Isidore de Chalusse, classé en Grand Prix 4* à seulement huit ans ! © Sportfot
“Depuis que je sais ce qu’est un Grand Prix et que j’ai commencé à monter à cheval, j’ai toujours eu pour ambition d’atteindre le niveau 5*”
Après ses premiers succès, l’Américaine suit le circuit traditionnel réservé à sa classe d’âge, avant de rejoindre les bancs de l’Université, dans l’Alabama. Elle intègre alors les rangs des Tigres d’Auburn, une équipe omnisport universitaire au sein de laquelle elle poursuit sa pratique équestre tout en étudiant le marketing, durant trois ans. “Je n’ai pas obtenu mon diplôme ; j’ai quitté l’Université avant ma quatrième et dernière année d’études car j’ai eu l’opportunité de fonder un piquet de chevaux grâce à un sponsor. J’ai donc saisi cette chance”, explique McKayla. “Je n’ai jamais regretté mon choix. Je ne suis pas la plus grande fan de l’école, et cela commençait à devenir assez difficile… J’avais envie d’être auprès des chevaux, et je préfère de toute façon travailler de mes mains plutôt qu’étudier un livre durant douze heures !”
L'Américaine a préféré les chevaux aux bancs de l'Université, qu'elle a quittés un an avant l'obtention de son diplôme. © Sportfot
Durant ces trois années, l’amazone a largement contribué au classement de son équipe au premier rang de l’Association nationale d'équitation universitaire (NCEA). Mieux encore, elle a remporté dix-huit fois le prix MOP, pour Most outstanding performance, récompense revenant à celle ou celui ayant signé la performance la plus remarquable, sur le plat ou à l’obstacle, à chaque événement. Un total impressionnant, qui place la native d’East Granby parmi les meilleurs talents de sa génération outre-Atlantique.
En 2014, en parallèle de l’equitation, qu’elle pratique sur le circuit national, l’actuelle soixante-seizième mondiale effectue ses débuts internationaux officiels, avant que ses apparitions ne se fassent plus régulières à partir de 2017. Cette année-là, elle se présente même sur la scène européenne pour la première fois, à Knokke, Dinard et Deauville. “Je suis venu en Europe pour la première fois lorsque j’avais seize ans. Je n’ai participé qu’à deux ou trois concours, mais je n’ai pas obtenu de très bons résultats… Lorsque je suis revenue l’année suivante, j’ai participé à la finale des Coupes des nations Jeunes Cavaliers à Opglabbeek”, développe-t-elle. “En Europe tout est très différent pour nous, à commencer par la façon de détendre. Cela prend un peu de temps de s’habituer à tout cela. Mes séjours suivants ont été plus prolifiques que le premier !”
L'excellent Riesling van de Gaathoeve est l'actuel cheval de tête de McKayla Langmeier. © Sportfot
Dix ans plus tard, en 2024, McKayla affronte son premier Grand Prix 5*, du côté de Wellington, aux rênes de Mimosa vd Rollebeek (Castelino van de Helle x Toulon), qui a également été la complice de sa première finale de la Coupe du monde, au printemps 2025. “Mimosa m’a apporté la confiance nécessaire pour sauter à ce niveau. Elle est très courageuse, guerrière. Elle a été une super partenaire d’apprentissage dans les épreuves majeures, comme à Bâle, où les obstacles arrivaient vite et étaient assez larges, et la piste beaucoup plus étroite que ce à quoi je m’attendais. C’était une expérience très chouette, enrichissante et bénéfique pour la suite. Pouvoir compter sur un ange gardien comme Mimosa pour mes premières fois au plus haut niveau a été formidable. Elle donnerait confiance à n’importe quel cavalier”, loue l’Américaine, qui a désormais passé les rênes de sa chère BWP à sa compatriote Isabel Coxe, également aux commandes du tout bon Canto Bruno depuis quelques mois. Et d’ajouter : “Depuis que je sais ce qu’est un Grand Prix et que j’ai commencé à monter à cheval, j’ai toujours eu pour ambition d’atteindre le niveau 5*. Y parvenir a été très significatif pour moi, surtout avec Mimosa. Elle est née en Belgique, chez la famille Van Linden, qui est très proche de la mienne. Cela a rendu le tout d’autant plus spécial.”
McKayla a aussi pu compter sur l’une des sœurs utérines de Mimosa, Pepita van Rollebeek (Tangelo vd Zuuthoeve), qu’elle a menée jusqu’en Grand Prix 5* et avec laquelle elle a remporté plusieurs épreuves à 1,45m.
En 2025, celle qui bénéficie des conseils de McLain Ward depuis deux ans, disputait la finale de la Coupe du monde de Bâle aux rênes de Mimosa vd Rollebeek, élevée en Belgique par des amis de sa famille. © Sportfot
La seconde partie de cet article, traitant notamment de l’influence de McLain Ward et du parcours des deux chevaux de tête de McKayla Langmeier, sera disponible jeudi soir sur Studforlife.com…
Photo à la Une : En septembre à Gassin, McKayla Langmeier, vingt-six ans, a disputé sa première épreuve collective en CSIO 5* avec l'équipe américaine. © Agence Ecary








