Retour au sommet retentissant pour Julien Epaillard et Donatello d’Auge à Deauville !
Donatello d’Auge et Julien Epaillard ont signé une victoire éclatante dans l’épreuve reine du CSI 4* du Longines Deauville Classic. Revanchard après la quatrième place qu’ils avaient acquise l’an dernier dans ce même rendez-vous, le Normand et son fils de Jarnac ont signé un retour retentissant au plus haut niveau, près de cinq mois après leur dernière apparition sur de telles hauteurs. Ils ont supplanté le sympathique brésilien João Victor Castro Aguiar Gomes De Lima, diminué par une blessure mais guidé par une force supérieure, de nouveau deuxième sur son démonstratif Cashpaid J&F, tandis que la troisième place est revenue à Kevin Staut et Vida Loca. À Ottawa, où se jouait l’unique autre CSI 4* de la semaine, Adrienne Sternlicht a volé la vedette à Charlotte Bettendorf, alors qu’un petit-fils de Fragance de Chalus a fait des étincelles.
Depuis leur abandon dans le Grand Prix Rolex de Bois-le-Duc le 15 mars dernier, Julien Epaillard et Donatello d’Auge n’avaient plus sauté aucun parcours à plus d’1,50m. En pleine préparation pour les championnats du monde, et toujours bien occupé, le Normand a accordé une pause visiblement salvatrice à son complice, qui lui avait permis de soulever la Coupe du monde au printemps 2025, à Bâle. Dans l’épreuve reine du CSI 4* du Longines Deauville Classic, dimanche 16 août, les deux complices se sont envolés et ont tout dévoré sur leur passage, ne laissant que de rares miettes à leurs adversaires d’un jour. De l’aveu même du numéro neuf mondial, son Selle Français, fils de Jarnac et petit-fils d’Hello Pierreville, a retrouvé l’envie de faire du concours. Une excellente nouvelle pour tous les fans du couple, qui ne se lassent jamais de le voir faire des étincelles - heureusement inoffensives pour l’environnement - partout où il passe. Cette victoire avait, en plus, un petit goût de revanche. L’an dernier, Julien Epaillard et Donatello d’Auge avaient été relégués au quatrième rang de cette même épreuve. Tous deux avaient bien signé le chronomètre le plus rapide du barrage, améliorant celui des lauréats de plus de deux secondes et demie, mais avaient concédé quatre points. Cette fois, les pendules ont été remises… à l’heure du haras de la Bosquetterie !
À quinze ans, Cashpaid J&F n’a pas dit son dernier mot
Encore en rodage à Chantilly Classic, pour sa reprise après avoir effectué la saison de monte en frais au haras Zangersheide, le merveilleux Cashpaid J&F est, lui aussi, bel et bien de retour. Toujours aussi brillant, avec son passage de queue caractéristique, le complice de João Victor Castro Aguiar Gomes De Lima s’est hissé au deuxième rang. Une performance de tout premier ordre… qui égale celle qu’il avait signée dans ce même rendez-vous il y a un an tout pile ! En effet, en 2025, lors de la victoire de Rik Hemeryck et Inouï du Seigneur, associé depuis peu à Daniel Deusser, le propre frère de Cordial et son cavalier brésilien avaient occupé la même position. Mais aux yeux du sympathique jeune homme, ce résultat demeura assurément le plus beau de son aventure avec son étalon. Car derrière cette deuxième place, se cache une signification beaucoup plus personnelle. Vendredi, João s’est blessé à l’épaule en essayant un cheval. Longtemps, il a hésité à prendre le départ de ce Grand Prix. Mais l’anniversaire de sa maman, et celui des dix ans de la disparition de sa très chère grand-mère, Marly, qui a été le moteur de son aventure européenne, l’ont motivé à se surpasser. Chose faite, haut la main, car terminer deuxième derrière Julien Epaillard et Donatello d’Auge a tout d’une victoire.
Avec quatre centièmes de retard sur la deuxième place, Vida Loca sort la tête de l’eau. Troisième, la fille de Vigo d’Arsouilles est repartie sur le bon pied après son échec sur la rivière du Grand Prix Rolex de Dinard, il y a quinze jours. Une bonne nouvelle pour Kevin Staut, qui semble retrouver la réussite habituelle de son alezane de dix ans, propulsée sous le feu des projecteurs il y a deux ans déjà. Gageons que ses difficultés liées à la rivière se résolvent pour lui permettre de retrouver tout le brillant qui fut le sien.
Solide tir groupé tricolore à domicile
Derrière le trio de tête, cinq binômes tricolores ont tiré leur épingle du jeu en bouclant deux parcours parfaits sur les tracés imaginés par Gérard Lachat. Ce tir groupé français a été emmené par un couple sacrément expérimenté et rodé : celui formé par Cédric Hurel et Fantasio Floreval. Une nouvelle fois impeccables, tous deux se sont baladés à Deauville Classic et décrochent une belle quatrième place pour agrandir encore un peu plus leur collection.
Cinquièmes, Adeline Lemmens et son Selle Français Originel Austin des Cèdres, issu de la souche maternelle de l’étalon Nidor Platière, ont signé la deuxième plus belle performance de leur carrière, et sans doute la plus savoureuse. La paire s’était déjà hissé un rang plus haut, en juin 2023, mais face au public belge d’Opglabbeek. Cette performance, partagée avec le public français, doit avoir une tout autre valeur. Suivent Edward Levy et Griss de Kerglenn, qui a croisé sa mère, Driss, dans cette même épreuve, Sofian Misraoui et Guerymax Nouvolieu, ainsi que Lucas Fournier et sa jeune promesse, H'biba des Ailes, une fille d’Excalibur dela Tour Vidal. Tous six ont déroulés deux sans-faute et se payent le luxe de supplanter deux champions olympiques : Christian Kukuk, neuvième avec une faute sur Viki van Gogh, neuf ans, et Scott Brash, associé à Kohiba, l’habituelle jument de sa compagne, Sira Martinez, sanctionnée de huit points lors de la finale au chronomètre.
Avec deux fautes aussi au compteur, Kendra Claricia Brinkop n’est franchement pas loin du compte avec son fabuleux Replay van’t Paradijs, promis à un brillant avenir au plus haut niveau… pourvu qu’il reste sous sa selle experte. Mark McAuley, lui, clôt le Top 12 et le barrage avec L’Arc En Ciel, qui continue de rayonner ces dernières semaines malgré huit points au barrage. Avec ses trois points de temps dépassé dans l’acte initial, l’Italien Giuseppe Rolli chipe le dernier classement de l’épreuve avec l’étalon Eiffel de Hus, un tout bon fils du regretté Con Air.
À Ottawa, Adrienne Sternlicht grille la priorité à une Charlotte Bettendorf plus en forme que jamais !
Suspendue de long mois après avoir manqué à ses obligations de géolocalisation auprès de l’Agence luxembourgeoise antidopage, Charlotte Bettendorf se démarque chaque semaine ou presque outre-Atlantique. Et celle écoulée n’a pas dérogé à la règle ! De retour au trois-cent-dix-neuvième rang du classement mondial, la Luxembourgeoise a mené la bien nommée Good Girl DK au deuxième rang du Grand Prix 4* d’Ottawa, au Canada, samedi 15 août. La fille de By Cera d’Ick et nièce utérine de Golden Boy DK, excellente monture de Simon Delestre, ainsi que de l’étalon A Big Boy, père, notamment, de la pétillante Bonne Amie d’Abdel Saïd, a conclu son barrage en 43’’25. Un chronomètre synonyme de deuxième place.
En coupant la ligne d’arrivée en 42’’99, Adrienne Sternlicht et Faquitol-S leur ont ainsi coupé l’herbe sous le pied et se sont adjugé la première place. Le bai de seize ans, un fils de Verdi*TN, ancienne gloire du Néerlandais Maikel van der Vleuten, était resté écarté des pistes internationales entre février 2024 et mars 2025 et n’avait plus remporté d’épreuve internationale depuis… juin 2023 et une Vitesse à 1,45m lors d’un CSI 5* disputé à Calgary. Cette fois, il a conquis la plus belle réussite de son tableau de chasse, dans un barrage ayant réuni quatre des dix-huit engagés initiaux.
Avec une faute et le temps le plus rapide de cette finale au chronomètre, Conor Swail et l’ultra compétitif Theo 160, élevé par Jenny Abrahamsson, excellente contributrice de Worldofshowjumping, se contentent du troisième rang, devant l’Américaine Mckayla Langmeier et Isidore de Chalusse, un petit-fils de la matrone Fragance de Chalus âgé de seulement… huit ans ! Pour son deuxième Grand Prix 4*, le Selle Français confirme son immense potentiel, qu’il faudra savoir préserver pour viser le long terme.
Photo à la Une : Ces cinq derniers mois, Julien Epaillard et Donatello d'Auge n'ont pas perdu leur sens du rythme ni leur grinta. © Clem Media / GRANDPRIX Events








