Sous la selle d’Abdel Saïd, Zasou vom Claashof décroche sa plus belle victoire dans un Grand Prix 5* de Cannes difficile
Quel coup d’éclat ! Qualifiée pour son premier barrage dans un Grand Prix 5*, la vive et véloce Wathnan*Zasou vom Claashof, douze ans, a braqué les projecteurs sur elle dans l’étape cannoise du Longines Global Champions Tour. Dans un barrage à quatre et après un premier tour ayant mis nombre de couples à l’effort, la fille de Zinedine a permis à son cavalier, le Belge Abdel Saïd, d’enregistrer un nouveau succès au plus haut niveau. L’heureux lauréat a ainsi devancé Michael Pender et Janne-Friederike Meyer-Zimmermann, deux et troisièmes de cette épreuve aux rênes de HHS Cyprus et Cellagon*Cascais.
Sept abandons, deux chutes - celles d’Henrik von Eckermann, dont le King Edward Ress a dit stop dès le numéro 4 et après trois sauts très démonstratifs, et de Simon Delestre, en sortie du très difficile triple que son Gatsby du Tillard a franchi tant bien que mal malgré sa crainte évidente, qui a nécessité de déployer des tentes de protection au milieu de la piste avant qu’il ne sorte en marchant, entouré des équipes médicales - et quatre sans-faute ont marqué le Grand Prix 5* de Cannes, samedi 6 juin. Sur la croisette, le tracé d’Uliano Vezzani s’est montré très exigeant, ne permettant aux cavaliers aucune approximation. Bien partis pour rejoindre la courte liste des barragistes, des favoris de la trempe de Scott Brash, associé à la redoutable Hello*Chadora Lady PS, Daniel Deusser et Otello de Guldeboom, Jörne Sprehe et Toys, ou encore les couples montants que forment Zoé Hank-Conter et H5*Chaccophanie ainsi que Sara Vingralkova et le jeune et talentueux Rock'n Roll MXL ont chacun échoué pour une faute, comme six autres de leurs pairs.
Finalement, Michael Pender, Janne-Friederike Meyer-Zimmermann, Abdel Saïd et Andreas Schou ont été les seuls invités de la finale au chronomètre. Respectivement associés à HHS Cyprus, Cellagon*Cascais, Wathnan*Zasou vom Claashof et Napoli vh Nederassenthof, l’Irlandais, l’Allemande, le Belge et le Danois allaient offrir au public un bouquet final indécis.

Cannes a déroulé le tapis rouge à Abdel Saïd et sa Zasou vom Claashof. © Stefano Grasso / LGCT
Le duo de l’île d’Emeraude a été le premier à se frotter au parcours raccourci dressé sur la piste de la Croisette. Du haut de ses dix ans, le hongre à la robe grise prenait le départ de son premier Grand Prix 5* sur le Vieux Continent et affrontait le temps fort d’un CSI 5* pour la troisième fois de sa carrière. En ouvrant les hostilités, le cavalier du propre frère de l’excellente HHS Cornetta a adopté une stratégie intelligente : prendre des risques sans se mettre dans le rouge. Résultat ? 41’’35 au moment de passer les cellules. Janne-Friederike Meyer-Zimmerman, lauréate de cette même épreuve en 2024, s’est ensuite lancée à sa poursuite avec son fils de Colestus. À onze ans, le bouillonnant bai brun prend du galon semaine après semaine. Classé lors de ses deux dernières sorties sur le circuit du Longines Global Champions Tour, il récidive en décrochant son meilleur résultat dans un Grand Prix 5* : la troisième place. Sur les temps de Michael Pender et HHS Cyprus sur la première moitié de son barrage, Cellagon*Cascais et son amazone ont finalement enregistré un chronomètre de 43’’44.
Michael Pender s'est dit très satisfait de la deuxième place de son puissant gris, HHS Cyprus. © Stefano Grasso / LGCT

Le très styliste Cellagon*Cascais semble destiner à briller de mille feux dans les mois à venir. © Stefano Grasso / LGCT
La révélation Zasou vom Claashof
Arrivée sous la selle d’Abdel Saïd fin 2024 avec une expérience internationale limitée, Zasou vom Claashof, une fille de Zinedine et petite-fille de Lord sur une lignée maternelle solide, a fait des étincelles à Cannes. Dernière barragiste du soir, l’Hanovrienne de douze ans a utilisé tous ses atouts à bon escient, lui permettant de grappiller de précieux centièmes pour arrêter la montre en 39’’44 dans ce qui était… son tout premier barrage à ce niveau ! Alors qu’Andreas Schou et Napoli vh Nederassenthof, derniers à s’élancer, affichaient sans doute l’expérience la plus fournie des quatre prétendants à la victoire, cette dernière est finalement revenue à Abdel Saïd et sa séduisante bombe baie. En raison d’une faute, le Danois et son fils de Président ont été rétrogradés au quatrième rang. Un classement que leur chronomètre n’aurait, quoi qu’il arrive, pas changé.

Avec cette victoire, Abdel Saïd érige une autre de ses montures au rang de star. © Stefano Grasso / LGCT
“Zasou est encore assez verte à ce niveau ; je suis très reconnaissant envers elle ! Elle a répondu à chaque question ce soir. Elle est incroyable ! Nous devions saisir la chance qui se présentait à nous et, encore une fois, Zasou a répondu présente et m’a montré de quoi elle était capable”, s’est réjoui Abdel Saïd, qui peut compter sur un piquet sacrément fourni, puisque gravitent autour de la bonne Zasou les non moins talentueux Quaker Brimbelles, huitième de la dernière finale de la Coupe du monde, sa fidèle Bonne Amie, déjà primée à plusieurs reprises à ce niveau, ou encore le génial Calvaro. De quoi se projeter sur la suite de l’année avec sérénité.
Photo à la Une : Abdel Saïd et Wathnan*Zasou vom Claashof n’ont fait qu’une bouchée du très délicat Grand Prix 5* de Cannes. © Stefano Grasso / LGCT






