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Pieter Devos mène enfin sa somptueuse Casual DV vers une victoire en Grand Prix 5* et ouvre le palmarès du Caire

Casual DV a offert un moment inoubliable à son éleveur et cavalier, Pieter Devos.
Sport samedi 24 octobre 2026 Mélina Massias

Enfin. Après tant de classements, de podiums, et surtout deux deuxièmes places consécutives, Pieter Devos et Casual DV tiennent enfin leur première victoire en Grand Prix 5*. Devant les historiques pyramides de Gizeh, au Caire, en Egypte, où le Longines Global Champions Tour faisait étape pour la première fois de son histoire, la paire belge a devancé Olivier Philippaerts et Hipster SV, qui confirment leur excellente forme après leur troisième place à Vienne, à la fin du mois dernier. Dernier à tenter sa chance au barrage, Ben Maher, remis de sa fracture de la clavicule qui ne l’avait pas empêché de s’imposer dans le Majeur de Calgary en septembre, s’invite sur la troisième marche du podium grâce à son étalon Point Break.

Au Caire, ce samedi 24 octobre, comme dans la carrière de sa chère Casual DV, Pieter Devos aura dû redoubler de patience. Parti en début de barrage pour cette première étape égyptienne de l’histoire du Longines Global Champions Tour, le Belge a pris les commandes du Grand Prix 5* avec un très bon chronomètre. Seulement, après lui, dix paires pouvaient encore espérer faire mieux ! Auprès de son épouse, Caroline Devos-Poels, première formatrice de sa pépite baie, le dix-neuvième mondial a croisé les doigts et retenu son souffle jusqu’au passage de Ben Maher et Point Break. Il faut dire que depuis deux saisons, le couple qu’il forme avec la fille de Windows vh Costersveld, alias Cornet Obolensky crève l’écran. Cette saison, les deux complices ont enchaîné les classements et podiums au plus haut niveau avec une régularité démentielle. Tout a commencé en février, à Doha. Au Qatar, la paire termine trois puis deuxième des deux Grands Prix 5* qu’elle dispute. Elle enchaîne par une nouvelle troisième place à Bois-le-Duc, concède huit points au Saut Hermès, et rebondit à Fontainebleau, où elle se place cinquième. Septième à La Baule après un barrage pénalisé de huit points, le Belge et sa belle mettent trois barres à terre à Falsterbo et filent aux Mondiaux d’Aix-la-Chapelle. Logiquement parmi les favoris, ils craquent et s’arrêtent à une médaille d’argent collective, sans accéder à la finale individuelle. Après cela, tous deux repartent de l’avant en s’offrant la deuxième place des Grands Prix 5* de Valkenswaard puis Rome, sur le circuit du LGCT. Cette nouvelle tentative a enfin été la bonne. Arrivé à destination en 45’’85, le binôme, le couple belge a enfin décroché le Graal qu’il méritait tant.

“Pour être honnête, je suis un peu submergé. Je suis vraiment, vraiment très heureux de ma jument ! Elle mérite cette victoire. Nous sommes montés six fois sur le podium d’un Grand Prix 5* cette année ; cette victoire est la cerise sur le gâteau. C’est une jument absolument incroyable. Elle le mérite tellement… Elle se bat de tout son être pour moi. En plus, dans ce lieu fantastique ; j’en ai des frissons”, a réagi un Pieter Devos sur un nuage grâce à la fille de son ancienne complice, Just Me D. “Avec Casual DV, c’est une histoire très spéciale. Nous l’avons élevée et avons tout fait avec elle, de ses premiers pas lorsqu’elle était pouliche à sa première victoire en Grand Prix 5* aujourd’hui. Pouvoir créer un tel lien avec un cheval et l’amener au plus haut niveau est exceptionnel. Ce qu’elle me rend est à peine croyable.”

Pieter Devos et Casual DV ont remporté leur premier Grand Prix 5*, après avoir terminé trois fois deuxièmes à ce niveau cette saison. © Stefano Grasso / LGCT



Cette victoire, la première en Grand Prix 5* de Casual DV, issue de l’élevage familial des Devos, a aussi ouvert le palmarès d’un concours franchement pas comme les autres. Au milieu des dunes égyptiennes, Le Caire accueillait pour la première fois de son histoire un événement équestre de cette ampleur. Quelques années plus tôt, Pieter Devos avait aussi inscrit le premier son nom sur le tableau des vainqueurs de l’étape de Shanghai. Mais cette semaine, devant les historiques pyramides de Gizeh, un décor à couper le souffle comme on en voit rarement, il y a eu du grand sport… et de grandes préoccupations. À quelques dizaines de mètres de certains des chevaux les plus chers du monde, et sur un site où l’argent coulait à flot, d’autres équidés et camélidés étaient laissés à leur triste sort. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses images et témoignages ont tenté de faire la lumière sur ces êtres utilisés pour le tourisme, dans des conditions dramatiques. Sur place, des organisations œuvrent déjà autant que possible, avec leurs moyens, pour leur venir en aide, les soigner et les aimer. Certains cavaliers ont visité des sanctuaires, tandis que de nombreux grooms ont relayé des cagnottes pour tenter de faire changer les choses. Espérons que l’exposition médiatique reçue par la région grâce à l’événement puisse rendre leur sort moins pénible.

Olivier Philippaerts et Hipster SV confirment !

Resté intouchable grâce à son double sans-faute supersonique, Pieter Devos, qui a remporté son deuxième Grand Prix 5* de l’année après avoir triomphé à Dinard avec un autre produit maison, Primo DV, a devancé son compatriote Olivier Philippaerts. Le Diable Rouge a confirmé sa très bonne forme avec le plaisant Hipster SV, dix ans. À Vienne, fin septembre, tous deux avaient accédé à leur premier barrage à ce niveau. Troisièmes en Autriche, les deux complices, qui restaient sur ce résultat, gagnent cette fois un rang. Rapide, efficace et fluide, le couple a arrêté la montre en 46’’31. Cerise sur le gâteau, Olivier Philippaerts a hérité du ticket d’or qualificatif pour le Super Grand Prix, qui se déroulera finalement à Milan, dans un peu moins d’un mois. En effet, Pieter Devos détenait déjà son sésame, grâce à la deuxième place acquise à Rome, derrière Abdel Saïd, qualifié depuis juin et son triomphe sur le tapis rouge de Cannes. 

Olivier Philippaerts et Hipster SV sont sur une très belle pente ascendante depuis quelques semaines. © Stefano Grasso / LGCT

Longtemps sur le podium, Niels Bruynseels aurait pu compléter un joli triplé belge aux rênes d’Oaky Flandria, une fille de Cabrio vd Heffinck, ancien complice… d’Olivier Philippaerts. Finalement, le consultant de Clipmyhorse.tv et son gris, qui avaient enregistré un chronomètre de 48’’82, ont perdu une place à la dernière seconde. En effet, Ben Maher, de retour aux affaires après un court break pour soigner sa clavicule cassée la veille de son triomphe à Calgary en septembre, a lancé son ultra respectueux Point Break à l’assaut de la troisième place. Après la désillusion d’Aix-la-Chapelle, l’étalon SWB retrouve sa fiabilité habituelle et se hisse sur le podium en 46’’57.

Point Break est de retour en forme ! © Stefano Grasso / LGCT

Derrière, dans un barrage fleuve ayant réuni douze des quarante engagés, les stratégies ont été diverses. Marco Kutscher, Duarte Seabra et Bassem Mohammed n’ont pas fait de folies, pour assurer de très bons doubles sans-faute. Le premier misait sur Pikeur*Lemar, un hongre de onze ans qui ne s’était encore jamais essayé à l’exercice du barrage dans un Grand Prix 5*. Le deuxième, lui, comptait sur son fidèle et très expérimenté Dourados 2, qui était notamment au départ des championnats du monde d’Aix-la-Chapelle cet été. Quant au troisième, il était juché sur un subjuguant Wathnan*Rocket Man. Parfaitement à l’aise, le bai par Mylord Carthago au passage de dos remarquable semblait enchaîner des cavalettis au milieu de l’arène éphémère du Caire. Le hongre bai disputait son deuxième Grand Prix 5* en plus d’un an.

Emanuele Camilli et Max Kühner ont aussi choisi de ne pas mettre leurs respectifs Chacareno PS et Vivo de Muze PS dans le rouge… et ont écopé d’un et trois points de temps dépassé au barrage ! L’Italien et l’Autrichien sont huit et neuvièmes. Dixième, Christian Kukuk, lui, a tout donné. Associé à son champion olympique Checker 47, l’ancien disciple de Ludger Beerbaum espérait bien s’imposer devant les pyramides. Mais l’Allemand, sous les yeux de son mentor impuissant sur le kiss and cry a emporté deux barres sur son passage. La paire a été la seule à améliorer le chronomètre des lauréats du jour, avec 45’’36 affichés sur l’écran géant. Huit points, c’est aussi la sanction de Simon Delestre et son génial Gatsby du Tillard, onzième, et par Emanuele Gaudiano, douzième sur Chabrello PS.

Les résultats complets.

Photo à la Une : Casual DV a offert un moment inoubliable à son éleveur et cavalier, Pieter Devos. © Stefano Grasso / LGCT