À Williamsburg, Qoachella et Beat Mändli signent un nouveau coup de maître
Deuxième apparition à 1,60m et deuxième victoire pour Beat Mändli et Qoachella, une fille de Mosito van het Hellehof. Le Suisse a remporté le… deuxième Grand Prix 5* de sa carrière, dix-sept ans après son premier et jusqu’alors dernier succès à ce niveau. Vainqueur de la finale de la Coupe du monde en 2007 avec Ideo du Thot, le coach de Katherine A. Dinan pourrait bien nourrir de nouvelles ambitions sur le circuit hivernal de la Fédération équestre internationale cette saison. En signant le seul double zéro de l’épreuve reine du CSI 5*-W de Williamsburg le week-end dernier, lui et sa BWP de dix ans ont supplanté Shane Sweetnam et CSF James Kann Cruz, ainsi que les champions d’Allemagne en titre, Christian Kukuk et Akarad Tivoli.
Si Qoachella n’avait pas entamé sa carrière internationale de la meilleure manière, avec dix-huit puis huit points dans les deux épreuves qualificatives des championnats du monde des chevaux de six ans, son arrivée à haut niveau, elle, est couronnée de succès ! À dix ans, la fille de Mosito van het Hellehof a tout simplement remporté les deux épreuves à 1,60m qu’elle a disputées. Mieux encore, puisqu’il s’agissait à chaque fois d’un Grand Prix. Le premier, disputé à Wellington en mars, était de niveau 4*. Le second, joué à Williamsburg dimanche 20 septembre, était, lui, labellisé 5*. Une grande première qui n’a pas résisté à la complice de Beat Mändli.
Face à une concurrence redoutable, dont huit membres du Top 50 mondial, le Suisse et sa BWP ont été les seuls à dérouler deux parcours sans-faute lors de l’American Gold Cup, étape inaugurale de la ligue Longines d’Amérique du Nord de la Coupe du monde de saut d’obstacles. De fait, la victoire leur est logiquement revenue. “Je ne pensais vraiment pas à la victoire aujourd’hui. Je voulais surtout réaliser un bon parcours et garder ma jument en confiance. Qoachella a été incroyable aujourd’hui. Le barrage a été complètement fou. Parfois, les planètes s’alignent et cela a été le cas aujourd’hui pour moi, ma jument et toute notre équipe. Je suis évidemment très heureux”, a réagi l’heureux lauréat. “À chaque fois qu’elle aborde un nouveau niveau, Qoachella me surprend. C’est une jument super intelligente. Je verrai ce que la suite nous réserve. Pour l’instant, je reste concentré et je profite du moment. Cette victoire est une vraie surprise, mais j’ai toujours aimé la finale de la Coupe du monde et les concours en indoor. Voyons comment tout cela évolue !” Vainqueur de l’édition 2007 de cette finale hivernale, à Las Vegas avec le Selle Français Idéo du Thot, Beat Mändli serait bien inspiré de retrouver ce rendez-vous, sept ans après y avoir pris part pour la dernière fois, en 2019 avec Dsarie.

Quelle victoire pour Beat Mändli et sa BWP ! © Natalie Suto Photography / FEI
Initiée à la compétition en Belgique, par Djani de Beule puis Gilles Van Hamme et Dimme D’haese, et passée aux rênes de Skye Morssinkhof et Charlotte Léoni à sept ans, Qoachella a séduit Katherine A. Dinan, qui l’avait initialement enrôlée pour faire partie de son propre piquet. Mais son coach de longue date, Beat Mändli, manquant de montures, l’Américaine lui en a cédé les rênes. Grand bien lui en a pris, puisque l’illustre Helvète, très réputé, a remporté à ses côtés… son deuxième Grand Prix 5* ! Une information qui paraît presque irréelle, mais qui est bien véridique. Son premier et jusqu’alors dernier succès à ce niveau, le quinquagénaire l’avait acquis en 2009 à Lyon, lors de l’étape de la Coupe du monde ! Il montait alors Louis 162, un fils de Lord Pezi.
Shane Sweetnam éternel malheureux, Kent Farrington piégé par… le temps
Lancés à la poursuite de Beat Mändli et Qoachella, qui avaient ouvert le barrage, Shane Sweetnam et CSF James Kann Cruz ont fusé… mais ont mis une barre à terre. Une nouvelle fois, la paire, si régulière au plus haut niveau, a vu une victoire lui échapper. Au cours de cette seule année 2026, les deux Irlandais ont pris le départ de neuf Grands Prix 5* pour… huit classements, dont cinq podiums ! Fort heureusement, le fantastique fils de Kannan a obtenu une victoire qu’il méritait amplement, un peu plus tôt cet été, à Falsterbo.

CSF James Kann Cruz semble venir d'une autre planète tant sa réussite est folle ces derniers mois. © Natalie Suto Photography / FEI
Lui aussi plus rapide que les lauréats du jour, mais sanctionné d’une faute, Christian Kukuk clôt le trio de tête aux rênes de son champion d’Allemagne, Akarad Tivoli. Le fils d’Akarad Hero de dix ans poursuit sa progression sous la selle du champion olympique de Paris et confirme sa bonne forme, après avoir déjà occupé le même rang dans le Grand Prix 5* de Bridgehampton, fin août, date de sa dernière apparition internationale.

Belle progression pour Akarad Tivoli, sacré champion d'Allemagne avec Christian Kukuk il y a quelques mois. © Natalie Suto Photography / FEI
Avec un bon chronomètre, mais huit points, Mark Bluman termine quatrième. L’ancien représentant colombien avait sellé Génial de B’Néville, tout bon Selle Français Originel né chez Jean-Baptiste Thiébot. L’étalon, fils du regretté Kapitol d’Argonne et formé en France par Arthur Le Vot et Jonathan Chabrol, est confié à son cavalier par son beau-père, Mario Deslauriers, qui l’a conduit à haut niveau ces derniers mois.
Qualifiée pour le barrage et déjà gagnante en Grand Prix 4*, Charlotte Jacobs n’a pas pris part au barrage avec son Playboy JT, victime d’un saignement de nez bénin et préservé d’un second parcours par mesure de précaution. Elle s’empare de la cinquième place. L’amazone américaine a, une fois encore, devancé son coach, un certain Kent Farrington. Le numéro deux mondial avait pourtant sellé sa meilleure partenaire, Contina 47, alias Greya. Alors qu’il avait hérité de la lourde tâche d’ouvrir l’acte initial de l’épreuve, l’ultra-compétitif Etats-Uniens a été piégé par… le temps ! Un fait rare, sans doute pas loin d’être inédit à ce niveau et dans de telles conditions, qui l’a privé de barrage. Encore plus fou, en arrêtant la montre en 78’’07, soit avec sept centièmes de trop, McLain Ward et Jordan Molga M, l’ancien complice de Nicolas Delmotte, ont parfaitement égalé le chronomètre de Kent Farrington et Greya pour partager avec eux la sixième position du classement final.
Mention spéciale également à Savannah Jenkins et son jeune Selle Français Hector du Ter, huitièmes avec deux points de temps au compteur. Âgé de neuf ans, le fils de Comme Il Faut s’était déjà classé quatre puis septième pour ses deux premières tentatives en Grand Prix 5* en janvier dernier, à Thermal.
Photo à la Une : Pour son premier Grand Prix 5*, Qoachella s’est offert la plus belle victoire de sa carrière, sous la selle de l’illustre Beat Mändli. © Natalie Suto photography / FEI
Les épreuves du CSI 5*-W de Williamsburg sont à (re)voir sur Clipmyhorse.tv.






