Une championne olympique, des gagnants en Grand Prix 5* et des jeunes espoirs ont repris la compétition ces dernières semaines
Christian Ahlmann, Kent Farrington, Lillie Keenan ou encore Ben Maher ont enregistré de bonnes nouvelles ces dernières semaines. En effet, Mandato van de Neerheide, Toulayna van het Bloesemhof, Chagrin d’Amour et Agana van het Gerendal ou encore la championne olympique par équipe de Paris Dallas Vegas Batilly ont repris la compétition après des absences plus ou moins longues. Dans l’Hexagone, Beau Gosse du Park et Neymar B ont suivi le même chemin, tout comme Eve d’Ouilly, sous les couleurs canadiennes de Nicole Walker, et Boy de Riverland, alias Dreamland, aux rênes espagnoles de Manuel Fernandez Saro. Tour d’horizon de ces retours 5*.
Championne olympique par équipe à Paris en 2024, sixième de la finale de la Coupe du monde la même année, quatrième des Européens de La Corogne en 2025, gagnante de deux Grands Prix 5* : Dallas Vegas Batilly est de retour en piste ! L’habituelle complice de Ben Maher est engagée au CSI 2* de Lierre cette semaine, avec Robert Murphy, nouveau bras droit du Britannique. La fille de Cap Kennedy n’avait plus sauté le moindre obstacle sur la scène internationale depuis le mois de mars. Avant cela, la Selle Français, désormais âgée de treize ans, avait connu un hiver en demi-teinte, loin de ses standards habituels. Elle avait ainsi refusé de sauter un vertical abordé de biais et dans un rythme soutenu dans la deuxième manche de la finale du Top Ten Rolex IJRC, entraînant la chute de son cavalier. Cantonnée à des épreuves intermédiaires en début d’année outre-Atlantique, la baie, neuvième du seul Grand Prix 5* dont elle a pris le départ en 2026 malgré un refus au barrage, avait de nouveau été éliminée, après deux désobéissances et une nouvelle chute de Ben Maher, dans une épreuve à 1,55m à Wellington, fin mars. Si elle retrouve cette semaine une concurrence mondiale, la petite-fille de L’Arc de Triomphe a déjà pris ses marques avec Robert Murphy du côté d’Addington. Au cours des dernières semaines, tous deux ont sauté trois épreuves nationales entre 1,30 et 1,40m, au cours desquelles Dallas Vegas Batilly n’a pas touché la moindre barre. Une première bonne nouvelle qui devrait faire le bonheur de Ben Maher, pour l’heure contraint au repos après s’être fracturé la clavicule à la veille de son triomphe dans le Majeur de Calgary en septembre. De son côté, l’ancien disciple de Jos Lansink a également pris en charge la formation de plusieurs produits de l’excellente Centoia van’t Roosakker, alias Cella, vice-championne d’Europe en 2013 avec Ben Maher, à l’instar de Portage (Bupardie, alias Bacardi VDL), Point of Honor (Conthargos), ou encore Patriot et Patna (Chacco-Blue).
Après avoir montré un comportement inhabituel l'hiver dernier, Dallas Vegas Batilly reprend la compétition sous la selle de Robert Murphy, bras droit de Ben Maher. © Sportfot
L’heure du comeback a sonné pour Toulayna van het Bloesemhof
Début septembre, à Williamsburg, une concurrente pas tout à fait comme les autres s’est alignée au départ d’une épreuve à… 1,00m ! En effet, Toulayna van het Bloesemhof, lauréate de deux Grands Prix 5* au cours de sa carrière, a retrouvé les terrains de concours à cette occasion. Toujours associée à Kent Farrington, l’excellente fille de Toulon a mis fin à une pause longue de cinq mois sans compétition entamée en avril, après sa victoire dans la Chasse de la finale de la Coupe du monde de Fort Worth, au Texas. Après plusieurs parcours nationaux, jusqu’à 1,40m, la baie de douze ans a enfin fait son retour international. Elle est engagée cette semaine dans le CSI 5* d’Amenia, aux côtés du précoce Descartes Santa Rosa, l’une des nombreuses pépites de l’actuel numéro deux mondial. Ultra régulière et pas loin d’être imbattable au niveau 4*, Toulayna van het Bloesemhof, élevée par Jasper Doucé alors qu’il n’était qu’adolescent, a bouclé la warm up de cette étape de la Major League Showjumping avec trois points de temps, jeudi 8 octobre dans l’Etat de New York. Nul doute que la Zangersheide saura rapidement retrouver son meilleur niveau et défilera bientôt en tête des tours d’honneur avec son pilote.

Lauréate de la Chasse de la finale de la Coupe du monde de Fort Worth au printemps, Toulayna van het Bloesemhof a fait son retour en piste. © Tiffany Van Halle / Hippo Foto
Deux gagnants en Grands Prix 5* avec Christian Ahlmann ont repris la compétition
En mai 2025, après plus d'un an d’absence, le génial Clintrexo, vice-champion d’Europe par équipe à Rotterdam en 2019, avait repris la compétition sous la selle de son fidèle cavalier, Christian Ahlmann. Gagnant de l’étape de la Coupe du monde de Malines en 2018 puis du Grand Prix 5* de Treffen deux mois plus tard, en février 2019, le gris avait retrouvé le très haut niveau durant l’été 2025, en prenant part à la Coupe des nations du CSIO 5* de Bruxelles, bouclée avec un sans-faute et un parcours à quatre points. Un mois et demi plus tard, à Rome, l’étalon avait même remporté la première manche de la Global Champions Ligue, une Vitesse à 1,55m. Après ce succès, le fils de Clintissimo a de nouveau disparu des pistes internationales durant huit mois. En juin, ce dernier a repris du service à l’occasion d’une épreuve à 1,30m lors d’un CSI 1* organisé à Opglabbeek. Clintrexo, désormais âgé de dix-sept ans, aurait dû poursuivre sa montée en puissance la semaine dernière, dans le label 1* du CSI de Riesenbeck, avec Angelique Böckmann. Présent sur la master list de l’événement, il n’a finalement pris part à aucune épreuve… à l’inverse de son compagnon de voyage : Mandato van de Neerheide !
Après près de dix-sept mois d’absence, le fils d’Emerald van’t Ruytershof a, en effet, été aperçu à l’occasion de trois épreuves au CSI 2* de Riesenbeck, début octobre. À quatorze ans, l’exceptionnel BWP a d’abord mis une barre à terre à 1,35m puis 1,40m, avant de boucler un parcours parfait, de nouveau à 1,40m. Petit-fils de Pommeau du Heup, le hongre a connu de très beaux succès avec Christian Ahlmann. Comme son compère d’écurie, il avait triomphé dans l’étape de la Coupe du monde de Malines, en décembre 2023, quelques mois après s’être imposé au pied de la Tour Eiffel, lors de l’étape parisienne du Longines Global Champions Tour. Après cette excellente année, Mandato van de Neerheide avait observé quelques mois de pause, entre juillet et novembre 2024, après deux abandons en Grands Prix 5* et avant de disputer seulement quatre CSI 5* en 2025. Gageons que l’alezan de quatorze ans, aussi généreux qu’attachant, soit sur la bonne voie pour un come back pérenne.

Après quinze mois d'absence, l'excellent Mandato van de Neerheide a effectué son retour international la semaine dernière. © Sportfot
Lillie Keenan retrouve deux complices de choix
Depuis août 2024 et le CSI 5* d’Ottawa, Agana van het Gerendal a disparu des radars internationaux. Cette année là, l’étalon bai, complice de longue date de Lillie Keenan, avait remporté deux épreuves internationales, dont un Grand Prix 4* à 1,60m et une épreuve à barrage à 1,55m, en mars, à Wellington. Également lauréat de l’étape de la Coupe du monde de Las Vegas en novembre 2022, le représentant du stud-book Zangersheide est enfin de retour en compétition ! En toute discrétion, le fils d’Aganix de Seigneur s’est présenté sur le circuit national cet été, d’abord sous la selle de son habituelle amazone, puis aux rênes de Diego Perez Bilbao. Très progressif, son retour a pris un nouveau tournant ces dernières semaines. Aux côtés de Lillie Keenan, Agana van het Gerendal a sauté ses premières épreuves à 1,40m en plus de deux ans ! Il a signé trois sans-faute aux obstacles, s’offrant une deuxième dans la Vitesse et une cinquième à l’issue d’un barrage. “Mon adorable Agana de retour en action et deuxième à 1,40m pour débuter notre série de concours à Highlands Hudson Valley. Merci infiniment à mon équipe d’avoir permis son retour en piste”, s’est réjouie l’Américaine sur ses réseaux sociaux.
Lillie Keenan a enfin retrouvé son fidèle et versatile Agana van het Gerendal. © Sportfot
Dans le même temps, elle a également relancé le fabuleux et très observé Chagrin d’Amour. Le remarquable fils de Candy de Nantuel et petit-fils de Stakkato avait, en effet, bouclé sa dernière sortie internationale en avril, à Lexington. Déjà gagnant à 1,50m et classé à 1,55m à seulement neuf ans, l’étalon Selle Luxembourgeois au potentiel illimité s’est produit à North Salem mi-septembre, sur des barres à 1,25m, toutes franchies avec son brillant caractéristique, puis à Amenia début octobre, où il a enregistré deux parcours seulement entachés d’un point de temps dépassé. De bon augure donc pour cette pépite née chez André Nepper et promise à un grand avenir, tant sportif que de reproducteur.
Le très prometteur Chagrin d'Amour est lui aussi de retour ! © Sportfot
Eve d’Ouilly de retour !
Vue à son avantage à haut niveau sous la selle de Cian O’Connor, qui l’a menée à 1,60m et jusqu’à une victoire dans le Grand Prix 3* de Cabourg Classic en 2024, la toute bonne Eve d’Ouilly est de retour en piste. Propriété de sa cavalière, Nicole Walker, depuis décembre 2024, l’ancienne partenaire d’Alexandra Francart a repris la compétition en août, à Caledon et Ottawa, à l’occasion de deux épreuves à 1,45m. Une première depuis… mai 2025. Écartée des pistes internationales pendant quinze mois, la fille de Qlassic Bois Margot a entamé sa participation au CSI 2* d’Amenia par un sans-faute aux obstacles mercredi 7 octobre, après avoir déroulé deux parcours à dix et huit points au Canada. La baie brune, dont la troisième mère est une sœur utérine de la géniale Jubilée d’Ouilly, a disputé plusieurs Coupes des nations et autres Ligues des nations pour l’Irlande, notamment à Dublin et Rotterdam. En 2023, la Selle Français, aujourd’hui âgée de douze ans, s’était déjà éclipsée durant un peu plus de cinq mois.
Avant cet été, Eve d'Ouilly n'avait eu l'occasion de disputer que deux CSI avec Nicola Walker, sa propriétaire depuis fin 2024. © Sportfot
Boy de Riverland, alias Dreamland, retrouve le chemin des 5*
Associé à l’Espagnol Manuel Fernandez Saro depuis début 2025, Boy de Riverland, alias Dreamland, qui avait permis à Eric van der Vleuten de retrouver le très haut niveau au début des années 2020, est resté quasiment onze mois en retrait des pistes internationales. De retour en juillet, sur de petites épreuves à Opglabbeek et Lierre, le Selle Français de quinze ans s’apprête à retrouver le niveau 5*, cette semaine du côté d’Oslo. S’il n’a pour l’heure disputé aucun Grand Prix 5* avec Manuel Fernandez Saro, le puissant fils de Sunday de Riverland s’était classé quatrième de celui de Paris en juin 2022 avec le père de Maikel van der Vleuten.

Boy de Riverland, alias Dreamland, participe ce week-end à son premier CSI 5* depuis septembre 2025. © Sportfot
Beau Gosse du Park fait connaissance avec un nouveau cavalier
En octobre dernier, dans les colonnes de Studforlife, Corinne Accary déplorait l’enchaînement de coups du sort à s’être abattus sur son cher Beau Gosse du Park, gagnant à 1,55m et classé en Grand Prix 4*. Alors qu’il souffrait d’une nouvelle blessure, nécessitant une longue convalescence, la Bretonne d’adoption imaginait déjà la fin de carrière sportive de son fils de Quincy, alias Quaprice Bois Margot. Mais le destin en a décidé autrement. Après s’être révélé au plus haut niveau aux rênes de Valentin Besnard, avant de filer en Belgique pour rejoindre la selle de Grégory Wathelet, puis d’effectuer un bout de chemin aux côtés de Nicolas Layec, l’étalon, devenu hongre en 2022 après deux hernies inguinales, fait désormais connaissance avec Nicolas Rabillard, cavalier installé en Bretagne et à la tête de l’affixe de Bocquet. Le bien nommé petit-fils de Kannan a pour l’heure pris le départ de trois épreuves nationales et bouclé un Grand Prix Pro 2 à 1,30m sans pénalité, samedi 3 octobre à Lamballe. Et si le souhait de sa propriétaire de toujours, de le voir finir sa carrière sportive sur une belle note, était enfin exaucé ? C’est tout le mal que l’on peut souhaiter au propre frère du jeune et prometteur L’Homme du Park.
Beau Gosse du Park, qui a retrouvé ses écuries natales, a repris le chemin de la compétition sous la selle de Nicolas Rabillard. © Sportfot
Reprise sportive pour Neymar B
Quinzième du championnat de France réservé aux chevaux de sept ans en 2025, le remarqué Neymar B a retrouvé le chemin de la compétition cet été. Après presque onze mois d’absence, le bai brun, qui s’est notamment consacré à la monte en frais une partie de la saison, a repris du service aux rênes de Corentin Derouet fin juillet, du côté de Saint-Lô. Depuis, il a effectué sept sorties supplémentaires, pour reprendre ses marques jusqu’à 1,40m. Fils de Comme Il Faut et petit-fils de Tangelo van de Zuuthoeve, Neymar B a débarqué en France en 2024, après avoir effectué une partie de sa formation aux rênes d’Andrea Marchese. Selon les données du SIRE, il a honoré cinquante-quatre saillies en 2025 et plus d’une quarantaine ont pour l’heure été déclarées en 2026. Plusieurs bonnes juments lui ont d’ailleurs été adressées, comme, par exemple, Komet Rock Queen HJD, une soeur utérine du champion de France Hard’Rock Queen HJD, ou encore Qadillac du Heup, créditée d’un ISO 167 avec Bernard Briand Chevalier et vue jusqu’en équipe de France.

Remarqué l'an dernier à sept ans, Neymar B a repris la compétition après plusieurs mois d'absence. © Mélina Massias
Photo à la Une : Après quelques mois de pause, le prometteur Chagrin d’Amour est de retour en piste sous la selle de Lillie Keenan. © Sportfot















