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Julien Epaillard étoffe son palmarès d’un premier titre de champion de France Pro Elite !

Julien Epaillard a décroché son premier titre de champion de France en révélant l'exceptionnel Hard'Rock Queen HJD aux yeux du grand public.
Sport samedi 25 avril 2026 Jocelyne Alligier

Au terme d’un match entre habitués de l’équipe de France et sérieux prétendants, Julien Epaillard a fait parler la hiérarchie en dévoilant sa nouvelle pépite, Hard’Rock Queen HJD, pour gagner le titre national qui lui avait échappé jusqu’alors. Cédric Hurel, vice-champion de cette édition poursuit sa belle histoire avec son cher Fantasio Floreval, tandis qu’Inès Joly, associée au bondissant Come On est la cheffe de file d’une jeune génération pleine de promesses.

Les cavaliers de tête du jumping tricolore ont répondu présents pour l’édition 2026 du Master Pro Elite, à l’exception notable de la tenante du titre et numéro six mondial : Nina Mallevaey. Après deux semaines en France, où elle a participé aux CSI 3* de Compiègne Classic et de Nancy Jump’Est, elle a retraversé l’Atlantique pour participer aux CSI 5* de Lexington puis de Monterrey. Sur la magnifique piste en herbe du terrain d’Honneur de Fontainebleau, soixante-six couples se sont lancés dans la quête du titre national. Pour la première étape, disputée au barème C, le chef de piste Yann Royant a monté un parcours roulant, autorisant les plus audacieux à de belles galopades. Un jeu auquel excellent les cavaliers les plus expérimentés, comme les deux Normands Julien Anquetin et Julien Epaillard, qui ont signé les meilleurs chronomètres, respectivement aux rênes de Blood Diamand du Pont (Diamant de Semilly), le cheval le plus capé de ce championnat, et Hard’Rock Queen HJD (Lauterbach), mais chacun au prix d’une faute. C’est Olivier Perreau, en selle sur Himalaya du Temple (Toulon), qui s’est imposé comme leader provisoire après avoir enregistré un score parfait, dans un tempo soutenu. 

Comme Hard’Rock Queen HJD, Himalaya du Temple, née chez Guy Martin, était l’une des onze concurrents âgés de neuf ans au départ de ce championnat. Mathieu Billot avait aussi misé sur cette génération avec Cosacara (Windows vh Costersveld, alias Cornet Obolensky), cinquième de la Chasse après un tour très rapide sanctionné d’une faute. 

Vainqueur de la Chasse avec Himalaya du Temple, Olivier Perreau n'a pu éviter une faute lors de la seconde manche de la finale. © Mélina Massias

Avec vingt-trois couples séparés par moins d’une barre, tout restait possible pour l’ultime étape, disputée en deux manches, samedi 25 avril. Sous un beau soleil et devant des tribunes bien garnies, malgré une première manche programmée à l’heure du déjeuner, les cavaliers ont pu profiter de tout l’espace du terrain d’Honneur pour dérouler leur parcours. Celui-ci fut technique, exigeant et surtout bien pensé par le chef d’orchestre du jour. De quoi offrir quelques déconvenues, comme pour Julien Anquetin, fautif à deux reprises avec Blood Diamond du Pont dès l’acte initial. Sur un parcours totalement différent, la dernière manche présentait encore un triple très sélectif et surtout, en ultime saut, un vertical tricolore surmonté d’une palanque rouge, juge de paix pour l’accès à la médaille d’or ! Plusieurs anciens titrés se sont bien défendus, comme Edward Levy, sixième avec Griss de Kerglenn, enregistrée comme Origines constatées, mais remarquablement bien née puisque fille du Westphalien Cristallo et de la toute bonne Driss de Kerglenn (Mylord Carthago), elle-même issue de la prestigieuse lignée de Betty de Kreisker (Muguet du Manoir). 

Bonne opération aussi pour Cédric Hurel avec son fidèle complice Fantasio Floreval (Florian de la Vie). Après leur titre de champions il y a deux ans, tous deux décrochent cette la deuxième place de cette édition. 

Belle deuxième place pour Cédric Hurel et Fantasio Floreval, qui avaient déjà ravi le titre deux ans plus tôt. © Mélina Massias

Il faut dire que le match entre les deux médaillés de bronze par équipe des Jeux olympiques de 2024 a tourné au profit de Julien Epaillard, impeccable sur ses deux prestations lors de la finale avec le fort prometteur Hard’Rock Queen HJD, qui a pu pleinement révéler son immense talent aux yeux de tous. De son côté, Olivier Perreau n’a pu éviter une faute d’Himalaya du Temple, ironie du sort sur l’obstacle de son partenaire GL Events ! Le couple, qui est associé depuis deux ans, termine néanmoins à une bonne cinquième place. La jument baie foncée appartient à Claude Astier, fondateur du club familial de la Sauvageonne, organisateur de nombreux concours près de Villefranche-sur-Saône. À noter qu’elle présente un intéressant inbreeding sur Heartbreaker, par son père Toulon, et son père de mère, Radieux. 

Julien Epaillard était pour le moins heureux de se hisser sur la première marche du podium du championnat de France Pro Elite à Fontainebleau ! © Mélina Massias



Aux portes du podium, Sara Brionne a effectué une très belle remontée avec Grand Duc du Paradiso (Vagabond de la Pomme), au mérite d’un double sans-faute impressionnant d’aisance et de domination. Parfaitement à l’écoute de sa cavalière, déployant un style parfait avec force et souplesse, l’étalon de dix ans était l’un, si ce n’est le meilleur cheval du championnat. Il n’a manqué que quelques centièmes à la paire, déjà impeccable lors de la Chasse inaugurale, pour décrocher la médaille de bronze. Celle-ci est finalement revenue à Inès Joly et le démonstratif Come On (Comme Il Faut), qui avaient enregistré un chronomètre de 73’’21 vendredi, contre 73’’35 pour leurs dauphins du jour. Comme Sara Brionne et son stratosphérique Grand Duc du Paradiso, qu’elle a construit patiemment et avec soin au fil des années, Inès Joly et Come On n’ont pas renversé la moindre barre du week-end. Tous deux ont été… les seuls à faire aussi bien ! 

Après ses anciens succès bellifontains en équipe poney, la Stéphanoise a donc retrouvé avec plaisir le podium sur ce site. “J’ai Come On depuis qu’il a sept ans. J’ai toujours adoré sa réactivité et son intelligence de la barre. Nous nous demandions s’il aurait tous les moyens, mais je crois qu’il a prouvé qu’il avait la trempe d’un grand cheval, même s’il est petit par la taille !”, a-t-elle loué au sujet de son bai, régulièrement classé à 1,50m et même en Grand Prix 4*. “J’aimerai beaucoup le conserver et essayer d’aller au plus haut niveau !” 

Inès Joly a remporté le bronze avec Come On. © Mélina Massias

Même s’il a déjà vécu des succès plus prestigieux sur la scène internationale, à l’image de sa médaille de bronze européenne, décrochée à Milan avec Dubaï du Cèdre, Julien Epaillard n’a pas boudé sa joie, partagée avec le public. Jusqu’à présent, ce titre de champion de France lui avait toujours échappé. Le remporter, qui plus est sur l’herbe, a eu une saveur toute particulière pour lui. “J’ai eu de très bonnes sensations : on n’entend pas les chevaux galoper et la piste reste la même, que l’on passe en premier ou en dernier ! Cette nouvelle génération de piste en herbe pourrait bien me réconcilier avec cette surface !”, s’est amusé celui qui s’était écarté de ce type de terrain après avoir retiré les fers de la plupart de ses montures.  

Quelle révélation pour ce fils de Lauterbach au talent démesuré ! © Mélina Massias

Avant ce rendez-vous, Hard’Rock Queen HJD, élevé par Céline Baron, dans le Sud, n’avait sauté qu’une fois sur l’herbe, à la Haye Pesnel, sous la selle de son ancien cavalier, Alain Bourdon ! De là à imaginer son champion du jour, qu’il ne monte que depuis le mois de janvier, galoper vers un autre titre sur une belle piste enherbée comme celle d’Aix la Chapelle ? Il n’y a, semble-t-il, qu’une foulée que le Normand espère bien franchir avec brio. “Je crois beaucoup en Hard’Rock, même si je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Je suis vraiment épaté par sa prestation. Hard’Rock est un cheval dont Alain Bourdon m’avait parlé l’année dernière, à Dinard. Il m’a dit qu’il pensait avoir un véritable crack dans ses boxes, et qu’il voudrait me le confier en 2026. Il m’a rappelé dans l’hiver, mais malgré le fait que j’adorais son cheval, j’étais débordé et n’avais pas de place pour lui. Juste avant de partir à Oliva, l’un de mes chevaux s’est blessé, donc je lui ai proposé de m’amener Hard’Rock… qui n’est jamais reparti ! Après quelques sauts, je lui ai dit que ce cheval était un véritable extra-terrestre. Je ne me prends pas pour Éric Navet, mais il a bien remporté les Mondiaux avec un cheval de huit ans (Quito de Baussy, en 1990 à Stockholm, ndlr). Je dis ça, je ne dis rien…”, a-t-il lancé dans un regard mi-rieur, mi-sérieux en direction d’Edouard Coupérie, sélectionneur des Bleus. 

Et le fait est que l’entente du nouveau couple s’est concrétisée par une première victoire dans un Grand Prix 3* à Oliva, fin mars. Propriété d’Alain Bourdon et de sa naisseuse, Céline Baron, Hard’Rock Queen HJD est un fils de Lauterbach d’une jument par l’Irlandais Coolcorran Cool Diamond, sur une souche de l’élevage de Thurin, celle de Son Altesse. Bon sang ne saurait mentir !

Julien Epaillard galope sereinement vers ses prochains objectifs avec son phénomène Hard'Rock Queen HJD. © Mélina Massias

Les résultats complets.

Photo à la Une : Julien Epaillard a décroché son premier titre de champion de France en révélant l'exceptionnel Hard'Rock Queen HJD aux yeux du grand public. © Mélina Massias

Les épreuves des championnats de France sont à (re)voir sur GRANDPRIX.tv.