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Pour Théo Ogorzaly, une première réussie au niveau 5*

Théo Ogorzaly se souviendra longtemps de ses débuts au niveau 5*, marqués par une victoire à Lyon !
Sport jeudi 5 novembre 2026 Mélina Massias

Il y a sept ans, Théo Ogorzaly faisait ses premiers pas sur la scène internationale. Fin octobre 2026, le Mosellan a remporté sa première épreuve labellisée 5*, pour son galop d’essai à ce niveau. Sur la piste d’Eurexpo, le cavalier de vingt-six ans, installé au sein des écuries Leprevost, a fait retentir la Marseillaise grâce à son tout bon Goya Batilly, un hongre de dix ans par Montender. Retour sur le week-end pas comme les autres en terres lyonnaises et le parcours de ce grand fan de sports.

Disputer son premier CSI 5* face à son public n’a rien d’anodin. Calme et visiblement dans son élément, Théo Ogorzaly, vingt-six ans, n’a pas tremblé. Sélectionné pour disputer les épreuves intermédiaires du label phare du CHI Longines Equita Lyon, le bras droit de Pénélope Leprevost n’a pas laissé passer sa chance, en s’offrant une Marseillaise, samedi 31 octobre dans la matinée. La veille, le natif de Lorraine s’était déjà classé deuxième, dans une autre Vitesse à 1,50m. “Le bilan est très positif”, confirme le jeune homme. “Il s’agissait de mon premier CSI 5* et de mon premier Equita Lyon ; je suis évidemment hyper content. Mon cheval a été formidable et nous avons enregistré de bons résultats. Je n’aurais pas pu rêver mieux ! J’espérais évidemment réussir de bonnes performances en venant à Lyon, mais je ne m’attendais pas forcément à décrocher une victoire et une deuxième place. Pour l’instant, je crois que je ne me rends pas vraiment compte de ce qui s’est passé. Je regarde régulièrement les CSI 5* et me dire que j’ai réussi à gagner à ce niveau est très chouette !” 

Théo Ogorzaly s'est fait remarquer pour sa première apparition au niveau 5*. © Mélina Massias

Goya Batilly, un partenaire qui se donne à 200 %

Dans cette victoire, Théo Ogorzaly a pu compter sur son meilleur partenaire, Goya Batilly, un hongre de dix ans né chez Jean-Claude Viollet. Fruit du croisement entre Montender et Toscanina Batilly, une fille de L’Arc de Triomphe, le bai est issu de la souche 56 du stud-book Selle Français. Sans volonté d’exhaustivité, cela le lie génétiquement à l’étalon performer Ultimo van ter Moude, l’attachant Bornthis Way Chapelle, Kikuyu du Coty, qui a concouru en Grand Prix 5* avec Olivier Guillon et fut une bonne gagnante à 1,50m, Manneken du Coty, vue jusqu’à 1,60m sous bannière britannique, Amethyste du Coty, complice de Luca Maria Moneta, ou encore aux jeunes étalons Hugo d’Authou et Elyas, remarqué cette année à Fontainebleau dans le championnat réservé aux mâles de cinq ans sous la selle d’Eddy Seguin-Maure. 

À Eurexpo, Goya Batilly, lui, a enregistré ses plus beaux résultats. “C’est un cheval formidable au quotidien. Il est extrêmement gentil et je le compare souvent à un chien tellement il est adorable ! En revanche, il a vraiment du tempérament monté. C’est un guerrier. Il se donne à 200 % à chaque parcours et a un cœur immense. Je pense que c’est sans doute sa plus grande qualité. Je prends vraiment du plaisir à le monter et à dérouler des parcours avec lui”, sourit le jeune homme, qui est associé à son studieux bai depuis avril 2025. Formé par Gabriel Laruel puis Julien Alvarez et mené jusqu’à ses premiers classements à 1,45m par Reynald Angot, le Selle Français a intégré l’écurie Leprevost au printemps 2025. Depuis, il a continué sa progression avec régularité. Sous la selle de Théo Ogorzaly, le hongre avait déjà obtenu de bons résultats : deuxième du Grand Prix 3* du Pin en juin, la paire était aussi appelée à la remise des prix d’épreuve intermédiaires à Gassin et Vejer de la Frontera en début d’année, ou encore au CSI 4* de Chantilly Classic durant l’été. Son succès en terres lyonnaises n’est donc pas une surprise.

Goya Batilly a obtenu plusieurs bons classements ces derniers mois, jusqu'en Grand Prix 3*. © Sportfot



“J’ai commencé dans un club, puis j’ai gravi les échelons petit à petit”

Cette saison, les résultats de Goya de Batilly ont concrétisé le parcours de son cavalier. Son aventure équestre est née quelque peu fortuitement, d’une passion commune à nombre de jeunes enfants. “J’ai commencé dans un club, puis j’ai gravi les échelons petit à petit”, expose Théo Ogorzaly. “J’aime le lien que l’on peut créer avec l’animal, et surtout, j’adore le sport. Je n’ai jamais eu de doute sur la voie à suivre, mais si je n’avais pas été cavalier, j’aurais sûrement pratiqué un autre sport.” Le jeune homme a d’abord fait ses armes en Lorraine, dans une écurie de propriétaire, où il montait des chevaux dans de petites épreuves afin de les mettre dans les meilleures dispositions pour leurs propriétaires. “Je me suis ensuite davantage tourné vers le commerce, avec Simon Lorrain, avant de rejoindre Edward Levy en Normandie”, détaille-t-il. Après un détour par le haras de Clarbec, Théo Ogorzaly s’est “naturellement” fait une place au sein de la structure de Pénélope et Eden Leprevost. “J’ai monté un premier cheval, puis un deuxième, et me voilà aujourd’hui”, ajoute-t-il. 

Le Mosellan a fait ses débuts en centre équestre et a gravi les échelons jusqu'à la Normandie. © Mélina Massias

Depuis, son rôle a pris de l’ampleur. Aujourd’hui, le pilote est à la tête d’un intéressant piquet de montures. “J’ai actuellement huit chevaux sous ma selle à la maison, et j’en monte aussi d’autres au pied levé en concours. Notre système est assez classique. Nous sommes axés sur le commerce et nous avons des cavaliers qui montent les chevaux à la maison sur le plat lorsque nous ne sommes pas là. J’ai la chance que Goya appartienne à de super propriétaires, qui m’ont permis d’arriver jusqu’à mes premières épreuves 5* avec lui”, résume le cavalier de vingt-six ans, qui espère voir la relève de son cheval de tête émerger dans un futur plus ou moins proche. Cette saison, il a ainsi présenté sur la scène internationale Feeling de Coquerie, un frère utérin de l’excellent Coquin de Coquerie, alias Hello Vincent, de Scott Brash, passé sous selle belge depuis quelques semaines, mais aussi la jeune Ilotta de St Gatien. Âgée de huit ans, cette Selle Français est une fille d’Eldorado vd Zeshoek et une petite-fille de Baloubet du Rouet. Conthargos Star (Conthargos x Calvaro), classé à 1,35m à huit ans, fait aussi partie de son effectif, tout comme le prometteur Joyau DK (Mylord Carthago x Diamant de Semilly), un frère utérin de la compétitive Give Me One Reason DK de Marie Pellegrin, ainsi que le tout bon Good Cornet du Mouilloir (Windows vh Costersveld, alias Cornet Obolensky x Darco). Né au sein de l’élevage de Philippe Demarquilly, le gris, formé de A à Z par Julie Demarquilly, qui l’a mené jusqu’à ses premiers Grands Prix Pro Elite à 1,50m, a fait ses débuts avec le Lorrain début octobre. 

Joyau DK, sept ans, fait partie du piquet du cavalier de vingt-six ans. © Mélina Massias

Bis repetita à Bordeaux ?

Au cours de son aventure au cœur des écuries Leprevost, débutée en 2024, Théo Ogorzaly a croisé la route de Bingo del Tondou, associé à Regis Bouguennec depuis avril, mais aussi du regretté Baloubet de Talma, septième de la Coupe du monde de Lyon et cinquième de celle de Londres en 2025. Disparu avant l’été, le bouillonnant alezan a marqué le jeune Tricolore, qui avait aussi un temps monté un certain Enjeu de Grisien. “C’était un cheval spécial. Il avait un côté un peu foufou, il était plein de sang et avait tous les moyens. Il était extraordinaire”, loue-t-il. 

Désormais, et après des débuts réussis au niveau 5*, celui qui dit admirer nombre de ses pairs, en particulier Steve Guerdat, Harrie Smolders et Richard Vogel, n’a qu’une envie : poursuivre sur sa lancée. Dans sa ligne de mire ? Les CSI 4* de Rouen et Saint-Lô et 3* de Paris, dans le cadre du salon du cheval. “J’aimerais bien disputer le CSI 5*-W de Bordeaux en début d’année prochaine”, complète Théo Ogorzaly, également mordu de football. “Cela pourrait être un objectif.”

Théo Ogorzaly a, un temps, été le cavalier du singulier et regretté Baloubet de Talma. © Pixels Events

Photo à la Une : Théo Ogorzaly se souviendra longtemps de ses débuts au niveau 5*, marqués par une victoire à Lyon ! © Mélina Massias