À Londres, un champion olympique bat une vice-championne d’Europe pour dix-huit centièmes !
Avec un barrage fleuve ayant réuni quatorze paires, le public londonien qui a assisté au Grand Prix 5* de l’étape locale du Longines Global Champions Tour a été servi. Si ce nombre est sans doute excessif aux yeux des puristes, il a au moins eu le mérite de déboucher sur un duel de rêve entre le champion olympique Checker 47 et la double vice-championne d’Europe en titre Hello*Folie de Nantuel. Sous la selle de Christian Kukuk, le premier, déjà lauréat de cette même épreuve l’an dernier, l’a finalement emporté, repoussant Scott Brash et sa pépite française en deuxième position. Malgré la grande forme affichée par l’Allemagne, la troisième place est revenue au Britannique Harry Charles, qui présentait pour la première fois à ce niveau Ballypatrick Tiberius, révélé l’été dernier par le complétiste Gaspard Maksud.
D’ordinaire si flegmatique et impassible, l’Ecossais Scott Brash s’est laissé aller à quelques effusions de joie, dimanche 9 août à Londres. Engagé dans le Grand Prix du Longines Global Champions Tour de Londres, dixième étape de la saison régulière du circuit co-fondé par Jan Tops, le numéro quatre mondial venait de boucler un barrage exceptionnel sur sa bondissante et rugissante Hello*Folie de Nantuel. Brillante de bout en bout, la fille de Luidam et Thara Nantuel était à rien d’offrir un nouveau succès à la famille Deuquet, qui l’a fait naître il y a onze ans dans le Berry. Face à son public, le quadragénaire, qui a retrouvé son état de grâce depuis l’an dernier, aurait aimé s’imposer et ajouter un cinquième Grand Prix 5* à sa collection printemps-été 2026, mais son chronomètre, fixé à 42’’32 a finalement été battu de dix-huit petits centièmes. Comme à La Corogne, où elle était doublement médaillée d’argent aux championnats d’Europe il y a un an presque jour pour jour, l’exceptionnelle Selle Français s’est contentée du deuxième rang.

La bondissante Hello*Folie de Nantuel a frôlé la victoire à Londres. © Ljuba Buzzola / LGCT
Si cette deuxième place n’était pas celle espérée dans cette épreuve dotée d’un million d’euros, soit la somme la plus élevée jamais vue dans un Grand Prix outre-Manche, Scott Brash avait le sourire. “Hello Folie me ravit ! Elle a été absolument exceptionnelle aujourd’hui. Nous avons été battus par un couple très expérimenté ; je ne peux pas me plaindre. Bien sûr, décrocher la victoire ici aurait été incroyable, mais je suis enchanté par la performance de ma jument. Elle est merveilleuse. Elle adore aller vite ; il faut simplement lui dire quoi faire et elle dit oui ! Elle a les yeux rivés sur les obstacles et la monter au barrage est un pur bonheur”, s’est enthousiasmé Scott Brash, enchanté d’avoir senti tout le soutien du public. L’ancien numéro un mondial a vu sa patience être récompensée, lui qui a grandement préservé son alezane cette saison et ne l’avait, jusqu’alors, engagée que dans quatre épreuves de ce niveau cette année.
Les champions olympiques confirment leur retour en forme et conservent leur dû
Finalement, la victoire est revenue aux vainqueurs sortants de ce Grand Prix 5* londonien. En effet, si Christian Kukuk et Checker 47 ont joué de malchance ces derniers mois, leur forme semble revenue au beau fixe. Les champions olympiques, qui étaient restés aux portes du barrage entre août 2025 et juillet 2026 à ce niveau, ont retrouvé le goût de la victoire, là-même où ils s’étaient imposés un an plus tôt. Nerveux en attendant le dénouement du barrage et après avoir bouclé le sien en 42’’14, l’Allemand, troisième à Riesenbeck mi-juillet et réserviste de la Mannschaft pour les Mondiaux d’Aix-la-Chapelle avec son gris, est tombé dans les bras de son mentor, Ludger Beerbaum, après le passage du quatorzième finaliste du jour.

Même si Christian Kukuk vole aujourd'hui de ses propres ailes, celui à qui il doit tout ou presque, un certain Ludger Beerbaum, n'est jamais loin. © Sportfot
“Je suis extrêmement, extrêmement heureux”, s’est ému le numéro dix mondial, qui a, une fois de plus, pu compter sur son remarquable fils de Comme Il Faut de seize ans. “Je m’étais imposé ici l’an passé, et réussir un doublé est toujours spécial. La situation était semblable à celle de la dernière édition. J’ai vu le parcours de Scott et j’ai su qu’il fallait encore une fois que je donne tout. Dans ces moments-là, Checker est exceptionnel. On dirait qu’il arrive à sentir tout l’enjeu et que cela lui donne un petit supplément d’âme pour faire des choses extraordinaires. J’ai monté le dernier obstacle de façon irréelle, mais il a quand même réussi à laisser la barre sur les taquets ! C’est pour cela qu’il est l’un des meilleurs chevaux du monde.” Avec ce nouveau succès, Checker 47, sacré champion olympique à Paris en 2024, porte son total de victoires en Grands Prix 5* à six.

Christian Kukuk a pleinement profité de la foule et de l'ambiance londonienne. © Sportfot
Un temps en tête, Harry Charles complète le trio de tête aux rênes de Ballypatrick Tiberius, un bondissant hongre par Caligula. Associés depuis la fin de l’année 2025, tous deux n’avaient jamais sauté au-delà d’1,50m. Le bai avait, lui, disputé un seul et unique Grand Prix à 1,55m, en septembre dernier, et s’était imposé, aux rênes de son ancien pilote : le complétiste Gaspard Maksud ! Si le Français, installé en Grande-Bretagne de longue date et sélectionné dans sa discipline pour les Mondiaux d’Aix-la-Chapelle cette semaine, avait révélé une partie du potentiel qui sommeillait en son petit-fils de Messenger, il a fallu du temps à Harry Charles et au bouillonnant représentant du stud-book OS pour faire couple. Finalement, là encore, la patience a payé et la paire a signé un coup de maître pour sa grande première à ce niveau.

Quelle première au plus haut niveau pour Harry Charles et Ballypatrick Tiberius ! © Ljuba Buzzola / LGCT
L’Allemagne comme chez elle à Londres
Avec leur chronomètre de 43’’29, Harry Charles et Ballypatrick Tiberius ont devancé un solide tir groupé allemand. Celui-ci a été emmené par nulle autre que la championne de concours complet et gagnante en jumping en Grand Prix 5* Sandra Auffarth. Partie en début de barrage, l’amazone a coupé les cellules en 43’’47 sur son tout bon Quirici H, quinze ans. En 43’’75, Maximilian Weishaupt la suit de près sur Zuccero, champion d’Europe par équipe en 2023 avec Rolf-Göran Bengtsson. Enfin, Christian Ahlmann a lui aussi signé deux parcours parfaits sur le merveilleux Untouched LB, de plus en plus régulier au plus haut niveau.
Septième et double sans-faute, Edwina Tops-Alexander confirme son excellente entente avec Caetlin vd Heffinck, qu’elle avait guidée à la deuxième place du temps fort d’un CSI 4* joué à Valkenswaard fin juillet, après avoir concédé une faute dans chacun de ses deux premiers Grands Prix 5* à ses côtés. Alors qu’il n’avait plus disputé la moindre épreuve de ce niveau depuis sa cinquième place à Miami, et qu’il est resté éloigné des pistes de compétition de mi-mai à début juillet, le crack Beauville semble être de retour ! Sous la selle de son indissociable cavalier, Maikel van der Vleuten, le petit bai, médaillé de bronze aux Jeux olympiques de Paris et Tokyo ainsi qu’aux Mondiaux de Herning, n’a pas mis une barre à terre et s’est hissé à la huitième position. Juste derrière lui, le prometteur Sea Coast*Qarvaljo d'Or a enregistré le dernier double clear round de l’après-midi aux rênes de Gudrun Patteet, après avoir laissé entrevoir de bonnes choses ces derniers mois, comme à Riesenbeck ou Hambourg, où il terminait troisième du Grand Prix 5*.
Avec une faute chacun, Eduardo Pereira de Menezes, Emanuele Gaudiano, Denis Lynch et Niels Bruynseels occupent les rangs dix à treize sur H5*Londontime, Chalou’s Love PS, Cordial et Chacco’s Lando OL, tandis que Henrik von Eckermann et King Edward Ress ont essuyé deux fautes et ferment le classement en quatorzième position.
Photo à la Une : Déjà vainqueur du Grand Prix 5* du Longines Global Champions Tour de Londres en 2025, Checker 47 a remis le couvert en 2026. © Sportfot














