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À Rabat, Angelica Augustsson Zanotelli offre enfin à Calvino II de Nyze les lauriers qu’il mérite

Iron Dames*Calvino II de Nyze a été porté au rang qu’il mérite par Angelica Augustsson-Zanotelli, celui de gagnant en Grand Prix 5*.
Sport lundi 2 novembre 2026 Mélina Massias

Calvino II de Nyze fait partie de ces chevaux qui sortent du lot. Derrière son look de premier de la classe, l’envoûtant bai brun est avant tout pétri de qualités. Après les avoir laissées entrevoir sous la selle de Thibeau Spits il y a deux ans, il les a enfin confirmées avec Angelica Augustsson-Zanotelli, en remportant le Grand Prix 5* de Rabat, doté de plus d’un demi-million d’euros. Grâce au meilleur double sans-faute de l’après-midi, la perle de l’élevage de la famille Nijs a supplanté Cordial, passé tout près de la plus belle victoire de sa carrière du haut de ses dix-sept ans avec Denis Lynch, et Untouched LB, auteur du meilleur chronomètre mais sanctionné d’une faute sous la guidance de Christian Ahlmann.

Avril 2024. Sur la plage de Miami, Calvino II de Nyze prend le départ du deuxième Grand Prix 5* de sa jeune carrière. Toupet au vent, look de poney prodige, passage de queue spectaculaire ; le bai brun ne laisse personne indifférent. Sous les yeux de ses naisseurs et propriétaires d’alors, Jens et Danny Nijs, le jeune étalon, dix ans à l’époque, boucle un superbe sans-faute, qui le qualifie pour le barrage aux rênes de Thibeau Spits. Il y laissera deux barres à terre, pour se classer neuvième. Après ce résultat, et les promesses entrevues, le fils de Calvaro et Urmina (Heartbreaker) a mis du temps avant de confirmer au plus haut niveau. Il faut dire que l’étalon Zangersheide a prématurément quitté la Belgique, pour rejoindre, dans un premier temps, l’Allemagne et Janne-Friederike Meyer-Zimmermann, puis la bannière suédoise d’Angelica Augustsson-Zanotelli. En un peu plus d’un an d’association, et après une pause de quatre mois en début d’année, le couple semble avoir trouvé son rythme de croisière. Pour preuve, à Rabat, les deux complices ont conquis leur première victoire, dans le Grand Prix 5* du Longines Global Champions Tour (LGCT), dimanche 1er novembre.

En sortie de piste, Angelica Augustsson-Zanotelli a remercié son complice d'un câlin. © Jan Vlcek / LGCT

La famille Nijs au firmament

Première à avoir trouvé les clefs du sans-faute dans l’acte initial, Angelica Augustsson Zanotelli a eu la délicate tâche d’ouvrir la finale au chronomètre. Sur son bondissant et styliste Calvino II de Nyze, propriété des écuries Iron Dames, la Scandinave a déroulé un second tracé parfait, et coupé la ligne d’arrivée en 47’’91. Le duo a ainsi mis ses huit adversaires directs face à un défi qu’aucun n’est parvenu à relever. Lorsque le sort a finalement été scellé, avec la faute concédée par Harry Allen dès le numéro deux du parcours raccourci, Marlon Modolo Zanotelli, alors en bord de piste pour suivre le dénouement de cette épreuve, a foncé à grandes foulées, les bras ouverts, vers son épouse, laissant émaner une fierté infinie pour sa performance. En larmes, tous deux se sont longuement enlacés avant de partager leur joie communicative avec tout le monde. Il faut dire que l’excellente amazone n’avait plus vécu pareil triomphe depuis sa victoire dans l’étape de la Coupe du monde d’Helsinki aux rênes de sa bouillonnante Kalinka van de Nachtegaele, il y a quatre ans ! 

Moment suspendu entre Angelica Augustsson Zanotelli et son époux, Marlon Modolo Zanotelli. © Jan Vlcek / LGCT

“Cela faisait longtemps que je n’avais plus remporté de Grand Prix 5*, et retrouver le goût de la victoire à ce niveau à Rabat est incroyablement spécial. Je suis submergée. C’est plus que ce à quoi je m’attendais aujourd’hui. Je suis extrêmement reconnaissante envers mon cheval, toute l’équipe, Déborah (Mayer, ndlr) et des Iron Dames, grâce à qui j’ai la chance de monter ce cheval exceptionnel. Il l’est vraiment. La manière dont il entre en piste et se bat pour moi… il fait tout ce qu’il peut pour laisser les barres sur les taquets. Ressentir qu’un cheval aime ce qu’il fait est spécial. Et j’ai ce sentiment avec Calvino. Il mérite tellement cette victoire”, a déclaré Angelica Augustsson-Zanotelli, les yeux humides, sans manquer de souligner l’importance des personnes qui l’entourent au quotidien dans sa réussite. Et si l’ancienne cavalière de Mic Mac du Tillard était aux anges, comme les fans de son incroyable partenaire équin, la famille Nijs, qui croit tant en cette souche, devait l’être tout autant. Quelle réussite pour leur élevage belge, qui décroche là une deuxième victoire en Grand Prix 5* cette année, après celle d’un certain Crack de Nyze, alias Landon de Nyze, il y a quelques semaines de l’autre côté de l’Atlantique.

À dix-sept ans, Cordial écrit les plus belles lignes de son palmarès

Outre les gagnantes du jour, seuls Denis Lynch et Cordial sont parvenus à enregistrer un double sans-faute dans cette ultime étape de la saison régulière du LGCT. Si l’utilisation de certaines aides artificielles, en particulier celle répétée de la cravache, mérite d’être remise en cause, force est de constater que le couple enchaîne les performances les unes après les autres. Le secret de l’Irlandais réside peut-être dans sa gestion sportive de l’ancien partenaire de Mégane Moissonnier. Surpuissant mais pas toujours le plus allant, l’étalon de dix-sept évolue au plus haut niveau avec parcimonie, mais ne manque jamais le coche. Cette année, ses sorties internationales se résument, en tout et pour tout, à dix apparitions, dont sept au niveau 5*, où il a sauté à chaque fois deux épreuves. Le reste du temps ? Le fils de Casall est confié aux bons soins de Sarah Lynch, la fille de Denis. Sur des parcours à moins d’1,40m, elle permet au Holsteiner, propre frère du magique Cashpaid J&F, lui aussi au sommet de son art ces derniers temps, de souffler et de sauter avec facilité. Résultat, Cordial s’est qualifié pour le barrage de six des sept Grands Prix 5* qu’il a courus en 2026, et a terminé deux fois deuxième. Arrivé à destination en 48’’02, le fils d’Unschuld a frôlé ce qui aurait été sa toute première victoire au plus haut niveau. À charge de revanche ?

Fortement sollicité par Denis Lynch, qui a passé sa main sur ses flancs avant de quitter la piste en première manche, Cordial est passé à un crin d'une victoire en Grand Prix 5*. © Ljuba Buzzola / LGCT



En enregistrant le meilleur chronomètre - 46’’24 -, Christian Ahlmann a lui aussi failli offrir un premier triomphe à un autre crack, nommé Untouched LB. Si une première place aurait été un très beau clin d’œil à son père, United Touch S, qui se bat actuellement pour combattre une grave infection, son troisième rang n’en reste pas moins honorable. Brillant en première manche, l’étalon de tout juste dix ans ne tardera pas à conquérir la plus haute marche d’un podium 5*. Cela ne semble même être qu’une question de semaines, voire de mois. Peu importe quand arrivera l’avènement, Lena Bieler sera au premier rang pour applaudir celui qu’elle a fait naître et qui a tout bonnement changé son destin.

Quelle démonstration d'aisance de la part du crack Untouched LB ! © Ljuba Buzzola / LGCT

Des réglages et de l’harmonie à trouver pour Ciaran Nallon et Iglesias D.V.

Avec chacun quatre points au compteur, Harry Allen et Philipp Weishaupt se classent respectivement quatre et cinquième. L’Irlandais misait sur Edison de Hus, un Selle Français par Contodo, alias HH Conrad de Hus, qui déboule à haut niveau comme un boulet de canon cette année. Avant 2026, le hongre de douze ans n’avait guère disputé que deux épreuves à plus d’1,50m, puis avait quasiment disparu de la scène internationale pendant deux ans. Le voilà de retour, plus en forme que jamais. Pendant que Hercule de Hus, alias Party In de Hus, éblouissait Lyon, le frère utérin du compétitif Esteban de Hus et neveu de Tinka’s Boy offrait à Harry Allen son deuxième plus beau résultat en Grand Prix 5*, derrière la deuxième place que lui avait permis de décrocher Calculatus à Doha en mars 2024. Quant à Philipp Weishaupt, Callao L, neuf ans, a confirmé son potentiel, pour sa toute première apparition à ce niveau. 

Faisant sans doute office de favoris, Sophie Hinners et Iron Dames*Singclair se sont inclinés avec huit points au barrage, pour terminer sixièmes. Plus vu depuis Calgary, le fils de Singular LS La Silla a repris des couleurs et surtout presque retrouvé sa fiabilité habituelle, après avoir concédé douze points dans le Majeur de Spruce Meadows et s’être écroulé en fin de championnat aux Mondiaux d’Aix-la-Chapelle. Avec le même score au barrage, Pieter Devos et Primo DV, les gagnants du Grand Prix Rolex de Dinard, se rangent juste derrière eux et devant Sanne Thijssen et Cupcake, qui n’ont pu éviter de pousser cinq barres au sol. Ciaran Nallon et Iglesias DV ferment la marche en neuvième place, après avoir achevé leur second parcours avec trente et un points. Pour leur premier Grand Prix 5*, l’Irlandais des écuries Beerbaum et l’ancien partenaire d’Olivier Robert se sont montrés encore fébriles. Ils ont écopé d’un refus sur le numéro 3 puis d’une barre à l’entrée de la combinaison, avant d’en terminer tant bien que mal, sans grande harmonie et avec des défenses assez fortes de la part du bai face aux actions de son cavalier, notamment à la réception du dernier. 

Ciaran Nallon et Iglesias D.V. ne se sont pas compris au barrage. © Ljuba Buzzola / LGCT

Déjà assuré de son rang, Abdel Saïd a officiellement célébré sa victoire au classement général du LGCT, devant Christian Ahlmann et Denis Lynch.

Les résultats complets.

Photo à la Une : Iron Dames*Calvino II de Nyze a été porté au rang qu’il mérite par Angelica Augustsson-Zanotelli, celui de gagnant en Grand Prix 5*. © Ljuba Buzzola / LGCT