“Professionnellement et personnellement, j’ai vécu la meilleure année de ma vie en 2026, mais aussi la plus intense !”, Léonie Peeters (2/2)
Léonie Peeters n’est peut-être pas (encore) la cavalière la plus connue de la liste des engagés du CSI 5*-W de Lyon. Pourtant, la jeune trentenaire n’en finit plus de grimper les échelons. Cette année, elle s’est vu accorder la confiance de Peter Weinberg pour porter la veste rouge de l’équipe Belge dans les Coupes des nations des CSIO 5* d’Hickstead et Calgary. Une belle récompense après des résultats solides au niveau 4* avec son fidèle Kameroen EB, qui fait partie de sa famille depuis toujours ou presque. À douze ans, le puissant bai est la locomotive d’une écurie pleine de promesses, où se trouve par exemple un certain Some One VDR, huit ans seulement. Le fils de Bamako de Muze est l’une des pépites nées et élevées par la famille Peeters, sous l’étendard des écuries Rostal, par lesquelles est passée la crack Kalinka van de Nachtegaele. Dans la seconde partie de cet entretien, Léonie Peeters en dit plus sur l’avenir de Kameroen EB, qui suscite forcément les convoitises, mais aussi sur l’élevage familial. Elle livre le nom de plusieurs jeunes étalons choisis par ses soins pour ses juments, et détaille sa méthode de travail.
La première partie de cette interview est à (re)lire ici.
Comment décririez-vous la personnalité de Kameroen EB (Kannan x Quantum), votre cheval de tête, au quotidien ?
C’est un cheval adorable, bien qu’il puisse parfois se montrer un peu contrarié lorsque de nouvelles personnes débarquent aux écuries ! Parfois, il aime bien mordre aussi. (rires) Mais il est très sympa avec les gens qu’il connaît. Il est très facile à manipuler et fait tout ce qu’on lui demande. C’est vraiment le plus gentil. Il réclame toujours des friandises, et je crois qu’il réfléchit comme un humain. On n’a pas besoin de penser à sa place ; lorsque quelque chose est en travers de son chemin, il l’évite de lui-même. Il se prend en charge et ne se met pas dans des situations potentiellement dangereuses.
Quels sont vos plans avec lui à court et moyen terme ?
Après Calgary, il a profité de quelques semaines de pause, et reprend les choses sérieuses à Lyon cette semaine. En suivant, nous irons à Maastricht. Je l’ai engagé dans un CSI 2* à Lierre début octobre, afin de le mettre en condition pour l’indoor. Il a signé un double sans-faute et obtenu une quatrième place dans le Grand Prix 2*. C’était une balade de santé pour lui ! C’est génial d’avoir un tel sentiment de facilité lorsqu’on monte un Grand Prix 2* ! C’était comme un entraînement pour lui. Cela lui a permis de sauter un parcours plus facile après Calgary. Désormais, j’espère que nous obtiendrons de bons résultats lors de nos deux prochains événements. Il y a aussi Malines en fin d’année, mais nous verrons quel programme est le plus adapté pour lui et quelles opportunités s’offrent à nous.

Le tout bon Kameroen EB ne cesse de progresser du haut de ses douze ans. © Mélina Massias
Avez-vous prévu de conserver Kameroen à vos côtés, ou une potentielle vente est-elle à prévoir ?
Cette année, nous avons reçu beaucoup d’offres, de la part de personnes très sérieuses. Nous avons beaucoup réfléchi, d’autant plus que Kameroen a maintenant douze ans. Mes parents n’aiment pas vendre leurs chevaux, et encore moins les plus talentueux. Pour eux, c’est un rêve de pouvoir voyager avec moi et profiter des concours de haut niveau. Alors, ils ont décidé que Kameroen ne serait jamais vendu. J’aurais compris s’ils avaient pris une autre décision, même si mon principal objectif reste d’évoluer à haut niveau. C’est ce que j’aime et ce que j’ai profondément envie de faire. J’essaye toutefois de m’impliquer de plus en plus dans le commerce au sein des écuries. Mes parents aiment Kameroen autant que moi. Il a fait beaucoup pour nous.
“Je crois beaucoup en Some One VDR pour l’avenir”
À Calgary, aux côtés de Kameroen EB, vous montiez aussi Some One VDR (Bamako de Muze x Comme d’Api vd Hacienda), un prometteur hongre de huit ans. Que pouvez-vous dire à son sujet ?
Some One est né chez nous, et j’ai monté sa mère (Comme One, une sœur utérine de l’excellent Vannan des sœurs Sadran, ndlr), jusqu’à 1,50m. Elle semble très bien produire et nous a déjà donné quatre très bons poulains. Je pense qu’elle va vraiment sortir du lot à l’élevage. Some One est arrivé aux écuries lorsqu’il avait cinq ans, puis il a passé une saison chez un autre cavalier (Jorik Vervoort, ndlr), qui a assuré sa formation. J’ai commencé à le monter à Oliva, en novembre 2024. Même s’il n’était pas encore prêt à ce moment-là, et qu’il avait besoin de temps, j’ai senti quelque chose de spécial. C’est un cheval un peu plus regardant et sur l’œil que Kameroen, mais il nous a accompagné sur tous les CSI 4* la saison dernière. Il est venu à Hagen, Liège, Avenches, etc. Ces beaux événements lui ont permis d’engranger beaucoup d’expérience, sur des épreuves adaptées à son âge. C’était nécessaire qu’il voie du pays. Cela lui a permis de progresser. En fin d’année dernière, j’ai commencé à devenir vraiment dingue de lui, à croire encore davantage en lui. Je n’avais pas prévu de le lancer à 1,50m en 2026, mais il s’est très bien comporté. À Hickstead, il était double sans-faute et neuvième d’une épreuve à barrage à 1,50m le samedi. Il a signé une performance incroyable et il est ensuite venu à Calgary. Compte tenu de son tempérament, la manière dont il a appréhendé ce concours était vraiment excellente. Je crois beaucoup en lui pour l’avenir. C’est un super cheval, il a de belles allures et il est très classique. Dans ma carrière, j’ai monté beaucoup de chevaux particuliers, dont certains étaient très chauds. Avec Some One, tout est facile : il est très agréable à monter sur le plat. J’espère que nous réussirons à faire naître d’autres poulains aussi bons que lui !

Leonie Peeters fonde beaucoup d'espoirs en son jeune Some One VDR, un produit issu de l'élevage familial. © Sportfot
Combien de naissances enregistrez-vous chaque année en moyenne ?
Entre quinze et vingt.
À quel point êtes-vous investie dans ce pan de votre activité familiale ? Avez-vous votre mot à dire concernant les croisements ou cette tâche revient-elle à vos parents ?
En réalité, je fais beaucoup au sein de l’élevage ! Je gère la plupart des aspects qui s’y rapportent avec notre chef d’écurie, qui m’est d’une grande aide au quotidien. Mon mari (Louis De Cleene, ndlr) participe aussi aux choix des croisements. Nous essayons de faire confiance à de bons jeunes reproducteurs, et à quelques sires plus réputés, afin d’avoir un bon mélange. Ensuite, c’est un jeu de patience. On ne sait qu’après plusieurs années, et plusieurs poulains, quelles juments sont de bonnes poulinières. En parallèle des poulains que nous faisons naître, nous achetons aussi des jeunes chevaux entre cinq et huit ans à former. J’adore cet aspect de mon métier. J’ai fait une grande partie du travail avec Some One et nous sommes allés à Calgary ensemble ! C’est un peu comme avec Kameroen : c’est une belle reconnaissance et cela me procure beaucoup de satisfaction. En procédant ainsi, on connaît ses montures dans les moindres détails et on sait lorsqu’ils se sentent à 100 % ou un peu moins en forme.
Ultra Star JM, Mad Max 2G, Tartufo de Muze, Corydon van T&L, Demonic : des étalons qui plaisent à Léonie Peeters
À quels jeunes étalons avez-vous fait confiance ?
Nous avons utilisé Ultra Star JM (Ermitage Kalone x Calvaro), des écuries Nieuwenhof de Joris van Dijk ou encore Mad Max 2G (Mosito van het Hellehof x Moujik de Sohan), des écuries Butler Court. Nous l’avons vu sous la selle de Jorik Vervoort lors d’une épreuve réservée aux étalons et l’avons trouvé exceptionnel. Nous aimons beaucoup les étalons des écuries T&L, à l’instar de Corydon van T&L (Cornado I x Chacco-Blue), qui est un peu plus âgé (mais dont la production reste très confidentielle malgré son intérêt, ndlr). Il y a aussi Tartufo de Muze (Chacco-Blue x Heartbreaker), qui est Joris De Brabander, ou encore Extreme 111 (El Barone 111 x Bamako de Muze). Nous avons également fait confiance à Demonic (Dominator 2000 x Vigaro), qui a désormais huit ans. Parmi les plus expérimentés, nous avons utilisons régulièrement Emerald van’t Ruytershof, Mylord Carthago, Mosito van het Hellehof, Diarado ou encore Kassander van’t Roosakker. Nous essayons de sélectionner des étalons qui évoluent au sein de structures belges. Nous prenons plaisir à observer les compétitions d’étalons qui se déroulent en début d’année. Nous en profitons pour regarder les jeunes et affiner nos choix.

Ultra Star JM, ici à trois ans, fait partie des étalons utilisés par la Belge au sein de son programme d'élevage. © Dirk Caremans / Hippo Foto
Avez-vous recours aux transferts d’embryons avec vos meilleures juments de sport ?
Oui, il nous arrive d’en faire, tant que les juments se sentent bien et que leur planning de compétition, qui est notre priorité, est compatible. Si ce n’est pas le cas, nous ne le faisons pas. En général, nous profitons des périodes où les juments ont plusieurs semaines de pause. Nous essayons de faire les choses le plus naturellement possible, en faisant en sorte que les juments n’aient pas à trop voyager et qu’elles ne souffrent pas de cela. Jusqu’à présent, nous n’avons jamais eu de problème.
Votre fidèle Tinkoucha Hero (Tinka’s Boy x Diamant de Semilly), qui est déjà la mère de plusieurs produits dont Just Penelope JW van de Moerhoeve (Jenson van’t Meulenhof), vue jusqu’à 1,60m, a-t-elle été une candidate au transfert d’embryon ?
Oui, nous avons quelques poulains d’elle, mais elle est assez sujette aux coliques, donc nous l’avons laissée tranquille ces dernières années sur le plan reproduction. Nous ne voulons surtout pas la perturber. J’espère continuer le sport encore un an avec elle, avant qu’elle se consacre pleinement à l’élevage.
La très bien née Tinkoucha Hero occupe une place à part dans le cœur de son amazone. © Hippo Foto
“Tinkoucha Hero est très spéciale non seulement pour moi, mais aussi pour toute ma famille”
C’est une jument très spéciale pour vous, n’est-ce pas ?
Oui, elle est très spéciale non seulement pour moi, mais aussi pour toute ma famille. Elle a subi deux interventions chirurgicales pour coliques, et elle est revenue à chaque fois à son niveau. Elle a sauté des Grands Prix jusqu’à 1,55m. Elle a beaucoup souffert dans sa vie, et nous avons fait tout notre possible pour l’aider. Elle est comme un chat ou un chien pour nous. Nous avons une caméra dans son box, et nous sommes toujours en train de regarder ce qu’elle fait, pratiquement à chaque minute qui passe ! Si elle n’avait pas enduré tous ces problèmes, elle aurait été une jument de 5* sans le moindre doute. Parmi ses poulains, elle a notamment un fils d’Aganix du Seigneur qui a quatre ans et qui semble très bon. Je pense que sa production va être intéressante, d’autant qu’elle a un excellent papier. Sa mère et ses sœurs (dont la toute bonne Attoucha Hero, ndlr) sont exceptionnelles.
Au cours de sa vie, l'excellente Tinkoucha Hero a rencontré plusieurs problèmes de santé, qui ont sans doute freiné son éclosion. © Sportfot
Avez-vous une descendance de Kalinka van’t Nachtegaele, qui est passée par vos écuries avant de faire le bonheur d’Angelica Augustsson-Zanotelli dans le grand sport ?
Oui, nous avions fait naître l’une de ses filles (Tillie VDR, par Fantomas de Muze, ndlr), mais nous l’avons vendue à six ou sept ans. Lorsqu’elle concourait à haut niveau, Angelica ne souhaitait pas imposer de transferts d’embryons à Kalinka. C’est dommage, mais totalement compréhensible ! L’an dernier, avec mon époux, nous avons acheté un poulain de Kalinka avec Contagio. C’est le plus beau de tous. J’espère que nous avons là notre prochaine star des pistes 5* ! Cela faisait un moment que nous voulions retrouver la génétique de Kalinka. Je suis très heureuse d’avoir ce lien avec elle à travers son fils. Kalinka est très chaude, pleine de sang, et Contagio me paraît plus posé. Je pense que c’est un bon croisement !

Récemment, Leonie Peeters a acquis un fils de Kalinka van't Nachtegaele, excellente complice d'Angelica Augustsson Zanotelli et ancienne pensionnaire des écuries Rostal. © Dirk Caremans / Hippo Foto
“Ce qui est le plus important à mes yeux, c’est de m’adapter à chaque cheval”
Comment décririez-vous votre philosophie de travail avec vos chevaux ?
Je pense que je suis naturelle et douce, parfois même à l’excès, dans ma façon de travailler. J’essaye de comprendre mes chevaux et de rester dans la simplicité. Je ne veux pas me bagarrer avec eux. Lorsqu’on affronte des parcours de très haut niveau, il faut que les chevaux soient en confiance, qu’ils soient à notre écoute. J’accorde beaucoup d’importance aux bases et au travail sur le plat. Je fais aussi en sorte que mes montures soient heureuses. Nous avons la chance d’avoir les installations pour. Je les emmène ainsi environ une fois par semaine sur la piste de galop, et j’alterne avec des séances plus classiques en carrière. J’aime aussi les faire travailler à la longe : cela me permet de les voir en mouvement, sans que je sois sur leur dos. Je suis un peu une overthinker : je ressasse sans cesse et chaque lundi, je décortique tous mes parcours du week-end, en cherchant ce que je peux améliorer. Ainsi, je peux cibler des points précis avec chaque cheval. Ce qui est le plus important à mes yeux, c’est de m’adapter à chaque cheval. Tous ne peuvent pas être mis dans un même moule ! J’essaye donc d’être la cavalière qui s’adapte à ses montures et pas l’inverse. Je fais attention aux besoins propres à chacun, en tant qu’individus.
"J'essaye d'être la cavalière qui s'adapte à ses chevaux et pas l'inverse", dit la Belge de trente ans. © Sportfot
Aujourd’hui, la question de la bien traitance des chevaux est centrale. Que faites-vous personnellement pour garantir le bien-être de vos montures, en dehors de l’aspect purement travail ?
Je ne fais rien de particulier, car cette notion est naturellement incluse dans notre quotidien. Je n’ai jamais puni mes chevaux, pas plus que nos grooms, qui sont très calmes et doux avec eux. Ce sont de vrais gens de chevaux. C’est très important pour moi que tout soit fait de la bonne manière avec les chevaux. En concours, nous n’avons par exemple jamais rencontré le moindre problème, ni été épinglés par rapport aux règles liées aux traces de sang. Notre priorité est que nos chevaux se sentent bien. Le bien-être n’est pas une fausse façade pour nous : il est au cœur de notre fonctionnement. Nous n’avons pas besoin d’y penser, puisque nous faisons déjà les choses en accord avec les besoins de nos chevaux.
“Mes grands objectifs sont les mêmes que mes rêves : concourir à haut niveau et participer à des championnats”
En dehors des chevaux, avez-vous d’autres passions ou des activités auxquelles vous appréciez particulièrement vous adonner ?
J’avais pour habitude de faire du sport deux à trois fois par semaine avec un entraîneur privé. J’aimais beaucoup cela. Tout était évidemment pensé pour l’équitation. On travaillait une fois sur la force, une fois sur l’équilibre, etc, à travers différents exercices. Malheureusement, il y a deux ans, j’ai fait une lourde chute et j’ai dû subir une importante opération à la tête. Depuis, j’ai le sentiment de ne plus être 100 % capable de reprendre un tel entraînement. Je continue d’effectuer quelques exercices, mais plus avec la même intensité. J’aimerais bien commencer à en faire un peu plus, mais je gère aussi une grande partie de l’aspect administratif aux écuries. Nous avons cent vingt chevaux sur place. Je prévois le planning de concours des autres cavaliers, la venue du dentiste, du maréchal-ferrant, les commandes de nourriture, les vaccins, la vermifugation, et je m’occupe également de l’élevage. Depuis un an et demi, notre chef d’écurie m’aide énormément, mais en dehors des moments où je suis à cheval, je suis presque tout le temps en train de tout organiser. Nous avons onze employés au sein de notre structure. Cela ne me laisse donc pas beaucoup de temps libre.
Je me suis aussi mariée cet été, ce qui a aussi demandé beaucoup d’organisation. Professionnellement et personnellement, j’ai vécu la meilleure année de ma vie, mais aussi la plus intense ! Je pense que le rythme va désormais se calmer un peu. Je vais ainsi pouvoir me concentrer davantage sur d’autres sports, car je trouve cela très important en complément de l’équitation. Sur les parcours de haut niveau, on doit beaucoup travailler en tant que cavalier et solliciter notre haut du corps, nos abdominaux, etc. Il faut pouvoir contrôler tous les muscles dont on a besoin. C’est très bénéfique et important. Je devrais y consacrer plus de temps.

Cet été, Léonie Peeters a dit oui à Louis de Cleene. © Dirk Caremans / Hippo Foto
Quels sont objectifs et vos rêves pour les prochaines années ?
Mes grands objectifs sont les mêmes que mes rêves : concourir à haut niveau et participer à des championnats. J’ai la chance de pouvoir m’appuyer le soutien indéfectible de mes parents, qui veulent me voir réussir autant que moi. Je sais que cela n’est pas simple, car il faut pouvoir compter sur les bons chevaux, au bon moment, et qu’ils restent sains, tout en formant chaque année la relève. Je suis aussi de plus en plus investie dans le business aux écuries, notamment autour du commerce des jeunes chevaux. J’aime aussi cet aspect. Cela étant, mon but est clair : aller aussi loin que possible dans le sport, avec des chevaux que j’aurais formés moi-même depuis leurs six ou sept ans. Lorsque mes parents prendront leur retraite, je sais qu’ils continueront de me soutenir coûte que coûte, mais nous devrons peut-être repenser notre modèle économique et accorder plus de place au commerce. J’espère que nous trouverons le bon équilibre !
Photo à la Une : Malgré sa main fracturée, Leonie Peeters a réussi son entrée en matière au CSI 5*-W de Lyon. © Mélina Massias




