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Olympia de Launay MS et Nuit d’Ivraie MP sacrées à Fontainebleau

La Selle Français Originel Nuit d'Ivraie a fait sensation au saut en liberté.
Elevage jeudi 3 septembre 2026 Jocelyne Alligier

L’événement femelles du Selle Français édition 2026 a révélé un beau lot de pouliches, au sein duquel se sont distinguées les deux championnes, Olympia de Launay MS, fruit du savant cocktail des meilleurs courants de sang français et allemand imaginé par Mickaël Séjourné, et Nuit d’Ivraie MP, rare ambassadrice du Selle Français Originel qui en démontre toute la prestance grâce au travail de croisement de Stéphane Chalier et Mickaël Patour. 

À Fontainebleau, les pouliches de deux et trois ans ont donné le coup d’envoi des réjouissances bellifontaines en prélude aux finales des Cycles classiques, qu’elles disputeront peut-être dans les années à venir, mardi 1er septembre. À voir les notes de cette édition, qui se sont envolées pour chacune des deux générations, les juments présentées ont de l’aptitude ! Pour ce premier rendez-vous de la Grande Semaine, disputé dans une certaine intimité sur le terrain du Spring Garden, il ne leur était demandé que de montrer leurs qualités en liberté, avec le jugement des allures, puis de leur qualité à l’obstacle, le tout complété par une note de modèle et d’éventuelles bonifications pour la lignée maternelle. Celles-ci ont été plus rares que dans le passé avec seulement cinq juments présentant des lignées notées 10/10 et quelques autres à 8 et 9/10. Non seulement l’édition 2026 confirme le goût des éleveurs pour le recours aux courants de sang venus d’autres stud-books pour les pères, plus de la moitié des géniteurs des juments en lice étant nés à l’étranger, mais aussi dans les lignées maternelles. On observe même plusieurs croisements complètement en dehors des représentants du Selle Français, tandis que les juments affichant un pédigrée Selle Français Originel, qui bénéficient d’une prime sur ce championnat, se comptent sur les doigts de la main, avec une engagée chez les deux ans et deux chez les trois ans. Le catalogue des participantes révèle une très grande diversité génétique, aucun étalon n’ayant plus de trois représentantes au cumul des deux générations. Les jeunes étalons, qui bénéficient du programme Jeune Génétique du stud-book Selle Français, réussissent une jolie percée. C’est notamment le cas d’Hitchcock Bois Margot (Qlassic Bois Margot), capable de quelques facéties comme il l’a montré sous la selle d’Eiken Sato au printemps et trois fois représenté dans cet événement femelle. Olympiade Batilly, née dans l’Yonne chez Jean-Claude Viollet, un des éleveurs habitués de ce rendez-vous, est l’une de ses filles. Elle reste à la porte du podium du championnat des deux ans pour quelques centièmes de points.

Olympia de Launay MS en récital

Pas moins de seize des trente-six pouliches au départ du championnat des deux ans obtiennent une note supérieure ou égale à 17/20 pour l’atelier obstacle. Sept passent ce même cap en moyenne générale. Olympia de Launay MS a néanmoins dominé sa classe d’âge en excellant dans les trois ateliers pour un score global de 17,91. Cette fille de Dollar du Rouet (Chacco Blue) est née chez Mickaël Séjourné dans les Yvelines. Dirigeant d’une écurie de propriétaire près de Mantes la Jolie, il a hérité sa passion de l’élevage de son père, qui travaillait au haras de Rouhet, dans le Maine-et-Loir, chez la famille de la Béraudière. Il a entre cinq et dix poulinières. Un chiffre variable car il lui arrive d’avoir recours à des locations pour certaines gestations, comme ce fut le cas pour la mère d’Olympia, Jamaïque du Clos (Baloubet du Rouet), qui poursuit sa carrière sportive en compétition amateur. “Cette origine m’intéressait car, en plus de Baloubet, la mère de Jamaïque est Arielle (Accord II), une hanovrienne qui a évolué jusqu’à 1,60m avec William Whitaker (elle a vingt produits répertoriés par Horsetelex, dont plusieurs performers à 1,40m et plus, ainsi que le jeune Kokoriko Dorchival, (Windows vh Costersveld, Cornet Obolensky), vainqueur du Critérium des quatre ans 2024, ndlr) Au salon des étalons de Saint-Lô, j’ai rencontré Yannick Fardin. Il m’a dit qu’il avait croisé une fille de Baloubet avec Dollar du Rouet (dont la souche maternelle est la même que celle de Baloubet, ndlr) et qu’il était très content du produit. Alors, j’ai fait le même croisement !”, sourit Mickaël Séjourné. “Nous avons Jean-Louis Bussereau, juge renommé, qui est près des écuries et il m’avait dit que la pouliche sortait vraiment du lot. Je l’imaginais terminer dans le Top 5, mais décrocher cette victoire est encore plus agréable ! D’autant que la préparation sur les concours de sélection a été compliquée, entre les canicules et l’incendie en forêt de Fontainebleau. Certaines étapes de qualifications ont été annulées.” Si la pouliche était annoncée à la vente, comme environ la moitié des juments présentées, son éleveur va maintenant prendre le temps de réfléchir, car garder une descendance de cette pépite serait un sacré atout pour son jeune élevage. 

Olympia de Launay MS s'est distinguée dans sa classe d'âge mardi. © Les Garennes / stud-book Selle Français

Sa dauphine, Only de Serignac, née chez Stéphanie André et Vincent Ferré en Ille-et-Vilaine, met à l’honneur la production d’Ermitage Kalone, de qui elle semble avoir hérité de tous les atouts. Influx, force et souplesse émergent sous le beau tissu de sa robe alezane. Sa mère, Quaty du Gué (Cardento), a plusieurs produits indicés dont Indy de Sevrignac (Nouma d’Auzay), ISO 140 en 2024 et exporté en Suisse. Quaty du Gué est issue de la souche de la famille Leforestier, à la tête de l’élevage Platière dans la Manche et naisseurs d’une pléiades de gagnants et d’étalons. 

Le podium est complété par Oly Fairlie, née à l’écurie de Fairlie, dans le Morbihan, en association avec A6 Patrimoine Assist’ Sport Patrimoine. C’est une fille de l’olympique Uricas vd Kattevennen d’Harrie Smolders et de Kookaburra (Qlassic Bois Margot). Elle représente une bonne souche maternelle puisque sa quatrième mère est l’excellente complice de Gilles de Balanda, Sultane Kerelec (Le Prince de Thurin), ISO 175 en son temps. La propre sœur d’Oly, Odyssée Fairlie, était aussi alignée dans ce championnat. Elle occupe la quinzième place obtenant des notes inférieures en modèle et aux allures, mais meilleures à l’obstacle ! 



Nuit d’Ivraie MP fait briller le Selle Français Originel

Le lot des trois ans a tout autant enthousiasmé les juges qui ont attribué plusieurs fois des notes de 19/20. Finalement, treize pouliches décrochent une moyenne supérieure ou égale à 17/20. S’il fallait une démonstration de la diversité du stud-book Selle Français, le quinté gagnant de ce championnat des juments de trois ans l’a signée ! Malgré une très forte emprise des courants de sang étrangers, la victoire revient à l’une des deux représentantes Selle Français Original, Nuit d’Ivraie MP (Cyann d’Ivraie), née dans le Cantal chez Stéphane Chalier, associé pour l’occasion à Michael Patour. D’où l’ajout des initiales à l’affixe habituel de l’élevage auvergnat. “Mickaël Patour est un ami avec qui je travaille régulièrement. Il est installé près de Fontainebleau et il fait naître ses poulains chez moi, avant de les accueillir pour leur débourrage. C’est ce qui s’est passé pour Nuit, qu’il a ensuite vendue à l’une de ses propriétaires, Emilie Randoin”, retrace Stéphane Chalier. “Mickaël était propriétaire de sa mère, Née de l’Isle, qui vient de la bonne souche de la famille Poisson. Son père, Dandy du Plapé, est un croisement entre Galoubet A et une Anglo-arabe. Dans sa souche maternelle, on retrouve les courants de sang de Laudanum, puis Uriel et Enfant Terrible. Toutes les bonnes influences du Selle Français ! Je l’ai croisée avec Cyann d’Ivraie (Dollar dela Pierre) qui a fait une bonne carrière avec Thomas Rousseau et a été exporté aux Etats-Unis. Comme on dit ‘loin des yeux, loin du cœur’ ! Les éleveurs ne pensent pas à lui alors que c’est un étalon qui peut apporter beaucoup par son croisement entre Dollar dela Pierre, donc Quidam de Revel, et une souche Anglo-Arabe. Il n’a pas de sang de Diamant de Semilly ou Kannan ; il est donc facile à croiser. Avec la démonstration faite par sa fille, on ne peut que constater la qualité qu’il apporte à sa production ! J’ai deux de ses produits âgés de cinq ans qui font la finale. Je crois beaucoup en eux.” 

Ici aux côtés de son entourage et des personnes venues la récompenser, Nuit d'Ivraie MP a mis un sacré coup de projecteur sur la production de son père, Cyann d'Ivraie. © Les Garennes / stud-book Selle Français

Au deuxième rang, Nesperia du Linon offre un nouveau podium à l’omniprésent Diamant de Semilly, dont elle était la seule représentante dans ces championnats. En revanche, le sang de son géniteur se retrouvait aussi via ses fils d’Emerald van’t Ruytershof à Best of Iscla en passant par Diarado ou encore le jeune Joker d’Euskadi, et, évidemment, à travers les lignées maternelles. Nesperia est née en Lorraine chez Virginie Blanquin. Avec la KWPN Falicorne (Casall), mère de la jeune médaillée d’argent, l’éleveuse a aussi fait naître l’étalon Halessio du Linon (Balou, alias Carrera VDL). 

L’impressionnante Nosy Doll Pachavert (Lucky Won van het Bevrydthof, alias Grand Slam VDL) s’octroie la troisième place. Il y a trois ans, elle avait déjà mis les couleurs de cet élevage de l’Yonne à l’honneur en remportant le championnat des foals à Saint-Lô ! La baie ne brille toutefois pas par ses ancêtres Selle Français, puisque sa mère Frivole du Houssoit (Baltik Sitte) est une SBS pur jus. 

Cinquième, Narcotik Numenor (Cornet’s Prinz), née dans l’Ain chez Marine Barlet et Julien Blot, présente quant à elle un pédigrée 100 % allemand, avec juste une touche bien cachée de Selle Français venue de l’illustre Cor de la Bryere. Sa souche n’en reste pas moins remarquable puisque sa quatrième mère est l’illustre Georgia (Continue), mère des étalons Balou du Rouet, Cornet’s Balou, alias Balou du Reventon, Balissimo et Chatinue. Entre les deux, Nasa des Essarts (Dollar du Rouet), née chez Philippe Foucourt dans le Pas-de-Calais, offre une belle synthèse de croisements entre des souches françaises solides et l’apport de sang étranger.

Les résultats complets.

Photo à la Une : La Selle Français Originel Nuit d'Ivraie a fait sensation au saut en liberté. © Les Garennes / stud-book Selle Français