“Partager de beaux moments sportifs avec les éleveurs est un régal pour moi”, Pénélope Leprevost (1/2)
À quarante-cinq ans, Pénélope Leprevost semble avoir trouvé le juste équilibre qui lui offre un épanouissement professionnel autant que personnel. Avec ses “deux garçons”, le bouillonnant et explosif Baloubet de Talma et le calme et studieux Ehning Flamingo, la championne retrouve le devant de la scène. Classée dans trois Grands Prix de la Coupe du monde Longines de saut d’obstacles cet hiver, la Normande est sur une bonne lancée, qu’elle espère bien poursuivre tout au long de l’année, et notamment sur les belles pistes extérieures si chères à son cœur. Dans un système désormais bien rodé, mêlant sport, formation et commerce, l’ancienne cavalière des cracks Mylord Carthago, Flora de Mariposa et Vagabond de la Pomme, entre autres, entend continuer de développer son piquet, notamment grâce à de très bonnes jeunes montures, tout en continuant à partager sa passion avec sa fille, la brillante Eden Leprevost-Blin-Lebreton. Si sa parole est rare, Pénélope Leprevost s’est confiée avec générosité à l’occasion du Jumping international de Bordeaux, début février. Elle évoque son piquet de chevaux, donnant notamment des nouvelles de Bingo Del Tondou, mais aussi son élevage maison et porte son regard sur l’émergence de la nouvelle génération tricolore, entre autres sujets. Un entretien à découvrir en deux épisodes.
Lors des Grands Prix de la Coupe du Longines de saut d’obstacles organisés à Lyon, Londres puis Amsterdam, vous avez aligné trois excellents classements, avec Baloubet de Talma (Baloubet du Rouet x Cento) et Ehning Flamingo (Cardento x Diamant de Semilly). Vous attendiez-vous à obtenir ces trois résultats ?
Très franchement, non ! Ma saison 2025 s’est déroulée correctement au niveau 4*, avec de bons résultats à la clef, mais j’ai disputé très peu de CSI 5*. En fin d’année, nous sommes allés à Lyon, où mon plan était de sauter le Grand Prix de la Coupe du monde avec Ehning, qui était très à son affaire et revenait du CSI 4* de Saint-Lô, où il figurait parmi les meilleurs du Grand Prix (le gris s’est classé cinquième après avoir concédé une faute au barrage, ndlr). Sur place, j’ai senti Baloubet particulièrement en forme et je l’ai engagé dans cette épreuve, où nous avons commis une faute au barrage pour terminer septièmes. Grâce à ce résultat, j’ai engrangé quelques points au classement de la Coupe du monde et Edouard (Coupérie, sélectionneur national, ndlr) m’a proposé d’aller à La Corogne. Là-bas, Baloubet a connu une contre-performance à cause d’une erreur de ma part dans le Grand Prix de la Coupe du monde. La veille, Ehning avait toutefois réussi un bon double sans-faute dans une épreuve majeure. Nous nous sommes ensuite rendus à Londres, où Baloubet est cinquième. Les choses se sont finalement enchaînées week-end après week-end. Mes chevaux débutent à ce niveau et il n’était pas du tout prévu que je suive le circuit hivernal cette saison ! Les bonnes surprises se sont enchaînées, ce qui est très agréable.
Ehning et Baloubet sont mes deux garçons comme j’aime les appeler. Ce qui est rigolo, c’est qu’ils sont les exacts opposés ! Baloubet est très chaud, parfois difficile à contrôler, tandis qu’Ehning est plus froid et très obéissant. J’ai la chance de pouvoir compter sur ces deux chevaux, qui se relaient l’un et l’autre selon leur état de forme respectif. Chaque week-end, j’essaye de choisir celui des deux qui est le plus en forme pour sauter le Grand Prix.

Avec Baloubet de Talma et Ehning Flamingo, Pénélope Leprevost a retrouvé les sommets cet hiver. © Mélina Massias
Avant les deux dernières étapes du circuit, vous comptez trente-quatre points au classement général provisoire de la Coupe du monde, ce qui vous place en bonne voie pour une qualification pour la finale de Fort Worth, au Texas. Est-ce un objectif pour vous de retrouver ce rendez-vous indoor, dix ans après y avoir participé pour la dernière fois ?
Comme je le disais, mes chevaux débutent à ce niveau. Je n’ai pas envie de participer à cette échéance si je ne me sens pas totalement au niveau. Pour l’instant, je pense que je suis un peu juste. Si je vais au Texas, je veux avoir une chance de réaliser une bonne performance. J’ai déjà disputé des finales de la Coupe du monde (terminant notamment deuxième et huitième en 2015 à Las Vegas et 2016 à Göteborg avec Vagabond de la Pomme (Vigo d’Arsouilles x For Pleasure), ndlr) et je n’ai pas besoin de me prouver quoi que ce soit à moi-même. On verra comment se déroulent les prochaines semaines, mais il ne faut pas oublier qu’Ehning n’a effectué son premier Grand Prix 5* qu’au printemps 2025, à Windsor. Nos derniers résultats sont une bonne surprise, mais si je ne me sens pas capable de bien figurer lors de la finale, je préfère ne pas faire le déplacement et miser sur la saison extérieure, qui offre plein de beaux concours, et notamment des Coupes des nations. Aller au Texas implique, de plus, un long déplacement et toute une organisation. Il faut également prendre en compte que le cheval qui participe au championnat devra ensuite observer un temps de repos.

La Française ne souhaite pas se rendre à la finale de la Coupe du monde de Fort Worth si elle ne se sent pas capable de réussir une très bonne performance. © Mélina Massias
“Baloubet de Talma saute mieux que tous les autres chevaux”
Comment se porte Baloubet de Talma, qui ne vous accompagnait ni à Amsterdam, ni à Bordeaux ?
Je devais aller à Amsterdam avec les deux garçons, comme j’en ai pris l’habitude sur les derniers CSI 5*-W. Au moment de préparer Baloubet pour le transport, nous avons eu un petit doute sur l’un de ses tendons. Nous n’avons pas voulu prendre de risque. Il continue de travailler sur le plat, mais ne sautera pas pendant un mois. Pour l’instant, le plan est de le relancer en compétition au Sunshine Tour, en mars, pour la saison extérieure.
Vous avez pris les rênes de Baloubet de Talma en tout début d’année 2025. Il était alors âgé de quatorze ans et n’avait jamais évolué au-delà du niveau 3*. Vous attendiez-vous à le voir éclore au plus haut niveau comme il l’a fait ces derniers mois ?
L’histoire de Baloubet est assez drôle. Michel Guiot, du haras de Talma, m’a souvent confié des chevaux. J’entretiens une très bonne relation avec lui. Un jour, il m’a envoyé deux chevaux, dont Baloubet, dans le but de le commercialiser. Comme c’est un cheval particulier, qui demande beaucoup de temps et déborde de sang, j’ai laissé à mon cavalier (Théo Ogorzaly, ndlr), le soin de le monter en concours. Leur première épreuve à 1,30m a été un peu chaotique, mais ils ont persévéré. Un jour, il y a eu un déclic et ils se sont extrêmement bien entendus. Ils ont gagné une épreuve à 1,35m ensemble, ont signé un sans-faute lors de leur première apparition à 1,40m et ont même effectué des parcours à 1,45m. Des clients ont manifesté de l’intérêt pour Baloubet, mais mon cavalier m’a dit “Pénélope, je pense que c’est un cheval pour toi”. Alors, nous n’avons pas présenté Baloubet et je l’ai monté à Oliva. Nous avons signé un sans-faute dans l’acte initial de notre premier Grand Prix, puis je l’ai finalement racheté avec une amie, Amélie Loyez, de l’élevage de Bellincamps, qui est déjà propriétaire de Barbie de la Roque*EDB (née Fantasy de la Roque (For Hero x Heartbreaker), médaillée d’argent aux championnats d’Europe Jeune Cavalier de Riesenbeck en 2025 avec Eden Leprevost-Blin-Lebreton, ndlr). Baloubet est difficile, mais ce n’est pas un cheval ordinaire. Moi qui ai l’habitude de vendre mes chevaux, je l’ai acheté à quatorze ans ! (rires) Nous l’avons acquis pour que je puisse me faire plaisir et le contrat a déjà été rempli dix fois !

Avec le bouillonnant Baloubet de Talma, Pénélope Leprevost espère pouvoir profiter de beaux concours dans les années à venir. © Mélina Massias
Quel a été votre sentiment lorsque vous l’avez monté pour la première fois ?
Comme Baloubet était aux écuries et que je suivais son évolution avec mon cavalier, je le connaissais déjà. En apprenant à le connaître en selle, j’ai eu la confirmation qu’il débordait de sang ! En revanche, il saute mieux que tous les autres chevaux ! Mais c’est vrai qu’il est assez difficile à gérer. Il y a des concours où il se sent moins bien et d’autres où il est plus à l’aise. Quand on est dans le premier cas de figure, on peut vite perdre toute forme de contrôle. À l’inverse, s’il se sent bien et qu’il est en forme, c’est un véritable crack. Lorsque j’aborde des triples à 1,60m avec lui, je n’ai pas d’éperon, je ne mets pas de jambes et je dois même lui dire “oh oh” (rires).
“Intrinsèquement, Bingo del Tondou est sans doute le meilleur cheval de mon écurie”
En un peu plus d’un an, Ehning Flamingo a aussi connu une très belle progression !
Je pense vraiment qu’il est à sa place au niveau 5* ; il est devenu un vrai cheval de 5*. Ehning est l’opposé de Baloubet. Il est calme, froid, le meilleur élève du monde et veut toujours bien faire. Baloubet et Ehning ont un point commun : leur cœur immense !

"Ehning Flamingo est à sa place au niveau 5*", savoure son amazone. © Mélina Massias
Pensez-vous qu’Ehning Flamingo dispose encore une marge de progression ? Y’a-t-il des choses sur lesquelles vous aimeriez continuer de travailler avec lui ?
Oui, je pense qu’il a encore une marge de progression. Il continue son petit bout de chemin. Il ne faut pas oublier qu’il a débuté le haut niveau très tard. Il est arrivé dans mes écuries lorsqu’il avait neuf ans. Il venait à peine de débuter les parcours à 1,35m avec sa propriétaire et naisseuse, Alexandra Lepage-Rantet de l’élevage Flamingo, qui l’a formé. Il était tellement grand qu’elle a pris son temps et su l’attendre. Pendant un an, je ne l’ai engagé que dans des épreuves nationales, à 1,30, 1,35 et 1,40m. Puis nous avons débuté les CSI 2 et 3* et sa progression a été extrêmement régulière. Ehning est un cheval hyper fiable. Cela fait trois ans qu’il est aux écuries, ce qui est très chouette, même si notre histoire se conclura peut-être par une vente à terme.
Ehning Flamingo et Baloubet de Talma prouvent qu’il n’y a pas d’âge pour débuter au niveau 5* et que la carrière d’un cheval ne se définit pas par ses performances à neuf ou dix ans, n’est-ce pas ?
Tout à fait. La propriétaire d’Ehning a eu mille fois raison de l’attendre, notamment en raison de sa grande taille. S’il était tombé chez un cavalier qui lui en avait trop demandé lorsqu’il était jeune, il ne ferait pas ce qu’il fait aujourd’hui. Il prend douze ans cette année mais n’est qu’au début de sa carrière à haut niveau.
Régulière, la progression d'Ehning Flamingo a été impressionnante ces trois dernières années. © Sportfot
Bingo del Tondou (Vigo d’Arsouilles x Querlybet Hero) n’est plus apparu sur une piste 5* depuis juin 2025. Comment envisagez-vous l’avenir pour lui ?
Je rigole souvent en disant que Bingo et moi sommes en break ! (rires) Il a toutes les qualités de la Terre : il est classique, facile et n’a aucun défaut. La seule chose qui pèche avec lui est son manque de confiance en lui. Il est émotif et doute facilement de lui, notamment en ce qui concerne les obstacles regardants, comme les murs ou les palanques. Je suis d’ailleurs tombée à Saint-Lô, dans un CSI 3*, au mois d’août. Il a contracté une minuscule blessure, presque insignifiante, mais nous avons décidé de lui accorder des vacances. J’ai repris la compétition avec lui en fin d’année, à Rouen, où il a sauté jusqu’à 1,45m, mais je n’ai pas fait grand-chose de plus depuis. Courir des épreuves au chronomètre n’a pas d’intérêt avec lui. Être cheval de vitesse dans des CSI 5*-W n’est pas adapté à Bingo ; l’objectif est qu’il puisse sauter des Grands Prix. J’attends la saison extérieure pour pouvoir le remettre en route.
Peut-on espérer le revoir au plus haut niveau ?
Je l’espère, oui. Intrinsèquement, Bingo est sans doute le meilleur cheval de mon écurie, mais nous sommes un vieux couple, lui et moi. Nous nous connaissons par cœur, ce qui peut parfois être difficile à gérer dans une relation. En tout cas, tout va bien pour lui et nous verrons ce que l’avenir lui réserve.
La Française garde espoir de retrouver l'excellent Bingo del Tondou en Grands Prix 5*. © Sportfot
“La Tour du Rouet a une envergure incroyable et un potentiel de fou”
Parmi vos jeunes chevaux, se trouvent plusieurs représentants de la génération 2017, dont l’étalon Hileklaire Un Prince (Number One d’Iso*Un Prince x Clair de B’Néville). Comment jugez-vous le potentiel de ce fils de la toute bonne Klaire d’Honvault ?
J’ai un groupe de chevaux de neuf ans très intéressant. Je ne sais pas jusqu’où ira Hileklaire Un Prince, mais il ne fait pas de faute ! Je pense qu’il a le potentiel d’évoluer au moins au niveau 3 et 4*, mais pour ce qui est des 5*, il est encore difficile de prédire quoi que ce soit. En tout cas, je suis ravie qu’il prenne neuf ans ! J’ai été très patiente et il a toujours très bien fait tout ce que nous lui avons demandé. Il a participé à des épreuves à 1,45m comptant pour le classement mondial au niveau 2* l’an dernier, ce qui me parait très bien pour son âge. Il va reprendre la compétition au Sunshine Tour.
"Hileklaire Un Prince ne fait pas de faute !", s'enthousiasme la cavalière du très plaisant étalon de neuf ans. © Sportfot
J’ai aussi récemment accueilli un cheval de François Vorpe, le propriétaire de Vancouver de Lanlore (Toulon x Le Tôt de Semilly), qui s’appelle Rouen L3B (Toulon x Diamant de Semilly) et qui prend aussi neuf ans. Je crois beaucoup en lui. J’aime aussi beaucoup Heliot d’Elle (Giovanni de la Pomme x Royal Feu), qui m’est confié par la famille Pignolet. Je vais le mettre en route dans les prochaines semaines. Je peux également compter sur Top Chance EDM (Take A Chance On Me x Emerald van’t Ruytershof), qui a sauté les épreuves réservées aux chevaux de huit ans à Chantilly l’été dernier. C’est un cheval difficile, avec lequel je prends mon temps car je n’ai pas encore tous les codes avec lui. Je pense que ces quatre chevaux de neuf ans ont un bon potentiel.
Pénélope Leprevost fonde de bons espoirs en Rouen L3B, un fils de Toulon qui lui est confié par François Vorpe, propriétaire d'un certain Vancouver de Lanlore. © Agence Ecary
Vous avez également récemment découvert La Tour du Rouet*GFE (Dollar du Rouet x Zandor), un étalon âgé de seulement cinq ans. Allez-vous le monter vous-même dans les mois à venir ?
Il est effectivement très jeune et est arrivé aux écuries il y a peu de temps. J’ai un objectif avec lui : le monter lors du salon des étalons de Saint-Lô ! Cela me laisse très peu de temps pour former un couple avec lui, mais je vais faire de mon mieux. Il a une envergure incroyable et un potentiel de fou. Je pense qu’il est vraiment taillé pour le grand sport. Pour l’instant, il sera davantage dédié à la reproduction et devrait commencer les choses sérieuses d’un point de vue compétition à sept ans. Je vais peut-être l’emmener deux semaines au Sunshine Tour cette année, mais il se consacrera ensuite à la monte. Je pense que l’on partira sur un programme similaire lors de son année de six ans, afin de lui laisser vraiment du temps. Ce qui est génial avec La Tour, c’est que nous devrions normalement faire un petit bout de chemin ensemble ! C’est formidable. Je m’attache toujours aux chevaux qui croisent ma route. On passe des heures à leurs côtés, que ce soit à pied ou en selle, et l’objectif est quasiment toujours de les vendre. C’est très difficile. Avec un jeune qui n’est pas à vendre, qui a une carrière d’étalon et un avenir qui semble tout tracé, on peut prendre le temps dont on a besoin, se projeter et s’attacher sans crainte. C’est déjà ce que j’ai vécu avec Excalibur de la Tour Vidal*GFE (Ugano Sitte x Ogano Sitte) ou Mylord Carthago (Carthago x Jalisco B), par exemple. Lorsque ces chevaux là parviennent à bien remplir leur rôle d’étalon, l’option de les commercialiser n’est plus obligatoire. Nouer des partenariats avec des étalonniers nous permet d’avoir l’esprit serein en tant que cavalier et de pouvoir mettre un maximum d’affect dans notre travail !
“J’aime la mentalité des éleveurs”
Plusieurs de vos chevaux appartiennent, en totalité ou au moins en partie, à leurs naisseurs. Est-ce un sentiment différent pour vous d’évoluer avec des montures qui sont toujours la propriété de celles et ceux qui les ont vu naître ?
J’ai souvent travaillé avec les éleveurs. Ils font un métier de dingue ! C’est grâce à eux que l’on peut monter à cheval et pratiquer notre sport. Malheureusement, ils sont souvent bloqués pour exploiter leurs cracks. Alors, je n’hésite pas à nouer des partenariats avec eux, en achetant, par exemple, une part sur un cheval ou à créer des projets communs, dans le but d’optimiser la carrière de leurs chevaux. C’est très sympa de travailler avec les éleveurs. J’aime leur mentalité et tout ce que l’on peut accomplir ensemble. Je pense par exemple à Monsieur Bourdy-Dubois, à l’origine de l’élevage de la Tour Vidal : nous avons fait tellement de choses ensemble, écrit tellement d’histoires ! Il en va de même avec Michel Guiot ou le haras d’Elle. Partager de beaux moments sportifs avec les éleveurs est un régal pour moi.
Avec Mylord Carthago, élevé par les exceptionnels Paule et Jean-Louis Bourdy-Dubois, Pénélope Leprevost a vécu quelques uns de ses plus beaux moments sportifs. © Dirk Caremans / Hippo Foto
La seconde partie de cette interview sera disponible vendredi sur Studforlife.com...
Photo à la Une : Cet hiver, Ehning Flamingo a continué sa progression et prouvé qu'il était un véritable cheval de 5*. © Mélina Massias











