Luciana Diniz et Vertigo du Désert écrivent la plus belle ligne de leur histoire d’amour à Abou Dabi
L’histoire d’amour entre Luciana Diniz et Vertigo du Désert est encore loin d’avoir trouvé son point final. À dix-sept ans, le fils de Mylord Carthago continue de briller au plus haut niveau et a remporté le premier Grand Prix 5* de sa carrière à l’occasion du CSIO d’Abou Dabi. Si le gris n’avait jamais connu pareil succès, sa cavalière, elle, n’avait plus triomphé à ce niveau depuis le 1er juin 2018 et le temps fort individuel du CSIO 5* de Saint-Gall, qu’elle avait décroché aux rênes de son incomparable Fit For Fun 13. Aux Emirats Arabes Unis, la Brésilienne est venue à bout d’une épreuve au scénario rocambolesque et s’est imposée avec un total d’un point, personne n’était parvenu à signer un double zéro. Elle devance les Britanniques Tim Gredley et Joseph Stockdale, eux aussi piégés par le temps imparti en première manche mais impeccables aux obstacles avec les géniaux Médoc de Toxandria et Ebanking.
D’une régularité exceptionnelle au plus haut niveau ces dernières saisons, Vertigo du Désert, complice de Luciana Diniz depuis sept ans, ne s’était encore jamais imposé dans un Grand Prix 5*. C’est désormais chose faite pour le gris de dix-sept ans, remarquable d’aisance tout au long de la semaine au CSIO 5* d’Abou Dabi, premier rendez-vous du genre de l’année 2026. Dimanche 15 février, le fils de Mylord Carthago né chez Laurent Aubaux, en Bretagne, est venu à bout d’une épreuve complètement dingue aux Emirats Arabes Unis.

Luciana Diniz est montée sur la plus haute marche du podium du Grand Prix du CSIO 5* d'Abou Dabi, dimanche 15 février, supplantant Tim Gredley et Joe Stockdale. © Nour Al Masri / UAEERF
Un scénario improbable
Quel scénario a animé ce premier Grand Prix CSIO 5* de l’année ! Avec cinquante couples au départ, de niveaux et d’expériences diverses, Frank Rothenberger et ses assistants ont dû cogiter avant de proposer les parcours de cette épreuve en deux manches. Dès l’acte initial, le ton a été donné. Deuxième à prendre le départ, Nicolas Sers a une nouvelle fois marqué les esprits avec son excellent Eleven de Riverland, bouclant d’entrée un sans-faute. Faisant étalage de sa puissance et de son respect, le fils de Kannan a finalement attendu longtemps, très longtemps même, avant de voir… sa demi-sœur l’imiter. En effet, il a fallu attendre le passage de GL Events*Dorai d’Aiguilly, déjà magistrale dans la Ligue des nations Longines deux jours plus tôt, et Olivier Perreau pour assister à un nouveau clear round. Alors que ses coéquipiers portaient le dossard numéro deux, le duo olympique s’est, lui, élancé en trente et unième position. Et aucune autre paire n’est parvenue à dérouler une prestation parfaite !
Alors que le chronomètre n’avait pas franchement été un juge de paix en première moitié d’épreuve, il le fut bien davantage en seconde. Ainsi, Joseph Stockdale, Luciana Diniz, Tim Gredley, Marco Kutscher et Natalie Dean ont assuré leur place en deuxième manche avec Ebanking, Vertigo du Désert, Medoc de Toxandria, Catelly et Pedro van de Berlebuis en ne renversant aucun obstacle mais en écopant d’un ou plusieurs points de temps. Le chronomètre a aussi piégé le fabuleux Hudson de Vains, grand et agile fils de Comme Il Faut et cousin, entre autres, de la brillante Alanine de Vains. Né chez la famille Bihl, le bai, monté par Abdullah Humaid Al Muhairi, a écopé de… sept points de temps dépassé. Si la paire a été privée d’un retour en piste en deuxième manche, elle a certainement marqué des points pour les prochaines grandes échéances collectives tant elle semble taillée pour les plus beaux rendez-vous de la planète.

Nouvelle performance XXL pour le génial Médoc de Toxandria, deuxième du Grand Prix sous la selle de Tim Gredley. © Nour Al Masri / UAEERF
À la liste des convoqués pour un second parcours, se sont ajoutés les noms de Niamh McEvoy, sympathique et talentueuse Irlandaise qui n’a que peu d’expérience à ce niveau d’épreuve tout comme son fidèle Olympic ‘GL’ ‘FVD’, Omar Abdul Aziz Al Marzooqi, associé à son fabuleux Selle Français Enjoy de la Mûre, Piergiorgio Bucci et son régulier Hantano, Simon Delestre, aux rênes de son grand espoir Gatsby du Tillard ainsi que de Jason Smith et son incomparable étalon Picobello van’t Roosakker. Chacun de ces duos ont écopé d’une faute et disposaient encore de vraies chances de victoires, contrairement aux… vingt autres qui ont quitté la piste sans avoir franchi la ligne d’arrivée de l’acte initial du Grand Prix ! Quasiment du jamais vu à ce niveau, alors même que la liste des abandons compte pourtant des couples expérimentés et habitués à de tels confrontations, à l’instar de Barbara Schnieper et sa toute bonne Canice, Humaid Abdulla Khalifa Al Muhairi et Foncetti vd Heffinck ainsi que Abdullah Mohd Al Marri et BBS McGregor, tous deux auteurs d’un clear round vendredi dans le temps fort collectif, Daniel Deusser et sa bien nommée Pepita van’t Meulenhof, qui ont lourdement fauté dans le double spa-vertical placé en numéro 12, ou encore Giacomo Casadei et Marbella du Chabli, neuvièmes du Grand Prix de la Coupe du monde de Leipzig il y a un mois.
Pas de nouvelle Marseillaise et une grande première pour Vertigo du Désert
De fait, dans le contexte de cette épreuve, les sans-faute en deuxième manche valaient de l’or. Niamh McEvoy a bouclé son deuxième Grand Prix en CSIO 5* de la meilleure des manières, avec un sans-faute tout en maîtrise et un large sourire au moment de quitter la piste aux rênes de son cher Olympic ‘GL’ ‘FVD’. Mieux encore, la paire a décroché une excellente cinquième place grâce à un parcours rapide, qui a poussé les suivants à la faute.
Enjoy de la Mûre a été le premier a fauté, sur l’avant-dernier obstacle du tracé raccourci. La pépite de l’élevage de Béatrice Drigeard Desgarnier termine onzième. Plus rapide, mais également sanctionnés de quatre points chacun, Hantano, Picobello van’t Roosakker et Gatsby du Tillard le devancent aux rangs huit, neuf et dix. Les deux gris de Jason Smith et Simon Delestre ont démontré une fois de plus tout leur talent et entreront à coup sûr dans les plans des chefs d’équipe suisse et français pour les prochains rendez-vous collectifs.
Peter van der Waaij gardera aussi à l'œil un certain Gaëtan Joliat, qui n’en finit plus d’enchaîner les performances de haut vol. Après une excellente Ligue des nations vendredi aux commandes de Just Special VK vendredi, le jeune Helvète a conclu un convaincant sans-faute en seconde manche du Grand Prix aux côtés de Chelsea. De quoi rêver légitimement de grandes choses pour la saison 2026.
Pour les duos ayant été seulement pénalisés par le temps en première manche, ne pas renverser de barre était primordial pour obtenir le meilleur classement possible. Les Britanniques Joseph Stockdale et Tim Gredley ont parfaitement rempli le contrat, respectivement grâce à la complicité d’Ebanking et de Médoc de Toxandria. Ils se hissent même sur le podium, l’aîné s’octroyant une très belle deuxième place et le cadet une non-moins savoureuse troisième position, après s’être imposé sur cette même piste le 11 janvier dernier.

Joe Stockdale et Ebanking se sentent un peu comme chez eux à Abou Dabi et terminent troisième de ce Grand Prix 5*. © Nour Al Masri / UAEERF
La fin de l’épreuve, elle, a réservé son lot de surprises. Marco Kutscher, d’abord, est passé à côté, au sens propre comme figuré. L’Allemand, en selle sur Catelly, impeccable dans la Ligue des nations vendredi et bien parti pour en faire autant dans le Grand Prix, a volontairement dévié son complice de sa trajectoire devant un oxer. Manquant de contrôle, le pilote a préféré éviter de lui infliger une mauvaise distance et a ainsi renoncé à ses chances de podium. Avec un total de onze points, il est treizième. Le très plaisant Pedro van de Barlebuis, auteur d’un parcours parfait vendredi avec Natalie Dean avant que les Etats-Unis ne soient éliminés, n’a pu éviter une faute. L’alezan est un fils du génial Echo van’t Spieveld, sur la toute bonne souche de l’élevage de Padenborre. Associé à la Brésilienne Mariana Frauches Chaves, avec laquelle il terminait neuvième du Grand Prix du Longines Global Champions Tour de Monaco en 2025, jusqu’à la fin de l’été dernier, le BWP disputait son troisième Grand Prix 5* seulement ! Septièmes, lui et sa cavalière ont laissé un très bon sentiment après leurs performances émiraties et ont marqué de sérieux points auprès de Robert Ridland.
À leur suite, Luciana Diniz et Vertigo du Désert ont enregistré un sans-faute salvateur, faisant toujours preuve d’autant d’aisance et d’alchimie, après avoir déjà réussi deux parcours impeccables vendredi. Pour s’assurer de la victoire, la Brésilienne devait compter sur des erreurs de ses deux derniers adversaires, Olivier Perreau et Nicolas Sers. Victorieux de la Ligue des nations avec leurs coéquipiers vendredi, tous deux espéraient bien faire à nouveau retentir la Marseillaise. Olivier Perreau a d’abord pêché sur le numéro deux avec une GL Events*Dorai d’Aiguilly des grands jours. Puis Nicolas Sers a craqué, alors que la victoire semblait lui tendre les bras. Le Corrézien a essuyé un refus puis une faute, pour un total de dix points et la douzième place du classement final. Rageant, mais encourageant pour la paire, qui continue de se distinguer au plus haut niveau et pourrait bien se diriger vers Aix-la-Chapelle dans quelques mois si ses prestations continuent à être aussi efficaces.
Au terme de cette épreuve rocambolesque, Vertigo du Désert a finalement célébré sa plus belle victoire et a permis à son amazone de renouer avec le succès à ce niveau. Luciana Diniz n’avait plus été vue à pareille fête depuis le 1er juin 2018 et son dernier triomphe avec son inoubliable Fit For Fun 13, dans le Grand Prix du CSIO 5* de Saint-Gall.
“Je suis tellement heureuse et reconnaissante d’avoir un cheval comme lui”, s’est émue Luciana Diniz, qui ne cache jamais ses émotions après ses sans-faute. “Vertigo a dix-sept ans et l n’est pas seulement mon cheval ; il est mon meilleur ami. Quand j’ai vu que j’avais concédé un point de temps en première manche, je me suis rappelée que j’avais écopé du même score aux Jeux olympiques, il y a des années. Si j’avais continué à penser à cet événement, cela aurait pu affecter ma performance. J’ai donc changé mon discours intérieur et je me suis imaginée sur le podium. J’ai monté avec gratitude et en étant convaincue que lorsque les choses s’alignent comme cela, il s’agit d’un cadeau. J’avais le choix entre aller à Doha ou à Abou Dabi et je suis ravie d’être venue ici ! L’univers s’est prononcé.”

Photo à la Une : Luciana Diniz et Vertigo du Désert ont dominé le CSIO 5* d’Abou Dabi de la tête et des épaules et se sont imposés dans le Grand Prix de l’événement. © Nour Al Masri / UAEERF
Les épreuves du CSIO 5* d’Abou Dabi sont à (re)voir sur Clipmyhorse.tv.














