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“Je dis toujours que Claude, mon cheval de tête, est mon meilleur ami, et je le pense vraiment”, Elena Haas

Avec Claude, Elena Haas a obtenu de très bons résultats au plus haut niveau ces dernières années.
Interviews vendredi 11 septembre 2026 Rolex Grand Slam

Au printemps, et comme elle l’avait fait à plusieurs reprises, Elena A. Haas est venue se frotter à la concurrence européenne. De retour outre-Atlantique, la jeune femme, qui n’a véritablement lancé sa carrière internationale qu’en 2022, participe cette semaine au CSIO 5* de Spruce Meadows, un concours cher à son cœur. Sur cette piste, comme sur d’autres, elle s’est déjà classée à plusieurs reprises en Grands Prix 5* aux côtés de son cher Claude, un Westphalien de quatorze ans qu’elle décrit volontiers comme son meilleur ami. À l’aube de son vingt-troisième anniversaire, l’amazone, qui a étudié l’écologie à l’université, nourrit logiquement de grandes ambitions, mais garde les pieds sur terre. Elle évoque ainsi son cheval de tête, sa relation particulièrement au terrain de Calgary, mais aussi l’influence de son éducation et les questions de confiance en soi.

Vous êtes venue à Spruce Meadows pour la première fois lorsque vous aviez quinze ans. Cela a été le déclic qui vous a permis de réaliser que vous vouliez atteindre le haut niveau. Après avoir disputé le “Masters” de Calgary, et représenté les Etats-Unis ici, comme votre rapport à cet événement a-t-il évolué ?

Spruce Meadows aura toujours une place incroyablement spéciale dans mon cœur. C’est drôle, car j’en parlais justement à mon père l’autre jour. Lorsque j’ai rencontré Claude (Captain Jack 44 x Cefalo), mon cheval de tête, mon grand rêve était de pouvoir un jour faire partie de l’équipe américaine pour la Coupe des nations de Calgary. Le fait d’y être arrivée l’année dernière, et d’avoir bouclé un sans-faute, me donne encore des frissons aujourd’hui ! Cet endroit m’inspire tellement ! Être parvenue à concrétiser cet objectif me rend incroyablement heureuse. Avoir la chance d’être à nouveau ici cette année, en individuel, est incroyable. Je donne le meilleur de moi-même et ce serait génial d’être qualifiée pour le Grand Prix CPKC International présenté par Rolex dimanche. Il y a énormément de choses que j’aimerais encore accomplir, mais toutes les opportunités qui me sont désormais données ici sont la cerise sur le gâteau pour moi.

L'Américaine de vingt-deux ans rêve de pouvoir disputer le Grand Prix Rolex de dimanche à Calgary. © Sportfot

Vous vous êtes déjà imposée sur la piste principale de Calgary et avez obtenu quelques très bons résultats au niveau 5* à Spruce Meadows. Que vous ont appris ces expériences en termes de courage, d’endurance et de confiance, trois atouts dont doivent faire preuve chevaux et cavaliers pour être en réussite ici ?

Spruce Meadows m’a permis de croire en moi beaucoup plus que je n’aurais pu le faire sans mon expérience ici. C’est un fait avéré plus qu’une affirmation. Lorsqu’on effectue la reconnaissance des parcours, tous les obstacles sont imposants et les tracés techniques. Cela demande non seulement du courage, mais aussi beaucoup de confiance en soi et en son cheval pour affronter ces épreuves et obtenir de bons résultats dans celles-ci. Mon expérience à Spruce Meadows m’a montré combien compte la relation que l’on a avec son cheval et à quel point il est important de continuer de la cultiver. Lorsqu’on rencontre le succès, les parcours les plus importants ici semblent faciles. Je crois que ce sentiment vient du niveau de confiance et de bonheur que l’on partage avec son cheval. C’est en tout cas ce que je ressens avec Claude. Lorsqu’on quitte cette piste sur une bonne note, on a l’opportunité de continuer à progresser. Cela donne beaucoup de confiance et, dans mon cas, de joie.

En 2025, Elena Haas a représenté les Etats-Unis dans la Coupe des nations du CSIO 5* de Calgary et a signé un sans-faute sur Claude. © Sportfot

Claude a joué un rôle important dans votre progression au niveau 5* et en Coupes des nations Séniors. Comment a évolué votre couple et qu’est-ce qui vous donne confiance en lui sur un terrain de cette ampleur ?

Je dis toujours que Claude est mon meilleur ami, et je le pense vraiment. Je crois que nous avions besoin l’un de l’autre. Lorsqu’il est entré dans ma vie, je n’allais pas très bien, et j’avais besoin que quelqu’un croit en moi. Il l’a fait, et je pense qu’il avait aussi besoin que quelqu’un croit en lui. Dès le premier jour où je l’ai essayé, il m’a procuré les sensations les plus incroyables ! Nous sommes tous les deux un peu anxieux, et nous pouvons vite devenir nerveux, mais lorsqu’on nous donne l’opportunité de franchir un nouveau cap, nous arrivons à être au rendez-vous. Faire tout ce que nous avons fait ensemble n’a fait que renforcer notre lien et prouvé notre niveau de confiance mutuel. Lorsqu’on entre en piste et que tout s’aligne, j’ai simplement l’impression de galoper au parc avec mon meilleur ami. Participer à de tels événements, qui mettent autant les nerfs à rude épreuve, avec un cheval auquel je fais autant confiance, est un sentiment très spécial. Je sais que peu importe ce qui se passe, il donnera toujours son cœur pour moi. Cela procure ce sentiment de confiance supplémentaire qui permet, lorsqu’on se frotte à un parcours, de ne penser à rien d’autre. C’est juste nous deux. Tant que je fais bien ma part du travail, je sais qu’il donnera tout ce qu’il peut pour moi.

L'amazone voue une confiance totale à son alezan. © Sportfot



Vous vous êtes exprimée ouvertement sur le développement de votre confiance en vous et de votre mental. Comment avez-vous appris à gérer la pression et à vous faire confiance lorsque vous abordez certains des concours les plus importants du monde ?

Malheureusement dans ce sport, la confiance fluctue. Cependant, j’ai toujours dit que ressentir de la pression est un privilège. On peut toujours trouver des petits moyens pour s’aider et grandir. Dans les moments les plus importants, lorsqu’on parvient à surmonter la pression, on ressent d’autant plus de confiance. C’est pour cela que je trouve que Spruce Meadows est si incroyable. Lorsqu’on termine un parcours, on se dit “ok, je peux le faire”. On ne ressent pas toujours cette confiance et nous vivons tous des hauts et des bas. Pour moi, le plus important est de se souvenir pourquoi on a pris le départ d’une épreuve. Pour ma part, c’est parce que j’aime profondément mon cheval, que je lui fais totalement confiance, et j’ai la chance de sentir l’amour de mon cheval pour moi. Créer et cultiver cela comme base de sa confiance est essentiel pour surmonter les aléas du sport. C’est impossible de n’avoir que de super résultats tout le temps. Même si l’expérience peut aider, il faut toujours se souvenir des raisons qui nous ont amené ici en premier lieu, de tout le travail accompli. On sait combien de temps on a investi et tout ce que l’on a sacrifié pour en être là. À la fin de la journée, je sais que j’ai fait tout ce que je pouvais pour arriver en concours dans les meilleures conditions. Une fois que j’entre en piste, tout repose sur l’amour et la confiance qu’il y a entre mon cheval et moi.

Cette semaine, Elena Haas évolue à Calgary, l'un de ses terrains de compétition préféré. © Sportfot

En parallèle de votre carrière de cavalière, vous avez étudié l’écologie et le développement durable et exploré son application au cœur de l’industrie équestre. À quel point est-ce important que le sport continue d’évoluer dans cette optique ? 

Pour moi, c’est très important que le sport se développe d’une façon plus durable. Spruce Meadows est un bon exemple en la matière. Je pense que cet événement est un leader international en termes d’adoption d’initiatives durables, ce qui est génial à voir. Je pense que nous partageons tous cette responsabilité. Nous n’avons tous qu’une seule planète et nous sommes très privilégiés de pouvoir pratiquer notre sport. Quand nous en avons les moyens, nous avons la responsabilité de rendre le sport le plus viable possible. C’est en tout cas ce que je ressens vis à vis de mon bagage universitaire. Tout le monde n’a pas la possibilité de monter à cheval ou d’aller à la faculté. J’ai la chance d’avoir pu faire les deux et je ressens le devoir d’appliquer ce que j’ai appris au monde que j’aime.

La jeune américaine reconnaît la chance qui est la sienne de monter à cheval et d'avoir eu la possibilité de faire des études. © Sportfot

Vous représentez une génération particulièrement talentueuse de jeunes cavaliers américains. Quelles sont vos ambitions pour représenter votre pays au plus haut niveau et vous faire un nom sur les quatre Majeurs, support du Grand Chelem Rolex de saut d’obstacles ?

Cette perspective est à la fois très intimidante et incroyablement exaltante ! Je suis très motivée pour me faire un nom sur les quatre Majeurs du Grand Chelem Rolex de saut d’obstacles. Participer aux “Masters” du CSIO 5* de Spruce Meadows pour la première fois l’an dernier a été la concrétisation d’un rêve. Cela a animé encore davantage la flamme en moi. Il y a tellement de belles choses à faire dans ce sport ! Concourir ici a toujours été un très grand objectif pour moi, mais je suis bien loin d’en avoir fini ! Il y a encore tant de choses que j’aimerais accomplir. Aussi effrayant que cela puisse être, c’est aussi incroyable d’être ici cette semaine, de voir autant de mes idoles et de monter avec eux. J’espère, et je crois que si je continue à travailler dur, à faire les choses de la bonne manière, un jour mon nom sera à côté des leurs.

Elena Haas nourrit légitimement de belles ambitions pour la suite de sa carrière. © Sportfot

Photo à la Une : Avec Claude, Elena Haas a obtenu de très bons résultats au plus haut niveau ces dernières années. © Sportfot