Anastasia Nielsen tient tête à Thibeau Spits à Ramatuelle et le crack Landon de Nyze brille à Calgary
Le terrain en herbe de La Baule n’était pas le seul à accueillir du grand sport le week-end dernier. Si l’Officiel de France tenait évidemment la corde en termes de prestige, Ramatuelle et Calgary étaient le théâtre de CSI 5*, tandis que des CSI 4* se jouaient à Sopot, Opglabbeek et Traverse City. Retour sur les Grands Prix de ces quatre événements, qui ont permis à ESI Rocky, Landon de Nyze, Ace of Hearts, Mister Jup et Cadeau, alias Keeneland, de truster le haut de l’affiche avec Anastasia Nielsen, Mark Bluman, Billy Twomey, Yuri Mansur et Spencer Smith.
Et de deux ! À Ramatuelle, dans le Sud de la France, Anastasia Nielsen a remporté le deuxième Grand Prix 5* de sa carrière, samedi 13 juin. Après être devenue la plus jeune gagnante d’une étape du Longines Global Champions Tour en octobre 2025 avec Action Man, la Monégasque au destin doré a récidivé. Cette fois, elle a dû arracher la première place au barrage. Sur sa route, et celle de son partenaire du jour, l’exceptionnel ESI Rocky, cinquième des Européens de La Corogne sous la selle de Seamus Hughes Kennedy, se trouvait un couple redoutable formé par Thibeau Spits et Impress-K van’t Kattenheye. Lauréats de l’épreuve reine du CSI 5* de Fontainebleau en avril, le Belge et son étalon de onze ans ont aussi affiché leur grande forme à Madrid, où ils terminaient quatrième du Grand Prix 5*, puis à Rome, où ils signaient une bonne Coupe des nations (4+0). À Ramatuelle, comme en Espagne quelques semaines plus tôt, le duo est passé à côté d’un succès qui semblait lui tendre les bras. En concédant une faute, il s’est incliné et a laissé les honneurs à Anastasia Nielsen et ESI Rocky, de toute façon plus rapides avec un chronomètre de 43’’55 contre 45’’49.
“Honnêtement, je n’ai pas les mots. Je suis tellement heureuse ! J’étais très reconnaissante d’être sans-faute au tour initial, car le parcours était difficile. Je n’ai pas sauté beaucoup d’épreuves 5* avec Rocky, mais c’est un battant incroyable. Il donne le meilleur de lui-même pour rendre n’importe quoi possible. C’est fabuleux”, s’est émerveillée celle qui remportait ici même le Grand Prix du label… 1* il y a cinq ans !

Avec une moyenne d'âge de 22,5 ans, le barrage du Grand Prix de Ramatuelle a mis la jeunesse à l'honneur ! © Ljuba Buzzola / LGCT
Quant à Thibeau Spits, leader du classement mondial réservé aux cavaliers de moins de vingt-cinq ans et dont la rivale d’un soir occupe le neuvième rang, il s’est montré, comme à son habitude, particulièrement fairplay. “Anastasia a fait exactement ce qu’elle devait faire. Je pense que son barrage était battable, mais je ne devais pas me contenter d’assurer un sans-faute [pour m’imposer]. Je devais vraiment me battre. Au bout du compte, j’ai peut-être sous-estimé une ligne, mais je devais essayer. Anastasia mérite vraiment sa victoire”, a-t-il commenté. “Je suis très heureux de mon week-end. La stabilité dont nous faisons preuve à ce niveau [avec mon équipe de la Global Champions League] est ce qui me rend le plus heureux. Avoir de la réussite en 5* veut dire beaucoup pour moi.”

Thibeau Spits et Impress-K van't Kattenheye confirment leur grande forme, mais laissent passer une nouvelle chance de victoire au barrage. © Ljuba Buzzola / LGCT
Le tiercé gagnant est complété par Max Kühner et son brillant Up Too Jacco Blue, qui n’a pas mis les pieds sur une piste 5* entre juillet 2025 et mai 2026. De retour en forme, en témoignent ses victoires dans les premières manches de la Global Champions League de Shanghai et Ramatuelle, le génial bai, gagnant de ce même Grand Prix il y a deux ans, a réalisé le parcours à quatre points le plus rapide de l’acte initial. Neuf des dix autres prestations entachées de quatre points, à l’instar de celles d’Abdel Saïd et Quaker Brimbelles, quatrièmes, Kristen Vanderveen et Uno 56, alias Bull Run’s Jireh, sixièmes, Michael Pender et HHS Cyprus, dixièmes, Niels Bruynseels et Delux van T&L, onzièmes, ou encore Christian Kukuk et Checker 47 ont été récompensées financièrement, tandis que Caroline Rehoff Pedersen et son très plaisant Polonis L, treizièmes, sont restés aux portes du classement.

L'excellent Up Too Jacco Blue est bel et bien de retour au sommet de son art. © Ljuba Buzzola / LGCT
Mark Bluman et Landon de Nyze, une affaire qui galope !
Depuis qu’il a découvert Mark Bluman et retrouvé son affixe, Crack de Nyze, alias Landon de Nyze, reprend des couleurs. Si la fin de son aventure sous la selle de Kent Farrington avait été en demi-teinte, l’alezan conserve un talent indéniable. Il l’a montré à Calgary, samedi 13 juin, en remportant son troisième Grand Prix 5*, le premier sous couleurs colombiennes. Si Mark Bluman a posé ses valises pour la première fois à Calgary depuis le début du mois, son complice, lui, s’y est déjà illustré, notamment en 2023, année au cours de laquelle il avait remporté une épreuve de même niveau. Finalement, peu importe le terrain, l’alezan, issu de l’excellent élevage de la famille Nijs et désormais âgé de treize ans, et le trente-neuvième mondial s’entendent à merveille.

Mark Bluman et Landon de Nyze ont brillé de mille feux à Calgary. © Mike Sturk / Spruce Meadows Media
Pour décrocher leur plus beau succès commun, tous deux ont dominé un barrage à six. Ils n’ont, certes, pas été les plus rapides, mais ont été les seuls à couper la ligne d’arrivée en moins de 45’’00 en laissant toutes les barres sur leurs taquets. Une performance que personne n’est parvenu ni à égaler, ni à améliorer. Troisième, Daniel Coyle est allé à la vitesse de la lumière sur son impressionnant Farrel VDL, un fils de Cardento de seize ans écarté de la compétition pendant près de quatre ans et de retour au plus haut niveau contre toute attente depuis 2024, mais une faute les a éloignés de la première place. En maîtrisant son second parcours, Jos Verlooy a réalisé un joli coup aux rênes de Nixon van’t Meulenhof, un autre revenant ! Le puissant étalon, d’abord révélé par Harrie Smolders et destiné à un brillant avenir, a connu plusieurs coups d’arrêt… qu’il semble désormais bien décidé à laisser derrière lui.
Également sanctionnée d’une faute au barrage malgré un bon chronomètre, la très en forme Amy Millar place sa Selle Français Gaieté d’Elle, issue du célèbre élevage de la famille Pignolet, à la quatrième position et offre au public canadien la meilleure performance de sa nation. Sa fille de Vagabond de la Pomme est une sœur utérine de l’étalon Ivoire d’Elle (Untouchable 27) et une nièce d’un autre reproducteur et compétiteur : Urano de Cartigny. Avec deux fautes chacun sur leur second parcours, le Libanais Jad Dana et le Brésilien Gabriel de Matos Machado terminent cinq et sixièmes aux rênes de Itchcock des Dames, un frère utérin des tous bons Izarra des Dames, qui surprend son monde au plus haut niveau avec Jack Whitaker, et Jazzy des Dames, qui gravit les échelons sous la selle de Thibeau Spits et a bouclé ses deux premiers Grands Prix 5* cette année. En raison d’un et deux points de temps dépassé, Vaclav Stanek et Conor Swail ont été privés de barrage avec Calippo 57, un fils de Casallco, et Clonterm Obolensky.
L’hymne brésilien à Opglabbeek
Annoncé à 1,60m, le Grand Prix 4* d’Opglabbeek a accouché d’un barrage à sept. Celui-ci a été remporté par Yuri Mansur et Mister Jup, qui ont arrêté la montre en 42’’38. Bon gagnant international, et au départ des championnats d’Europe de La Corogne l’été dernier, le fils de Balou, alias Carrera VDL, ne s’était pourtant jamais imposé avec son nouveau cavalier. Longtemps associé à Mariano Martinez Bastida, le bai de douze ans est passé sous bannière brésilienne après la dernière échéance continentale. En Belgique, Yuri Mansur et son arrière-petit-fils de Champion du Lys ont coupé la ligne d’arrivée en 42’’38, soit avec vingt centièmes d’avance sur leurs dauphins, Eoin McMahon et Disney. L’Irlandais et son Zangersheide de dix ans ont enregistré leur meilleure performance internationale. S’ils se sont déjà imposés à 1,45m, tous deux n’avaient jamais sauté plus d’1,50m ! Une belle progression, donc, pour ce gris issu de la même lignée maternelle que l’étalon Diamant de Revel, père, entre autres, de l’excellent Independent, gagnant du Grand Prix du CSIO 5* de Sopot en 2022 avec Andreas Schou. La troisième place est revenue à l’Espagne. Arrivé au bout de son barrage dans la même seconde que ses deux bourreaux du jour, Manuel Fernandez Saro misait sur Baloys PS, un descendant direct de Baloubet du Rouet.

Associés depuis moins d'un an, Yuri Mansur et Mister Jup ont célébré leur plus beau succès commun à Opglabbeek. © Sentower Park
Les deux autres doubles sans-faute de ce Grand Prix ont été réalisés par les expérimentés Emanuele Camilli et Chacco’s Girlstar ainsi que par Matheus Corrêa et son Selle Français Graal Un Prince*Domm, un petit-fils de Sophie du Château !
Avec une faute au barrage chacun, Joe Whitaker et Thomas de Wit bouclent honorablement leur week-end grâce à la complicité de Hulahupe JR et Tools DW, six et septième, tandis que l’Egyptien Zain Shady Samir fut le dernier appelé au tour d’honneur après avoir compté deux points de temps dans l’acte initial aux rênes de Kardesh.
Billy Twomey et son Ace of Hearts triomphent à Sopot
Non contents d’avoir contribué à la victoire de l’Irlande vendredi 12 juin dans la Coupe des nations du CSIO 4* de Sopot, Billy Twomey et Ace of Hearts ont aussi raflé la mise dans le Grand Prix, deux jours plus tard ! L’Irlandais a mené son excellent mais parfois sensible fils d’Action-Breaker vers la première place en 41’’62, au terme d’une épreuve disputée en deux manches. Gagnant à 1,50m à plusieurs reprises, le duo a enfin décroché une première place dans un Grand Prix 4*, après avoir terminé deuxième à Vejer de la Frontera en début d’année.

Deuxièmes d'un Grand Prix 4* à Vejer de la Frontera en mars après avoir raté leur barrage, Billy Twomey et le tout bon Ace of Hearts ont pris leur revanche en Pologne. © CSIO Sopot
Alors que Fratelli d’Italia résonnait à La Baule, Roberto Previtali a planté le drapeau italien sur la deuxième marche du podium en Pologne grâce à Quirinus 27. La paire a coupé la ligne d’arrivée en 42’’63, lui permettant de garder une longueur d’avance sur le Portugais Ricardo Benzinho Karle Da Costa, troisième en compagnie de Kirocco, un descendant du Selle Français Quamikase des Forêts, alias Zirocco Blue VDL.
Marco Antonio Peixoto Ferreira Filho a bouclé le quatrième et dernier double zéro de ce Grand Prix aux rênes de Everest v’t Hof v Eversem, tandis que Jodie Hall McAteer et Alexandra Mairi Ruiz - Carter n’ont renversé aucune barre avec leurs La Gupardie, vue très à son avantage en début d’année en indoor, et Calvarole VG, nièce utérine d’une certaine… H&M*Indiana ! Carlos Bosch Cebrian, Marcus Westergren et William Whitaker ont vu la victoire leur échapper malgré des chronomètres très rapides en deuxième manche en raison d’une faute, concédée en seconde pour l’Espagnol et le Britannique et en première pour le Suédois. Ils étaient associés à la prometteuse Jolie van der Berghoeve, Airco de l’Esprit et Millfield Quickstep.
À Traverse City, les Etats-Unis en forme !
Disputé en petit comité, samedi 13 juin, le Grand Prix 4* de Traverse City a récompensé Spencer Smith. À bord de Cadeau, alias Keeneland, le cavalier de vingt-neuf ans a emmené un quadruplé américain. Leur barrage, bouclé en 48’’47, leur a permis de remporter leur premier Grand Prix international, eux qui avaient terminé deuxième de l’étape de la Coupe du monde organisée sur cette même piste en septembre dernier. Cette fois, ils ont supplanté Charlise Casas, associée à Kanny-Fee, brièvement vue aux côtés de Kent Farrington en 2025 et au départ de son premier Grand Prix 4* le week-end dernier. Molly Ashe Cawley s’est emparée de la troisième place avec Lorona, une fille de Lucky Won van het Bevrydthof, alias Grand Slam VDL, dont la production pointe le bout de ses naseaux au plus haut niveau.

Beau Cadeau que cette victoire offerte par Keeneland à son cavalier, Spencer Smith. © Natalie Suto Photography
Quatre, cinq et sixièmes, les paires formées par Ashley Vogel et Otis Blue, Francisco Goyoaga Mollet et Stakato Cornet ainsi que par Lacey Gilbertson et Belle Amie vd Dassenheide ont été également réalisé des doubles sans-faute. Fait rare, le numéro un mondial Kent Farrington a terminé dix-huitième et… dernier de ce Grand Prix avec Budak’s Casina Berlin, alias Casynna, une jument de neuf ans qu’il monte depuis le début d’année et qui ne dispose pour l’heure que d’une très faible expérience internationale.
Photo à la Une : Anastasia Nielsen a remporté son deuxième Grand Prix 5* le week-end dernier à Ramatuelle, grâce à son fabuleux ESI Rocky. © Ljuba Buzzola / LGCT














