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“Portobella van de Fruitkorf m’a permis de rêver plus grand”, Emilie Conter (1/2)

Cette année, Portobella van de Fruitkorf et Emilie Conter ont réalisé un sans-faute dans six des onze Grands Prix 5* auxquelles elles ont participé.
Interviews dimanche 4 janvier 2026 Coline Bac-David

Auteure d’une percée remarquable cette saison, Émilie Conter peut désormais rêver grand. Son talent, déjà révélé au cours de ses années Jeunes Cavaliers, a pris une tout autre ampleur cette année, notamment grâce à la brillante Portobella van de Fruitkorf. Ensemble, la cavalière belge de vingt-cinq ans et sa fille de Bamako de Muze se sont illustrées dans les Grands Prix 5* les plus prestigieux du monde — à Wellington, Rome ou encore Aix-la-Chapelle — ainsi qu’en Coupe des nations. Ces performances leur ont permis de décrocher le statut de réservistes pour les championnats d’Europe Longines de La Corogne. À l’aube de son départ pour la Floride, où elle entamera l’année 2026 au Winter Equestrian Festival, la cavalière des écuries Stephex revient sur sa saison, ses chevaux et ses objectifs. Entretien.

Vous montez aux écuries Stephex aux côtés de cavaliers expérimentés comme Daniel Deusser ou Petronella Andersson. Est-ce un avantage au quotidien ? Quels effets en constatez-vous ?

Oui, bien sûr, c’est un énorme avantage pour moi. Lorsque je rencontre une difficulté avec l’un de mes chevaux ou que j’ai un doute, je peux toujours demander de l’aide à un cavalier de l’écurie. Il y a toujours quelqu’un pour me conseiller. C’est un atout indéniable au quotidien.

Lors de plusieurs compétitions, on a pu voir Helena Stormanns, coach très en vue cette année, vous entrainer. Pouvez-vous nous expliquer quel a été son rôle dans votre progression et votre réussite ?

Je travaille avec elle depuis presque quatre ans. Je dois dire que ma façon de travailler a beaucoup changé depuis qu’elle a commencé à me coacher. Helena est vraiment une femme de cheval : elle connaît parfaitement les chevaux, mais surtout, elle sait donner confiance à ses cavaliers. C’est pour moi la chose la plus importante. Elle a toujours les mots justes et nous donne envie de nous surpasser en piste — cela a changé beaucoup de choses pour moi. Elle adapte également les entraînements à chaque cheval, ce qui permet de varier les exercices et de faire progresser chacun d’eux.

Avec Emilie Conter et Nina Mallevaey comme élèves, Helena Stormanns a connu une année empreinte de succès. © Sportfot

Vous avez réalisé une saison remarquable avec Portobella van de Fruitkorf (Bamako du Muze x Nabab de Rêve). Quel regard portez-vous sur ses performances ?

On a acheté Portobella lorsqu’elle avait sept ans. À cette époque, on savait qu’elle avait beaucoup de capacités, mais mon père ne l’aimait pas vraiment, elle était un peu nonchalante. Puis, lorsqu’elle a eu huit ans, j’ai commencé à être coachée par Helena Stormanns, et nous avons changé son système de travail, ce qui lui a parfaitement convenu. Portobella va avoir onze ans cette année, mais c’est à neuf ans que nous avons réellement débuté le haut niveau, notamment avec notre première participation à une Coupe des nations 5* lors du CSIO de Dublin en 2024. Depuis, elle a énormément appris et a commencé à s’illustrer sur les grosses épreuves. L’an dernier, nous avons participé à des compétitions auxquelles je ne pouvais que rêver auparavant. Je ne pensais jamais remporter un Grand Prix 5*, mais elle l’a fait en février à Wellington ! Elle m’a vraiment permis de rêver plus grand. Aujourd’hui, nous nous connaissons par cœur ; je dirais même que nous avons une personnalité très similaire. C’est sûrement pour cela que tout fonctionne si bien entre nous.

Comment l’avez-vous rencontrée ?

Tom Kerkhofs, notre directeur des ventes de camions Stephex, est passionné par les chevaux. Il avait remarqué Portobella sur plusieurs concours nationaux lorsqu’elle avait six ans. Philippe van Assche l’avait également repérée ; il y a une sorte de compétition amicale entre eux pour savoir qui dénichera la perle rare. Finalement, ils ont décidé de l’acheter, convaincus qu’elle avait quelque chose de spécial. Kendra Claricia Brinkop a été la première à la monter aux écuries, puis mon père l’a acquise. Quand je l’ai essayée, je dois avouer que je n’ai pas été convaincue : elle était froide et lourde, ce qui ne m’a pas vraiment séduite. Mais mon père a insisté, estimant qu’il était important pour moi d’essayer de continuer avec elle — et c’est ainsi que tout a commencé.



Mes chevaux m'ont prouvé qu'ils pouvaient s'adapter à des environnements variés

Vous disposez d’un piquet de chevaux très étoffé. Certains se démarquent-ils plus que d’autres ?

Oui, en ce moment, j’ai deux très bons chevaux de sept ans. Le premier, Domperignon Pommex (Dominator 2000 x Kannan), est issu de notre propre élevage. Je ne le monte que depuis six ou huit mois, donc cela ne fait pas très longtemps. Il s’est vraiment révélé cette année : il est très appliqué en piste, possède un grand respect de la barre et d’énormes qualités. Il a d’ailleurs hérité du surnom de “Monsieur Parfait” ! J’ai vraiment hâte de voir ce que l’avenir nous réserve. J’ai également Chablis (Windows van het Costersveld, alias Cornet Obolensky x Diarado), que je monte depuis deux mois seulement. Elle a eu un poulain il y a deux ans, donc elle est encore un peu verte, mais je pense qu’elle a tous les moyens pour réussir au haut niveau.

Domperignon Pommex, ici aux championnats du monde des chevaux de sept ans à Lanaken, enchante sa cavalière depuis plusieurs mois. © Sportfot

La formation de vos futurs champions est-elle un importante pour vous ?

Oui, totalement ! J’aime acheter mes chevaux lorsqu’ils ont six ou sept ans, afin d’avoir le temps de les connaître et de les former. C’est ce qui a créé mon lien avec Bella. Il nous a fallu quelques années pour être en parfaite osmose, mais c’est ce qu’il fallait — et c’est ce que j’aime. Parfois, il faut en vendre certains, cela fait partie du métier. J’apprécie aussi de les préparer parfaitement pour un client.

Cette année, vous vous êtes engagée sur plusieurs circuits – le Longines Global Champions Tour, les Coupes des nations… Quel bilan tirez-vous de ces différentes expériences ?

Cette année, j’ai eu la chance d’être sélectionnée pour plusieurs Coupes des nations, mais aussi de participer au Longines Global Champions Tour. C’était génial de pouvoir prendre part à tous ces circuits car cela m’a permis d’engranger beaucoup d’expérience. Mes chevaux m’ont également prouvé qu’ils étaient capables de s’adapter à des environnements variés et de bien sauter sur des pistes très différentes. Tout cela est de bon augure pour la suite.

Emilie Conter et sa caractérielle BWP se sont classées dans tous les Grands Prix 5* du Longines Global Champions Tour auxquels elles ont participé. © Sportfot

Vous avez signé des parcours sans faute dans certains des plus beaux concours du monde – Rome, Aix-la-Chapelle, Londres, Rabat ou encore Riyad. Parvenez-vous à réaliser tout ce que vous avez accompli cette saison ?

Parfois, j’oublie que certains événements se sont réellement produits. Par exemple, j’aime bien regarder mes vidéos d’Aix-la-Chapelle : à chaque fois, j’ai du mal à croire que j’ai réussi un sans-faute dans un endroit aussi mythique (elle a signé un sans-faute lors de la Coupe des nations, mais aussi lors du tour initial du Grand Prix Rolex, ndlr). C’est très agréable de regarder en arrière et de voir que j’ai pu participer à des concours qui me faisaient rêver lorsque j’étais enfant.

La seconde partie de cette interview est disponible ici.

Photo à la Une : Cette année, Portobella van de Fruitkorf et Emilie Conter ont réalisé un sans-faute dans six des onze Grands Prix 5* auxquelles elles ont participé. © Hippo Foto-Dirk Caremans