La promotion 2026 de la Young Riders Academy passée au crible
Comme chaque printemps, la Young Riders Academy offre une opportunité d’apprentissage unique à de jeunes cavaliers talentueux. Après deux jours de sélection, à travers des tests à cheval et à pied, les onze heureux élus ont été désignés pour profiter d’un riche enseignement durant un an. La quasi-totalité d’entre eux sont déjà bien implantés dans le milieu équestre, dix bénéficiant d’un environnement familial professionnel dans le domaine. Tous ont obtenu de bons résultats internationaux à 1,45m et plus, laissant présager de nouvelles success stories comme celles écrites ces dernières années par leurs prédécesseuses et prédécesseurs. Tour d’horizon des parcours de chacune et chacun.
Des vingt-six cavaliers à s’être présentés aux sélections de la Young Riders Academy (YRA), les 16 et 17 mars derniers, onze ont été retenus pour former la promotion 2026 de ce tremplin vers le très haut niveau. Face à un jury exigeant et expert, composé de Jens Fredricson, au départ des Jeux olympiques de Londres avec Lunatic, champion du monde par équipe à Herning en 2022 et d’Europe à Milan en 2023 avec Markan*Cosmopolit et troisième de la finale de la Coupe du monde de Leipzig en 2022 avec ce même complice, Thierry Pomel, ancien sélectionneur des Bleus, double vice-champion du monde à Rome en 1998 et vu aux Jeux olympiques de Sydney deux ans plus tard avec Thor des Chaines, et Jeroen Dubbeldam, champion olympique, du monde et d’Europe aux rênes de De Sjiem puis de son incomparable Zenith, les candidats ont exposé leurs atouts durant deux jours, au cœur du complexe de Kronenberg. Au-delà des tests à cheval, les vingt-six jeunes talents, représentants seize nations différentes et dont les CV ont été transmis par leurs fédérations respectives, ont aussi été testés sur leurs connaissances du monde équestre et leur compatibilité avec le programme par Sven Holmberg, directeur sportif de l’académie et membre du conseil d’administration de la Fédération équestre suédoise depuis plus de quinze ans, qui a supervisé le processus de sélection. Cette année encore, le niveau était plus qu’au rendez-vous, ce qui a rendu la délibération des jurés encore plus cornélienne. Pour autant, leurs critères étaient clairs. “Nous cherchons la passion et les objectifs à long terme. Nous voulons sentir que les cavaliers veulent vraiment aller le plus loin possible dans le sport. Concernant leur monte, nous voulons voir du talent et un style moderne et fluide. Être ici et observer ces cavaliers et ces chevaux est incroyable ! Le futur du saut d’obstacles semble très prometteur”, s’est enthousiasmé Jens Fredricson. Au-delà de la performance sportive, l’accent a une nouvelle fois été mis sur la capacité des aspirants à devenir un véritable professionnel de l’univers équestre. “À ce stade, ce qui importe le plus n’est pas seulement ce que l’on voit en piste, mais le potentiel global de chaque athlète”, a rappelé Sven Holmberg. “Le but est d’identifier les jeunes cavaliers qui ont le talent, l’état d’esprit et la volonté pour progresser à travers tous les aspects du programme.”

Le jury de sélection en pleine observation. © Fabio Petroni / YRA
Les successeurs de Kendra Claricia Brinkop, Mathieu Bourdeaud’hui, Thibeau Spits, Lars Kersten, Robert Murphy, Philipp Schulze-Topphoff, Joseph Stockdale, Jack Ryan, Georgia Tame, Jack Whitaker, Harry Charles, Jodie-Hall McAteer, Margaux Rocuet, Bertram Allen ou encore Eoin McMahon, tous vus au plus haut niveau sur la scène sportive ces dernières années, ont finalement été désignés. Elisa Chimirri, Rose de Balanda, Lou Puch, Emma Sophia Spanko, Leah Stack, Mathieu Guéry, Anthony Philippaerts, Nick Nanning, Thijmen Vos, Bryan Smits et Sören Suppert seront ainsi les nouveaux heureux bénéficiaires des enseignements de la Young Riders Academy. Défendant les couleurs de l’Italie, de la France, de la Belgique, des Pays-Bas, de la Suisse, de la République-Tchèque, de l’Irlande et de l’Allemagne, ces seize talents présentent chacun des expériences assez solides.
Issus de familles bien connues et implantées dans le milieu, comme tous leurs camarades ou presque, Mathieu Guéry et Anthony Philippaerts peuvent déjà se targuer d’excellents résultats. Le premier, qui bénéficie des précieux conseils de son père, Jérôme, s’est paré de deux médailles - l’or par équipe et le bronze en individuel grâce à Time-Breaker S - lors des Européens Jeunes cavaliers de Riesenbeck en 2025. Classé jusqu’à 1,50m sur la scène internationale, notamment en Grands Prix 3*, le jeune homme de vingt ans a connu une très bonne évolution ces sept dernières années, après avoir débuté sa carrière internationale aux rênes d’un certain Papillon en 2019, et va pouvoir la poursuivre dans les meilleures conditions grâce à la YRA. Son compatriote Anthony Philippaerts est lui aussi particulièrement bien entouré : entre ses frères, Thibault, Olivier et Nicola, et son père, Ludo, il ne manque pas de modèles ! Avec son Selle Français Gabell d’Arvor, fruit du mariage largement éprouvé entre Kannan et une fille de Diamant de Semilly reproduit ici par Michael Hammes, il s’est classé neuvième de l’un de ses premiers Grands Prix 4*, en novembre dernier à Vejer de la Frontera. Il ne manque pas grand-chose au jeune Diable Rouge, sacré champion d’Europe Junior par équipe en 2021 lors de sa dernière sélection continentale, pour franchir le dernier cap qui le sépare du très haut niveau. Dans son piquet, le cadet de la fratrie Philippaerts compte d’ailleurs de bons espoirs pour l’avenir, et a, par exemple, présenté Jentleman de Belheme, un fils de Vagabond de la Pomme et frère utérin de la brillante Dynamix de Belheme âgé de sept ans, pour trois parcours en début d’année.

Mathieu Guéry est en plein boom depuis quelques saisons ! © Sportfot
Anthony Philippaerts a déjà eu l'occasion de fouler les pistes historiques de Calgary et Aix-la-Chapelle et entend bien poursuivre sa progression. © Sportfot
Elle aussi bénéficie d’un ancrage familial important dans le milieu équestre. Rose de Balanda est la seule représentante tricolore à intégrer les rangs de la YRA cette saison. En début d’année, l’amazone de vingt et un a bouclé ses premiers parcours internationaux à 1,50m avec la manière, aux rênes de Holala Gaia, un hongre Selle Français de tout juste neuf ans. Le bai est un fils de Comme Il Faut et Secrete de Gaia, un temps montée par sa tante, Louise Bertran de Balanda ! À l’expérience de Rose de Balanda, s’ajoutent également quatre championnats d’Europe : trois en Children, avec une médaille d’argent individuelle à la clef en 2017, et un en Junior.
Rose de Balanda a décroché et mérité sa place au sein de la YRA, aux côtés de dix autres camarades. © Agence Ecary
Cette année, la gent féminine sera aussi représentée par quatre autres cavalières. La Franco-italienne Elisa Chimirri dispose d’un tableau de chasse bien garni. L’an dernier, elle s’est classée huitième du deuxième Grand Prix 4* de sa carrière après avoir signé un double sans-faute aux rênes de Calandro, un gris de douze ans débarqué dans les écuries de sa mère, Blandine Galet Roux, à Marlieux, dans l’Ain, puis un temps associé à son père, Bruno Chimirri, sur la scène internationale. Ce fils de Calato et petit-fils de Sandro Boy lui a également permis de décrocher un classement plein de saveurs sur la superbe place de Sienne, en mai 2023, dans une épreuve à 1,55m disputée dans le cadre du CSIO 5* de Rome. Trois cent cinquante et unième mondiale et quarante-deuxième de la hiérarchie réservée aux cavaliers de moins de vingt-cinq ans, Elisa Chimirri va enrichir encore davantage son réseau et son savoir à travers la YRA. En 2023, dans les colonnes de GRANDPRIX.info, elle soulignait l’importance de sa famille dans le choix de poursuivre ses rêves et sa passion de façon professionnelle : “J’ai la chance d’être née dans une famille qui travaille déjà dans le monde équestre et cela est vraiment très important, car sinon il est très difficile de gagner sa vie avec les chevaux. Mon père me soutient au quotidien pour réussir et c’est une chance que malheureusement beaucoup de personnes n’ont pas.”

Ces dernières années, la talentueuse Franco-italienne Elisa Chimirri s'est présentée sur la somptueuse Place de Sienne dans le cadre du CSIO 5* de Rome. © Sportfot
Le public francophone ne la connaît peut-être pas aussi bien que ses pairs précédemment cités. Pourtant, Leah Stack s’est déjà illustrée en France, à Saint-Lô ! En 2025, la jeune Irlandaise avait fait le déplacement jusqu’en Normandie pour présenter un certain Jericho de Hus, vainqueur du Masters des étalons Selle Français de six ans ans, au salon des étalons. Quelques mois plus tôt, elle avait disputé sa première épreuve internationale à 1,45m. Après une belle expérience sous les couleurs des écuries Ballypatrick de Greg Broderick, marquées, entre autres, par une deuxième place lors du championnat du monde des chevaux de six ans en 2023 puis une quatrième dans celui réservé aux montures de sept ans l’an dernier, à Lanaken, Leah Stack a intégré les écuries Stephex depuis quelques mois.
Après d'excellents résultats sous les couleurs des écuries de Greg Broderick, Leah Stack a intégré le pool des cavaliers Stephex. © Sportfot
Lou Puch, quant à elle, est la cadette de cette promotion 2026 ! La Suissesse fêtera ses dix-huit ans le 5 mars prochain. Pour autant, elle a déjà montré de quoi elle était capable face à la concurrence mondiale, en sautant son premier Grand Prix 4* dès 2025 et en se classant jusqu’à 1,50m. Elle a également disputé quatre championnats d’Europe, en Children et Junior, notamment avec son fidèle complice, Leave The Light On, un fils de Lord Pezi. Lou Puch est la fille de Pepo Puch, au départ de trois Jeux équestres mondiaux et des Jeux olympiques d’Athènes en concours complet avant de se tourner avec réussite vers le para-dressage, après s’être brisé les cervicales lors d’une chute. Si son père porte les couleurs de l’Autriche, Lou Puch, elle, défend bien celles de la Suisse. Elle représente même l’écurie Fuchs, pilotée en famille par Renata, Thomas et Martin Fuchs.

Lou Puch porte notamment les couleurs des écuries de la famille Fuchs. © Sportfot
À vingt ans, Emma Sophia Spanko n’a peut-être pas tout à fait autant d’expérience que certains de ses camarades, mais son sérieux, sa motivation et ses qualités ont su convaincre le jury de la YRA. La Tchèque n’est toutefois pas une inconnue des pistes internationales, qu’elle arpente jusqu’à 1,50m. Elle est notamment la cavalière de Duo du Ru, un des Selle Français représentant l’affixe de Christophe Legue. L’amazone a mis le pied à l’étrier à douze ans et a bénéficié du soutien financier de ses parents, qui lui ont permis de pouvoir compter sur ses premières montures et de bénéficier des installations nécessaires à sa progression. Emma Sophia Spanko est également à la tête d’une luxurieuse écurie près de Prague, où sont principalement établis ses clients et vivent ses jeunes chevaux et ses poulains, elle-même passant la majeure partie de son temps aux Pays-Bas, auprès des frères Schröder, dont la réputation de cavaliers et entraîneurs n’est plus à faire. Lauréate de sa première épreuve à 1,45m l’été dernier aux rênes de Longines LB, la jeune femme, qui a foulé quelques très belles pistes, à l’instar de celles de Bâle et Genève ou encore de Prague, entend bien aller encore plus loin, notamment en briguant une sélection aux prochains championnats d’Europe, une échéance qu’elle avait découverte en 2023, lors de ses années en Junior.

Emma Sophia Spanko, installé aux Pays-Bas chez Gerco et Ben Schröder, entend bien faire briller le drapeau tchèque dans les mois et années à venir. © Sportfot
En août prochain, Nick Nanning fêtera ses vingt ans. Le Néerlandais a déjà bouclé quatre championnats d’Europe, au cours desquels il a décroché trois médailles - deux d’argent par équipe et une de bronze en solo - dans les catégories Junior, et baigne surtout dans le milieu professionnel depuis toujours. Dans les écuries familiales, est né un dénommé Alamo, vainqueur de la finale de la Coupe du monde de Göteborg en 2019 avec Steve Guerdat, et sont passés, entre autres, les excellents Chaman, de Ludger Beerbaum, et Uceko, de Kent Farrington ! Sous le mentorat de son père, Niels, Nick Nanning a obtenu ses premiers classements à 1,50m l’an dernier et a remporté sa première épreuve à 1,45m en février, à Oliva. Au sein des rangs de la YRA, le jeune Oranje retrouvera son compatriote et conscrit Thijmen Vos, qui a, lui, tout juste célébré son vingtième anniversaire. Pointant au quatre-vingt-douzième rang du classement mondial réservé aux cavaliers de moins de vingt-cinq ans, le médaillé d’argent des Européens Junior de Kronenberg en 2024 partage sa passion et son sport avec ses sœurs, mais aussi avec son père, Robert Vos, qui a disputé plusieurs Coupes des nations de première division avec les Pays-Bas. Outre ses expériences européennes, Thijmen Vos a eu l’occasion de sauter sous la verrière du Grand Palais le mois dernier, mais aussi à Aix-la-Chapelle, à l’occasion d’un CSI 1* organisé dans le stade principal l’été dernier ! Avec son fidèle Cadillac, un fils de Balou, alias Carrera VDL, le Néerlandais s’est également classé en Grand Prix 4*, en fin d’année dernière, lors du CSIO 4* d’Avenches.
Nick Nanning est le fils de l'éleveur de l'excellent Alamo ! © Sportfot

Thijmen Vos a fait parler de lui dans le CSI U25 du Saut Hermès le mois dernier. © Sportfot
Dans les traces de son père Edwin Smits, Bryan Smits intègre également les bancs de la YRA cette année. Le jeune Suisse a grandi entouré de chevaux, au cœur des écuries de Chevenez. Très en vue lors du CSI U25 du Saut Hermès en mars, l’Helvète s’était classé à 1,55m lors du CSI 5*-W de Bâle deux mois plus tôt, confirmant ses qualités. Il a également pris part aux deux derniers championnats d’Europe Jeune Cavalier, à Kronenberg en 2024 puis à Riesenbeck en 2025, aux rênes de Coria von Hof… qui accompagne désormais la progression de son frère cadet, Mike !
Bryan Smits marche dans les traces de son père, Edwin. © Sportfot
Enfin, l’Allemagne pourra compter sur un représentant : Sören Suppert. Âgé de vingt-trois ans, il a entamé sa carrière internationale en 2017, sur des CSI Amateur. Jusqu’en 2023, il s’est montré particulièrement discret, ne remplissant guère que quelques lignes de sa page FEI. Cependant, ces trois dernières années, sa carrière a pris un autre tournant, le menant à sa première victoire internationale à 1,40m, puis à ses premiers parcours à 1,55m. Bien que ses deux parents soient cavaliers et pratiquent le dressage, le jeune homme s’est tourné vers le saut d’obstacles à treize ans. “J'ai toujours été le plus heureux auprès des chevaux. Le lien si particulier qui unit l'homme et le cheval me fascine”, déclarait-il l’an dernier dans les colonnes de NRZ. Fin décembre 2025, Sören Suppert avait déjà donné un nouvel élan à ses ambitions en intégrant les écuries d’Otto Becker, sélectionneur historique et emblématique de la Mannschaft. Cette dynamique se poursuivra donc au cœur de la YRA, qui offrira non seulement des stages chez de grands noms du jumping, des rassemblements, des enseignements théoriques en matière vétérinaire, médiatique ou encore entrepreneuriale, mais aussi des opportunités uniques en compétition à ses protégés.
Sören Suppert a récemment intégré les écuries d'Otto Becker. © Sportfot
“Ce qui a été frappant cette année, ce n’est pas seulement la qualité de l’équitation, mais aussi la maturité, la motivation et le professionnalisme dont ont fait preuve nombre de ces jeunes athlètes, confirmant une fois de plus à quel point le futur de notre sport pourrait être brillant”, conclut Eleonora Ottaviani, directrice de la YRA. “C’est exactement pour cela que notre premier objectif avec la Young Riders Academy est non seulement d’identifier ces talents, mais aussi de les soutenir durant leur parcours, de les aider à devenir des athlètes et professionnels complets. Nous aspirons à leur fournir les outils et les connaissances nécessaires, ainsi qu’un système de soutien constant pour les guider dans chaque aspect de leurs carrières.”
Photo à la Une : Onze jeunes cavaliers de talent forment la promotion 2026 de la Young Riders Academy. © Fabio Petroni / YRA



