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“Il faut écouter ses chevaux, être patient et les attendre”, Harrie Smolders

Harrie Smolders
mardi 11 mars 2025 RGS

Comptant parmi les cavaliers les plus réguliers à haut niveau, Harrie Smolders a été récompensé par un triomphe dans le Grand Prix Rolex de Genève, en décembre dernier. Désormais, le Néerlandais peut tenter d’égaler l’exploit de Scott Brash en remportant trois Majeurs de suite pour réaliser le Rolex Grand Chelem de saut d’obstacles. Premier défi sur sa route : le Grand Prix de Bois-le-Duc, où le local de l’étape sera sous le feu des projecteurs. Calme et peu enclin au stress, Harrie Smolders s’est confié à quelques jours du grand événement, sur son fabuleux Monaco, les secrets de sa réussite ou encore le lien particulier qui l’unit au Dutch Masters.

Après avoir remporté le Grand Prix du CHI de Genève en décembre, vous tenterez de poursuivre votre course au Grand Chelem Rolex ce week-end, sur vos terres, à Bois-le-Duc. Que cela représente-t-il pour vous ?

Le Dutch Masters est toujours un concours très particulier pour nous, Néerlandais, car il s’agit de l’un des Majeurs du Rolex Grand Slam de saut d’obstacles. Cet événement a une signification personnelle pour moi : lorsque j’étais enfant, c’est ici que j’ai vu pour la première fois en vrai des cavaliers internationaux concourir. Cette expérience m’a donné envie de devenir cavalier de saut d’obstacles. Désormais, c’est à notre tour d’inspirer la nouvelle génération.

Pour la première fois, je suis le prétendant au Rolex Grand Chelem de saut d’obstacles. Le Grand Prix Rolex du CHI de Genève, en décembre, a marqué ma première victoire dans une étape du circuit. Cela induit forcément plus d’attention et de pression. Tout le monde sait à quel point il est difficile de remporter ne serait-ce qu’un Grand Prix Majeur, alors deux de suite… En gagner trois de suite est le défi ultime et cela n’est arrivé qu’une seule fois dans l’histoire. Compter cette victoire à Genève à mon palmarès est un sentiment incroyable, et j’ai hâte de concourir à Bois-le-Duc.

Monaco a longuement observé son trophée à Genève. © Mélina Massias

En parlant de ce triomphe à Genève, qu’avez-vous ressenti en étant le premier à entrer en piste pour le barrage ?

En général, on n’a pas envie d’être l’ouvreur du barrage. D’ordinaire, partir tard dans l’ordre de départ est un avantage, puisque l’on sait exactement ce que l’on doit faire et quel est le temps à battre. À Genève, il y avait les tous meilleurs couples du monde : je savais que je devais donner le ton et réaliser une prestation parfaite. Et, au bout du compte, cela a payé ! Regarder les autres cavaliers a été incroyablement stressant et éprouvant. Il est rare de s’élancer en premier au barrage et de s’imposer malgré tout dans un Grand Prix de cette envergure : on ne sait jamais ce qui peut arriver avec un tel niveau de talent à venir après soi. 

Comment construisez-vous et entretenez-vous la connexion qui vous lie à vos chevaux ?

J’ai rencontré Monaco lorsqu’il avait sept ans et nous nous connaissons par cœur. Nos liens sont extrêmement forts et nous avons fait preuve d’une super régularité au fil des années. Il a été l’un des piliers de l’équipe néerlandaise en championnats et lors de finales de la Coupe du monde, en étant toujours au rendez-vous dans les moments qui comptent le plus. Sa régularité tout au long de sa carrière est extraordinaire. Il a une capacité remarquable pour reconnaître les moments qui comptent. Lorsqu’on a besoin de lui, il est toujours au rendez-vous. 

Harrie Smolders a en Monaco un partenaire d'une intelligence rare. © Mélina Massias

Essayez-vous de reproduire cela avec vos jeunes chevaux ?

Chaque cheval est unique et nécessite une approche personnalisée. Chacun a ses préférences en termes de préparation. Finalement, il est important de mettre en place des routines, des modèles, qui soient reconnaissables et que l’on puisse reproduire afin de créer une forme de constance.



Pouvez-vous parler davantage de Monaco ? Qu’est-ce qui fait de lui un cheval à part ?

Monaco déborde toujours d’énergie et est un cheval très intelligent. Même en prenant de l’âge, il continue de se bonifier et a envie de progresser, une qualité que j’ai rarement observée parmi les chevaux avec lesquels j’ai travaillé durant ma carrière. Cette volonté de continuer à s’améliorer est ce qui le distingue des autres. 

Naturellement, Monaco est un cheval athlétique, mais il a un côté espiègle et malicieux. Aux écuries, il sait très bien où se trouve la boîte à friandises et quel groom il peut soudoyer pour en avoir ! Au cours de sa carrière, Monaco a souvent terminé deuxième. Alors, à Genève, mes collègues, grooms et toutes les personnes qui composent mon équipe dans l’ombre, étaient à fond derrière lui. Il est si spécial que tout le monde voulait le voir obtenir cette victoire qu’il mérite tant.

La victoire de Harrie Smolders et Monaco à Genève a ravi toute leur équipe. © Mélina Massias

Chacune des quatre étapes du Rolex Grand Slam de saut d’obstacles a ses propres spécificités. Laquelle a votre préférence et pourquoi ?

Ces quatre concours sont incroyablement prestigieux et jouissent d’une longue tradition. En avoir remporté un est déjà un événement majeur pour moi ! Comme tous les autres Néerlandais, le Grand Prix de Bois-le-Duc est celui que je rêve de remporter. Cela étant, je ne serai pas contre gagner aussi le Grand Prix des autres Majeurs. Ceux des CHIO d’Aix-la-Chapelle et CSIO de Spruce Meadows sont assurément sur ma liste ! 

Vous faites preuve d’une régularité impressionnante au plus haut niveau depuis plusieurs années. Entre autres, vous avez terminé cinq fois dans le Top 3 des Grands Prix du Rolex Grand Slam. Comment parvenez-vous à cela ?

Être entouré d’une bonne équipe est essentiel. La régularité ne provient pas seulement de la gestion des chevaux, mais aussi de celle de vos propriétaires et de votre équipe. Les écuries Evergate et Copernicus me soutiennent depuis de nombreuses années et me permettent ainsi de me focaliser entièrement sur le sport. Et surtout, il faut écouter ses chevaux, être patient et les attendre. Si on sait les attendre jusqu’à ce qu’ils soient prêts, c’est là qu’ils peuvent véritablement performer au plus haut niveau.

À ce niveau, les séances d’entraînement sont primordiales. À quoi ressemble une journée type pour vous et vos montures dans une période comme celle précédant un Majeur ?

J’ai participé au CSI 5*-W de Göteborg en février, environ deux semaines avec le Dutch Masters. Après cette compétition suédoise, les chevaux ont profité de quelques jours sans pression afin de se reposer. Nous continuons à les monter quotidiennement, mais nous effectuons des exercices faciles. Dans la semaine précédant l’événement, nous augmentons progressivement l’intensité du travail, en incluant de petits sauts et des exercices de gymnastique. Le but est d’arriver au Dutch Masters avec un sentiment de fraîcheur et dans le meilleur état d’esprit possible !

Le Néerlandais espère bien faire aussi bien qu'à Genève à Bois-le-Duc, un concours cher à son cœur ! © Mélina Massias

Fort de votre expérience au plus haut niveau, quels conseils donneriez-vous aux jeunes cavaliers rêvant de la même carrière que vous ?

Je leur déconseillerai de choisir une spécialité trop tôt, comme en se limitant au saut d’obstacles par exemple. Il est très important de s’imprégner d’autant d’informations que possible sur les différents aspects du monde équestre. J’ai toujours tenu à cela. Un autre conseil serait d’apprendre en enseignant : en aidant les autres à renforcer leurs compétences, on s’améliore soi-même en tant que cavalier.

Si vous veniez à vous imposer dimanche dans le Grand Prix Rolex de Bois-le-Duc, que cela représenterait-il pour vous, votre équipe et votre carrière ?

Remporter deux Majeurs de suite, c’est entrer dans les annales du sport. Rares sont ceux qui y sont parvenus - Scott Brash et McLain Ward sont deux exceptions. J’aimerais beaucoup ajouter mon nom à la liste !

Photo à la Une : Harrie Smolders et Monaco ont défilé en tête du tour d'honneur du Grand Prix Rolex de Genève en décembre dernier. © Mélina Massias