Grâce à un mois de janvier prodigieux, Scott Brash redevient numéro un mondial dix ans après !
Dix ans après avoir occupé le rang de numéro un mondial pour la dernière fois, Scott Brash est de retour au sommet. Après un mois de janvier sensationnel et marqué par cinq victoires en Grands Prix, dont trois de niveau 5*, l’Ecossais a pris le meilleur sur le redoutable Kent Farrington. Une réussite que le jeune quadra doit à une équipe solide et dévouée, et surtout à un travail de longue haleine pour reformer un piquet de chevaux d’exception. En état de grâce, Scott Brash voit définitivement la vie en rose ces derniers mois. Si Ben Maher complète le Top 3, Nina Mallevaey, elle, maintient son huitième rang et devient la meilleure cavalière du monde pour la première fois de sa carrière !
Scott Brash ne revivra peut-être jamais un mois de janvier comme celui qui vient de s’achever. Expatrié à Doha depuis le début de l’année, l’Ecossais y a fait une razzia. Dans son escarcelle, il a notamment fait tomber deux Grands Prix 3* et trois de niveau 5*. Grâce à Jerenmias van het Hulstenhof, alias Hello Jefferson, Hello*Folie de Nantuel, Keswichtime HV, alias Hello Mango et Hello*Chadora Lady PS, le jeune quadragénaire a marqué 975 points comptant pour le classement mondial Longines, soit près de trois fois plus que son rival américain Kent Farrington, qui en a amassé 355. Après les différents calculs qu’impose la formule de la Fédération équestre internationale, qui édite cette hiérarchie mondiale tous les mois, Scott Brash s’est emparé du brassard de numéro un mondial avec 3459 unités à son compteur. Kent Farrington, qui avait délogé Henrik von Eckermann après trente-sept mois de règne en mai dernier, perd donc son titre honorifique de meilleur cavalier de la planète et s’incline de peu, avec 3415 unités.

À Doha, Scott Brash a fait une moisson en janvier. © Lukasz Kowalski / Doha Equestrian Tour
Pour Scott Brash, cette place de numéro un n’est pas une première. Il s’agit de sa troisième accession au trône, après l’avoir étrenné pour la première fois entre décembre 2013 et mars 2015, et l’avoir retrouvé un mois plus tard, pour le conserver jusqu'en février 2016. Dix ans plus tard, le seul vainqueur du Rolex Grand Chelem de saut d’obstacles de l’histoire a retrouvé l’état de grâce de ses plus grandes heures de gloire. De quoi en inspirer plus d’un. En janvier 2025, il y a à peine plus d’un an, l’Ecossais figurait en effet au soixante et unième rang du classement mondial Longines. En quatorze mois, sa remontada est spectaculaire. Quarante-deuxième, trente-quatrième, vingt-septième, vingtième, douzième, … Scott Brash a réintégré le Top 10 en juillet dernier. Solide et constante, sa progression est sans nul doute le fruit d’un travail de longue haleine, au cours duquel son piquet s’est solidifié, aguerri et a surtout été épargné par les blessures, qui ont souvent émaillé les carrières de certains de ses anciens cracks.
“Je suis incroyablement fier d’être de nouveau numéro un mondial. Plus que de tout autre chose, il s’agit du reflet de l’extraordinaire équipe qui m’entoure, de ces personnes qui travaillent sans relâche chaque jour et prennent soin de nos chevaux avec tant d’amour et de dévouement. Ce sont elles qui s’assurent que les chevaux soient aussi heureux et en forme que possible, et nous permettent, à nous cavaliers, de faire ce que nous faisons. Ces personnes sont celles qui font tourner la machine”, a salué Scott Brash, toujours les pieds bien vissés sur terre. “Pour moi, atteindre le rang de numéro un mondial n’est jamais dû à quelques résultats récents. C’est quelque chose qui est construit discrètement et patiemment, durant des années. Avec les chevaux, la réussite vient du temps que l’on passe avec eux, de la confiance mutuelle que l’on développe et du fait d’avoir conscience qu’il s’agit d’une aventure à long terme. C’est pour ces raisons qu’être dans cette position, aux côtés de chevaux remarquables, qui sont tous au meilleur de leur forme, est si spécial. C’est aussi l’occasion de remercier mes propriétaires, qui me soutiennent depuis tant d'années et m'accordent toute leur confiance, ainsi que nos partenaires, dont le soutien rend tant de choses possibles. Désormais, mon centre d’intérêt reste simple : garder mes chevaux les plus en forme et heureux possible. Tout le reste découle de cela.”
Si l'Ecossais est parvenu à remonter sur le toit du monde, c'est grâce à ses chevaux, mais aussi toute l'équipe qui l'entoure et qu'il n'a pas manqué de saluer. © Dirk Caremans / Hippo Foto
Nina Mallevaey, meilleure cavalière du monde !
À quelques points de Scott Brash seulement, Kent Farrington reste en embuscade et semble loin d’avoir dit son dernier mot. Les numéros un et deux mondiaux ont toutefois pris une confortable avance sur Ben Maher, qui s’offre le troisième rang de ce classement en février. En effet, le Britannique compte 3020 points, soit près de quatre cents de retard sur la deuxième place. Il est toutefois talonné de très, très près par Gilles Thomas, quatrième, et Christian Kukuk, cinquième. Le Belge, en hausse d’un rang, et l’Allemand, en recul de deux, affichent respectivement 3014 et 3011 unités ! Richard Vogel n’est pas loin non plus avec un total de 2947. Entre ces quatre là, le jeu des chaises musicales pourrait encore se poursuivre quelques mois.

Kent Farrington est désormais deuxième mondial. © Mélina Massias
En sept et huitième positions, deux Français se suivent. Julien Epaillard bondit ainsi devant Nina Mallevaey, et gagne trois places. Il faut dire que le Normand a pu compter sur la grande forme de son cher Donatello d’Auge ces dernières semaines. Le Selle Français Originel s’est notamment imposé avec maestria dans le Grand Prix de la Coupe du monde d’Amsterdam. Toujours solide et toujours aux avant-postes, Nina Mallevaey confirme son exploit du mois dernier. Devenue la plus jeune femme à entrer dans le Top 10 mondial au cours des deux dernières décennies, devant Pénélope Leprevost, la Nordiste maintient le cap. En janvier, elle a ajouté deux bonnes troisièmes places en Grand Prix 4* à son bagage, grâce à la complicité de My Clementine et Nikka vd Bisschop. Dans l’histoire moderne de cette hiérarchie mondiale, seuls deux cavaliers ont intégré le Top 10 avant leurs vingt-cinq ans. Il s’agit de Bertram Allen, qui y était parvenu en 2015 à dix-neuf ans, et Harry Charles, qui en avait fait de même à vingt-quatre printemps en 2024. Martin Fuchs, quant à lui, avait signé la même performance que Nina Mallevaey en 2018.

Nina Mallevaey est désormais la meilleure cavalière du monde ! © Dirk Caremans / Hippo Foto
Alors qu’elle était devancée le mois dernier par Laura Kraut, Nina Mallevaey est désormais la meilleure cavalière du monde… et la seule femme à faire partie du Top 10 mondial. En effet, son homologue américaine, aux côtés de laquelle elle s’est d’ailleurs entraînée par le passé, a chuté en douzième position après un mois de janvier très allégé. La sexagénaire n’a, en effet, disputé qu’un seul Grand Prix international, de niveau 3*, et sauté seulement huit parcours sur la scène mondiale, dont cinq comptaient pour ce classement mensuel. Cela profite à Daniel Coyle, qui passe de la onze à la neuvième place et repousse McLain Ward, neuvième en janvier, en dixième position.
Le classement mondial complet.
Photo à la Une : Scott Brash a retrouvé le rang de numéro un mondial dix ans après l'avoir occupé pour la dernière fois. © Mélina Massias









