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Carla Mateu Rapinat, à l’heure d’un nouveau défi au cœur du Mexique (1/2)

Carla Mateu Rapinat a déjà connu plusieurs expériences enrichissantes, comme celle vécue auprès de Grégory Wathelet.
Interviews mercredi 25 février 2026 Mélina Massias

Aux rênes d’Itchina Mail Verley ou Kornet San Isidro, Carla Mateu Rapinat a crevé l’écran ces dernières saisons sur le circuit réservé aux jeunes chevaux. Du haut de ses vingt-cinq printemps, la sympathique jeune femme a déjà en poche des expériences de prestige. La représentante espagnole est, en effet, passée par les écuries de Steve Guerdat et Grégory Wathelet. Il y a quelques mois, au détour d’un voyage en Colombie, afin de renforcer les liens qu’entretiennent ses écuries familiales de la Foltière avec les élevages San Isidro et Verley, la native du Sud de la France a vu un nouveau projet lui tendre les bras. Désormais, la suite de son aventure équestre s’écrira au Mexique, au sein du haras Santa Maria, où elle vient de poser ses valises avec l’objectif de former de nouvelles pépites. Très enthousiaste face à cette opportunité en or, Carla Mateu Rapinat est revenue sur son parcours et s’est projetée sur son avenir à Aguascalientes, ville située au cœur de son pays d’adoption.

Avec sa sensationnelle Itchina Mail Verley (Orient Express*HDC x Quite Easy I), une petite-fille de la vice-championne du monde par équipe Katchina Mail, Carla Mateu Rapinat n’est pas passée inaperçue lors des deux dernières éditions de la Grande Semaine de saut d’obstacles de Fontainebleau. Qualifiée pour la finale du championnat de France des sept ans et lauréate de la seconde épreuve qualificative de l’échéance réservée aux montures de six ans un an plus tôt, la paire a porté haut les couleurs des écuries de la Foltière. Située à Azay-sur-Cher, en Touraine, la structure familiale n’accueille pas qu’une seule star. Depuis un peu plus d’un an, l’étalon Kornet San Isidro (Windows vh Costersveld, alias Cornet Obolensky x Mylord Carthago), né en Colombie, chez la famille Piedrahita, y a aussi établi ses quartiers.

L'an dernier, Carla Mateu Rapinat faisait sensation avec l'étalon Kornet San Isidro au salon des étalons de sport de Saint-Lô. © Mélina Massias

Steve Guerdat et Grégory Wathelet comme mentors

Du haut de ses vingt-cinq ans, Carla Mateu Rapinat a contribué à la formation de ces deux pépites, et de bien d’autres, aux côtés de sa maman, Anne Rapinat. “Mes deux parents montent à cheval et sont professionnels depuis toujours, tout comme mon beau-père. J’ai vraiment grandi dans une famille de chevaux”, glisse la jeune femme. “J’ai toujours eu un ou deux chevaux, et je savais que je voulais être cavalière, mais maman freinait un peu mes ardeurs : elle n’était pas sûre que cela soit la meilleure voie à suivre pour moi.” Carla poursuit toutefois son bonhomme de chemin, suivant d’abord sa mère sur des épreuves Préparatoires le week-end avant d’évoluer avec succès sur le circuit Amateur puis Professionnel. Baccalauréat et BTS en poche, celle qui défend les couleurs espagnoles, que porte aussi son père, décide de donner un nouveau tournant à sa carrière et à sa vie en posant ses valises en Suisse. “Je n’aimais pas vraiment l’école”, rigole-t-elle. “J’ai travaillé quatre ou cinq mois dans une écurie. L’expérience ne m’a pas vraiment séduite, mais Steve Guerdat habitait tout près, à moins d’une heure de route. Je l’ai appelé pour lui demander si je pouvais venir voir comment fonctionnent ses écuries et éventuellement donner un coup de main sur mon jour de repos. Il a accepté et j’ai pu me rendre chez lui à raison d’une fois par semaine. Chaque matin, et comme tout le monde sur place, je curais un ou deux boxes, puis je montais à cheval, principalement pour des trottings et des séances sur le plat. Autour des écuries de Steve, il y a une superbe forêt vallonnée. Faire une heure ou une demi-heure de trotting dans ce cadre, c’est du sport ! Cela permet de muscler les chevaux de la meilleure des manières. C’est vraiment très chouette. En plus, le sol est extraordinaire et permet de trotter et galoper à notre guise. Cela n’a pas de prix !”

Ici aux rênes de l'excellent Itchina Mail Verley, Carla Mateu Rapinat a beaucoup appris aux côtés du champion olympique Steve Guerdat. © Mélina Massias

Après plusieurs mois passés en Helvétie, Carla décide de mettre un terme à ses missions et fait part de son choix à Steve Guerdat. Le champion olympique lui indique qu’il ne peut pas l’embaucher aux écuries, mais qu’il cherche un renfort supplémentaire pour l’accompagner sur les tournées espagnoles. “J’ai passé deux mois aux côtés de Steve et son équipe, à Oliva et au Sunshine Tour”, savoure toujours la jeune femme, qui engrange une nouvelle expérience précieuse. “Si je ne devais retenir qu’une chose de Steve, ce serait sûrement sa simplicité. Lorsqu’il est à cheval, tout est simple. Dès qu’il se met en selle, il a une connexion extraordinaire avec ses chevaux. Sans s’en rendre compte, on apprend des tas de choses en côtoyant des cavaliers comme lui.”



La série de concours hispaniques touchant à son terme, Steve Guerdat, dans l’impossibilité de l’engager à plus long terme, présente à Carla l’un de ses meilleurs amis : Grégory Wathelet. L’amazone passera alors deux ans auprès de cet autre grand nom du jumping mondial. “Chez Grégory, chaque pôle est très bien défini. Il y a une partie élevage, une écurie davantage dédiée aux jeunes chevaux et à ceux de niveau intermédiaire, et celle des montures de haut niveau, qui en accueille au maximum entre dix et quatorze”, détaille celle qui a œuvré dans ce troisième et dernier secteur. “J’ai monté des chevaux comme Nevados S (Calvados x Romualdo, médaillé de bronze par équipe aux Jeux olympiques de Tokyo, champion d’Europe collectivement à Rotterdam en 2019 et gagnant en Grands Prix 5*, ndlr)Iron Man van de Padenborre (Darco x Chin Chin, cinquième du Grand Prix du CSIO 5* de La Baule et lauréat de plusieurs épreuves à 1,55m, ndlr), Ace of Hearts (Aliandro B x Ra, lui aussi habitué aux classements, podiums et victoires au niveau 5*, ndlr), etc. J’étais notamment chargée de les faire travailler sur le plat et de les faire sauter la semaine, en l’absence de Grégory, afin qu’ils soient prêts pour les échéances qui les attendaient. J’ai aussi effectué quelques sorties en compétition avec les chevaux en formation et sur certaines tournées, mais ce n’était pas mon activité principale.” 

Au sein des écuries de Grégory Wathelet, l'amazone franco-espagnole a pu monter et faire sauter quelques unes des stars du Belge ! © Collection privée

À Clavier, la jeune femme était immergée dans le haut niveau et a, une fois de plus, appris et grandi dans ce système des plus enrichissants. “Nous avions un dresseur qui venait nous faire travailler individuellement sur le plat, chaque semaine, pendant une heure. C’était incroyable !”, détaille l’intéressée. “Grégory est quelqu’un d’hyper simple et de très gentil avec ses chevaux. J’ai beaucoup appris de ses grooms, et notamment de Sylvain (Benoît, ndlr), qui travaille avec lui depuis des années ! J’ai vu comment il soignait les chevaux et à quel point il était attentif à leur état de forme. Ma mère, qui a travaillé aux Etats-Unis, en Espagne et surtout en Angleterre, est très rigoureuse dans les soins apportés aux chevaux, donc j’avais déjà de bonnes notions. À la maison, nous n’avons jamais un cheval malade. En dix ans, nous avons peut-être eu un cas de colique, mais c’est tout ! J’ai grandi dans cette ambiance là, où l’on est attentif au moindre détail : les chevaux ont-ils bien mangé ? bu ? etc. Les systèmes de Grégory et Steve n’ont fait que m’apporter plus d’expériences et m’ont permis de voir comment tout cela s’applique aux chevaux de haut niveau. D’une certaine manière, c’est différent, car on n’utilise pas forcément les mêmes produits. C’est un fonctionnement à part. J’ai aussi remarqué que tout est toujours impeccable dans les écuries belges, et qu’une grande attention est portée à l’hygiène, dans une mesure que l’on voit rarement en France. Greg est, en plus, un manager extraordinaire. Il a une structure conséquente à gérer, entre l’élevage, le haut niveau, les chevaux en formation, etc.” 

“Itchina Mail Verley est l’une des meilleures juments que j’ai montées”

Après une belle aventure en Wallonie, Carla, rattrapée par son amour de la compétition et son envie d’élargir encore ses horizons, décide de rentrer en France, au sein des écuries familiales. En Touraine, à La Foltière, elle s’attache alors à former son propre piquet et à enrôler de jeunes pépites. Elle croise alors la route de deux juments de cinq ans, Inkanta Mail Verley (Windows vh Costersveld, alias Cornet Obolensky x Alligator Fontaine) et une certaine Itchina Mail Verley, déjà présentes sur la structure. Dotée de vraies qualités, mais très délicate, la seconde va pourtant réussir à révéler tout son potentiel grâce à une relation fusionnelle tissée avec sa cavalière. “Quand je suis arrivée, je l’ai prise sous mon aile et j’ai pris le relais. C’est comme cela que nous avons créé un couple elle et moi”résume la représentante espagnole. “Pendant deux ans, j’ai été la seule à monter Itchina. Nous avons commencé sur de tout petits parcours. Notre premier concours devait être sur des barres à soixante-dix centimètres tant elle sautait haut ! L’année suivante, à six ans, elle a participé à la finale du Cycle classique à Fontainebleau et a remporté la seconde qualificative. L’an dernier, elle a aussi pris part à la finale du championnat de France des chevaux de sept ans. Même si ce rendez-vous ne s’est pas terminé comme nous le voulions, elle a quand même remporté deux Grands Prix Top 7 dans la saison et s’est classée dans quasiment tous ceux auxquels elle a participé ! La vitesse à laquelle elle a évolué est assez hors norme, comme son mental. Pour moi, Itchina est l’une des meilleures juments que j’ai montées, même si j’ai eu la chance d’avoir de très bons chevaux, dont la très atypique Vriendinneke van de Lentamel (Vigo d’Arsouilles x Toulon), une sœur utérine de Ping Pong van de Lentamel avec laquelle j’ai sauté jusqu’à 1,50m. C’est grâce à mon père, Estrat Mateu Vivas, que j’ai pu la monter et elle est désormais poulinière.”

La jeune femme a évolué sur de belles hauteurs sur la scène internationale, notamment aux côtés de Vriendinneke van de Lentamel, une soeur utérine du phénomène Ping Pong van de Lentamel. © Santiago Martin / Equus Media

La seconde partie de cet article sera disponible demain sur Studforlife.com…

Photo à la Une : Carla Mateu Rapinat a déjà connu plusieurs expériences enrichissantes, comme celle vécue auprès de Grégory Wathelet. © Hervé Bonnaud / 1 Clic Photo