Les semaines passent… et se ressemblent pour Kent Farrington ! Qu’il soit aux commandes de sa grise Greya, née Contina 47, ou de sa baie Toulayna van het Bloesemhof, l’Américain gagne tous les Grands Prix - ou presque - dont il prend le départ. Le temps fort du CSI 4* d’Ocala n’a pas fait exception le week-end dernier. Du côté de Wellington, où se déroulait le traditionnel CSIO de l’événement floridien, le quatuor américain - entièrement féminin - s’est imposé dans la Coupe des nations, tandis que le Grand Prix est tombé dans l’escarcelle du Mexicain Arturo Parada Vallejo.
Ce n’est plus sur un nuage que se trouve Kent Farrington, mais sur une autre planète. Samedi 1er mars, l’Américain a remporté son cinquième Grand Prix de l’année, en sept disputés au niveau 4 et 5* ! Pour sa formidable Toulayna van het Bloesemhof, qui l’accompagnait dans l’épreuve reine du CSI 4* d’Ocala, les chiffres sont encore plus fous, puisque la fille de Toulon vient tout bonnement d’enchaîner son troisième succès de rang, après avoir empoché les Grands Prix 4* d’Ocala, déjà, et 5*-W de Thermal. Le retour du numéro trois mondial en Europe, qui devrait intervenir en mars à l’occasion de l’étape du Rolex Grand Chelem de saut d’obstacles de Bois-le-Duc, puis potentiellement de la finale de la Coupe du monde de Bâle, sera, à n’en pas douter, scruté de très près.
Quelle forme pour Kent Farrington et ses montures ces dernières semaines ! © Andrew Ryback / World Equestrian Center
“Quand on est le dernier à s’élancer aux rênes d’un cheval que l’on connaît bien, le plan est toujours de voir ce que font les autres. J’ai trouvé la stratégie de McLain intelligente : m’imposer la pression du sans-faute. S’il était allé vite, ma jument l’aurait sans doute été davantage, parce qu’elle est, pour l’heure, plus expérimentée que son cheval. Je devais donc être suffisamment rapide, sans commettre d’erreur stupide”, a analysé l’Etats-unien. Chose qu’il a parfaitement réussi à réaliser, coupant la ligne d’arrivée du barrage en 47’’21, soit avec plus de deux secondes et demie d’avance sur McLain Ward et High Star Hero, un SBS de douze ans passé sous sa selle l’été dernier après avoir performé au plus haut niveau avec l’Australienne Thaisa Erwin. Le hongre est, par ailleurs, un fils de I’m A Moerhoeve’s Star et Darjina Hero, par Darco. Sa troisième mère, Rinnetou, a notamment donné April Love ZH, à l’origine d’un certain All Star 5.
McLAin Ward et High Star Hero terminent deuxièmes du Grand Prix 4* d'Ocala. © Andrew Ryback / World Equestrian Center
Dans un Grand Prix difficile, McLain Ward a été le deuxième à se qualifier pour le barrage. Avant lui, Richard Vogel avait ouvert les hostilités avec Event de l’Heribus, prometteur Selle Luxembourgeois qui a intégré son piquet en début d’année. Entre ces deux-là, l’entente semble avoir été rapide : avant le week-end dernier, le fils du SBS Emir de Vy n’avait jamais affronté d’épreuve de ce niveau. Ses résultats internationaux attestent d’un seul départ à 1,55m, fin janvier, à Wellington, avec son cavalier allemand. Né à la ferme de l’Heribus, l’alezan a longtemps évolué avec Sabrina Berger, compatriote de Richard Vogel. Encore en pleine progression, le hongre de dix ans a cette fois renversé trois obstacles au barrage, pour le troisième rang final, malgré un chronomètre supersonique de 45’’24. De quoi présager d’un avenir prometteur pour ce néo-duo.
De belles promesses pour Richard Vogel et son Selle Luxembourgeois Event de l'Heribus. © Andrew Ryback / World Equestrian Center
Si seuls trois couples ont bataillé au barrage, quatre paires supplémentaires ont conclu l’acte initial de ce Grand Prix 4* sans renverser la moindre barre, mais en étant piégées par le temps accordé, ajusté par Grégory Bodo, dont le travail a été unanimement salué. En très grande forme, Luis Sabino Gonçalves et Scoop de Septon, un neveu de Kheros van’t Hoogeinde, se sont classés quatrièmes, avec un seul point de temps dépassé. La semaine dernière, tous deux étaient cinquièmes d’une épreuve de même niveau, sur cette même piste, la seule où ils se sont produits face à une concurrence internationale depuis juin dernier. L’Irlandais Robert Blanchette se hisse au cinquième rang avec Chardonnay, un fils de Comme Il Faut, pour deux points, et supplante Tanner Korotkin ainsi que Brian Moggre, qui ont chacun dépassé le chronomètre imparti de plus de trois secondes avec leurs respectifs Kinmar Quality Hero et Urmel 117, alias MTM Vivre Le Rêve, lauréat du Grand Prix 4* d’Ocala joué la semaine passée.
Les cavalières américaines dominent la Coupe des nations de Wellington
Le week-end dernier, avait également lieu le traditionnel CSIO 4* de Wellington. Première épreuve majeure de cette nouvelle semaine de compétition au sein de l’immense complexe floridien, la Coupe des nations a sacré la nation hôte, samedi 1er mars ! Grâce à une première manche impeccable, puis une seconde sanctionnée de seulement cinq points, les Américaines se sont imposées avec sept points d’avance sur leurs dauphins irlandais.
Les quatre amazones américaines autour de leur sélectionneur, Robert Ridland. © Sportfot
Le Stars and Stripes, dont les couleurs étaient défendues par quatre cavalières, a été porté par le double sans-faute de Carly Anthony et Heavenly W, un fils de Calvaro et neveu de l’excellent G&C Arrayan. Une prestation pour la jeune amazone, un temps expatriée en Europe, où elle s’est notamment attelée à former de jeunes chevaux, dont un certain Explosion W, ou encore Rosana du Park, et peu habituée aux compétitions collectives. Après avoir signé la meilleure performance de son escouade à Wellington, la trentenaire a tenu à saluer son partenaire à quatre jambes. “Sans les chevaux, nous ne serions pas ici. Je dois tout à Heavenly et mon équipe, qui me soutient chaque jour et me permet d’avoir ces opportunités incroyables et d’accomplir ces objectifs”, a-t-elle déclaré.
Carly Anthony, ancienne cavalière d'Explosion W, entre autres, a signé la meilleure performance de son escouade avec Heavenly W. © Sportfot
Avec un sans-faute puis un parcours à quatre points de Natalie Dean et Acota M, puis un premier clear round suivi d’une prestation sanctionnée d’un seul point de pénalité pour Charlotte Jacobs et Playboy JT, un fils de Presley Boy, Laura Kraut a pu déchausser ses bottes plus tôt que prévu ! Quatrième de la composition d’équipe de Robert Ridland, récemment reconduit à son poste jusqu’en 2028 par la Fédération équestre américaine, la meilleure cavalière du monde au classement mondial Longines de février n’a pas eu besoin de présenter une seconde fois le très plaisant Très Bien. D’ailleurs, leurs vingt-quatre points - douze aux obstacles, douze pour temps dépassé - de l’acte initial de cette Coupe des nations ont été effacés par les performances de leurs coéquipiers. “C’était le rôle de quatrième le plus agréable que j’aie jamais connu !”, s’est amusée Laura Kraut. “Dès que Robert m’a annoncé la composition de l’équipe, j’étais enchantée. Ces trois incroyables cavalières sont en pleine forme depuis un moment, depuis des années ! La façon dont elles ont monté la première manche était parfaite. Dans la perspective des Jeux olympiques de Los Angeles, je crois que nous avons trois super jeunes cavalières, qui ont leur chance si tout va bien.”
Cette fois, Laura Kraut n'aura pas contribué au score de son équipe avec son plaisant mais encore inexpérimenté Très Bien. © Sportfot
L’Irlande a terminé deuxième avec un total de douze points. Le quatuor de Michael Blake a dû composer avec l’élimination de Michael Duffy et Cantano 32 en seconde manche, mais a pu s’appuyer sur les bonnes prestations de Bertram Allen et Cian O’Connor, associés à Qonquest de Rigo (0+4) et au jeune Benfield’s Victory, alias Belvedere (4+4), ainsi que sur le double zéro de Daniel Coyle et son bien nommé Incredible. Le podium est complété par le clan belge, représenté pour l’occasion par Emilie Conter et Trixie (4+0), Pieter de Brabander et MTM*Caden (El+18), Zoé Conter et Tombola (1+0) ainsi que Nicola Philippaerts et Qnokke de Muze (4+8).
Première pour Arturo Parada Vallejo !
Associés depuis l’automne dernier, Arturo Parada Vallejo et Fellow van’t Moerven ont conquis leur premier Grand Prix 4*, à l’occasion du CSIO de Wellington. Jouée dimanche 2 mars, l’épreuve a réuni une quarantaine de prétendants à la victoire aux expériences diverses.
Représentant le Mexique, où il passe une partie de son temps, Arturo Parada Vallejo a rencontré sa monture un peu par hasard. Initié aux compétitions internationales par le Belge Dries van der Linden, le fils de Quamikase des Forêts, alias Zirocco Blue VDL, a ensuite rejoint le Marocain Vincent Zacharias Bourguignon, avec lequel il a concouru jusqu’en Grand Prix 4*, puis a intégré l’effectif du Brésilien Pedro Junqueira Muylaert, après un court passage aux rênes d’André Reichmann. En août 2024, après près de deux ans sans apparition internationale, le bai a effectué deux parcours avec le Colombien Camilo Ruedo, avant d’être associé à son cavalier actuel, par l’intermédiaire des écuries Bustillos. “Le cheval est arrivé de nulle part. Il était avec une cavalière amateure, qui a décidé de le confier à Bustillos et je me suis dit que j’allais l’essayer”, retrace Arturo Parada Vallejo. “Il a beaucoup de force, est très courageux et franc. J’aime ce type de chevaux. Il répond bien à chaque question qu’on lui pose. Nous nous sommes compris très rapidement, et même s’il n’est pas le plus rapide, il peut facilement retirer une foulée ou réaliser un virage rapide.”
Arturo Parada Vallejo et son fils de Quamikase des Forêts se sont bien trouvés ! © Sportfot
Jouant son va-tout dans un barrage à quatre, le couple s’est imposé en 40’’41, signant également le seul double zéro du Grand Prix. Le compétitif Mexicain, qui fêtera son trente-sixième anniversaire le 11 mars prochain, a remporté la plus belle épreuve de sa carrière. Plus rapides, le Colombien Mark Bluman et le Britannique Charlie Jones se sont finalement contentés des deux et troisièmes places sur S&L Maracana’, un fils du Selle Français Originel Lucky du Reverdy, et Capitale 6, fruit du mariage entre Cassini I et une fille de For Pleasure, après une faute chacun. Même sanction pour le Brésilien Gabriel de Matos Machado et Legaland Sandro, un produit de Sandro Boy sur une lignée irlandaise.
Piégées par le temps, Zoé Conter et Lillie Keenan se sont octroyées de beaux accessits. La Belge, déjà à son avantage dans la Coupe des nations, avait sellé sa fidèle La Una, tandis que l’Américaine montait Chili Pepper H M.
Photo à la Une : Kent Farrington et Toulayna van het Bloesemhof en route vers une nouvelle victoire ! © Andrew Ryback Photography / World Equestrian Center