Willem Greve conserve son dû dans l’épreuve tournante de Bois-le-Duc
Pour la deuxième fois, Bois-le-Duc a accueilli une épreuve tournante, inspirée de l’ancienne finale à quatre des Jeux équestres mondiaux. Le principe ? Quatre cavaliers s’affrontent sur quatre parcours, au cours desquels chacun monte les chevaux des autres. Déjà primé lors de la première édition, Willem Greve a réitéré sa victoire en déroulant quatre parcours parfaits avec Sir Minka, Easy Up de Grandry, meilleur cheval de la compétition, Greenacres Comilfo et Happy Landais. Richard Vogel, Julien Epaillard et Gilles Thomas, ses adversaires du soir, se sont classés dans cet ordre. Retour sur cette soirée attrayante.
Si certains doutaient encore des qualités d’Homme de cheval de Willem Greve, sa victoire, nette et sans bavure, dans l’épreuve tournante de Bois-le-Duc, jeudi 12 mars, devrait avoir achevé de les convaincre. Parcours après parcours, le Néerlandais a parfaitement su prendre la mesure de ses quatre partenaires du soir. Il a d’abord posé sa selle sur le dos de son bouillonnant et excellent sauteur Sir Minka, un fils de Sir Obolensky sur la prolifique et très solide souche de Freiminka, d’où sont issus, pour ne citer qu’eux, Qonquest de Rigo, Is-Minka ou encore un certain Totilas. Vu jusqu’à 1,50m sur la scène internationale, Sir Minka est monté depuis la fin d’année dernière par l’Irlandais Matt Garrigan, bras droit de Willem Greve. Face au public de Bois-le-Duc, le gris s’est montré impeccable avec son cavalier, puis avec Richard Vogel en troisième rotation.
Après avoir mis pied à terre de son gris, Willem Greve a découvert les partenaires de ses adversaires du soir, en commençant par Easy Up de Grandry, atypique mais expérimenté et efficace complice de Julien Epaillard. Après un tour de chauffe sans fausse note aux rênes de son cavalier, le fils de Jarnac a doublé la mise avec son pilote néerlandais. Sous sa selle, le Selle Français a particulièrement bien sauté, avant d’accuser quatre points avec Gilles Thomas au tour suivant, puis de conclure sa soirée en beauté aux rênes de Richard Vogel. “Si Richard montait ce cheval dans une épreuve internationale, je crois qu’il pourrait facilement s’imposer”, lâchait même le co-animateur de cette compétition singulière et toujours intéressante pour les amoureux de jumping lancée en 2025, Jeroen Dubbeldam.

Easy Up de Grandry, ici sous la selle de son cavalier habituel, Julien Epaillard, a été sacré meilleur cheval de l'épreuve. © Sportfot
En tête des opérations après deux parcours, Willem Greve s’est frotté à Greenacres Comilfo, sans doute la monture la moins expérimentée de la soirée et la plus délicate à cerner en quelques minutes à peine. Après deux galops d’essai, dont un sanctionné de huit points, le fils de Comilfo Plus qui ne compte… aucune apparition internationale à son actif et n’avait jamais été monté en compétition par son cavalier référent, Richard Vogel, a fait confiance au numéro vingt-quatre mondial. Ce dernier s’est parfaitement servi du temps accordé pour prendre ses marques avec son nouveau binôme avant de s’élancer sur le tracé. Il n’a pas cherché à précipiter ses sauts de détente, bien au contraire, puisqu’il a volontairement arrêté le bai par deux fois devant des obstacles. “J’espère qu’il n’est pas en train de lui apprendre à refuser”, a plaisanté Richard Vogel, toujours enclin à charmer le public avec une pointe d’humour bien sentie. Résultat, le néo-duo a laissé toutes les barres sur les taquets. Après en avoir fait autant avec Julien Epaillard, le hongre ISH de neuf ans, petit-fils de Lux, comme un certain United Touch S, a de nouveau laissé échapper deux fautes, sur les verticaux placés en numéro 3 et en avant-dernière position, aux rênes de Gilles Thomas, son dernier cavalier de la soirée.

Richard Vogel a participé à cette épreuve de démonstratif avec un tout nouveau partenaire, Greenacres Comilfo. © Sportfot
Pour l’emporter, Willem Greve devait conclure avec Happy Landais, prometteur étalon Selle Français Originel de neuf ans, quatrième du premier Grand Prix 4* de sa carrière, fin février à Vejer de la Frontera. Après un clear round avec Gilles Thomas, son partenaire habituel, puis un autre avec Julien Epaillard, qui l’a visiblement beaucoup apprécié et a bouclé avec lui l’une, si ce n’est la plus belle prestation de l’épreuve, le bai avait fauté sur la sortie du double numéro 4 avec Richard Vogel. En s’adaptant à la fatigue du fils d’Andiamo Semilly et à ses caractéristiques, Willem Greve a coupé la ligne d’arrivée sans pénalité, scellant ainsi l’issue de cette épreuve, dans laquelle il avait déjà triomphé l’an dernier.

L'étalon Selle Français Originel Happy Landais, partenaire de Gilles Thomas, n'a concédé qu'une faute avec Richard Vogel. © Sportfot
“Cette épreuve est extrêmement amusante. Dans un laps de temps réduit, chaque cavalier doit décrypter chaque cheval, sentir exactement comment il réagit et trouver de quelle manière il préfère être monté. On ne doit pas chercher à les contraindre coûte que coûte à notre volonté”, a décrypté l’heureux lauréat, toujours aussi enthousiaste quant au revival de feue la finale à quatre des Jeux équestres mondiaux, dont la dernière édition fut celle remportée par un certain Jeroen Dubbeldam en 2014, à Caen. “Nous avions tous très hâte de vivre cette épreuve. Nous sommes tous les quatre extrêmement impliqués avec nos chevaux et trouvons intéressant de voir comment quelqu’un d’autre les aborde. Nous partageons des informations entre nous et voir comment chacun s’adapte à une nouvelle monture est fascinant.” Et Willem Greve a porté une attention toute particulière à Greenacres Comilfo. “Richard m’a fait savoir que ce cheval était encore très vert, alors je l’ai observé attentivement. Il est sensible et veut faire les choses bien. J’ai principalement essayé de lui donner confiance dans le fait que je le guiderais vers les obstacles sur de bonnes distances”, a poursuivi le champion. D’ailleurs, son parcours, sa réflexion et sa façon de faire avec le bai ont marqué Richard Vogel. “J’essaye de voler ce que je peux avec mes yeux !”, a glissé l’Allemand dans un sourire.
“Ces cavaliers apprennent aussi des choses pour l’avenir. Ils retiennent les astuces des uns et des autres avec leurs propres chevaux. Ce sont tous des artisans, ce qui est une caractéristique des meilleurs cavaliers : il y a beaucoup de choses à apprendre d’une soirée comme celle-ci. Regarder leurs parcours est intéressant. C’est notre vie, notre passion”, a commenté Harrie Smolders, l’autre animateur de la soirée, assez peu inclusive pour les non néerlandophones, à l’exception d’un sous-titrage en direct sur Clipmyhorse.tv, qui diffuse l’événement. Avis partagé par Willem Greve sur le sel de ce rendez-vous unique en son genre : “En tant que cavalier, on apprend tous les jours. C’est ce qui nous motive. On peut vraiment rester éveillé la nuit pour essayer de mieux comprendre nos chevaux et comment nous faire mieux comprendre auprès d’eux. En fin de compte, tout est une question de ressenti.”
Si la victoire est revenue à Willem Greve, la deuxième place, elle, a été attribuée à Richard Vogel. L’Allemand n’a écopé que de quatre points avec Happy Landais et a été le plus rapide des quatre pilotes du soir. En effet, il a bouclé ses quatre prestations avec un temps cumulé de 187’’70, contre 209’’11 pour Willem Greve. Julien Epaillard, troisième avec deux parcours entachés d’une faute, a arrêté la montre en 199’’57. Si la compétition n’avait rien d’une épreuve de vitesse, ces éléments démontrent les approches et fonctionnements de chacun et prouvent, une fois de plus, qu’il n’y a pas une seule vérité en équitation. Gilles Thomas et ses seize points sont quatrièmes, mais le Belge pourra se ravir du comportement de son jeune étalon, qui a bien failli être le meilleur cheval de la soirée. Mais le Selle Français a été devancé, par son chronomètre cumulé, par son compatriote Easy Up de Grandry ! Le fils de Jarnac et petit-fils de For Pleasure a ainsi décroché le titre honorifique de meilleur cheval de la soirée. Espérons désormais que lui, tout comme Happy Landais, Greenacres Comilfo et Sir Minka puissent profiter d’une suite de week-end allégée et digérer leurs efforts, physiques et mentaux.
Photo à la Une : Avec son propre Sir Minka ou avec les montures de ses adversaires du soir, Willem Greve s’est montré impérial dans l’épreuve tournante de Bois-le-Duc. © Sportfot
Les épreuves du CHI de Bois-le-Duc sont à voir et (re)voir sur Clipmyhorse.tv. Le Grand Prix Rolex sera diffusé gratuitement en direct dimanche à 15h15 ici.






