United Touch S et Richard Vogel survolent le Grand Prix Coupe du monde de Bâle
Alors qu’ils n’avaient plus accédé au barrage d’un Grand Prix 5* depuis juillet, Richard Vogel et United Touch S étaient de retour en état de grâce à Bâle. Dans sa quête du meilleur ajustement pour que son spectaculaire complice puisse exprimer toute sa palette de couleurs, l’Allemand a demandé conseil à… Julien Epaillard, qui lui a prêté un hackamore ! Souverain de bout en bout, le couple a ainsi survolé chaque obstacle dressé sur son chemin et privé Kim Emmen et Imagine d’une seconde victoire ce week-end. Le trio de tête, quant à lui, a été complété par Johan-Sebastian Gulliksen et son atypique mais ô combien généreux Equine America*Harwich VDL. La paire a fait une très bonne opération comptable, en vue de décrocher son ticket pour la finale du circuit à Forth Worth au printemps.
Tel un rapace, l’oiseau Richard Vogel a plongé sur sa proie : le Grand Prix Coupe du monde de Bâle. Faisant du barrage de cette épreuve une formalité, l’Allemand s’est imposé avec classe et suprématie, dimanche 11 janvier, aux rênes de son champion d’Europe United Touch S, pour lequel les superlatifs manquent. Si sa qualité se passe de commentaire, le fils du regretté Untouched n’avait plus accédé au barrage d’un Grand Prix 5* depuis juillet dernier, à Aix-la-Chapelle, théâtre de son dernier galop d’essai avant son triomphe espagnol à La Corogne. Brillant à Bâle, United Touch S, présenté ce week-end en hackamore et au départ des deux épreuves majeures organisées au sein de la halle Saint-Jacques, ce qui ne lui était plus arrivé depuis le CSIO 5* de Saint-Gall, était hégémonique. Son barrage, marqué par un virage à main droite au cordeau pour aborder l’original mur “fromage”, lui a permis de couper la ligne d’arrivée en 40’’12, ne laissant aucune chance à ses adversaires.
“Nous avons enchaîné une bonne série de parcours ces derniers temps, mais entachée ci et là d’une faute. Alors, cette semaine, j’ai décidé de changer l’embouchure de United Touch et Julien Epaillard m’a prêté l’un de ses hackamores. Vendredi soir, j’ai déjà eu un bon sentiment, partagé par Julien, qui m’a toutefois conseillé d’utiliser une gourmette plus douce, afin que mon cheval soit plus confortable. Il m’a dit ‘de cette façon, on pourra jouer ensemble au barrage dimanche’. Et il avait raison ! Je suis très heureux d’avoir gagné le jeu aujourd’hui”, a souri Richard Vogel, évidemment aux anges de s’être imposé de l’autre côté de la frontière qui le sépare de ses terres natales. “Beaucoup d’amis et de membres de ma famille étaient présents à Bâle. Je suis ravi ! United Touch a sauté et s’est battu pour nous sur cette magnifique piste. Il a tellement de moyens et une foulée phénoménale, mais je pense que ce qui le rend vraiment spécial se cache à l’intérieur : il a un caractère formidable et est un vrai battant. Le public ici est incroyable et vibre pour le sport. Il soutient tous les cavaliers, en particulier les suisses, je dois le reconnaître, mais c’est normal puisqu’ils sont à domicile. Malgré tout, dès lors qu’il voit un bon parcours, le public le reconnaît. Sans un environnement et des spectateurs comme ceux de Bâle, on ne peut pas dérouler de tels barrages.”
Comme à son habitude, Richard Vogel a vécu son tour d'honneur au plus près du public ! © Katja Stuppia / CHI Longines Bâle
Kim Emmen et Imagine voient la vie en rose à Bâle
Avant-derniers à se frotter au barrage, Richard Vogel et United Touch S ont privé Kim Emmen et Imagine d’un doublé. En effet, la paire néerlandaise s’était déjà distinguée vendredi soir, dans le Grand Prix secondaire du CSI 5*-W, et avait célébré son plus beau succès. Pas le plus rapide sur le papier, le puissant fils de Cassini Gold, révélé lors des Jeux olympiques de Paris en 2024, a surpris son monde à Bâle, en se montrant tout à fait compétitif. S’il a été aidé par le scénario de la finale au chronomètre, qui n’a compté que trois doubles zéro, il n’a pas volé sa deuxième place. Loin de là.

Quel week-end pour Kim Emmen et Imagine ! © Katja Stuppia / CHI Longines Bâle
En optant pour un second parcours sage, Johan-Sebastian Gulliksen a, lui, réussi la bonne opération du jour. Deuxième à prendre le départ de ce tracé raccourci, le Norvégien a coupé la ligne d’arrivée en 46’’85, soit le temps le moins rapide de l’après-midi. Pourtant, cela a été suffisant pour propulser l’attachant et atypique Equine America*Harwich VDL au troisième rang. Fils d’Amant M, alias Arezzo VDL, l’alezan s’est une nouvelle fois contorsionné de tout son être pour effacer toutes les difficultés du jour, avec réussite. Transcendé cette saison, son cavalier a fait aussi bien qu’à Oslo et à surtout opéré un très grand pas vers ce qui pourrait être sa première finale de la Coupe du monde ! Avec quarante points, conférés par ses deux troisièmes places et la septième obtenue du côté de Vérone, le duo a toutes les chances d’être du voyage au Texas au printemps.

Après Oslo, Johan-Sebastian Gulliksen et Harwich VDL s'offrent un nouveau podium en Grand Prix Coupe du monde cette saison. © Katja Stuppia / CHI Longines Bâle
Malgré une faute, L&L*Lorde Do Belmonte, monture de Martin Fuchs, confirme son talent. Quatrième, le hongre de onze ans tient ses qualités en grande partie de l’élevage français. Son père, Clyde LVB est, certes, un fils de Clinton I et surtout de Stars and Stripes (Quick Star), une propre sœur de la grande Stella de Merediths-Michaels Beerbaum, sixième de la finale de la Coupe du monde de Göteborg en 1999 et championne d’Europe par équipe à Hickstead la même année, mais sa lignée maternelle, cultivée par la famille Chiché-Hubert sous l’affixe des Isles, est “sang pour sang” Selle Français Originel ! On retrouve ainsi l’influence d’Elan de la Cour, de l’Anglo-Arabe Ryon d’Anzex ou encore de Joyau d’Or A dans son pedigree. Déjà remarquable à Stuttgart, où il s’offrait une cinquième place, Lorde Do Belmonte, représentant du stud-book portugais des chevaux de sport, s’annonce comme la relève de Martin Fuchs, qui a connu des difficultés avec certains de ses complices ces derniers mois et n’a plus présenté Hay El Desta Ali, alias Leone Jei, en compétition depuis trois mois.

Lorde Do Belmonte confirme toute l'étendue de son talent, sortie après sortie. © Katja Stuppia / CHI Longines Bâle
Également sanctionnés d’une faute au barrage malgré un parcours très rapide, comme à leur habitude, Julien Epaillard et Donatello d’Auge ont dû céder les clefs de leur jardin. À Bâle, tous deux s’étaient imposés dans le Grand Prix de la Coupe du monde il y a un an, mais aussi lors de la finale du circuit hivernal de la Fédération équestre internationale (FEI), en avril. Aérien et fringant au premier tour, le généreux Selle Français Originel a été piégé sur la sortie de double, synonyme de cinquième place. Si le Normand rêvait probablement d’une nouvelle victoire, il consolera avec son excellent week-end et la forme de son indissociable fils de Jarnac.
Ouvreur du barrage, Donald Whitaker avait sans doute envie de prendre sa revanche après s’être fait coiffer au poteau chez lui, à Londres, en décembre. Le Britannique et sa fabuleuse Millfield Colette ont été les plus proches du chronomètre gagnant avec leurs 40’’25, mais ont accusé huit points. La paire, lauréate du temps fort individuel du CSIO 5* de Hickstead en 2024, se contente cette fois de la sixième place.
Septième, Gaëtan Joliat n’a pas non plus démérité, bien au contraire. Le jeune Helvète, qui se fait un nom parmi l’élite de sa discipline, a bouclé un premier parcours impeccable avec Just Special VK, pour accéder à son deuxième barrage à ce niveau de compétition. Dixième à Oslo avec son même partenaire, le jeune homme a amélioré son résultat de trois rangs et n’est pas loin non d’une immense performance. Assurément, il faudra garder un œil sur lui cette saison.

Auteur d'une première manche irréprochable sur Just Special VK, Gaëtan Joliat risque bien de faire encore plus parler de lui cette année. © Katja Stuppia / CHI Longines Bâle
Du côté du classement général provisoire, Richard Vogel caracole en tête et a largement sécurisé son ticket pour s’envoler à Forth Worth en avril prochain. L’Allemand, qui a marqué des points à la fois sur la ligue d’Amérique du Nord et d’Europe de l’Ouest, devance Willem Greve, bien loti avec ses deux victoires à Stuttgart et La Corogne et sa cinquième place à Malines, ainsi que Julien Epaillard, qualifié d’office en sa qualité de tenant du titre. Johan-Sebastian Gulliksen est quatrième, avec quarante unités, et devance Daniel Deusser et Kevin Staut, seuls autres cavaliers à dépasser les trente points avant les cinq dernières étapes prévues sur le Vieux Continent.
Le classement général provisoire complet.
Photo à la Une : Richard Vogel et United Touch S ont retrouvé leur suprématie à Bâle. © Maxime David / MXIMD Pictures
Toutes les épreuves du CHI de Bâle sont à (re)voir sur Clipmyhorse.tv.










