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“Si je n’aimais que la compétition et pas les chevaux, j’aurais arrêté ma carrière depuis longtemps !”, Lillie Keenan (2/3)

"Quand on commence à se perdre, en particulier en tant que jeune personne, on peut être incroyablement mal aiguillé", témoigne Lillie Keenan
Interviews vendredi 23 janvier 2026 Mélina Massias

Pour la première fois de sa carrière, Lillie Keenan a foulé la somptueuse piste de Genève, mi-décembre, en Suisse. Venue spécialement des Etats-Unis pour cet événement dont la réputation n’est plus à faire, l’Américaine a savouré la touche finale d’une saison hautement réussie, grâce à un système bien rodé et des montures certes diablement talentueuses, mais surtout parfaitement gérées. Trente-deuxième mondiale, l’amazone, dont le sérieux, l’éthique de travail, la régularité et l’intelligence comptent parmi ses qualités, s’est imposée comme une évidence en 2025. Pilier indiscutable du Stars and Stripes, pour lequel elle n’a pas concédé la moindre faute aux obstacles de la saison en Coupe des nations, celle qui fêtera son trentième anniversaire le 4 octobre prochain semble avoir trouvé son équilibre. Disciple de McLain Ward, après avoir côtoyé plusieurs entraîneurs, dont Cian O’Connor, la jeune femme a la tête sur les épaules et une vision claire de son sport. Consciente de sa situation privilégiée, dont elle ne se cache pas, la diplômée d’Harvard a bâti sa philosophie en même temps que ses chevaux lui ont enseigné de précieuses leçons. Passée par la case dressage voilà quelques années, Lillie Keenan semble plus en phase que jamais avec elle-même et ses ambitions, qui incluent, évidemment, les prochains championnats du monde d’Aix-la-Chapelle et la pérennisation d’un piquet de talent. Entretien.

La première partie de cette interview est à (re)lire ici.

L’été dernier, Chagrin d’Amour (Candy de Nantuel x Stakkato), alors âgé de huit ans, a fait sensation en remportant le Grand Prix réservé aux Jeunes Chevaux à Aix-la-Chapelle. Comment jugez-vous le potentiel de ce cheval qui semble assez exceptionnel et quelles sont vos ambitions pour lui à l’avenir ?

Oui, il est exceptionnel ! Il a un talent incroyable. Si on devait modeler un cheval destiné au saut d’obstacles, je pense que l’on créerait Chagrin. Il est splendide et a un caractère fabuleux, mais son immense amplitude, son élasticité et ses moyens sont vraiment les qualités qui le rendent si unique. Il est taillé pour les plus grandes pistes du monde. À Aix-la-Chapelle, il s’est magnifié et a grandi. Il n’avait jamais sauté en nocturne et il est entré en piste pour le barrage comme s’il avait déjà sauté la Coupe des nations sur cette piste ! Je l’ai confronté aux épreuves Jeunes Chevaux à Aix car je voulais vraiment qu’il découvre cette piste avant d’y revenir pour sauter les épreuves majeures. C’est le type d’ambitions que j'ai pour lui. Je pense que Chagrin d’Amour est un futur cheval de championnat pour moi. Avec lui, je dois vraiment me forcer à prendre mon temps. Certains jours, je donnerais tout pour être engagée avec lui dans une épreuve majeure ! Aujourd’hui, les chevaux atteignent leur pleine maturité sportive de plus en plus tard. Il faut donc trouver le bon équilibre : prendre des risques mesurés et les sortir de leur zone de confort pour qu’ils apprennent et progressent, mais aussi s’assurer qu’à douze ans ils aient encore de belles années devant eux.

"Chagrin d’Amour est taillé pour les plus grandes pistes du monde", assure sa cavalière. © Mélina Massias

Lors de votre séjour estival en Europe, où étiez-vous installée ?

J’étais en Belgique, dans les anciennes écuries Evergate, qui sont devenues celles de la famille Crown. Elles sont situées entre Anvers et Bruxelles. J’ai été très chanceuse de poser mes valises là-bas. C’était un environnement unique ! Chaque été nous découvrons de nouveaux lieux, en fonction de ce qui correspond au mieux à ce que nous recherchons. Je ne retourne pas forcément au même endroit d’une année sur l’autre. En général, je viens avec six chevaux, et mon piquet comporte plusieurs étalons. Trouver le bon lieu est un défi. Il nous faut quelque chose de central, où nous pouvons être accueillis sans déranger les gens sont déjà établis sur place, notamment avec mes étalons. Surtout, il est primordial pour moi que mes chevaux puissent aller dehors. Mon groom (Corentin Tual, ndlr) est français et il adorerait que nous trouvions une écurie en France. Peut-être l’année prochaine, on verra !

Corentin Tual accompagne Lillie Keenan et ses complices dans ses déplacements depuis de nombreuses années. © Mélina Massias

“L’entraînement peut peaufiner certaines choses, mais on n’apprend pas à un cheval à aimer le saut d’obstacles”

Le Louvre 5 (Latour VDM*TN x Class de Luxe), avec lequel vous vous êtes classée troisième du Grand Prix 5* de Toronto en août, est monté par McLain Ward depuis plusieurs semaines. Quels sont vos plans pour lui ?

McLain a acheté Le Louvre. Je fais de mon mieux pour construire et former un bon groupe de jeunes chevaux et, forcément, je ne peux pas tous les conserver. Cette année, le cheval de tête de McLain s’est blessé. Nous travaillons en étroite collaboration lui et moi et il avait vraiment besoin de renfort dans son piquet. Avec Le Louvre, nous rencontrions parfois quelques accrocs dans notre entente et notre connexion. McLain rigole souvent en disant que c’est parce que Le Louvre est un hongre et non un entier ! (rires) Il s’entend très bien lui. Vendre des chevaux fait partie de ce sport. McLain connaît Le Louvre par cœur pour l’avoir vu évoluer avec moi. Voir un cheval poursuivre sa route et avoir une bonne carrière est génial. Souvent, les gens n’osent pas me demander mes chevaux, car ils pensent, pour je ne sais quelle raison, qu’ils ne sont pas à vendre. Mais au bon moment et pour la bonne maison, je peux en céder certains. Mon but est surtout qu’ils s’épanouissent. Je choisis des jeunes chevaux de talent et je suis très fière de les voir ensuite évoluer dans le bon sens.

Le Louvre 5 a quitté le piquet de Lillie Keenan pour intégrer celui de McLain Ward. © Sportfot



Lorsque vous vous mettez en quête de nouveaux jeunes chevaux pour renforcer votre piquet, quelles qualités retiennent votre attention ?

La première chose que je recherche chez un cheval est l’instinct. Beaucoup de cavaliers disent qu’ils ont un type de chevaux, mais pas moi. Je pourrais tout aussi bien acheter un grand cheval qu’un petit. Dans l’idéal, on aime les chevaux légers, faits en montant, avec un grand galop, mais pas trop raides ni trop imposants. Lorsqu’on regarde mon piquet actuel, il n’y a pas deux chevaux qui se ressemblent. Par exemple, Argan et Fasther ne pourraient pas être plus différents ! Mais tous les deux sont des chevaux fantastiques. Aujourd’hui, trouver des montures de qualité et avoir accès à celles-ci est devenu très difficile. Le fait qu’il y ait beaucoup d’argent dans notre sport - ce qui est formidable - fait grimper le niveau. Les chevaux destinés au plus haut niveau sont devenus tellement rares qu’il est presque impossible de les acheter. Alors, je me tourne vers des chevaux de plus en plus jeunes. Et j’accorde beaucoup d’importance à l’instinct dont ils font preuve en piste. Je regarde s’ils essayent de corriger leurs erreurs lorsqu’ils en commettent et je cherche une certaine légèreté et réactivité. Si le cheval n’a pas une caractéristique absolument exceptionnelle, a-t-il au moins envie d’apprendre et de collaborer avec moi ? Car s’il n'atteint pas le plus haut niveau, j’ai besoin de savoir s’il pourra faire plaisir à quelqu’un. Dans ma carrière, j’ai pris certains paris, avec des chevaux qui sortaient parfois du cadre, soit parce qu’ils étaient plus âgés, soit parce qu’ils n’étaient pas dans une situation idéale lorsque je les ai rencontrés. Et parfois, les étoiles se sont alignées parce qu’ils avaient besoin de passer à autre chose. Pour des chevaux au potentiel de super star, je suis prête à prendre de grands risques en ce qui concerne leur style, ou sur le fait qu’ils ne soient pas tout à fait conventionnels. Évidemment, lorsqu’un cheval a cinq ou six ans, il est beaucoup plus difficile de prédire son potentiel. J’essaye donc de m’orienter vers des chevaux commerciaux, qui ont ce truc en plus et procurent le sentiment qu’ils ont envie de faire leur travail. L’entraînement peut peaufiner certaines choses, mais on n’apprend pas à un cheval à aimer le saut d’obstacles. Certains apprécient sincèrement cette discipline et c’est l’une des qualités les plus importantes à mes yeux.

Lillie Keenan a fait ses débuts avec le prometteur Never Lose van de Wolfsakker, désormais âgé de huit ans. © Sportfot

“Pouvoir avoir une incidence positive sur des jeunes femmes est extrêmement important pour moi”

Êtes-vous propriétaire de tous vos chevaux ?

Non, et c’est quelque chose sur lequel les gens se méprennent très fréquemment. Je suis très consciente d’être incroyablement chanceuse d’être dans une situation qui est la mienne. Ma famille a pu me soutenir financièrement lorsque j’ai commencé, et est toujours un atout de taille pour moi. Cependant, à long terme, je dois trouver d’autres moyens de pérenniser mon système. J’ai la chance d’avoir des chevaux en partenariat avec des propriétaires, ce qui est le seul moyen de pratiquer ce sport à haut niveau sur le long terme. J’ai également des élèves, que j’encadre et entraîne. Je me dirige de plus en plus vers ce système, car ce n’est pas viable de faire tout cela seul, en se reposant uniquement sur ses moyens personnels. Le rêve est toujours de pouvoir conserver ses chevaux jusqu’à la fin de leurs carrières. Actuellement, j’essaye de naviguer avec toutes les contraintes que l’on connaît.

Qu’aimez-vous le plus dans le fait d’enseigner et d’aider vos élèves à grandir dans ce sport ?

Je me suis rendu compte qu’en enseignant je suis aussi devenue une meilleure cavalière. Devoir verbaliser ce que l’on ressent, des éléments techniques, ses décisions en piste et ce que son instinct dit est une aide précieuse pour dresser son auto-critique et mieux performer. Je dois aussi trouver un moyen de créer un système rentable autour de ma carrière, mais ma première motivation pour enseigner est de savoir à quel point un coach peut avoir une influence sur son élève, et ce dans tous les domaines de la vie. Dans ma carrière, j’ai eu des professeurs exceptionnels, et d’autres avec lesquels j’ai vécu de moins bonnes expériences. Je sais quels rôles je peux jouer sur de jeunes personnes. Sentir que je peux avoir une influence positive sur un jeune cavalier, dans sa carrière mais pas seulement, est très plaisant. Toutes les expériences sportives participent à former les gens, que ce soit la compétition ou les entraînements. Et cela fait souvent partie des raisons pour lesquelles les parents veulent que leurs enfants pratiquent un sport : cela fait d’eux des humains plus équilibrés, plus complets. Pouvoir avoir une incidence positive sur des jeunes femmes est extrêmement important pour moi. Cela me stimule chaque jour. Lorsque j’enseigne, et que je passe du temps avec la jeune génération, j’ai la sensation d’endosser un rôle de protectrice. Je peux partager mon expérience et mes conseils, et pas seulement sur l’aspect équitation. C’est ce qui me motive avant tout autre chose. Me rendre compte que cela me fait devenir une meilleure cavalière est un cadeau, car tout le monde n’apprécie pas l’enseignement. Mais comment notre sport survivrait sans transmission ?

"Je me suis rendue compte qu'en enseignant je suis aussi devenue une meilleure cavalière", reconnaît l'Américaine. © Sportfot

“Les Mondiaux d’Aix-la-Chapelle sont ma priorité de 2026”

L’année prochaine, Aix-la-Chapelle accueillera les championnats du monde. En faites-vous un objectif ?

Bien sûr ! Chaque championnat est un objectif de taille pour moi. Aix-la-Chapelle est un lieu incroyable, mais sauter un championnat du monde n’importe où dans le monde et pouvoir représenter son pays est un honneur. En 2026, nous aurons aussi une finale de la Coupe du monde à domicile (à Forth Worth, au Texas, ndlr). Ce n’est pas simple d’appréhender deux championnats la même année lorsqu’on ne peut pas compter sur plusieurs chevaux pour ce genre de rendez-vous. Il faut faire un choix et privilégier ce qui fait le plus sens. Je prends les choses mois par mois, mais j’ai établi un premier planning pour la saison et pour l’instant, Aix-la-Chapelle est ma priorité. Autour de ce sommet, je vais essayer d’ajouter les événements les plus pertinents. Mes chevaux me diront quoi faire et comment ils se sentent au fil des semaines. J’aviserai en fonction d’eux et je verrai si je tente ma chance pour la finale de la Coupe du monde ou non. Après Aix-la-Chapelle, nos regards se tourneront inévitablement vers les Jeux olympiques.

Avez-vous une idée du cheval qui pourrait vous accompagner en Allemagne en août ?

Kick On est celui que je destine à cette échéance. Les Mondiaux imposent plusieurs jours de concours et je ne pense pas demander de tels efforts à Argan et Fasther à ce stade de leurs carrières. Mon plan, du moins pour l’instant, car on établit toujours des plannings et l’univers nous rit au nez, est de monter Kick On à Aix-la-Chapelle. Mais il faudra d’abord être sélectionné ! En outre, beaucoup de choses peuvent changer d’ici là.

Pour l'heure, Klent Kick On, onzième de la finale de la Coupe du monde de Bâle, tient la corde dans les plans de son amazone pour l'accompagner aux Mondiaux d'Aix-la-Chapelle, en août. © Mélina Massias



“Quand on commence à se perdre, en particulier en tant que jeune personne, on peut être incroyablement mal aiguillé”

Selon vos propres mots, vous avez connu de mauvaises expériences par le passé. Comment trouver les bonnes personnes, celles auxquelles on peut faire confiance, dans ce milieu ?

C’est difficile. Dans l’univers équestre, il y a des personnes formidables, mais aussi d’autres qui ne sont pas autant recommandables. Le sport a grandement évolué ; il y a énormément d’argent en jeu, ce qui est évidemment une excellente chose. Pouvoir vivre de ce que l’on aime, en gagnant de l’argent, est un privilège. Mais, forcément, là où il y a de l’argent, il y a aussi de la cupidité et de la vénalité. J’ai eu une chance immense de recevoir une éducation en bonne et due forme en suivant des études. J’ai vécu une vie classique, entourée de personnes qui ne jugeaient pas mon environnement familial ou les activités que je pratiquais en dehors du cadre scolaire. La plupart de mes camarades ne savaient même pas que je montais à cheval. Et cela a été un vrai cadeau. Pour mes parents, il n’y avait pas d’autre option : je devais faire des études. Je leur en suis très reconnaissante, car cela a été fondateur pour moi. Parfois, ne plus avoir cela dans ma vie me manque, notamment par rapport à la perspective que cela m’apportait. En saut d’obstacles, on concourt chaque week-end et, de fait, on se compare systématiquement aux autres. Cela peut être épuisant. Dans ce schéma-là, tomber dans des habitudes délétères est très facile, de même qu’être découragé après un week-end qui ne s’est pas déroulé au mieux. Et puis, on finit par chercher les raccourcis. Je pense que cela peut s’appliquer à n’importe quel domaine ou activité qui est compétitif et va à mille à l’heure. Il faut garder l’esprit très clair et être prêt à se pardonner lorsqu’on fait confiance à la mauvaise personne. Si on ne fait pas confiance à la mauvaise personne, on ne fera jamais confiance à qui que ce soit ! C’est vrai pour tout. Je pense que le plus important est ce que l’on apprend et la façon dont on avance après ce genre d’expérience. 

Je dirais que ma plus grande faiblesse, qui est aussi ma plus grande force, est de voir le meilleur chez les gens. Et cela s’applique aussi aux chevaux. McLain plaisante toujours en disant que lorsque je vois un cheval, je perçois le meilleur chez lui. Et c’est sincère ! Parfois, effectivement, ils ne sont pas faits pour le sport, mais j’ai la conviction que je peux toujours m’améliorer et que je peux aider les chevaux à se bonifier. Et il en va de même avec les gens. J’essaye toujours de croire qu’ils ont les meilleures intentions et veulent mon bien. C’est ma vision des choses, mais ce n’est évidemment pas la réalité. Si l’on veut évoluer dans ce milieu, on doit prendre le risque de tomber sur des personnes qui ne sont pas les plus bienveillantes. En parallèle, on doit aussi pouvoir compter sur une personne de confiance, que ce soit un parent, un frère, une sœur ou un ami, pour veiller sur nous et nous aider à enrayer les mauvaises situations. Quand on commence à se perdre, en particulier en tant que jeune personne, on peut être incroyablement mal aiguillé. Je pense que l’on peut se relever de quasiment tout dans la vie, mais s’entourer de bonnes personnes, dotées de bonnes intentions, est très important. Tout le monde commet des erreurs. Il faut l’accepter. Les personnes ayant connu le succès ont aussi fait face à des échecs et des moments sombres ; sinon, ces personnes-là ne seraient tout simplement pas humaines. Trouver les bonnes personnes passe par le fait d’avoir une certaine connexion et partager les mêmes valeurs qu’elles. C’est une priorité majeure pour moi. Je pratique ce sport parce que j’aime les chevaux. J’adore aussi concourir, mais si c’était la seule chose que j'aimais, et que je n’aimais pas les chevaux, j’aurais arrêté depuis longtemps ! J’aurais été mangée toute crue ! La compétition est quelque chose de dévorant. Dans un tel paysage, il faut vraiment être certain que son entourage partage les mêmes objectifs que soi. Lorsqu’on n’est pas entre les bonnes mains, il faut que quelqu’un nous sorte la tête de l’eau, nous dise ‘réveille-toi, ce n’est pas la réalité’, car il est presque impossible de s’en rendre compte par soi-même.

Au fil des années, Lillie Keenan a su s'entourer des bonnes personnes et dépasser certaines mauvaises expériences. © Mélina Massias

Photo à la Une : "Quand on commence à se perdre, en particulier en tant que jeune personne, on peut être incroyablement mal aiguillé", témoigne Lillie Keenan. © Mélina Massias

La troisième et dernière partie de cet entretien sera disponible la semaine prochaine sur Studforlife.com…