José María Larocca fait briller le soleil d’Argentine sur le Grand Prix 4* de Bourg-en-Bresse
Épilogue de cinq jours de compétition disputés devant un public venu en nombre, le Grand Prix 4* de Bourg-en-Bresse s’est conclu par la victoire de l’Argentin José Maria Larocca, associé à son fidèle complice Finn Lente. Sur ses terres, Mégane Moissonnier, tenante du titre avec Crooner Tame, n’est pas passée loin de conserver sa couronne, mais un barrage moins rapide l’a laissée au pied du podium. Les Belges Anthony Wellens et Andres Vereecke ont complété le podium avec Quelle Force van Sappenleen et Halima van het Bonte Hof.
Dans une région où l’élevage du cheval de sport a ses lettres de noblesse, le jumping international de Bourg-en-Bresse est un rendez-vous très prisé qui attire un large public. C’est donc devant des tribunes combles que s’est déroulé le Grand Prix 4*, lequel a réuni, comme à son habitude, têtes d’affiche et valeurs montantes. Le scénario de cette édition 2026, n’a pas échappé à cette règle et a parfaitement bien illustré cette confrontation. Le parcours proposé par Grégory Bodo et son équipe de chefs de piste a permis à douze couples de se qualifier pour le barrage. Sur le tour initial, le triple composé d’un vertical, d’une foulée vers un oxer puis de deux foulées pour arriver sur un autre oxer, placé en numéro 4, s’est révélé particulièrement fautif. Il en a été de même pour la fin du parcours avec la seconde combinaison, en numéro 11 : un oxer suivi d’un vertical sur bidet, avant un roll-back menant vers un vertical très délicat, puis l’oxer final situé devant les loges des partenaires. Au barrage, le triple transformé en double s’est montré tout aussi sélectif, notamment après des abords serrés comme celui tenté par Julien Épaillard avec Le Coultre de Muze. Fort leur victoire dans l’épreuve majeure du vendredi, le couple a cette fois essuyé un refus sur le parcours raccourci et a dû se contenter du douzième rang. Ils auront toutefois l’occasion de confirmer leur belle entente lors du CSI 5* d’Aix-la-Chapelle dans deux semaines, étape déterminante en vue des sélections pour les championnats du monde qui s’y dérouleront en août. Édouard Coupérie a d’ailleurs fait le déplacement afin d’affiner ses choix pour les prochaines échéances. “J’aime beaucoup ce concours car il y a toujours un très bon niveau et des couples intéressants à suivre. Nous allons vers une série de Coupes des Nations où nous allons avoir besoin de beaucoup de cavaliers !”, déclarait le sélectionneur des Tricolores.
Le barrage a été lancé par un nouveau sans-faute de Romain Dreyfus et Channah, une jument très prometteuse de dix ans qu’il monte depuis fin 2024. Leur temps de référence en 43’’30 leur a permis d’accrocher la septième place finale. Huitième à s’élancer lors de ce second acte, José María Larocca, associé à Finn Lente, un KWPN de seize ans, formait certainement le couple le plus expérimenté du plateau. En effet, la paire comptent déjà à leur actif les Jeux olympiques de Tokyo et de Paris, mais aussi les Jeux panaméricains de Lima et de Santiago ainsi que les championnats du monde de Herning. Ils peuvent également se targuer d’une victoire dans le difficile Grand Prix du CSIO 5* de Bruxelles. La grande amplitude du bai leur a permis de couper la ligne d’arrivée en 40’’55, améliorant de plus d’une seconde le chronomètre de référence établi par Andres Vereecke. Le Belge, juché sur sa jument de treize ans, Halima van het Bonte Hof, montée par son père Koen Vereecke jusqu’en 2024, s’est d’ailleurs fait rattraper par l’un de ses compatriotes, Anthony Wellens, qui présentait pour la deuxième fois seulement à ce niveau, Quelle Force van Sappenleen. La semaine précédente à Opglabbeek, le cavalier avait d’ailleurs préféré abandonner avec son hongre de dix ans.

José María Larocca a devancé Anthony Wellens et Andres Vereecke. © Jean-Louis Perrier
À quelques kilomètres de ses écuries, Mégane Moissonnier n’est pas passée loin d’un joli doublé ! La veille, la Bressane s’était imposée dans le Grand Prix 2* aux rênes de Hep Hop de la Savenière. Tout au long du week-end, la cavalière de l’écurie Laurent Guillet a également figuré parmi les meilleurs avec ses autres montures : la jeune Thilly van het Lindehof, âgée de sept ans et engagée dans le CSI 2*, ainsi que Lisette DKG et Kandoo Z, qui ont couru le CSI 4*. Mais pour conserver son titre dans l’épreuve reine, il a manqué un peu moins de deux secondes à son cheval de tête, Crooner Tame, qui confirme néanmoins sa régularité au plus haut niveau, après sa quatrième place dans le Grand Prix 5* de Fontainebleau et ses deuxièmes places dans les temps forts de deux CSI 5* organisés à Doha.

Mégane Moissonnier et Crooner Tame affichent impressionnante régularité. © Jean-Louis Perrier
Le public bressan a malgré tout pu se consoler grâce à l’enthousiasme communicatif de José María Larocca, qui s’exprime parfaitement en français, en raison de ses années passées à Genève avant de s’installer près de Milan, où il réside depuis deux ans. “Lorsque l’on gagne, c’est difficile de trouver quelque chose à redire sur le parcours ! De toute façon, avec Grégory Bodo, c’est toujours bien fait. Pour être honnête, j’ai eu de la chance que le cheval de Julien Épaillard se soit arrêté, sinon ça aurait été difficile de le battre ! Je suis plus que content d’avoir gagné ce Grand Prix car je viens à Bourg-en-Bresse depuis longtemps, j’ai même fait ce concours lorsqu’il était encore sur l’autre terrain, il y a plus de dix ans. Finn Lente m’accompagne depuis huit ans, c’est le cheval de ma vie. Le tour lui convenait bien : il est rapide, expérimenté et avait déjà bien sauté jeudi où nous avions terminé cinquième. Aujourd’hui, au paddock, j’ai simplement effectué quelques sauts d’échauffement, sans effort. Il a tous les moyens, est respectueux, possède un bon mental et l’envie : il a tout, et j’ai la chance de l’avoir. C’est aussi grâce à Juno, son groom, qui s’en occupe tous les jours, c’est très important !”.
Le prochain rendez-vous du couple sera le CSI 5* d’Aix-la-Chapelle, en vue de préparer la grande échéance mondiale de l’été prochain, où José Maria Larocca compte bien s’aligner dans l’équipe d’Argentine aux côtés de son fils Mathias.
Photo à la une: José María Larocca et Finn Lente ont surclassé les douzes barragistes. © Jean Louis Perrier



