Jessica Mendoza plane dans les airs à Ocala, l’Argentine et le Mexique aux honneurs à Vejer de la Frontera et Puebla
Avec un week-end sportif garni, et des échéances approchant, à commencer par la première étape de la Ligue des nations Longines, programmée cette semain à Abou Dabi en pleine saison de la Coupe du monde Longines, l’autre circuit porté par la Fédération équestre internationale (FEI), les forces en présence se sont dispersées aux quatre coins du globe. Cela a fait les affaires de Jessica Mendoza, qui n’a pas volé sa victoire avec l’excellente In The Air dans le Grand Prix 4* d’Ocala, et de José Maria Larocca et Luis Alejandro Plascencia O., vainqueurs des épreuves reines des CSI 4* et 4*-W de Vejer de la Frontera et Puebla avec Chris et Huberth B. Retour sur ces trois épreuves.
Sur sa bien nommée In The Air, Jessica Mendoza a décroché une nouvelle victoire internationale. Après avoir remporté son premier Grand Prix 5* l’été dernier, déjà aux rênes de sa fille d’Air Jordan, la Britannique a fait retentir God Save the King dans l’épreuve reine du CSI 4* d’Ocala, dimanche 8 février dans la nuit californienne. Issue d’une très bonne lignée, In the Air, qui concourt habituellement aux côtés de son frère utérin, pour l’heure convalescent, avec la même amazone, a mis tout le monde d’accord en infligeant près de quatre secondes de débours à son premier dauphin. Pour ce faire, Jessica Mendoza a dû prendre des risques et notamment se lancer dans une option osée, afin de sécuriser ses chances de victoires. “Cela fait deux ans que j’ai In The Air. Elle a toujours été incroyable mais s’est transformée en véritable superstar. Elle adore sauter et je ne pourrais pas être plus reconnaissante de l’avoir. J’ai aussi son frère utérin, ce qui est très spécial. C’est une bonne famille ! Je les ai eus en même temps, auprès du même éleveur : ils ont tous les deux la même mère. Ils sont totalement opposés, mais tous les deux très, très spéciaux”, a répondu celle qui a signé son retour en grand championnat l’été dernier, grâce à cette même KWPN, terminant dixième en individuel. Quant à savoir quelle est la plus grande qualité d’In The Air, Jessica Mendoza n’a pas de doute : “C’est son cœur. Elle est évidemment très talentueuse dans plein de domaines, mais elle entre en piste et veut juste donner le meilleur d’elle-même à chaque fois. Elle se donne toujours pour moi.”

Dixièmes des championnats d'Europe de La Corogne et lauréates de leur premier Grand Prix 5* peu après, Jessica Mendoza et In The Air se démarquent déjà en ce début d'année 2026. © Andrew Ryback / WEC
Si Daniel Coyle est allé plus vite que les 45’’87 des lauréates du jour, et Callie Schott encore davantage, l’Irlandais et l’Américaine ont été respectivement sanctionnés de quatre et huit points sur le très en forme Farrel VDL et le génial Garant, plus compétitif que jamais du haut de ses quinze ans. Les deux paires se classent ainsi trois et quatrième, laissant passer Ashley Bond devant eux. L’États-unienne était en selle sur Otis Blue, un excellent produit de Jaguar vd Paemel qui présente la particularité d’être, via son père, un petit-fils de Cicero van Paemel, qui est aussi son grand-oncle côté maternel. Un temps associé à Shane Sweetnam, le hongre BWP de douze ans a signé son meilleur résultat individuel à ce niveau.

Très belle deuxième place pour Otis Blue, qui dispose d'un pedigree intéressant et original. © Andrew Ryback / WEC
Vainqueurs une semaine plus tôt, Daniel Coyle et Farrel VDL s'inclinent une nouvelle fois pour une barre renversée au barrage malgré un excellent chronomètre. © Andrew Ryback / WEC
Pour Jad Dana, Shane Sweetnam et Natalie Dean, la finale au chronomètre a été plus compliquée. Les pilotes d’Itchcock des Dames, Gilona OA et Fornett d’Emeraude, une soeur utérine du prometteur Herald d’Emeraude, qui a récemment fait ses débuts avec Grégory Wathelet, n’ont pu éviter douze, quinze et seize points de pénalité lors de leur second parcours.
José Maria Larocca impose le soleil argentin à Vejer de la Frontera
Alors que les conditions météorologiques ne permettaient guère de deviner le nom de la série de concours organisée chaque fin d’hiver à Vejer de la Frontera le week-end dernier, José Maria Larocca a au moins permis au soleil du drapeau argentin de flotter au-dessus du Sunshine Tour, dimanche 8 février. Associé à Chris, un fils de Contendro I issu d’une lignée maternelle ayant aussi produit des chevaux de dressage, le cavalier de Finn Lente, habitué des succès au plus haut niveau, s’est offert une nouvelle victoire. Il s’agit d’une grande première pour ce duo nouvellement formé. En effet, Chris a rejoint José Maria Larocca à la fin de l’été dernier, après avoir été formé par Lesley Wulff, et affrontait pour la troisième fois ce niveau d’épreuve avec son nouveau cavalier. La paire a signé le barrage le plus rapide de l’après-midi en coupant la ligne d’arrivée en 42’’18, le tout sans concéder la moindre faute.

Le chic Chris a franchi un cap important dans sa carrière en remportant son premier Grand Prix 4* à Vejer de la Frontera. © Mackenzie Clark / Sunshine Tour
La deuxième place est, elle, revenue à Finn Boerekamp et Just Penelope Jw van de Moerhoeve. Cette SBS de onze ans, qui n’avait jamais connu pareille réussite, réunit le meilleur du BWP dans ses gènes. Il s’agit en effet d’une fille de Jenson van’t Meulenhof, qui apporte le sang précieux de la matrone Qerly Chin en lignée haute, et d’un descendant de la souche van’t Roosakker. What else? Et s’il s’agit de la meilleure performance de cette petite-fille de Tinka’s Boy, c’est aussi le cas de son cavalier, âgé de vingt et un ans !
Le trio de tête a été complété par un troisième et dernier double zéro, œuvre de Karin Martinsen et Tailormade Concha Balou, une propre sœur de la toute bonne Pia Contra de Nicolas Pizarro. Pour leur troisième apparition ensemble à ce niveau, les deux complices, associées l’une à l’autre depuis les débuts internationaux de la fille de Conthargos, ne pouvaient guère rêver meilleur scénario.
En renversant chacun une barre au barrage, Lieven Devos, Harm Lahde, Riccardo Pisani et Sasha Barte se sont classés aux rangs quatre à sept en compagnie de leurs respectifs Inca’s Big Think, un hongre luxembourgeois de dix-huit ans qui reproduit une performance signée dans ce même complexe sportif il y a presque onze mois jour pour jour, Oak Grove's Commander Bond, un fils de Comme Il Faut, Billy Arctic et Broceliande du Lac, une Selle Français Originel fille de Rock’n Roll Semilly, qui se réclame également de la paternité d’un certain Good Star du Bary, lauréat du Grand Prix de la Coupe du monde de Bordeaux la veille.
Con Quidam RB, vingt ans, était aussi de la partie au barrage. Alors que le complice Sanne Thijssen semblait avoir dix ans de moins compte tenu de sa fraîcheur sur les barres en début de barrage, un mauvais abord sur la combinaison l’a contraint a refusé de sauter une première fois, avant de fauter lourdement à l’entrée du double lors de son second essai, poussant sa cavalière à lui faire éviter le second élément. Eliminée, la paire au palmarès impressionnant termine huitième. En fin d’année dernière, l’étalon n’avait pas semblé dans son assiette lors du CSI 5*-W de Lyon, où il avait disputé les épreuves intermédiaires sans son brillant habituel. Il avait ensuite filé vers Oliva, pour reprendre confiance et n’avait plus sauté d’épreuve internationale depuis deux mois.
L’hymne mexicain à domicile à Puebla
Si les Selle Français étaient en forme dans le Grand Prix 5* de Wellington, les KWPN l’étaient tout autant dans le Grand Prix du CSI 4*-W de Puebla. Considéré comme une étape du circuit de la Coupe du monde, ce concours très confidentiel où seul un cavalier faisait partie du Top 100 mondial a vu la victoire de Luis Alejandro Plascencia O. À domicile, il a emmené un sextuplé mexicain et un quadruplé KWPN grâce au généreux Huberth B. Samedi 7 janvier, le couple a fêté sa plus belle victoire commune, quelques mois après avoir décroché son premier Grand Prix 3*, déjà à Puebla, en septembre dernier. Luis Alejandro Plascencia, lui, a doublé la mise, après avoir déjà décroché une épreuve de ce type en 2018. Le pilote, cent quatre-vingt-sixième mondial, a guidé son petit bai par Verdi*TN vers le seul double zéro de l’épreuve, qui a réuni vingt-deux paires et deux barragistes, et songe même à participer à sa première finale de la Coupe du monde. Si tel est le cas, il aura au moins l’avantage d’avoir déjà affronté un parcours signé Anderson Lima, le futur chef de piste de l’événement, prévu à Fort Worth, au Texas, en avril.

Luis Alejandro Plascencia et Huberth B ont remporté leur plus beau succès commun à Puebla, sur un tracé imaginé par le prochain chef de piste de la finale de la Coupe du monde. © Rodrigo Cecena / FEI
Ouvreur du barrage, Jose Antonio Chedraui Eguia a laissé la victoire filer dans d’autres mains après avoir quitté la piste avec quatre points au compteur sur Con-Cor, un neveu de l’étalon Heartbeat. En signant le parcours initial le plus rapide malgré une faute, Arturo Parada Vallejo s’est assuré le troisième rang aux côtés de Laretto, un fils d’Adagio de Talma. À noter également la sixième place de Nicolas Pizarro et une certaine Pia Contra, propre sœur de Tailormade Concha Balou, troisième à Vejer de la Frontera ! De quoi mettre un joli coup de projecteur sur Pia Blue, leur génitrice.
Photo à la Une : Jessica Mendoza et la bien nommée In The Air ont tutoyé les sommets à Ocala. © Andrew Ryback / World Equestrian Center
Les épreuves des CSI 4* d’Ocala, Vejer de la Frontera et CSI 4*-W de Puebla sont à (re)voir sur Clipmyhorse.tv.








