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Jessica Burke et Good Star du Bary entrent dans la lumière et écrivent l’histoire de la Coupe du monde de Bordeaux

L'adorable et talentueux Good Star du Bary a transformé l'essai  à Bordeaux, aux côtés de Jessica Burke.²
Sport samedi 7 février 2026 Mélina Massias

Certains couples entrent dans la lumière de telle manière qu’ils marquent durablement les esprits. C’est sans doute un peu ce qu’a fait celui formé par Jessica Burke et Good Star du Bary en s’offrant la victoire dans le Grand Prix de la Coupe du monde de Bordeaux. Dans une compétition au scénario singulier, le duo a été le seul à trouver les clefs du double sans-faute pour s’offrir son premier succès à ce niveau, après l’avoir découvert en octobre dernier. Derrière les deux complices, Daniel Deusser et Otello de Guldenboom ont fait honneur à Tobago, vainqueur de cette même épreuve en 2019, tandis que Tom Schewe a réalisé le coup de poker du soir aux rênes du talentueux et bouillonnant Congress Blue PS. Le phœnix Vitiki, lui, est resté au pied du podium du haut de ses dix-huit printemps.

Il y a deux ans, Jessica Burke, ancienne professeure de mathématiques, avait été couronnée meilleure cavalière du CSI 5*-W de Bordeaux. Cette fois, l’Irlandaise, qui vient d’annoncer son retour sur ses terres natales après avoir passé de très belles années en Grande-Bretagne, a écrit l’histoire. La sienne, d’abord, en célébrant son premier triomphe au plus haut niveau, et celle du Grand Prix de la Coupe du monde Longines de Bordeaux, aussi. En selle sur son époustouflant Good Star du Bary, 1,60m au garrot, l’amazone de trente-quatre ans est devenue la première femme à inscrire son nom au palmarès de cette épreuve, samedi 7 février. Dans un scénario particulier, sans doute induit par le plateau hétérogène présent en Gironde ce week-end, la cavalière de l’île d’Emeraude a transformé l’essai… deux jours après la défaite sans appel subie par le XV du Trèfle en ouverture du tournoi des Six nations. Après cinq étapes de la Coupe du monde pénalisée d’une faute chacune, pour ses cinq premières apparitions à ce niveau, le fils de Rock’n Roll Semilly a fini de conquérir le cœur du public, pour le plus grand bonheur de celles et ceux qui l’ont vu entrer dans la lumière : ses éleveurs, Marina Storgato et Christian Gonsolin, Olivier Guillon, chez qui il a séjourné quelques temps, ou encore sa propriétaire, Erica Nicholas. 

Essai plus que transformé pour Good Star du Bary et Jessica Burke, qui enchaînent les excellentes prestations depuis leurs débuts en Grands Prix 5* en octobre ! © Mélina Massias

“Je n’avais pas réalisé que j’étais la première femme à remporter cette épreuve ! C’est super cool ! C’est la deuxième fois que je viens à Bordeaux. J’étais là il y a deux ans et j’avais été couronnée meilleure cavalière du week-end. J’avais déjà eu un bon sentiment. Mon cheval n’a que dix ans. Il sautait ici son sixième Grand Prix Coupe du monde et avait concédé cinq fois quatre points dans les précédents ! Roger McCrea, qui m’aidait en Angleterre, en avait marre que je n’ai toujours pas gagné à ce niveau. (rires) J’ai essayé de ne pas laisser cette série de quatre points me polluer l’esprit et, au contraire, de me dire que la plupart des éléments étaient maîtrisés et que mon cheval était super régulier. Au barrage, j’étais super motivée. J’étais un peu nerveuse après le parcours de Daniel Deusser, car je savais que je ne serais jamais aussi rapide que lui. Mais je devais saisir ma chance aujourd’hui. Au barrage, Good Star était un peu fatigué. Je n’ai pas tellement pensé à être sans-faute, mais juste à composer avec ce qu’il pouvait me donner. Je n’ai pas fait de folies car mon cheval est très respectueux ; je sais donc qu’en règle générale, il ne commet pas de faute”, a souri Jessica Burke. J’ai été professeure de mathématiques pendant six ans. C’était il y a déjà un moment puisque j’entame ma septième année en tant que professionnelle cette saison. J’ai toujours formé beaucoup de jeunes chevaux que j’ai emmené jusqu’à haut niveau. Good Star est le premier que je peux vraiment conserver. Nous allons nous concentrer sur la finale de la Coupe du monde, qui est notre objectif. Après ce résultat, nous sommes qualifiés et j’espère que je pourrais rester longtemps à ce niveau grâce à lui. Cette victoire est très émouvante pour moi. Je ne réalise pas encore ! En plus, je l’ai partagée avec ma propriétaire, qui vient de fêter ses soixante ans, et beaucoup de membres de ma famille qui étaient présents.” 

Quelle consécration pour l'Irlandaise Jessica Burke et son fils de Rock'n Roll Semilly. © Mélina Massias



Des outsiders et des beaux clins d’œil

Seuls trente-cinq couples, de niveaux divers et variés, et dont certains n’ont pas laissé la meilleure impression en quittant la piste, ont affronté ce Grand Prix, antépénultième étape de la ligue Longines d’Europe occidentale de la Coupe du monde. Pour la première fois de sa carrière, Yann Royant avait la lourde tâche de dessiner le parcours de ce temps fort du week-end. À la hauteur, le chef de piste a permis à quatre couples de se qualifier pour le barrage, autant ayant écopé de points de temps dépassé. “Avec un chronomètre plus long d’une seconde, cela aurait été idéal. C’est facile à dire après coup, mais j’ai vraiment construit un parcours pour les cavaliers et pas pour mettre les chevaux à l’effort ou en difficulté. J’avais le trac, bien sûr, puisqu’il s’agissait de ma première en Coupe du monde, mais je ressens une grande satisfaction d’avoir été titulaire pour cette édition, d’autant que je travaille au Jumping depuis des années”, a déclaré le chef d’orchestre de cette épreuve en conférence de presse. 

Des quatre barragistes, Tom Schewe fut le premier. Inconnu du grand public, cet Allemand au talent incontestable avait découvert ce niveau à… Aix-la-Chapelle l’été dernier ! Alors qu’il a appris à monter à cheval sur une selle western, le jeune homme semble plein de ressources. Les deux montures qui lui ont permis de fouler l’herbe de La Mecque des sports équestres ont en effet quitté ses écuries peu de temps après cette grande première. Mais, très vite, de nouveaux atouts ont pris le relais. Ce soir, c’est Congress Blue PS qui s’est attelé à la difficile tâche d’ouvrir le compteur des sans-faute de l’épreuve. Presque trop démonstratif, et surtout dans un état de stress qui s’est traduit par une transpiration excessive à la remise des prix, le fils de Congress et petit-fils de Chacco-Blue, comme son nom le laisse entendre, a toutefois tout donné à son cavalier, pour ce qui était sa grande première à ce niveau. À seulement neuf ans, il n’a laissé échapper qu’une faute sur le premier obstacle du barrage, pour terminer troisième. “Mario Stevens a renoncé à venir à Bordeaux, alors Otto Becker m’a appelé et m’a proposé de prendre sa place”, a expliqué Tom Schewe, qui a notamment travaillé avec Yuri Mansur. “C’était un risque de venir, d’autant que mon cheval de tête habituel, Lester, n’était pas très en forme à Leipzig. Congress a donc dû prendre le relais. Je savais qu’il pouvait le faire, mais je crois qu’il nous a tous surpris.”

Après les départs de Lorenzo ES et Dopamine de Vains vers de nouveaux horizons, Tom Schewe a révélé un nouveau phénomène : Congress Blue PS. © Mélina Massias

Suivant sur la liste des rescapés de l’acte initial, Daniel Deusser faisait office de favori avec son efficace Otello de Guldenboom, déjà vainqueur des épreuves reines des CSIO 5* de La Baule et CSI 5*-W de Vérone en 2025. Et que l’histoire aurait été belle si ce bai brun s’était imposé, succédant, sept ans plus tard, à son père, le formidable Tobago ! Très rapide, le duo a renversé… l’ultime oxer, terminant finalement deuxième. “Je suis très satisfait de ma deuxième place. J’ai essayé d’aller vite au début du barrage, puis je me suis retrouvé trop près de l’avant-dernier obstacle. Mes huit foulées pour aborder le dernier sont devenues longues et j’ai peut-être mis trop de pression à Otello, qui n’a pas eu le temps de sauter convenablement cet oxer. Il a tout de même très bien sauté et je suis très content. J’ai vu Jessica et Good Star en action plusieurs fois et ils ont cruellement manqué de chance. Aujourd’hui était leur jour et ils méritent amplement leur victoire !”, s’est exprimé le cavalier des écuries Stephex. Et d’ajouter : “En reconnaissant le parcours, on savait que ce serait piégeux et délicat plus que massif pour les chevaux, ce qui est une très bonne chose. Evidemment, le triple apparaissait comme une difficulté majeure, mais compte tenu des couples au départ - certains excellents et d’autres moins expérimentés -, je crois que le résultat final est très bon.” Et si Otello n’a pas imité son père ce soir, il a partagé la remise des prix avec l’un de ses demi-frères, le surpuissant et envoûtant Orak d’Hamwyck, pénalisé de deux points de temps dépassé sous la selle du Belge Frédéric Vernaet pour sa deuxième tentative à ce niveau. 

Mois après mois, Otello de Guldenboom continue d'affirmer son statut d'excellent cheval de Grand Prix 5*. © Mélina Massias

Après le passage des deux Allemands, la victoire semblait partie pour se jouer entre Yuri Mansur et Jessica Burke. Le Brésilien a opté pour la sagesse sur son vétéran aux mille vies, Vitiki, dix-huit ans. Revenu d’une terrible blessure qui aurait dû mettre un terme à sa carrière en 2018, et embêté par de nombreux autres coups du sort tout au long de sa vie, l’attachant alezan aurait sans doute mérité de remporter son premier Grand Prix 5*, et, pourquoi pas, tirer un trait sur sa vie sportive après une telle performance. Finalement, il n’en aura rien été, une barre ayant roulé à terre pour lui offrir une quatrième place aigre-douce. 

À dix-huit ans, le généreux Vitiki est passé à un rien du Graal. © Mélina Massias

Presque sur un plateau, la victoire tendait alors les bras à Jessica Burke et son gris Good Star du Bary. Le duo a saisi ce rêve qui lui tendait les bras en bouclant un clear round ô combien important. Au-delà d’être devenue la première femme à remporter cette épreuve, l’Irlandaise a donné naissance à un couple qui pourrait bien devenir incontournable dans les mois à venir. 

De grandes choses semblent attendre Jessica Burke et Good Star du Bary. © Mélina Massias

En plus du parcours d’Orak d’Hamwyck et Frédéric Vernaet, il convient de souligner la prestation de Max Kühner sur la très plaisante fille de Cascadello Count On Me 19, celle, plus au point qu’à Amsterdam, de Jodie-Hall McAteer et sa brillante La Gupardie, qui affrontait ce niveau pour la deuxième fois de sa vie, ainsi que celle de Jordy van Massenhove, plutôt en phase avec son atypique Verdiamo. Ces trois paires ont coupé la ligne d’arrivée avec un point de temps, terminant cinq, six et septièmes.

Les résultats complets.

Au classement général, dix cavaliers totalisent désormais plus de quarante points, soit la barre minimale habituelle pour décrocher son ticket pour la finale. Julien Epaillard, qui a grapillé trois points supplémentaires, dont il n’a pas besoin pour voyager - s’il le souhaite - jusqu’au Texas en sa qualité de vainqueur sortant, malgré un parcours à huit points sur Donatello d’Auge, reste en tête, juste devant le très en forme et régulier Max Kühner. Suivent Willem Greve, Richard Vogel, Daniel Deusser et Johan-Sebastian Gulliksen, ainsi que les Yuri Mansur et Jessica Burke, auteurs des bonnes opérations du jour. Avant de se tourner vers Fort Worth début avril, le circuit se poursuit à Göteborg pour à Helsinki à la fin du mois.

Le classement général complet provisoire.

Photo à la Une : L'adorable et talentueux Good Star du Bary a transformé l'essai  à Bordeaux, aux côtés de Jessica Burke. © Mélina Massias

Les épreuves du CSI 5*-W de Bordeaux sont à (re)voir sur GRANDPRIX.tv et Clipmyhorse.tv