Grâce à un catalogue bien pensé, Artic Partners Stallions s’impose comme une figure montante de l’étalonnage français
Arrivé sur le marché de l’étalonnage en 2025, Artic Partners Stallions s’est déjà fait un nom. Avec une sélection d’étalons intéressante, originale et tournée vers l’international, Antoine Charlot, Benjamin Ghelfi et Juan Ramos ont mis leurs compétences et leurs connaissances au service de l’élevage tricolore. Cette année, de nouvelles recrues à fort potentiel ont rejoint les cracks Cascadello I et I Am Moerhoeve’s Star, alias Zazu, à l’image de Casalito, Sir Obolensky, Manchester van’t Paradijs ou encore Celectrik D. À l’aube de la deuxième saison de monte d’Artic Partners Stallions, Antoine Charlot revient sur la naissance de cet ambitieux projet et son recrutement 2026.
Se faire une place dans le milieu de l’étalonnage français n’est pas chose aisée. Pourtant, en un an, Artic Partners Stallions s’est frayé un chemin sous le feu des projecteurs. Avec un catalogue alléchant et tourné vers l’international, le projet porté par Antoine Charlot, Benjamin Ghelfi et Juan Ramos, avec l’aide précieuse de Charlotte Hermon, rencontre, pour l’heure, un franc succès. “Notre cheminement s’est fait progressivement et naturellement”, raconte Antoine Charlot. “Benjamin Ghelfi, Juan Ramos et Carlo Pfyffer ont acheté High Level Devil (Heartbreaker x Carthago), qui avait déjà été approuvé au stud-book Zangersheide à trois ans. Juan, qui connaissait bien Panama Tame (Carthago x French Cancan), via son associé Stefano Cesaretto, le coach de Luigi Polesello, propriétaire et cavalier de Panama Tame, a ensuite acquis Neymar B (Comme Il Faut x Tangelo vd Zuutheove), qui était aussi entier. Comme il s’agissait d’un très bon cheval, il l’a fait approuver pour produire Zangersheide. L’an dernier, après une super saison à sept ans, Neymar a également été approuvé au stud-book Selle Français. De mon côté, Cascadello I (Casall x Clearway) me faisait de l’œil et j’ai contacté Dirk Ahlmann afin de pouvoir distribuer sa semence. À tout cela, s’ajoutait également Qoup de Coeur de Muze (Mosito van het Hellehof x Jalisco B), qui appartient à Laurent Guillet, un associé. Mises bout à bout, toutes ces opportunités nous ont convaincues de nous lancer ! Nous avons également observé le marché de l’étalonnage en France et à l’étranger. Nous avions le sentiment de pouvoir apporter quelque chose aux éleveurs, notamment grâce à notre regard international. Comme nous sommes chacun très impliqué dans le commerce, nous avons la chance de connaître la plupart des meilleurs cavaliers du monde et d’être bien au fait des courants de sang qui fonctionnent dans le sport. Notre idée était de mettre cette expertise au service de l’élevage et des éleveurs.”
Juan Ramos, Benjamin Ghelfi et Antoine Charlot pilotent avec brio Artic Partners Stallions, un nouvel étalonnier dans le paysage hexagonal depuis 2025. © DR

Charlotte Hermon joue aussi un rôle central dans la réussite d'Artic Partners Stallions. © Eugénie Perrin
Cascadello I, une première évidence
Si la production de High Level Devil et Qoup de Coeur de Muze, fils respectifs des immenses matrones que sont Carthina pour le premier et Fragance de Chalus pour le second, est encore jeune, celle de Cascadello I est déjà plus que confirmée. Carissimo 25, Canice, Crossover 4, Calvaro, Cydello, Count On Me 19 ou Cascorrado, alias Chicago, sont autant de noms qui lui permettent de briller chaque week-end aux quatre coins du monde. Pourtant, jusqu’en 2025, le fils de Casall n’était distribué par aucun étalonnier français. “Toutes les semaines, je voyais des produits de Cascadello montré de très belles choses en piste. Surtout, sa production est très recherchée et demandée. En voyant qu’il était le plus jeune étalon du Top 30 des meilleurs pères de gagnants selon la Fédération mondiale de l’élevage de chevaux de sport (WBFSH) et qu’il n’était pas disponible en France, nous nous sommes dit qu’il y avait une anomalie”, reprend le co-fondateur d’Artic Partners Stallions. “Cela nous a intrigués et nous avons réussi à obtenir l’exclusivité dans la distribution de sa semence en France.” Mieux encore, les florissants étalonniers ont même réussi à présenter aux éleveurs leur star en chair et en os, en février dernier, lors du salon des étalons de Saint-Lô. Une aubaine pour ce bai aux qualités de père indéniables, mais encore méconnu dans l’Hexagone, malgré son dix-neuvième rang au classement de la WBFSH à dix-sept ans.

À Saint-Lô, le très en vogue Cascadello I a été présenté aux éleveurs. © Mélina Massias
Repéré des étalons qui font fureur juste de l’autre côté des frontières françaises : voilà l’un des atouts majeurs d’Artic Partners Stallions. En sortant des sentiers battus, le catalogue de cette jeune entreprise apporte une autre vision, qui a trouvé son public. “Nous avons la chance d’avoir un point de vue global puisque nous suivons souvent des compétitions en Belgique, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suède ou en Espagne, voire jusqu’aux Etats-Unis. Notre idée est d’avoir une cartographie globale de l’élevage, à l’échelle mondiale”, confirme Antoine Charlot. Bien que novice dans l’étalonnage, Artic Partners Stallions a réussi à gagner la confiance de ses interlocuteurs. En plus de Cascadello I, toujours propriété de Dirk Ahlmann, chez qui il est stationné en Allemagne, le trio a fait l’acquisition d’un reproducteur des plus intéressants en 2025 : I Am Moerhoeve’s Star (Kashmir van’t Schuttershof x Baloubet du Rouet), alias Zazu. Avec cent-quarante-trois juments honorées l’an passé pour sa première année de monte en France, l’arrière-petit-fils de Qerly Chin a séduit. Il faut dire qu’entre High Star Hero, qui brille avec McLain Ward en Grands Prix 5* chaque week-end ou presque, la compétitive Odina van Klapscheut de Petronella Andersson, la généreuse Parise van den Dael, autrice de bonnes prestations l’an dernier avec Jos Verlooy, ou encore Pixel-K van’t Kattenheye, partenaire de l’Américain Ansgar Holtgers Jr, l’alezan affiche des statistiques impressionnantes. Sur ses cent-vingt-trois enregistrés sur la base de données Horsetelex, trente évoluent à 1,45m et plus ! “J’ai appris que Stefan Conter avait acheté Zazu. Je me suis alors renseigné sur cet étalon, et, compte tenu de son pourcentage Black Type, mais aussi de sa souche, qui est sans doute l’une des trois meilleures du monde, et du fait que sa mère, Diablesse de Muze, fut une véritable crack en son temps, nous ne pouvions pas laisser passer cette opportunité”, justifie celui qui a déniché, entre autres, une certaine Dynamix de Bélhème, championne d’Europe en 2023 avec Steve Guerdat et vice-championne olympique un an plus tard à Paris. “Nous essayons de trouver les meilleurs chevaux possibles en Europe et dans le monde. Nous visons l’excellence, sans nous laisser influencer par le marketing ou des déclarations sur les réseaux sociaux.”
Le remarquable I Am Moerhoeve's Star, alias Zazu, est un atout de taille au sein du catalogue d'Artic Partners Stallions et représente une vraie opportunité pour les éleveurs français. © Sportfot
Casalito, Celectrik D, Sir Obolensky : des nouveautés pertinentes
Après une première année dans l’étalonnage réussie, marquée par la distribution de la semaine de plusieurs étalons de premier ordre et trois-cents saillies vendues, Antoine Charlot, Benjamin Ghelfi et Juan Ramos n’avaient pas le droit à l’erreur pour leur recrutement 2026. Leur catalogue s’est ainsi garni de nouvelles options, à commencer par Casalito (Casall x Landgraf), père, entre autres, de Coolio 42 et Chicharito 11, excellents avec Marcus Ehning et Adrian Schmidt, ou encore le compétitif Castiel de Bryan Balsiger. “Pour notre recrutement 2026, nous avons regardé les classements mondiaux, les origines avec lesquelles nous avons connu du succès dans nos activités annexes, étudié les différentes souches et saisi certaines opportunités, comme celle d’acheter Casalito, trente-neuvième mondial au classement de la WBFSH”, détaille Antoine Charlot. “Comme Cascadello, Casalito est un fils de Casall, mais il présente une origine maternelle totalement différente, puisqu’il est indemne du sang de Capitol. Il est imprégné par la lignée des L, notamment avec Landgraf et Lord en père de mère et arrière-grand-père maternel. Nous évoluons dans un monde où tout va très vite et il faut savoir saisir les possibilités qui s’offrent à nous ! Casalito est aussi le père de Casal Dorato et Claus 68, tous deux gagnants à 1,55m. Sa production est assez incroyable et il sera disponible en frais en France cette année, au haras de Tamerville.”
Casalito, père, entre autres, de l'excellent Coolio 42 de Marcus Ehning, fait partie des nouveautés du catalogue Artic Partners Stallions. © Mélina Massias
Pour Manchester van’t Paradijs (Elvis Ter Putte x Kashmir van’t Schuttershof), “il n’y a pas eu d’hésitation non plus”, abonde Antoine Charlot. L’alezan, qui a permis à son cavalier amateur de sauter jusqu’à 1,60m et de se classer régulièrement à 1,55m, a des atouts sérieux à faire valoir. “Manchester réunit les sangs d’Elvis Ter Putte, Kashmir van’t Schuttershof et Lys de Darmen (et n’est autre que le neveu de l’ancienne complice de Thierry Rozier, Venezia d’Ecaussines, ndlr). Manchester était champion du BWP à trois ans, ce qui prouve que, dès le plus jeune âge, il se suffisait à lui-même. Il a prouvé qu’il était très facile sous la selle, et sa jeune production en Allemagne est déjà exceptionnelle”, souligne avec fierté le co-fondateur d’Artic Partners Stallions. Sur cent-trente-huit produits recensés sur Horsetelex, dont les plus âgés ont dix ans en 2026 et soixante-six ont sept ans ou moins, dix sautent déjà 1,45m et plus. En décembre dernier, à huit ans, Macklemore von der Soehr, renommé Brunson, se classait troisième d’un Grand Prix 3* à Oliva sous la selle de la méconnue Tomma Thiesen. Depuis, le hongre a été acquis par Isabella Russekoff, au départ des Jeux olympiques de Paris et des championnats d’Europe de La Corogne avec l’ultra généreux C Vier 2 et en quête de nouvelles montures de talent pour garnir son piquet. Manchester van’t Paradijs, lui aussi présenté à Saint-Lô en février, fera la monte chez Pierre Valette, dans la Loire.
Manchester van't Paradijs lors de son approbation au BWP à trois ans, en 2015 ! © Dirk Caremans / Hippo Foto
À liste des nouvelles recrues d’Artic Partners Stallions s’ajoutent les noms de Sir Obolensky (Stakkato Gold x Windows vh Costersveld, alias Cornet Obolensky), du phénomène Celektric D (Cornet du Lys x Carthago), record des ventes Fences à Deauville l’été dernier, ainsi que ceux des jeunes Fantasio de Will (For Pleasure x Cascadello I) et Monsieur du Bidou (Emerald van’t Ruytershof x Cardero). “Nous avons eu l’occasion d’observer de très bons produits de Sir Obolensky et nous adorons son père, Stakkato Gold, qui représente un courant de sang avec lequel nous avons eu beaucoup de réussite. Son père de mère, Cornet Obolensky (né Windows vh Costersveld, ndlr) est numéro un mondial et Sir Obolensky lui-même a déjà des descendants qui sautent 1,50m. Il sera disponible en semence fraîche chez Equitechnic”, poursuit Antoine Charlot. “Celektric, lui, est un fils direct d’Electra van’t Roosakker et de Cornet du Lys. Il n’y a pas d’étalon en frais, en France, issus de cette souche et la production de son père, qui est parti faire la monte dans l’hémisphère Sud, montre de belles choses. Au-delà de ses origines, j’ai eu l’occasion d’observer Celektric en vrai aux sélections Fences puis lors de la semaine des essais. C’est un cheval rare, tant dans sa puissance que dans sa mécanique et dans son intelligence de la barre. Il est sincèrement bluffant. Il a débuté l’année au Sunshine Tour avec Romain Dreyfus et fera la monte en frais cette saison, lui aussi chez Equitechnic. Il réunit beaucoup de critères pour connaître une grande réussite en tant qu’étalon.”
Sir Obolensky, dont Willem Greve monte un très bon produit, Sir Minka, réunit les sangs de Stakkato Gold et Windows vh Costersveld, alias Cornet Obolensky. © Sportfot
“Proposer une sélection qui sort de l’ordinaire”
La nouvelle saison de monte devra être celle de la confirmation pour Artic Partners Stallions. Après une “année zéro” réussie, la joyeuse troupe entend bien continuer de s’imposer dans un paysage déjà largement établi. “Lorsque nous nous sommes lancés, nous avions avant tout la volonté de proposer une sélection qui sort de l’ordinaire. Nous avons voulu attaquer avec ce qu’il y avait de mieux en Europe en termes d’étalons selon nous. Ensuite, comme dans tous les domaines, lorsqu’on est bon, on finit par se faire naturellement une place. Nous ne nous étions pas fixé d’objectif chiffré, mais sommes très contents de notre première année. Nous travaillons en équipe, avec des gens compétents à tous les postes, à l’image de Charlotte Hermon, qui gère toute la partie administrative et les contrats et sans qui nous ne pourrions pas faire ce que nous faisons aussi bien”, achève Antoine Charlot. “Nous n’avançons pas avec œillères ; nous regardons ce qui se fait autour de nous, mais nous sommes confiants, confiants dans le fait de pouvoir apporter quelque chose aux éleveurs et d’avoir un point de vue global. Nous observons un grand nombre de chevaux tout au long de l’année, ce qui nous permet d’analyser les différentes origines et d’avoir une certaine expertise, que nous avons souhaité mettre au service de l’élevage. Nous voulions apporter notre pierre à l’édifice. L’étalonnage est une grande découverte pour nous, mais nous avons à cœur de faire de notre mieux. J’espère que nous parviendrons à perdurer à très long terme et que les éleveurs continueront d’être satisfaits.”

Au salon des étalons de Saint-Lô, l'équipe d'Artic Partners Stallions a entamé sa deuxième saison sur le bon pied. © Eugénie Perrin
Photo à la Une : Lors du salon des étalons de Saint-Lô, l’équipe d’Artic Partners Stallions a entouré Cascadello I, étalon phare de leur catalogue, lors d’une mise à l’honneur. © Mélina Massias








