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D’une insolente domination, Kent Farrington enfile sa cape d’invincibilité à Fort Worth

Kent Farrington et Greya étaient intouchables dans la deuxième épreuve de la finale de la Coupe du monde de Fort Worth.
Sport samedi 11 avril 2026 Mélina Massias

Qui parviendra à stopper la machine Kent Farrington ? Après un premier triomphe dans la Chasse aux rênes de Toulayna van het Bloesemhof, l’Etats-unien a récidivé dans le Grand Prix, support de la deuxième étape de ce sommet printanier, cette fois aux commandes de Contina 47, alias Greya. Implacable, il a non seulement remporté cette épreuve, mais aussi consolidé son avance au classement général. Sa performance lui permettra d’aborder la finale de dimanche avec une faute d’avance sur Steve Guerdat et Albführen’s*Iashin Sitte, qui gagnent un rang et sont désormais ses dauphins. Grâce à un très bon double zéro, Kevin Staut et Visconti du Telman s’invitent sur le podium provisoire, au détriment de Daniel Deusser et Otello de Guldenboom, quatrièmes ex aequo avec Eiken Sato et Chadellano PS*JRA. Retour sur les enseignements de cette deuxième journée de compétition au Texas.

Kent Farrington semble avoir enfilé une cape d’invincibilité à Fort Worth, où se poursuit la finale Longines de la Coupe du monde de saut d’obstacles. Toulayna van het Bloesemhof laissée au repos après sa victoire dans la Chasse, le numéro deux mondial s’est hissé sur le dos de Contina 47, alias Greya, pour la deuxième étape de ce rendez-vous à l’accent texan. Nouvelle robe, nouveau style, mais résultat identique : une victoire. Mieux encore, l’États-unien a accru son avance, ses dauphins de la veille n’ayant pas réussi à le rester en ce vendredi 10 avril au Texas. “Greya était en pleine forme, elle a sauté de façon incroyable. C’est une jument merveilleuse et elle l’a encore montré ce soir. C’est un début de finale rêvé. Au barrage, elle était dans un rythme naturel pour elle ; elle est souvent plus à l’aise avec un train un peu plus soutenu. Je voulais vraiment conforter ma position compte tenu des ténors qui nous talonnent. Je monterai à nouveau Greya dimanche. Elle a vraiment été géniale aujourd’hui et j’espère que nous pourrons finir le travail lors de la finale. Je suis très enthousiaste à l’idée de tenter de relever ce défi et d’être en position de l’emporter”, a commenté Kent Farrington, dont les émotions restent toujours aussi impénétrables, au micro de Clipmyhorse.

Pour l'heure, la Coupe tend droit les bras à Kent Farrington. © Shannon Brinkman / FEI

Grâce à ses deux premières prestations, il abordera la finale avec une barre d’avance sur son premier rival, un certain Steve Guerdat, et deux sur les cavaliers classés au rang six et au-delà. Au cours de cette deuxième journée de compétition, qui a attiré un peu plus de monde, l'horaire aidant, dans les vastes tribunes de la Dickies Arena, les rebondissements n’ont pas manqué. Encore une fois à la hauteur de l’enjeu, le chef de piste mexicain Anderson de Moura Lima a donné vie à une épreuve pleine de suspense, mais toujours juste envers les chevaux. Certes, il y a eu des fautes, certaines plus impressionnantes que d’autres, en raison de mauvais choix de pilotage, du manque d’expérience de certains et d’autres faits sportifs, mais aucune véritable catastrophe n’est à relever. 

L’émotion d’Oda Charlotte Lyngvær : l’image du jour

Après la défection prévisible de Willem Greve, passé à côté de la Chasse hier en concédant quatre fautes sur Pretty Woman van’t Paradijs, trente-quatre paires se sont frottées à ce nouveau parcours. Des couples ont pu relever la barre après les déceptions de la veille, tandis que d’autres ont confirmé les bonnes impressions entrevues lors de leur entrée en matière. Ce fut notamment le cas de la génialissime LT Holst Freda et de sa cavalière néo-zélandaise, Julie Davey. Affichant une très grande régularité à 1,60m, les deux complices, qui concourent principalement sur le continent océanien, ont prouvé qu’elles avaient toute leur place parmi l’élite. Elles ont bouclé un somptueux parcours, sanctionné de seulement deux points de temps. Sacrément plaisante, la fille de Colman, qui a sauvé une distance hasardeuse sur le vertical numéro 10 en fin de parcours, a dû taper dans l’œil de nombreux observateurs, au Texas et dans le monde ! 

Coup de coeur pour LT Holst Freda et Julie Davey, représentante néo-zélandaise. © Tiffany Van Halle

Lui aussi sanctionné par le temps, Verdiamo, déjà très à son affaire dans la Chasse malgré une technique bien à lui, a fait le bonheur de son cavalier et éleveur, Jordy van Massenhoeve, qui vit là sa première finale de la Coupe du monde, sous les yeux de ses parents, venus spécialement pour l’occasion. Très à son écoute, son bouillonnant bai semble en forme olympique après une très bonne saison hivernale. Il pointe désormais à la dix-septième position du classement général provisoire, avec un retard de dix-huit points sur la tête, soit deux de moins que celui affiché par Julie Davey et sa grise.

Après l’abandon de Grégory Wathelet, dont le bien généreux Double Jeu d’Honvault est encore apparu à la peine et à l’effort, le public a assisté au premier clear round de la soirée. Il fut brillamment signé par les pétillantes Oda Charlotte Lyngvær et Carabella vd Neyen. Euphorique au moment de quitter la piste, sourire jusqu’aux oreilles et les yeux transpirant d’une reconnaissance infinie pour sa partenaire, la Norvégienne, révélation de l’hiver, a été débordée par ses larmes au micro de Clipmyhorse, si bien qu’elle n’est pas parvenue à s’exprimer ! Une émotion sincère et précieuse, tant elle tend à disparaître au plus haut niveau. “Je suis toujours très émue. J’espère que je ne perdrais jamais cela de vue. J’aime le sport, mais pas au point d’en oublier la raison pour laquelle je le pratique : ma passion pour les chevaux. À ce niveau, signer de telles performances peut devenir la norme et perdre en saveur pour certains. Si cela m’arrive un jour, je devrais prendre une pause. Dans ma conception des choses, ce sport doit être magnifique et procurer de grandes émotions”, confiait-elle d’ailleurs dans les colonnes de Studforlife il y a quelques semaines. Ce soir, Oda Charlotte Lyngvær n’a fait qu’un avec sa baie et a signé un double sans-faute qu’elle n’est pas près d’oublier. Quatrième de l’épreuve, la paire bondit au treizième rang du général, avec un total de quatorze pénalités. L’autre duo scandinave au départ pourra, lui, se mordre les doigts. Johan-Sebastian Gulliksen et Harwich VDL, auteurs d’un hiver d’exception, ont renversé… le vertical numéro 1 ! Terrible. Ils sont vingtièmes et comptent dix-neuf points.

Quelle démonstration de complicité et de maîtrise ont signé Oda Charlotte Lyngvaer et Carabella vd Neyen, doubles sans-faute et quatrièmes ! © Tiffany Van Halle



Richard Vogel franchit la ligne d’arrivée de justesse

En embuscade jeudi avec une faute, Martin Fuchs et Richard Vogel ont encore buté. Le premier a hérité d’un quatre points cruel sur le vertical numéro 10 avec son crack Lorde do Belmonte, qui confirme toutes ses qualités de sortie en sortie. Le second, lui, a écopé de deux fautes… et n’est pas passé loin de la correctionnelle ! En effet, après avoir ouvert son excellent Gangster Montdesir pour franchir l’oxer numéro 11, dont l’abord fut difficile à négocier pour plusieurs couples, et concédé une première barre, l’Allemand a bien failli chuter juste avant la ligne d’arrivée. S’il s’est accroché pour la franchir, il n’a pas eu d’autre choix que de lâcher prise ensuite, quittant la piste à pied. Son Selle Français, ayant trébuché à la réception du double 12, est arrivé démuni sur l’ultime oxer du tracé, qu’il a traversé tant bien que mal, frôlant lui aussi la chute à la réception. Plus de peur que de mal pour ces deux-là, qui feront assurément parler d’eux dans un prochain grand championnat. Ils accusent désormais dix-huit points de retard sur les leaders, tandis que Martin Fuchs et son hongre portugais en cumulent un de moins.

À leur suite, les sans-faute se sont enchaînés. Pour Eiken Sato et le spectaculaire Chadellano PS*JRA d’abord. Le Japonais et son fils de Chacco-Blue ont réussi le deuxième barrage le plus rapide de la soirée et signé une belle remontée au classement général, puisqu’ils occupent désormais la quatrième place avec sept points, à égalité avec Daniel Deusser et Otello de Guldenboom, qui ont bouclé un parcours à quatre points rapide et perdu leur place sur le podium provisoire… au profit de Kevin Staut et Visconti du Telman ! Etincelante dans la Chasse, où elle n’avait pu maintenir la dernière barre sur ses taquets, la fille de Toulon a confirmé sa forme olympique du haut de ses dix-sept ans en réussissant un double zéro plus que convaincant, pour la troisième place de l’épreuve. Pourtant, son pilote était prêt à faire l’impasse sur le barrage. Mais le chef d’équipe des Bleus, Edouard Coupérie, l’a encouragé à effectuer ce second parcours. Un choix pour l’heure payant. “Avec ma neuvième place d’hier, je n’étais pas vraiment en position de ne pas prendre part au barrage. J’ai opté pour une stratégie mixte ; je n’ai pris aucun risque dans la seconde moitié du barrage. Aborder la finale de dimanche en troisième position est super. C’est un plaisir de compter sur Visconti dans un championnat. Nous avons une confiance mutuelle totale. À chaque fois qu’elle entre en piste, elle se transforme en lionne, alors qu’elle est très, très détendue au quotidien. Le but de chaque athlète, dans n’importe quel sport, est de se battre pour quelque chose. Nous avons un objectif ; nous ne l’atteindrons peut-être pas car nous ne sommes pas les seuls à l’avoir, mais je suis heureux d’être dans la position de pouvoir me battre pour celui-ci.”

Visconti du Telman et Kevin Staut sont apparus en très grande forme dans cette deuxième journée de compétition au Texas. © Shannon Brinkman / FEI

S’il a gagné une place au classement général, Steve Guerdat a peut-être quelque peu entamé les réserves d’Albführen’s*Iashin Sitte. Le studieux alezan n’a pas laissé la plus grande impression de sécurité et de sérénité et a concédé une faute assez franche au barrage, débuté à grande vitesse et avec de belles prises de risque. Cela étant, il aura, d’une part, une journée de repos samedi, et, d’autre part, le talent et la détermination de son cavalier pour aller au bout de ce championnat avec la manière. Encore largement en course pour remporter sa quatrième finale du genre, le Jurassien saura à coup sûr se transcender dimanche et offrir le meilleur parcours possible à son fils de Bamako de Muze.

Steve Guerdat et Iashin Sitte remontent au deuxième rang du classement général provisoire. © Sportfot

Un Allemand et un Belge dans le bon wagon, le rêve (américain) s’étiole pour d’autres

Auteurs de performances d’excellente facture une fois de plus après leur entrée en matière réussie, René Dittmer et Abdel Saïd partagent le sixième rang du classement général provisoire. Associés à leurs respectifs Cody 139 et Quaker Brimbelles, l’Allemand et le Belge ont respectivement concédé une faute au barrage et un point de temps dans l’acte initial. Ils ont désormais deux barres de retard sur Kent Farrington. 

Du côté des Américains, la journée fut moins bonne que la veille. S’ils solidifient leur bon tir groupé, ils perdent quelques rangs après des parcours plus ou moins maîtrisés. Qualifiée parmi les sept barragistes du jour, Katherine A. Dinan a vécu un barrage difficile avec la sœur utérine de Rebeca LS, Out of the Blue SCF. En effet, l’amazone a fait commettre une énorme faute dès le premier oxer du tracé raccourci à sa complice, qui est ensuite apparue très émue. Gageons que cela ne se ressente pas dimanche. Elles devancent pour l’heure Jacob Pope et son génial Highway FBH, drôlement démonstratif dans son geste des postérieurs ce soir et moins souverain que dans la Chasse. Le duo, si plaisant la veille, a connu une mésaventure similaire à celle vécue par Richard Vogel et Gangster Montdesir sur le dernier oxer de la première manche. Suivent Aaron Vale, auteur d’un tour acrobatique sanctionné par une faute sur Carissimo 25, et Lillie Keenan, qui a quitté la piste sur le même score mais avec une meilleure impression d’ensemble aux rênes de Klent Kick On. Avec une faute rageante et frustrante enregistrée sur son vétéran QH*Alfons Ra*Santo Antonio, dix-neuf ans, Yuri Mansur est juste derrière, en douzième position.

Enfin, la plus grande déception de la soirée vient sûrement des douze points échappés en route par Jessica Burke et son brillant Good Star du Bary, qui auraient sans doute mérité mieux. S’ils restent dans le Top 20, les deux complices devront sûrement trouver un autre rendez-vous pour performer à la hauteur de leur talent.

Les résultats complets de l’épreuve.
Le classement général provisoire complet.

Photo à la Une : Kent Farrington et Greya étaient intouchables dans la deuxième épreuve de la finale de la Coupe du monde de Fort Worth. © Tiffany Van Halle

La finale de la Coupe du monde de Fort Worth est à suivre en direct sur Clipmyhorse.tv.