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Chardonnay 79 débarque en France pour la saison de monte

Après avoir propulsé Max Kühner sur le devant de la scène, Chardonnay se consacre désormais à l'élevage.
Elevage mardi 10 février 2026 Mélina Massias

Après avoir fait la monte en Allemagne, Chardonnay 79 va désormais offrir ses qualités et ses gènes aux éleveurs français. En effet, l’étalon gris, âgé de dix-neuf ans, intègre le catalogue de France Etalons pour la saison de monte 2026. Excellent complice de Max Kühner, classé sur les plus belles pistes du monde et sixième des Jeux équestres mondiaux de Tryon en 2018, le Holsteiner sera disponible en frais au haras de Saint-Lô cette année et se présentera au public à la fin du mois, à l’occasion du salon des étalons !

La semaine dernière, un nouvel arrivant de taille a rejoint le haras de Saint-Lô et le catalogue de France Etalons. En effet, Chardonnay 79 (Clarimo x Corrado I), ancien partenaire à succès de Max Kühner, va poursuivre sa carrière de reproducteur dans l’Hexagone. Sixième des Jeux équestres mondiaux de Tryon en 2018, neuvième de la finale de la Coupe du monde Longines de Göteborg en 2019, troisième du Grand Prix Rolex de Calgary en 2019, classé dans les étapes de la Coupe du monde de La Corogne, Madrid, Leipzig, Stuttgart ou encore Vérone, le gris se présentera en chair et en os aux éleveurs à la fin du mois, à l’occasion du salon des étalons de sport de Saint-Lô

Chardonnay 79 a permis à Max Kühner de briller en grand championnat, comme aux Jeux équestres mondiaux de Tryon ou en finale de la Coupe du monde Longines. © Dirk Caremans / Hippo Foto

Le cheval de cœur de Max Kühner

Officiellement retraité depuis 2022, Chardonnay, né chez Enst-Uwe Sachau, a permis à Max Kühner de donner un tournant décisif à sa carrière. Membre de l’équipe d’Autriche en Coupes des nations et grands championnats, le couple aurait pourtant pu ne jamais éclore au plus haut niveau. “L’histoire de Chardonnay est vraiment singulière. Nous l’avons acheté lorsqu’il était poulain, avec une amie de longue date, feue Sabina Illbruck, et la famille Gripshöver”, s’est souvenu avec bonheur l’actuel dix-neuvième meilleur cavalier du monde, interrogé dans les allées du CSI 5*-W de Bordeaux. “Dès ses premiers parcours, il sautait très bien, mais était encore petit à cette époque. Sabina souhaitait réduire son cheptel de chevaux, car elle en avait presque une centaine. Grâce à Chardonnay, elle a eu l’opportunité de vendre vingt jeunes chevaux. Elle l’a donc laissé partir à quatre ans, en accord avec moi. Nous avons vendu ces chevaux à un ami, Rudolf Könemund, qui m’a appelé lorsque Chardonnay avait six ans. Il m’a dit ‘je pense que tu devrais revoir Chardonnay, car il sort vraiment du lot’. J’ai pu l’essayer à la fin de son année de six ans et je l’ai beaucoup aimé. J’ai d’abord acquis la moitié des parts, en m’associant à la famille Gripshöver. Plus tard, lorsque j’ai appris à mieux le connaître et que j’ai senti qu’il s’agissait d’un cheval de taille pour ma carrière et pour le grand sport, j’ai acheté la seconde moitié des parts.” Treize ans plus tard, Max Kühner ne regrette toujours pas sa décision.

Le couple formé par Max Kühner et Chardonnay 79 aurait bien pu ne jamais exister ! © Dirk Caremans / Hippo Foto

Agile, léger et coopératif, le Holsteiner a confirmé l’intuition de son cavalier. Si les nombreuses performances de son cher Chardonnay l’ont évidemment marqué, l’Autrichien retient surtout le souvenir d’un cheval charismatique et envoûtant. “Chardonnay a toujours été à part. Dès que l’on est près de lui, on ressent quelque chose de spécial. Il a cette sorte d’aura autour de lui, qui rend fier d’être à ses côtés. Lorsqu’on regarde ses yeux, on sent qu’il est un peu comme un lion”, dépeint-il avec un brin d’émotion. Et de reprendre : “Le gène de la peur n’existe pas chez lui. Je ne l’ai jamais vu avoir peur de quoi que ce soit. S’il rencontrait quelque chose d’un peu mystérieux pour lui, il ne faisait que grandir et devenir plus fort. Un peu comme un lion ! C’est aussi la mentalité qu’il avait dans le sport. Il était d’un courage sans faille, couplé à beaucoup d’autres qualités. Je l’ai monté toute sa carrière et il ne s’est jamais arrêté une seule fois de sa vie.”

L'Autrichien souligne l'aura dégagée par son protégé. © Sharon Vandeput / Hippo Foto



“Lorsqu’on est sur le dos de Chardonnay, c’est comme si on était sur un Pur-Sang”, Max Kühner

Fils de l’excellent Clarimo, qui a brillé au plus haut niveau avec Rolf-Göran Bengtsson et engendré de fabuleuses montures à l’image de Cynar VA, crack de Jessica Springsteen, Crunch 3, Bardolina 2, partenaire olympique de Mario Deslauriers à Tokyo, C-Steffra, gagnante en Grand Prix 4* avec Niklaus Sshurtenberger, Clash Royale, bonne partenaire de Louise Sadran, le fabuleux Clear Heart, un temps associé à Jur Vrieling et Thibeau Spits, ou encore les jeunes et prometteurs Jacadi du Paradis et Hermione de Champloué, et petit-fils du chef de race Corrado I, Chardonnay représente la Stamm 1228 du Holstein. Si cette souche n’est pas la plus fournie du livre de race allemand, elle a tout de même donné plusieurs compétiteurs intéressants, à l’image de Batman d’Aiguilly, vu jusqu’en Grand Prix 5* sous selle suisse, Crosshill, classé au plus haut niveau avec Athina Onassis, mais aussi le jeune et remarqué étalon Commil Champ. 

À Calgary, le fils de Clarimo a brillé, allant jusqu'à décrocher la troisième place du Grand Prix Rolex. © Dirk Caremans / Hippo Foto

Durant sa carrière sportive, Chardonnay s’est très peu attelé à ses devoirs d’étalon. De fait, ses premiers poulains n’ont vu le jour qu’en 2020, offrant peu de recul sur sa production. S’il compte déjà un fils approuvé, nommé Chardo Blue PS (mère par Chacco-Blue), le gris de dix-neuf ans a encore tout à écrire sur cette nouvelle page de son histoire. En tout cas, il a déjà séduit son cavalier, qui lui a fait confiance en tant que reproducteur. “J’élève un peu moi-même et Chardonnay a toujours été mon premier choix pour mes juments, notamment pour celles qui ont concouru à ses côtés, partagé le même camion et les mêmes compétitions que lui. Je l’ai par exemple croisé à Electric Touch (née Urena van de Vrombautshoeve, Untouchable Z x T’Is Voltaire D’01). Nous avons des jeunes chevaux très prometteurs par Chardonnay. Il semble transmettre ses qualités dans de nombreux domaines. Mes poulains les plus âgés prennent cinq ans. Les choses sérieuses vont donc commencer et j’ai hâte d’affronter le grand sport avec eux !”, se projette déjà l’Autrichien, qui a également une idée de la jumenterie idéale pour son protégé. “Lorsqu’on regarde Chardonnay au modèle, on ne se rend pas forcément compte qu’il a beaucoup de sang. Il est construit d’une manière très légère. Lorsqu’on est sur son dos, c’est comme si on était sur un Pur-Sang. Il a une flexibilité totale dans son corps, ce qu’il a probablement hérité de son père, Clarimo. Avec son sang, cela lui donnait la force de tout combiner. Côté élevage, je pense que les juments avec du cadre, de la force et tout de même un peu de sang sont celles qui lui correspondent le mieux. Je ne privilégierais pas les juments trop légères pour lui ; je préfèrerais celles avec un peu plus d’os. Et c’est aussi l’idée pour laquelle j’ai choisi qu’il vienne en France : les modèles des chevaux y sont un peu plus épais. Je pense que cela pourrait très bien lui convenir. Je pense aussi que la France est un pays très intéressant en matière d’élevage. Il y a beaucoup d’éleveurs et de nombreuses jeunes lignées intéressantes. Un cheval comme Chardonnay doit être en France !”

Pour l'heure, la production de l'étalon Holsteiner reste très confidentielle. © Sportfot

En attendant que Charming Touch MK, Cardenal Mendoza MK, Chartago 4 ou encore Charming HH fassent leurs preuves dans le sport, leur père, lui, a pris ses quartiers au haras de Saint-Lô où il sera disponible en frais durant toute la saison de reproduction. Max Kühner, de son côté, n’exclut pas de venir saluer son vieil ami si l’occasion se présente. “J’espère trouver le temps de lui rendre visite. Lorsque je l’avais fait dans son ancienne station de monte, il m’avait immédiatement reconnu”, sourit-il. “C’était très chouette ! Venir le voir en France serait un plaisir.”

Chardonnay 79 a déjà pris ses quartiers en France, où sa semence sera distribuée tout au long de la saison de monte en frais. © Dirk Caremans / Hippo Foto

Photo à la Une : Après avoir propulsé Max Kühner sur le devant de la scène, Chardonnay se consacre désormais à l'élevage. © Stefan Lafrentz / Hippo Foto