Arqana de Riverland de retour aux affaires, une jument olympique tire sa révérence, McLain Ward pleure son meilleur complice : récap’
Depuis le début de l’année, plusieurs cavaliers ont vu leurs piquets de chevaux être chamboulés. C’est le cas notamment de Richard Vogel, Nina Mallevaey, qui a cédé les rênes d’un jeune partenaire à un cavalier irlandais bien connu, Philipp Weishaupt, ou encore Thibault Philippaerts, qui a retrouvé une ancienne complice. Daniel Coyle a annoncé le départ à la retraite de son olympique Legacy, après tant de grandes performances, tandis que McLain Ward a vu son génial Imperial HBF succomber à des coliques. De son côté, Juliette Faligot s’est réjouie du retour en compétition d’Arqana de Riverland après cinq mois de pause, tandis que Peder Fredricson devra observer une période de repos consécutive à une fracture du sternum.
À seize ans, l’excellente Legacy a tiré un trait sur sa vie sportive, samedi 14 février à l’occasion d’une cérémonie organisée en préambule du Grand Prix du CSI 5*-W d’Ocala. Sous la selle de Daniel Coyle, la baie s’est distinguée par ses performances, son efficacité et sa générosité sans limite en piste. Lauréate des Grands Prix de la Coupe du monde de Leipzig et d’Amsterdam début 2024, de ceux de Toronto en 2022 et de Fort Worth, labellisé 4*, la même année, titulaire d’une quinzaine d’autres victoires internationales au plus haut niveau, à l’origine de nombreux de clear rounds pour l’Irlande en Coupe des nations et surtout autrice d’excellentes prestations aux Jeux olympiques de Paris avant de craquer lors de la finale individuelle, la baie, née sous le nom de Chaventele chez Romain Rotty, a durablement marqué son cavalier, mais aussi sa propriétaire, Ariel Grange. “Au printemps 2018, Daniel et moi étions des enfants, effrayés par l’idée de devoir reconstruire, faire grandir et honorer l’histoire de Lothlorien par nous-mêmes”, a écrit la Canadienne. “Cela parait si loin, après des années de succès et de réussites que nous ne pensions pas vivre. À cette époque, nous étions bien loin de savoir que nous allions recevoir de l’aide quand nous en avions le plus besoin. Qui l’a envoyée ? Peut-être que c’était de la chance, le timing ou le destin, peut-être que c’était une force plus grande, qui savait que nous avions besoin de quelque chose pour nous apporter l’espoir que nous recherchions. Nous étions bien loin d’imaginer que nous allions la trouver elle… L’histoire a été racontée, les récompenses données, les articles écrits, les flots accrochés au mur et les trophées rangés dans leurs boîtes. La carrière et la célébrité de Legacy se sont étendues au monde entier, mais seuls deux d’entre nous savent vraiment à quel point Legacy a changé notre vie et l’incroyable magie qui émanait d’elle. Parce que pour Daniel et moi, Legacy a changé nos vies dans tous les sens du terme. Nous avons vécu tous les chagrins, toutes les difficultés, toute l’euphorie et célébré chaque victoire et succès (parfois un peu trop). À la fin, nous sommes ceux qui devons porter sa voix et prendre la décision la plus difficile de nos vies professionnelles : ranger sa selle. Même si nous sommes tristes à la fin d’une aventure que nous avons l’impression d’avoir connue toute notre vie, nous sommes incroyablement heureux de lui rendre la vie qu’elle a tant de fois mise de côté pour nous, encore et encore. Legacy va continuer de régner sur Lothlorien avec sa tête haute, nous rappelant que l’excellence est atteignable. Merci Legacy… Tu as été tellement plus que n’importe quelle première place ou joli saut ; tu as été tout pour nous et nous sommes honorés de t’offrir le futur que tu mérites, rempli d’herbe verte, de journées paisibles et peut-être de quelques poulains. À notre reine.”

Début 2024, la véloce Legacy avait remporté coup sur coup les Grands Prix Coupe du monde de Leipzig et d'Amsterdam. © Leanjo de Koster / FEI
Cheval d’une vie pour toute l’équipe qui l’a entourée, la belle a été formée par Marilyn Vorsselmans, Jerom Broecks puis Annelies Vorsselmans jusqu’à début 2018. Elle a ensuite franchi les derniers paliers qui la séparaient du très haut niveau avec Daniel Coyle. Aux rênes de l’Irlandais, en plus des succès précédemment évoqués, elle a également disputé les championnats du monde de Herning, en 2022, la finale de la Coupe du monde d’Omaha en 2023, les championnats d’Europe de Riesenbeck, en 2021, dont elle prenait la dixième place en individuel, ainsi que ceux de La Corogne, l’été dernier. Après avoir remporté la Chasse, la fille de Chippendale et petite-fille de Bon Ami, avait jeté l’éponge, sans même sauter d’autre parcours. Elle a effectué sa dernière sortie internationale en compétition à l’occasion de l’étape de la Coupe du monde de Toronto, où elle n’est pas venue à bout du Grand Prix. Déjà mère, d’Evolution AV (El Savador) et de Clever Girl AV (Comilfo Plus), et grand-mère, la belle continuera désormais d'étoffer son héritage à l’élevage.

Avec la retraite de la Zangersheide de seize ans, une page se tourne pour Daniel Coyle. © Leanjo de Koster / FEI
Adieu Imperial HBF
La nouvelle a paralysé l’univers du jumping de haut niveau. Le crack Imperial HBF n’est plus. McLain Ward, qui fut son dernier cavalier, a annoncé la nouvelle le 11 février. “C'est avec une immense tristesse que nous vous annonçons la disparition d'Imperial HBF ('Paddy') hier, des suites de complications liées à une colique. Malgré deux opérations et tous les efforts déployés pour le sauver, nous avons pris la décision extrêmement difficile, avec son propriétaire Michael Smith et une équipe dévouée de soignants et de vétérinaires, de le laisser partir. C'était le choix le plus juste et le plus digne”, a écrit l'Étatsunien. “Paddy s'est battu sans relâche, comme il l'a toujours fait en piste, et toute notre famille ainsi que notre équipe sont dévastées par sa mort. En ces temps difficiles, son propriétaire, 'Mike' Smith, a montré toutes ses qualités d'homme de cheval, passant de longues heures aux côtés de Paddy, mettant tout en œuvre pour son rétablissement, sans jamais douter de l'équipe qui s'est occupée de lui. Les vétérinaires et le personnel soignant de [la clinique] Rood & Riddle Wellington, ainsi que le docteur Tim Ober, ont été absolument extraordinaires. Comme toujours, je suis profondément reconnaissant envers ma propre équipe pour son dévouement sans faille et sa compassion tout au long de cette épreuve. Bon voyage, Imperial.”

Avec la disparition d'Imperial HBF, McLain Ward perd sans doute son actuel meilleur complice. © Dirk Caremens / Hippo Foto
Né en Ecosse, chez la famille Tinto, cet excellent fils de Glasgow vh Merelsnest a fait ses débuts internationaux en 2019, sous la selle du Britannique Alex Barr. Trois ans plus tard, au cours de la saison 2022, le bai brun, enregistré au stud-book KWPN, intégrait l’écurie de Tim Gredley. Avec lui, le petit-fils d’Original*VDL a explosé sur le devant de la scène. Aux côtés de Medoc de Toxandria, Imperial HBF a permis à son cavalier de retrouver les sommets, participant au CSIO 5* d’Aix-la-Chapelle avant d’obtenir son premier classement en Grand Prix 5* à Windsor, en mai 2024. Retenu par Di Lampard pour la Ligue des nations de Rotterdam, où il signe un parcours seulement pénalisé par le temps, le duo termine cinquième du temps fort individuel de l’Officiel d’Irlande, avant de claquer deux parcours sans faute aux obstacles dans la Coupe des nations de Calgary. S’ensuivent trois classements en Grands Prix Coupe du monde, à Stuttgart, Londres et Bâle. En bonne voie pour participer à la finale du circuit en Suisse au printemps 2025, les deux complices voient leurs chemins se séparer. Avec McLain Ward, Imperial HBF aligne deux prestations parfaites dans l’épreuve collective du CSIO 5* de Rome et contribue à la victoire du Stars and Stripes, se classe troisième du Grand Prix 5* de La Baule puis dixième de ceux du Paris Eiffel Jumping et de Dublin, après avoir déroulé de bons parcours à Aix-la-Chapelle, dans les deux temps forts de la compétition. Après une dernière sortie en septembre, Imperial HBF disparaît des terrains de concours… qu’il ne retrouvera jamais. Comme un clin d’oeil du destin, Tim Gredley s’est hissé au deuxième rang du temps fort dominical du CSIO 5* d’Abou Dabi avec Medoc de Toxandria le week-end dernier, quelques jours seulement après la disparition de son ancienne star, qui terminait à la même position un an plus tôt.
En fin d’année dernière, Scott Brash investissait dans la sœur utérine d’Imperial HBF par Ustinov, baptisée Verona HBF. La fratrie du hongre compte aussi d’autres jeunes membres, qui auront désormais la lourde tâche de lui rendre hommage et de lui faire honneur.

Tim Gredley a révélé au grand jour le potentiel immense d'Imperial HBF. © Mélina Massias
Michael Duffy prend les rênes d’un ancien complice de Nina Mallevaey
Mr. Cornike, qui avait participé aux épreuves réservées aux jeunes chevaux à Aix-la-Chapelle avant de s’élancer sur le label 5* du CSI de Dinard sans parvenir à boucler ses deux parcours avec Nina Mallevaey, est associé à Michael Duffy depuis le début de l’année. Travaillant en étroite collaboration avec Helena Stormanns, qui entraîne aussi la Française, l’Irlandais a récupéré ce prometteur gris. Le néo duo a réussi ses deux premiers Grands Prix, terminant d’abord sixième dans celui d’un CSI 2* organisé à Ocala, puis dixième dans celui du CSI 3* de Wellington le week-end dernier. Le fils de Windows vh Costersveld, alias Cornet Obolensky, est âgé de neuf ans et a effectué ses premières sorties à 1,55m en février avec Michael Duffy. La mère de Mr. Cornike, Ilarnike, est la propre sœur d’un certain Klarimo, alias Clear Heart, brillant avec Thibeau Spits puis Jur Vrieling avant d’être vendu à Jamie Gornall.

Depuis le début de l'année, Mr. Cornike, ancien partenaire de Nina Mallevaey, est associé à Michael Duffy. © Mélina Massias
Du mouvement dans les écuries Karlswood
Deux jeunes chevaux pleins de promesses, et précédemment montés par Cian O’Connor ou ses élèves Tom et Max Wachman, sont apparus sous selles allemande et belge ces dernières semaines. Il s’agit, d’abord, d’Earl of Alice, neveu de la championne du monde DSP Alice, et, ensuite, de la Selle Français Gift des Lunes. Le premier, un mâle de huit ans par Eldorado vd Zeshoek, a été présenté par Richard Vogel à Ocala la semaine dernière et s’est même imposé dans une Vitesse à 1,40m. Associé à Katrin Eckermann et propriété de l’écurie Iron Dames jusqu’à la fin de l’été dernier, celui qui a été renommé Ballycotton avait été vendu à Paul Schöckemohle puis à Coolmore Showjumping dans la foulée, après les difficultés financières rencontrées par Deborah Mayer l’an dernier. Après avoir signé de bons parcours à Vejer de la Frontera à l’automne dernier avec Tom Wachman, le petit-fils de Cinsey a suivi le même chemin que le très en réussite Gangster Montdesir. Appartenant à Karlswood Partners, le bai s’épanouit en effet avec Richard Vogel depuis plusieurs mois. Le Germanique a d’ailleurs étoffé son piquet depuis le début de l’année avec les arrivées supplémentaires de Cardentos, un fils de Cardento déjà gagnant de son premier Grand Prix 2* à Ocala, du très chic Iron Dames*Abou Ckecker, neuf ans et jusqu’alors monté par sa compagne Sophie Hinners, d’Upton, un fils d’Uriko de dix ans qui n’avait encore jamais évolué sur la scène internationale, mais aussi de Quizas van’t Hulsbos, dix ans également, vu jusqu’à 1,45m l’an passé avec Caroline et Pieter Devos-Poels.
Le jeune et très bien né Earl of Alice a rejoint Richard Vogel. © Sportfot
L’aventure de Gift des Lunes avec Max Wachman aura, elle, été de courte durée. Après huit épreuves disputées ensemble cet été, le duo s’est déjà séparé. La toute bonne fille de Windows vh Costersveld et petite-fille de Kannan a ainsi fait son retour sous la selle du Belge Thibault Philippaerts, qui l’avait montée entre février 2023 et mai 2025, la semaine dernière, à l’occasion du Sunshine Tour de Vejer de la Frontera. Protégée de Virginie Auclair, la talentueuse baie brune apparaît toujours comme propriété de Coolmore Showjumping sur la base de données de la Fédération équestre internationale (FEI). En Espagne, elle a sauté jusqu’à 1,40m et signé un clear round sur son dernier parcours du week-end. Pour rappel, Gift des Lunes avait remporté la finale indoor de sa classe d’âge à Equita Lyon en 2022, avant de participer aux Mondiaux de Lanaken sous la selle de Grégoire Hercelin. Désormais âgée de dix ans, elle a sauté jusqu’à 1,50m en 2024 et 2025.

Thibault Philippaerts peut à nouveau compter sur la toute bonne Gift des Lunes, issue de l'élevage de Virginie Auclair. © Sportfot
Arqana de Riverland de retour !
Arqana de Riverland n’était plus apparue en compétition depuis le début du mois d’août et un concours national disputé au Touquet. Depuis fin janvier, l’attachante grise de Juliette Faligot est de retour aux affaires. Pour le plus grand bonheur de sa cavalière, la fille de Windows vh Costersveld, alias Cornet Obolensky, semble avoir retrouvé toute sa vista. Engagée dans des épreuves intermédiaires au CSI 3* de Valence, la Selle Français n’a signé que des sans-faute et s’est classée sur trois des parcours qu’elle a bouclés. Une aubaine pour son amazone française, qui avait un temps rêvé de voir sa complice courir les Jeux olympiques avec John Whitaker. Mais, indéniablement, ces deux-là étaient faites pour rester ensemble. Souhaitons leur désormais de retrouver leur meilleur niveau, celui qui leur avait permis de se hisser au quatrième rang du Grand Prix Rolex de Dinard en juillet 2022 après un double zéro.

Quelle bonne nouvelle pour Juliette Faligot que celle de retrouver sa chère Arqana de Riverland en compétition après plusieurs mois d'absence ! © Mélina Massias
Philipp Weishaupt s’équipe
Comme l’a annoncé SpringReiter.de, Philipp Weishaupt a pris les rênes du tout bon Mastermind RL, un hongre Holsteiner de douze ans. Classé dans les trois Grands Prix 5* qu’il a affronté à Doha en 2025, et de nouveau neuvième sur cette même piste fin janvier, le fils de Mylord Carthago aux origines maternelles solides a tapé dans l’œil de Ludger Beerbaum. Torben Köhlbrandt, son cavalier de longue date, l’a raconté à Spring Reiter. “Ces dix-huit derniers mois, Mastermind et moi avons obtenu quinze classements en Grands Prix et nous avons performé y compris à 1,60m. C’est le meilleur cheval que j’aie jamais eu. C’était aussi un projet familial avec mes cousins, et ce fut une période formidable. La semaine dernière, à Doha, Ludger m’a demandé si j’étais prêt à le vendre, et nous nous sommes mis d’accord. Ce n’est pas un vrai adieu, puisqu’il rejoint l’écurie de Philipp Weishaupt, qui est un bon ami et un voisin. Mastermind est un cheval formidable : il se bat pour son cavalier et aime être au centre de l’attention, mais il est aussi très sensible. En piste, il sait exactement ce qui est en jeu.”
La semaine dernière, les deux nouveaux complices ont fait connaissance, toujours à Doha, dans les épreuves du CSI 3*-W. Ils ont conclu leur premier Grand Prix ensemble avec deux fautes. Le bai pourra désormais épauler Oreo D.R. et Kilmister, les deux chevaux de tête de Philipp Weishaupt, mais aussi ses montures en formation.

Mastermind RL, ici associé à Torben Köhlbrandt, évolue désormais sous la selle de Philipp Weishaupt. © Sportfot
Peder Fredricson sur la touche
Il faudra encore patienter avant de revoir Peder Fredricson, absent de la scène internationale depuis le CSI 5* de Genève en décembre dernier, en compétition. En effet, la légende suédoise doit observer une période de repos. Le 10 février, il a annoncé souffrir d’une fracture au sternum, “certainement liée à une blessure antérieure”. Son équipe de Grevlunda, et notamment Stephanie Holmen, vont s’atteler à maintenir ses montures en forme, parmi lesquelles se trouvent ses deux meilleurs atouts, Alcapone des Carmille, seize ans, et SV*Vroom de la Pomme.

Peder Fredricson est au repos forcé. © Mélina Massias
Photo à la Une : L'olympique Legacy a tiré sa révérence. © Dirk Caremans / Hippo Foto










