“Argan de Béliard a complètement transformé ma carrière”, Lillie Keenan (1/3)
Pour la première fois de sa carrière, Lillie Keenan a foulé la somptueuse piste de Genève, mi-décembre, en Suisse. Venue spécialement des Etats-Unis pour cet événement dont la réputation n’est plus à faire, l’Américaine a savouré la touche finale d’une saison hautement réussie, grâce à un système bien rodé et des montures certes diablement talentueuses, mais surtout parfaitement gérées. Trente-deuxième mondiale, l’amazone, dont le sérieux, l’éthique de travail, la régularité et l’intelligence comptent parmi ses qualités, s’est imposée comme une évidence en 2025. Pilier indiscutable du Stars and Stripes, pour lequel elle n’a pas concédé la moindre faute aux obstacles de la saison en Coupe des nations, celle qui fêtera son trentième anniversaire le 4 octobre prochain semble avoir trouvé son équilibre. Disciple de McLain Ward, après avoir côtoyé plusieurs entraîneurs, dont Cian O’Connor, la jeune femme a la tête sur les épaules et une vision claire de son sport. Consciente de sa situation privilégiée, dont elle ne se cache pas, la diplômée d’Harvard a bâti sa philosophie en même temps que ses chevaux lui ont enseigné de précieuses leçons. Passée par la case dressage voilà quelques années, Lillie Keenan semble plus en phase que jamais avec elle-même et ses ambitions, qui incluent, évidemment, les prochains championnats du monde d’Aix-la-Chapelle et la pérennisation d’un piquet de talent. Entretien.
L’année 2025 a été particulièrement réussie pour vous, avec quatre doubles zéro sur cinq Coupes des nations avec l’équipe américaine, dix classements en Grands Prix 5* et une onzième place en finale de la Coupe du monde. Quel bilan tirez-vous de ces douze mois ?
Cette saison a été le point culminant de nombreuses années passées à construire un piquet de chevaux. J’ai désormais un groupe formé de montures plus expérimentées et âgées, que je connais très bien, ainsi que de partenaires plus jeunes, qui ont franchi un cap au moment crucial. Je monte par exemple Argan de Béliard (Mylord Carthago x Ahorn) et Fasther (Vigo d’Arsouilles x Farmer), qui m’ont accompagnée à Genève pour ma première fois sur ce concours que j’adore déjà, depuis des années. De fait, ils me connaissent aussi très bien. J’ai concouru sur des pistes d’envergure avec eux. Ils sont arrivés à un point dans leurs carrières respectives où je dois vraiment sélectionner avec attention les compétitions dans lesquelles je les engage. Et je peux le faire grâce à notre expérience commune. D’autres chevaux les ont épaulés tout au long de l’année, en particulier Kick On (né Klent Kick On, Warrior x Vulkorn vd Zuuthoeve, alias Caretino Glory, ndlr), qui, pour être honnête, m’a scotchée. Il a progressé à une vitesse folle à haut niveau. Sa performance lors de la finale de la Coupe du monde (à Bâle, en avril 2025, ndlr) a été une vraie surprise. J’ignorais qu’il pouvait déjà être si compétitif. Bien sûr, il a connu des passages à vide, mais aussi des moments incroyables, rendus possibles par son très grand talent. En plus de sa performance à Bâle, je retiens son double sans-faute dans la Coupe des nations du CSIO 5* de Rome, sa toute première épreuve sur ce format, tous niveaux confondus. C’était assez incroyable qu’il réalise d’entrée deux parcours parfaits ! Toutefois, il me fallait encore améliorer certaines bases avec lui. Et lorsque l’on obtient d’excellents résultats, on peut très vite oublier le travail qu’il reste à accomplir. Dans ce cas, pouvoir compter sur plusieurs chevaux est un vrai avantage. Cela permet de répartir aux mieux les compétitions entre eux, mais aussi de se maintenir durablement au sein du Top 30 mondial, ce qui a toujours été un objectif pour moi. Pour y parvenir, il faut prioriser ce qu’il y a de mieux pour chaque cheval. Cette année, j’ai pu compter sur un piquet d’exception, mais dont certains éléments prennent de l’âge. Pour cette raison, je ne peux pas participer à autant d’événements que beaucoup de mes pairs. Il faut faire des choix. Chaque année ne sera pas comme 2025 pour moi. Je sais qu’il me faudra faire des sacrifices en 2026 et définir mes priorités, car il est impossible de courir tous les lièvres à la fois.

Comptant parmi les plus fidèles partenaires de Lillie Keenan, Argan de Béliard a une nouvelle fois répondu présent en 2025. © Mélina Massias
Votre programme de compétition semble effectivement très réfléchi et vous a permis d’être au rendez-vous de quelques-uns des temps forts de l’année. Comment trouvez-vous le bon équilibre pour vos chevaux ?
Je suis extrêmement chanceuse de pouvoir compter sur le soutien de McLain Ward. C’est un mentor pour moi depuis de nombreuses années. Il partage avec moi son système et sa méthodologie dans l’élaboration d’un planning de compétition. La clef est de trouver le juste milieu. Il faut à la fois concourir pour rester compétitif, mais aussi cibler les moments phares lors desquels on souhaite atteindre un pic de forme. Si on ne se focalise que sur ces moments-là, en oubliant la compétition le reste du temps et en ne transformant pas l’essai au bon moment, c’est une forme de gâchis. Il faut trouver le bon équilibre, celui qui permet de rester dans le coup sans se brûler les ailes, tout en gardant des épreuves spécifiques en ligne de mire pour chaque cheval. Il faut également connaître les points forts de ses montures. Par exemple, Argan de Béliard excelle dans les formats de Coupes des nations. Je compte beaucoup sur lui pour représenter l’équipe américaine. Il n’est pas le plus rapide au barrage. Lorsque j’ai commencé à le monter, j’ai essayé d’améliorer sa vitesse, et il a beaucoup progressé, mais il n’est pas le plus redoutable dans cet exercice. Pour cette raison, je le préserve pour les concours les plus importants de l’année, où il y a, en général, peu de sans-faute. La seule fois où Argan n’a pas réalisé un double sans-faute cette année est aussi la seule fois où l’équipe américaine ne s’est pas qualifiée pour la seconde manche (lors du CSIO 5* de La Baule, ndlr) ! Il n’a même pas eu la chance d’essayer de le faire (alors que le gris avait signé un premier tour à un point, ndlr) ! C’est assez incroyable. Mais je ne peux pas lui demander de sauter chaque semaine. On parle souvent de chiffres et de pourcentages dans notre sport ; à long terme, on ne peut pas s’en tirer en concourant chaque week-end. Il faut tirer le meilleur de chaque opportunité qui se présente à nous. C’est un défi pour moi, car je crains toujours de prendre du retard. McLain m’a beaucoup aidée à ne pas faire la course aux concours et aux points comptant pour le classement mondial et à plutôt m’attacher à sélectionner les événements qui comptent. Par exemple, Argan est beaucoup plus à son affaire sur de grandes pistes, comme Calgary ou Aix-la-Chapelle. Cela fait une grande différence. Fasther, lui, est davantage compétitif. J’essaye de l’économiser pour les Grands Prix les plus importants. Il serait aussi un merveilleux cheval de Coupe des nations, mais à ce stade de sa carrière (l’alezan fête son seizième anniversaire en 2026, ndlr), je ne peux pas enchaîner une Coupe des nations et un Grand Prix le même week-end avec lui.

Cette année, Fasther a effectué un retour tonitruant sur le devant de la scène après une longue convalescence. © Mélina Massias
“Au début de mon couple avec Fasther, j’ai tout tenté pour le contrôler”
Argan de Béliard, qui est né chez Daniel Letourniant, occupe une place particulière dans votre cœur. Que représente-t-il à vos yeux et dans votre carrière ?
Argan a déjoué tous les pronostics et m’a prouvé que j’avais totalement tort ! Lorsque je l’ai récupéré, je ne savais pas à quel point il était incroyable. Chaque année, il s’est bonifié. Initialement, je l’ai acheté en pensant le garder une saison pour concourir à Wellington, avant de le revendre. J’ai failli me séparer de lui deux fois, sur les conseils de personnes dont j’étais proche à l’époque. Dieu merci, je ne l’ai pas fait ! Argan a complètement transformé ma carrière, notamment dans mon rapport à l’équipe américaine. Représenter son équipe nationale est un immense honneur, mais devenir un couple pilier du collectif américain et réussir autant de doubles sans-faute est très cher à mes yeux. C’est quelque chose que j’ai toujours voulu accomplir en tant que professionnelle. Argan m’a permis de le faire. Il m’a mis dans une position où nos sélectionneurs et notre chef d’équipe avaient assez confiance et croyaient assez en moi pour me donner une chance. Lorsque je leur ai dit que nous étions prêts, que c’était notre moment et qu’Argan répondrait présent, il l’a fait. À chaque fois. De ce point de vue, en termes de résultats, il m’a énormément aidée. En tant que cavalière, il m’a aussi appris que si un cheval a l’envie et la volonté de réussir ce genre de performance, ce que peut penser un expert n’a pas d’importance. Un cheval peut donner tort à n’importe quel être humain. Argan l’a fait mille et une fois.

Lillie Keenan a failli se séparer de son cher Argan de Béliard à deux reprises ! © Mélina Massias
Cette année, vous avez signé de très bons classements en Grands Prix 5* avec Fasther, qui a été élevé par la famille Moerings aux Pays-Bas. Classé à Aix-la-Chapelle, Genève ou encore au Paris Eiffel Jumping, il a signé son grand retour en compétition en 2025, après dix-huit mois d’absence…
J’ai acheté Fasther à la fin de son année de huit ans. Durant les sept années que j’ai partagées avec lui, il a contracté deux blessures distinctes, qui l’ont chacune éloigné des pistes de compétition pendant plus d’un an. Son physique a été sa bête noire. Il est construit un peu sur les épaules et a toujours été un cheval assez fort sous la selle. J’aime à dire que c’est un esprit libre. Finalement, je crois que passer tout ce temps, bien que contraint et forcé, loin des terrains de concours, a changé énormément de choses pour lui. Mon équipe a passé un nombre d’heures incalculable à s’occuper de lui durant sa convalescence. Nous lui avons donné les meilleures chances possibles, avons utilisé toutes les ressources disponibles pour lui, tout en essayant de le garder aussi heureux que possible. Il a toujours adoré travailler et pris du plaisir à concourir. Pouvoir passer autant de temps seul à seul avec lui, à nous concentrer sur les bases et à faire en sorte qu’il soit aussi solide que possible physiquement, nous a permis de débloquer de nouvelles forces. J’ai aussi le sentiment que nous avons repoussé les limites, dans le sens où, lorsque les gens le voient pour la première fois, ils pensent qu’il est hors de contrôle. Au début de notre couple, j’ai tout tenté pour le contrôler. J’avais l’impression que c’était ma seule option. Nous avons vécu beaucoup de parcours palpitants, mais pas dans le bon sens du terme ! (rires) Lorsque Fasther était en concours, les semaines étaient toujours mouvementées. Mais j’ai appris à embrasser cette facette de lui. Je lui ai laissé la possibilité de prendre les rênes et j’ai trouvé d’autres manières de communiquer avec lui. Quoi qu’il arrive, je ne serai jamais plus forte que lui. À chacun de ses deux retours en piste, j’ai senti que notre lien s’était renforcé. Ce qui rend ce cheval si spécial est son incroyable confiance en lui. Et c’est quelque chose que l’on ne peut pas apprendre à un cheval. En revanche, on peut assurément briser cette qualité et la perdre. Les plus grands hommes de cheval, qui ont de longues et brillantes carrières, s’accordent à dire que l’on n’a pas envie de montrer à un cheval ce qu’il ne peut pas faire. J’étais très courageuse lorsque j’ai pris les rênes de Fasther. J’ai commis beaucoup d’erreurs, comme celle de vouloir avoir trop de contrôle. Il a été d’une énorme indulgence avec moi et a pardonné mes erreurs, tout en continuant à me prouver que s’il croyait en quelque chose, c’était possible.

Au Longines Paris Eiffel Jumping, à Aix-la-Chapelle ou encore à Genève, Fasther a brillé, s'offrant un classement dans chacun de ces trois Grands Prix. © Mélina Massias
Vous attendiez-vous à ce qu’il soit aussi compétitif si rapidement pour son grand retour en compétition ?
Après sa première blessure, lorsque que nous avons repris les concours, j’étais inquiète quant à son niveau d’écoute et de réponse à mes aides. Pour sa convalescence, il avait dû rester affûté et cela signifiait qu’il était très fort, très frais. Je ne savais pas vraiment comment j’allais gérer cela. Et en fait, ses résultats se sont améliorés de façon exponentielle ! Je l’explique par un mélange de maturité, mais aussi de temps passé à travailler sur le plat. J’avais donc une idée de ce à quoi m’attendre après sa seconde blessure. J’ai dit à mon vétérinaire que Fasther était le cheval d’une vie pour moi, qu’il aimait ce qu’il faisait, qu’il adorait sauter et que nous ferions tout pour le remettre sur pieds, à condition qu’il soit sur la longueur d’onde. Je savais que s’il revenait, il me donnerait tout. Le jour où ce ne sera plus le cas, c’est qu’il me dira stop, qu’il en a assez fait et qu’il veut passer le reste de sa vie au pré. Et c’est ce qu’il fera quand il l’aura décidé.

Les deux blessures contractées par le fils de Vigo d'Arsouilles lui ont finalement permis de revenir encore plus fort. © Mélina Massias
“Je pensais m’être complètement trompée au sujet de Kick On, en l’ayant pensé meilleur qu’il ne l’était”
Quelle est l’histoire de Klent Kick On ? Espériez-vous qu’il soit un cheval de ce calibre ?
Lorsque j’ai acheté Kick On, il avait seulement sauté une poignée de parcours à 1,45m, et il n’était pas particulièrement jeune, puisqu’il prenait dix ans. Je pensais qu’il serait un bon cheval d’1,50m et mon plan était de lui donner un rôle d’excellent second cheval, notamment pour sauter les épreuves qualificatives sur les concours majeurs. Nous avons rencontré des difficultés durant de nombreux mois. Kick On est un étalon. Les gens plaisantent souvent en me disant que quelque chose m’attire vers les étalons ! Je pense simplement que, contrairement à d’autres, ils ne m’intimident pas. Avec Kick On, cela nous a pris environ six mois pour créer un vrai couple. Au départ, les choses étaient assez chaotiques. Sur des parcours à 1,30m, nous renversions souvent des barres. Je ne savais pas du tout s’il avait un tant soit peu de moyens ! Je pensais m’être complètement trompée sur lui en l’ayant pensé meilleur qu’il ne l’était. Et puis, comme par magie, tout a changé. Dans mon système, j’ai la chance d’être entourée de professionnels merveilleux. Un vétérinaire qui pratique la chiropractie m’a énormément aidée avec Kick On. Tout d’un coup, il a eu un déclic. Il s’est mué si rapidement en un cheval de haut niveau ! En début d’année, je l’ai emmené à Bois-le-Duc, afin qu’il saute en indoor avant la finale de la Coupe du monde Bâle.
Kick On est naturellement rapide au sol, mais il passe beaucoup de temps en l’air et sa technique est unique en son genre. Il est un peu figé dans ses épaules. Mes chevaux d’âge m’ont appris que l’on peut toujours travailler avec un cheval, mais que l’on ne peut pas gommer ce qui fait d’un cheval ce qu’il est vraiment au fond de lui. Alors, je n’ai jamais cherché à changer son style. Kick On dégage une vraie présence. Aux Etats-Unis, on dirait qu’il a l’aura du capitaine de l’équipe de football. Ce serait un peu le gars le plus cool du lycée. Et tant qu’on lui fait ressentir cela, il brille. C’est un cheval avec lequel j’ai dû prendre du temps pour solidifier notre relation. J’ai passé beaucoup de temps sur le plat avec lui. C’est un chemin sinueux, et je le sais. Notre sport n’est en rien facile, mais avec des chevaux dotés de beaucoup de moyens et que je connais parfaitement, à l’instar de Fasther, j’ai une immense confiance en mes choix lorsque je reconnais un parcours. Il m’arrive parfois d’avoir un peu moins d’assurance lorsque je monte un cheval avec lequel j’ai passé moins de temps. Mais ma mère me rappelle toujours qu’au début de mon aventure avec Fasther, j’ai essuyé de nombreuses éliminations, qu’il fuyait beaucoup et que je suis tombée plusieurs fois en compétition ! Nous avons effectué des parcours désastreux à haut niveau. Ce qu’elle veut dire avec cette piqûre de rappel, c’est que les chevaux nous apprennent quelque chose à chaque fois que l’on entre en piste, peu importe que le résultat soit bon ou mauvais. Il faut encaisser les mauvais moments et se faire confiance. Tout le monde a besoin d’avoir une personne sur laquelle se reposer, mais lorsqu’on regarde notre sport, nous sommes seuls avec nos chevaux en parcours. Beaucoup de cavaliers se trompent en pensant qu’ils dépendent de quelqu’un d’autre, que ce soit pour leur dicter exactement quoi faire ou monter leurs chevaux à leur place. Les meilleurs se font confiance et écoutent leur instinct. C’est ce que j’essaye de faire avec Kick On, tout en faisant preuve de patience avec lui.

Au printemps dernier, le surprenant Klent Kick On a accompagné sa cavalière sur la première finale de la Coupe du monde de sa carrière. © Mélina Massias
Vous avez récemment pris les rênes de Highway*TN (Eldorado vd Zeshoek x Chellano), partenaire à succès de Willem Greve. Comment est-il arrivé au sein de votre piquet ?
Je loue la carrière sportive de Highway. Plusieurs raisons ont motivé mon choix. D’abord, Highway est évidemment un cheval d’exception, qui a eu une carrière incroyable. Ensuite, comme je l’ai déjà évoqué, j’ai des chevaux d’âge, et il y a un écart assez important avec mes plus jeunes montures. J’ai donc essayé de trouver une opportunité pour pallier ce creux dans mon piquet. Highway a déjà tant donné, tant gagné ! Tout ce que je peux faire c’est donner le meilleur de moi-même pour faire honneur au temps et au travail qui a été fait avant moi ainsi qu’à la carrière qu’il a déjà eue. Je n’ai aucunement la prétention de vouloir faire mieux ou différemment. Je pense que j’ai beaucoup à apprendre de ce cheval, qui, je l’espère, pourra épauler mes autres chevaux (depuis cet entretien et pour ses débuts en compétition, la paire s’est imposée dans un Grand Prix national à Wellington, le 17 janvier, ndlr).
Fraîchement arrivé sous sa selle, Highway a déjà offert une victoire en Grand Prix national à Lillie Keenan. © Sportfot
Photo à la Une : Lillie Keenan reconnaît que le Selle Français Argan de Béliard a joué un rôle crucial dans sa carrière, notamment au sein de l'équipe nationale américaine. © Mélina Massias
La seconde partie de cette interview sera disponible prochainement sur Studforlife.com…











